le blog de dedalus

"Réprimer plus, Partager moins" : MERCI... mais NON !






JE TE VOIS


Européennes : un mal pour un bien ?



la fessée déculottéeAu commencement est une lecture des résultats assez simple : l'UMP est le premier parti de France, la droite pèse moins de 40% des voix, le Modem moins de 10% et l'hégémonie du PS sur la gauche a pris fin, au profit d'un rééquilibrage avec les Verts.

Si l'on veut affiner un peu, il est possible d'ajouter que la gauche radicale est à son niveau habituel d'une dizaine de % et que l'extrême droite pointe tout juste au-dessus des 5%.


Abstention de contestation... et piège à cons

On ne peut cependant s'affranchir, en premier lieu, de constater le niveau record de l'abstention (60%), ce qui devient une très mauvaise habitude lors des élections européennes - le score était assez similaire en 2004 et pas si éloigné en 1999...

Sur ce sujet, on a coutume d'épargner le bon peuple en pointant du doigt l'incapacité des hommes politiques à intéresser les citoyens à la chose politique. Je crois qu'on n'a pas raison. Certes, le personnel politique n'est pas toujours enthousiasmant, certes les médias ont pour fâcheuse tendance à considérer qu'il est plus vendeur d'insister sur la forme et les petites phrases assassines, plutôt que sur le fond. Mais les citoyens ne sont pas des enfants et ils sont pleinement responsables de leurs manquements . Ils sont nombreux à choisir la facilité, à se gargariser d'un "tous des incapables, tous des pourris, élections pièges à cons"... Ils ont tort - et au final ce sont eux d'ailleurs qui en paient les frais.

Il reste que cette abstention est en soi une contestation. C'est l'Europe qui est perçue comme trop peu démocratique - et le contournement du peuple français sur la question du Traité Constitutionnel a ici pesé lourd. C'est la manifestation d'un rejet du sarkozysme et d'une droite dure spécialisée dans la casse sociale, enfermée dans un dogme libéral agonisant. C'est le désespoir d'une gauche divisée, jusqu'au Parti Socialiste lui-même, incapable d'offrir une offre politique alternative. C'est la sanction d'un Modem sans autre projet que la contestation populiste de l'establishment et la stratégie personnelle de son président. Et c'est même la lassitude des électeurs d'un vote extrême trop évidemment stérile.

L'abstention est tout cela à la fois. Au résultat, de cette volonté de renvoyer tout ce monde dos à dos, de ce refus de choisir, il reste que les urnes ont choisi pour le peuple abstentionniste et ont donné la victoire... à Sarkozy. Le piège s'est refermé et nous voici collectivement les pauvres cons d'un petit président qui se marre et qui nous en remercie.

Mais aucun piège ne se referme définitivement, bien au contraire...


Victoire de l'UMP et défaite cinglante de la droite

Mais le rire sarkozyste est jaune. Car si l'UMP obtient 28% des suffrages qui se sont malgré tout exprimés, plaçant cette formation très largement en tête de ce scrutin, c'est une victoire en trompe-l'oeil. Le parti du président a si bien siphonné la droite qu'il se retrouve parfaitement isolé, sans recours, un peu merdeux pour tout dire.

Dans la meilleure hypothèse, on pourra vouloir lui agréger le score de Libertas et mesuer une droite dépouillée à 33%, flanqué d'un Front National exsangue à 6,5%. Mais c'est pis que cela. : Il n'a échappé à personne que l'ensemble des listes qui se sont présentées lors de ce scrutin se sont unanimement positionnées, exceptées donc celle de l'UMP, en opposition frontale à Nicolas Sarkozy et à sa politique. Lequel Nicolas sarkozy, deux après son élection, se retrouve à ne pouvoir compté sur le soutien que d'un tout petit 28% des suffrages exprimés... c'est-à-dire 11% du corps électoral.

Autre manière de regarder le résultat de l'UMP, soi-disant fort de ses 28% : en Angleterre comme en Italie, la droite obtient 36% des suffrages ; en Espagne, elle flirte avec les 45% ; et en Allemagne, le parti de la Chancelière, Angela Merckel, manque de peu la barre des 50%...

Sarkozy a finalement bien travaillé, parvenant en deux ans à mettre la droite à son plus bas niveau jamais atteint. Ce n'est en aucun cas une victoire pour la gauche française, mais ça ouvre des perspectives.


La baudruche dégonflée du Modem

Des perspectives d'autant plus intéressante que le Modem se retrouve aujourd'hui à 8,5%, quatrième force politique en France, très loin derrière les listes du Parti Socialiste et d'Europe Ecologie, qui pèse chacun près de deux fois plus lourd. Le constat est simple, un parti qui a pour ambition de se positionner sur l'électorat de centre gauche ne peut y parvenir avec un leader de droite.

Depuis hier soir jusqu'à ce matin, l'ensemble des personnalités du Modem qui se sont exprimées font porter le chapeau de la défaite au seul François Bayrou. Mais voilà, jusqu'à preuve du contraire, le Modem c'est François Bayrou et son obsession présidentielle : ils ne voudront ou ne pourront faire sans lui - et c'est regrettable car il y a très certainement un espace politique à occuper au centre gauche, un espace politique qui néanmoins ne saurait s'incarner en un homme de droite, libéral, autoritaire et dévoré par son ambition.

Les électeurs du Modem se sont détournés de François Bayrou, le Modem saura-t-il se détourner de son président pour se mettre en phase avec son électorat ? On peut en douter et le constat demeure d'un Modem isolé et à bout de force, sans autre perspective que le désastreux cavalier solitaire d'un homme qui ne saurait cesser de croire en son destin - car il ne faut pas s'y tromper, pour François Bayrou, après 2012, il y aura encore 2017...


La fin de l'hégémonie du Parti Socialiste sur la gauche

Si le Modem s'effondre de ne s'incarner qu'en un seul, le Parti Socialiste subit une autre sorte de revers, tout aussi cinglant, et qui est la rançon méritée de ses divisions internes. Pas plus qu'en 2007 Ségolène Royal n'avait été en mesure d'unir le Parti Socialiste derrière sa candidature, Martine Aubry n'a été de le faire à l'occasion de ce scrutin européen. Et de même qu'en 2007, il s'agissait d'une responsabilité collective que se devait d'assumer la candidate, il s'agit aujourd'hui encore d'une défaite collective dont Martine Aubry a la charge de tirer toutes les conséquences.

Il ne s'agit pas de donner dans le lynchage et de faire tomber dans les têtes, ainsi qu'en appellent ici ou quelques rares enragés revanchards. Il s'agit bien au contraire d'en appeler à la responsabilité de chacun et de faire en sorte que le Parti Socialiste dans son ensemble se refuse à jouer la belle. C'est à cette condition unique que le Parti Socialiste deviendra audible, et utile à la gauche en portant haut et fort un projet alternatif ambitieux.

Il est plus que temps que le Parti Socialiste se réinvente. Plus que temps que le Parti Socialiste occupe toute sa place à gauche, ancré au coeur même de la gauche.... et en finisse avec une sociale-démocratie trop timide et à bout de souffle partout en Europe. Plus que temps que la gauche s'ouvre à l'écologie politique, c'est-à-dire prenne le temps de comprendre de quoi il s'agit.


L'écologie politique, deuxième pilier de la gauche

Pour les Verts français, c'est la fin de la clarification : c'est en s'ancrant résolument dans la gauche qu'Europe Ecologie est parvenu à devenir cette seconde jambe dont la gauche à tant besoin - et il est important de noter à ce titre que le score désastreux de Modem est aussi l'échec cuisant de Corinne Lepage et de la tentation aberrante de promouvoir une écologie qui ne serait ni de droite ni de gauche, une écologie qui ne serait pas politique.

Les Verts sont aujourd'hui face à leur responsabilité. Et celle-ci est double. D'abord, responsabilité d'assumer enfin d'être une composante à part entière de la gauche, ce qui signifie d'accepter le Parti Socialiste comme son premier partenaire plutôt que de contribuer à une division qui n'a jamais fait le jeu que de la droite. Ensuite, responsabilité d'explication d'un projet assumé dans toutes ses dimensions et dans toute sa complexité - même si parler d'un amour partagé pour les petites fleurs, et qu'on peut mieux voir du ciel quand il n'est pas pollué, est électoralement plus porteur.

Pour l'écologie politique, urgence sociale et urgence écologique ne se distinguent pas, sont un seul et même cri qui s'oppose à un libéralisme économique structurellement incapable d'intégrer à la prise de décision, aussi bien micro que macro-économique, les coûts des externalités et les coûts de long terme, c'est-à-dire spécifiquement les coûts qui affectent directement ou indirectement l'humain : le social est un environnement, comme l'environnement est social. L'écologie est de gauche ou bien n'est pas !

De la même manière, il faut admettre que si les socialistes doivent réviser très profondément leur credo d'une croissance économiquement et socialement porteuse, les écologistes ne sont pas mieux inspirés lorsqu'ils parlent de décroissance. La réalité est que la croissance du PIB - ou sa décroissance - est un très mauvais instrument de mesure en ce qu'il ne nous dit rien de l'humain et de ses conditions de vie. C'est à cela, entre autres petites choses, qu'il nous faut désormais apprendre à travailler ensemble.

Aujourd'hui, socialistes et écologistes pèsent 33%, ce qui en fait potentiellement la première force politique française, pour peu qu'ils apprennent à se parler, qu'ils admettent avoir pour ambition commune l'invention de la gauche du XXIème siècle et de son projet.



Oui, il est plus que temps de réaliser qu'il ne saurait y avoir de socialisme moderne hors l'écologie politique ni d'écologie politique hors le socialisme. Plus que temps qu'émerge une gauche qui aurait enfin intégré dans sa pensée politique que l'urgence écologique et l'urgence sociale sont les deux faces de la même pièce ; que cette pièce a pour nom économie de marché régulée - parce que le libéralisme n'aura jamais d'autre vision que celle du profit à court terme ; qu'il s'agit donc pour la puissance publique - l'Etat mais pas seulement - d'internaliser dans les transactions marchandes et les investissements publics et privés le coût des externalités de moyen et long terme que sont les dégradations du tissu social et les dégâts causés à l'environnement ; que l'ambition d'une gauche moderne sera de rééquilibrer le marché - qui n'est qu'un instrument à façonner - au profit d'une meilleure prise en compte du bien-être des hommes dans leur environnement, c'est-à-dire de chaque homme et femme sur l'ensemble d'une planète qui est notre unique capital.

Alors, je veux me joindre à cet unique slogan : Au boulot, bordel !



Où l'on parle de : Un mal pour un bien ?






Socialiste et européen

|

Le 7 juin, je vote socialiste et européen



Abstention, par SaTArrêt sur les Mots a lancé une chaîne qui me botte, à laquelle donc je vais répondre sans attendre d'y être invité - sinon je pourrais attendre longtemps, ce blog étant désormais connu pour son état végétatif.

[EDIT : afin de n'avoir pas trop l'air de taper l'incruste dans la chaîne, j'avais eu l'audace - je crois que ça ne se fait pas du tout - de réclamer à Nicolas 1er de bien vouloir me taguer. Ce qu'il a fait aussitôt et je peux désormais, après l'en avoir remercié, poursuivre le coeur léger la rédaction de ce billet.]

Ladite chaîne s'intitule donc Votez et faîtes voter pour votre Europe !... à laquelle il s'agit de répondre via trois petites questions : C’est quoi l’Europe pour toi ? Que peux-tu écrire à tes lecteurs pour les encourager à aller voter dimanche 7 juin ? Quelle liste représente les idées que tu veux voir défendre au Parlement européen ?


C’est quoi l’Europe pour moi ?

L'Europe, selon moi, c'est d'abord pour un homme de gauche une évidence, le sens naturel de l'histoire. C'est le chemin d'une abolition des frontières et de l'élargissement des communautés humaines. C'est l'Histoire en marche. L'Europe c'est la mise en place d'une organisation politique plus large que les vieilles petites nations européennes, un espace plus grand pour vivre mieux ensemble plus nombreux, et plus riches de nos différences.

Et si l'Europe est l'Histoire en marche, elle est aussi l'Histoire qui retrouve sa mémoire, toute sa mémoire. Car si quelques siècles de chrétienté ont tissé des fils le long d'un axe qui va de l'Espagne à la Pologne, en passant par le Nord, le berceau de notre civilisation prend sa place autour de la Méditerranée, et plus précisément sur ses rives orientales, cette partie de la Méditerranée où se sont épanouis les empires grec et romain, byzantin et ottoman, depuis Rome jusqu'à Jérusalem, en passant par Istanbul qui fut, un millénaire durant, Constantinople (appelée aussi la Nouvelle Rome).

Bon, ça c'était pour me faire un petit plaisir, parce que n'en déplaise à l'UMP qui n'est jamais à un populisme ni une contradiction près, ce n'est certainement pas le sujet de ces élections, ni de la prochaine décennie. J'en profite pour rappeler que le monde musulman est à peu près aussi divers que la chrétienté, au point qu'il y a autant de ressemblance entre un sunnite ottoman (dont les origines sont à rechercher dans les plaines de l'Asie centrale) et un chiite arabe,, qu'entre un orthodoxe grec et un catholique polonais (même plombier).

Mais l'Europe, c'est aussi, aujourd'hui, la dimension minimale qu'il faut avoir pour peser un peu sur la marche du monde et ses nécessaires régulations - politiques, économiques et sociales. Je suis de ceux qui pensent que depuis une bonne quinzaine d'années, la construction européenne a emprunté de biens mauvaises directions, de Maastricht au traité de Barcelone. Mais on a toujours tort d'être en retard d'un combat et se complaire dans le ressassement de ce qu'il aurait fallu faire, plutôt que de se contraindre à construire à partir d'une réalité qui nous est aujourd'hui imposée. Ainsi en est-il du débat entre ouiouistes et nonistes, inutile et contre-productif ; il s'agit de prendre l'Europe telle qu'elle est aujourd'hui pour la transformer, et d'abord l'arracher aux mains des apprentis sorciers de la dérégulation économique.

Bref, pour moi, l'Europe est un chemin à tracer.


Que puis-je écrire à mes lecteurs pour les encourager à aller voter dimanche 7 juin ?

Un mot : DEMOCRATIE !

L'Europe est trop peu démocratique, c'est un fait. Un autre est qu'elle n'est tournée que trop peu vers les hommes et les femmes qui la peuplent. S'abstenir n'aura jamais d'autre effet que de renforcer cette situation, pour le plus grand plaisir des puissants qui n'apprécient rien tant que les peuples ne se mêlent pas de leurs petites affaires, affaires qui consistent essentiellement à s'engraisser sur leur dos. A jouer les autruches, vous risquez tout simplement d'être les dindons de la farce européenne.

Avec un peu de talent, un dessin vaut bien mieux que de longs discours. Aussi je vous renvoie à l'illustration de ce billet - et en profite au passage pour saluer mon ami SaT. Vous noterez qu'il est rappelé que cette élection ne comporte qu'un seul tour : c'est le 7 juin; et seulement le 7 juin !...


Quelle liste représente les idées que je veux voir défendre au Parlement européen ?

Je vote à gauche et ne voterai jamais que pour des gens qui ont l'ambition de construire. Ça simplifie grandement la question en réduisant l'éventail des possibles de 28 listes (je vote dans la région Ile-de-France) à seulement 3 : la liste du Parti Socialiste, celle du Front de Gauche (le Parti de Gauche de Mélenchon et le PCF) et celle d'Europe Ecologie (les Verts et José Bové ).

Selon moi, si on se préoccupe de voter à gauche et d'avoir une ambition pour l'Europe, seules ces trois listes sont envisageables. Il est à ce propos heureux de constater que la poupée médiatique Besancenot semble en passe de se dégonfler.

Notons également, et en passant - parce que c'est important - que c'est la somme des scores de ces trois listes qu'il s'agira au soir du 7 juin de comparer au score de l'UMP afin d'avoir un aperçu des états respectifs de la gauche et de la droite sur la scène politique française.

Quant au Modem, il suffit de remarquer qu'une fois de plus celui-ci n'a rien à proposer que son éternelle et vaine posture centriste - et si Bayrou est au centre, c'est à mi-chemin entre Le Pen et Besancenot, au centre des candidats autoproclamés "anti-système". L'Europe ? Vous avez récemment entendu Bayrou parler d'Europe ?

Pour ce qui me concerne, je vais sans surprise voter pour la liste socialiste. Pour trois raisons :

1- Les candidats des listes socialistes s'inscrivent dans un projet résolument européen, commun aux 33 partis membres (socialistes, sociaux-démocrates, travaillistes et progressistes) du Parti Socialiste Européen. Un projet tourné vers les citoyens et pour une autre Europe. Un projet à la fois réaliste et ambitieux, tourné vers le XXIème siècle et qui met en avant 71 propositions concrètes et immédiatement applicables, qui constitue une vraie réponse à la crise économique actuelle.

2- Sans parler de l'aberrante cohabitation sur les listes d'Europe Ecologie de Daniel Cohn-Bendit et de José Bové, il n'est plus question pour moi de voter pour des partis qui, pour des raisons tactiques, se refusent à considérer le Parti Socialiste comme un partenaire au sein de la gauche ; une attitude qui revient à rejeter une bonne grosse moitié de la gauche, condamnant de facto celle-ci à demeurer éternellement dans l'opposition. Avec le PS, la gauche pèse autour de 45% et ce n'est déjà pas assez... mais sans, elle ne dépasse pas les 20 ou 25% !!! Or, n'en déplaise au PCF et aux Verts, et maintenant au Parti de Gauche de Mélenchon (qui était un cadre du PS il y a encore six mois), c'est bien du peuple de gauche que le Parti Socialiste obtient sa base électorale.

3- La situation politique française actuelle est largement exceptionnelle, au point que toute occasion de lutter contre le sarkozysme est à saisir avec un sentiment d'urgence. Or, tout le monde l'aura compris, Sarkozy tirera médiatiquement argument des situations respectives de l'UMP et du PS pour renforcer ses positions. Si l'écart entre ses deux partis s'avère important, au profit du premier, non seulement Sarkozy s'en prétendra légitimé pour aggraver la casse sociale, mais il se retrouvera également de facto en bonne position pour remettre ça en 2012. Je me refuse à prendre le risque, en contribuant à l'éparpillement des voix à gauche, de lui faire ce cadeau politique.



C'est une chaîne, il me faut donc y convier les prochains participants. Sont nommés : Rimbus, comme d'hab' ; Juan, parce que je suis curieux de sa réponse ; Hypos, pour voir ; Laure, pour changer ; et puis Ronald... parce qu'il le vaut bien.

[EDIT : Et puis aussi Eric bloggeur citoyen, parce qu'il commente plus vite qu'un octet lancé dans le cyberespace... et Le coucou de Claviers, parce que j'aime bien sa plume.]



Abstention, piège à cons
© La République des Fourmis par SaT - Reproduction interdite sans autorisation de l'auteur





Où l'on parle de : Socialiste et européen






Ségolène

|

Le Manifeste du Parti Socialiste Européen





Via son Manifeste, le Parti Socialiste Européen s’engage auprès des citoyens européens dans une démarche unitaire de ses 33 partis membres - socialistes, sociaux-démocrates, travaillistes et progressistes - avec pour objectif de créer une société plus juste et plus protectrice, prête à relever les défis qui sont devant nous, en disant : « Pour une autre Europe : les citoyens d’abord ! ».



En savoir plus pour voter informé, le 7 juin : Téléchargez le Manifeste



Ou bien lire une présentation du Manifeste du PSE : Demandez le programme



Où l'on parle de : Le Manifeste du Parti Socialiste Européen






Tripatouillage démocratique

|

Elections européennes : demandez le programme



Pour une Europe SocialeLe dimanche 7 juin 2009, les citoyens européens des 27 pays membres de l'Union européenne sont appelés à voter pour désigner les 785 députés qui siégeront pour cinq ans au Parlement de l'Europe, situé à Strasbourg.

En France, ce sont 72 de ces 785 députés qui sont à désigner dans les 8 grandes circonscriptions : Nord-Ouest, Est, Ouest, Ile de France, Massif central-Centre, Sud-Est, Sud-Ouest et Outre-mer. Le scrutin est un scrutin proportionnel à un seul tour, où seules les listes ayant obtenu au moins 5% des voix peuvent prétendre à avoir des élus.

En France, cependant, on semble n'avoir toujours pas bien réalisé l'importance de cette élection, alors même que beaucoup du quotidien des européens, et donc des français, se décide au niveau européen, et notamment par un parlement qui obtient progressivement de plus en plus de pouvoirs. Or, et la crise actuelle en donne une illustration cruelle, nous avons plus que jamais besoin d'une autre Europe, autre que celle qui, traité après traité, se limite à ériger le libre-échangisme comme seul horizon économique. Nous avons besoin d'une Europe d'harmonisation fiscale et sociale afin que l'Europe se donne enfin les moyens d'agir politiquement pour les citoyens européens. Mais il n'y aura d'autre Europe que via un changement de majorité au parlement européen. Pour réorienter l’Europe, il faut d’abord envoyer au Parlement de Strasbourg une majorité de députés de gauche.

Nicolas s'étonne qu'à moins de deux mois maintenant de l'élection, on ne connaisse rien des programmes. Il a partiellement raison. La campagne n'a en effet pas commencé, du moins en France, et c'est regrettable tant les enjeux sont essentiels, cruciaux ! Et la droite - celle de l'UMP comme celle du Modem - ira cette fois encore au scrutin sans programme, sans même ouvrir de perspectives. Quant à l'extrême-gauche, elle se cantonnera à donner dans la récupération des protestations nationales, tant elle n'a rien à proposer, tant d'ailleurs elle n'a jamais cru en l'Europe.

Pourtant, le fait que les 33 partis membres (socialistes, sociaux-démocrates, travaillistes et progressistes) du Parti Socialiste Européen se soient mis d'accord sur une plateforme programmatique commune - le Manifesto - constitue un événement majeur, propre à nourrir quelques espoirs et à provoquer une certaine dynamique.

Cela s'appelle “Citoyens d’abord: un nouveau sens pour l’Europe” et ce sont 71 propositions détaillées et cohérentes, articulées entre elles par six grandes ambitions :

I- Relancer l’économie et éviter le retour des crises financières ;
II- Faire progresser la justice dans la nouvelle Europe sociale ;
III- Mettre l’Europe en tête de la lutte contre le changement climatique ;
IV- Parvenir à l’égalité des sexes en Europe ;
V- Donner à l’Europe une politique d’immigration pour le progrès ;
VI- Faire de l’Europe un partenaire fort pour la paix, la sécurité et le développement.

Par ailleurs, le 12 mars dernier, les socialistes français ont adopté - à la quasi-unanimité par le Bureau national et le Conseil national - un texte d’orientation "Donner une nouvelle direction à l'Europe", visant à enrichir le manifeste européen. Un texte organisé comme suit :

I- Nouveau monde, nouvelle Europe ;
II- Le bilan accablant de la droite ;
III- Le Manifeste des socialistes en faveur d’un autre modèle de développement ;
IV- Avec le vote socialiste, les européens peuvent changer l’Europe.

et qui évoque, en sus des propositions du Manifesto :

- L’augmentation du budget de l’Union [...] pour donner leur pleine efficacité aux politiques de solidarité et de préparation de l’avenir ;

- La reconnaissance pour l’UE du droit de lever des emprunts pour financer ses investissements lourds à long terme ;

- L’harmonisation des fiscalités, à commencer par celles des entreprises pour lutter contre le dumping fiscal et le dumping social, condition nécessaire à l’arrêt des délocalisations abusives à l’intérieur de l’Union Européenne ;

- La définition d’une politique de juste échange, par une politique commerciale européenne ajustée pour permettre à la fois à nos industries les plus exposées de préserver leurs emplois en se modernisant, aux pays les moins avancés de continuer à se développer, et aux normes internationales du travail et de l’environnement de s’appliquer dans les processus de production ;

- La coordination des politiques économiques [...] et la refonte encore insuffisante du pacte de stabilité ;

- Une Europe forte avec une vraie défense européenne et non cette subordination au commandement intégré de l’OTAN que Nicolas Sarkozy impose à la France.

Et ainsi, les socialistes français disposent-ils aujourd’hui de deux textes fondamentaux, et programmatiques, pour entamer la campagne des élections européennes. Ne manque plus qu'à rendre tout cela visible et audible. Et en particulier à surmonter l'habituelle frilosité médiatique vis à vis des campagnes électorales européennes - mais c'est sans doute parce que, fondamentalement, l'Europe est et demeure une idée de gauche. Et en réalité, d'une manière ou d'une autre, tout autre vote que le vote socialiste est un vote contre l'Europe - cette Europe démocratique et sociale qui est en définitive la seule Europe des citoyens.





Où l'on parle de : Demandez le programme






Pour un bouclier fiscal... progressif

|

La proposition 5 du Manifeste socialiste européen : un programme européen de développement des réseaux de transport d’énergie et de transport de données à large bande



PSELe 7 juin prochain, lors des prochaines élections européennes, les citoyens d’Europe auront à faire un choix politique fondamental. Chaque électeur aura à choisir entre la conception du Parti Socialiste Européen d’une Europe de progrès, dans laquelle les citoyens, les Etats et les pouvoirs européens travaillent ensemble pour répondre aux aspirations de tous ; et une Europe de droite, où l’avenir de nos pays et de nos concitoyens serait remis au jeu du marché.

En effet, à l'occasion de cette élection, le Parti Socialiste Européen s’est engagé auprès des citoyens européens dans une démarche unitaire visant à créer une société plus juste et plus protectrice, prête à relever les défis qui sont devant nous, en disant : « les citoyens d’abord ». Adopté à l’unanimité par les 33 partis membres - socialistes, sociaux-démocrates, travaillistes et progressistes -, le Manifeste du PSE constitue à cet effet un programme d’action commun, qui s'engage plus précisément à :

I- Relancer l’économie et éviter le retour des crises financières ;
II- Faire progresser la justice dans la nouvelle Europe sociale ;
III- Mettre l’Europe en tête de la lutte contre le changement climatique ;
IV- Parvenir à l’égalité des sexes en Europe ;
V- Donner à l’Europe une politique d’immigration pour le progrès ;
VI- Faire de l’Europe un partenaire fort pour la paix, la sécurité et le développement.

Ce programme est décliné en 71 propositions détaillées et cohérentes. Des blogueurs, engagés dans cette importante campagne électorale visant à proposer aux citoyens européens un nouveau sens pour l'Europe, se proposent de vous les présenter au long d'une chaîne dont ils seront donc les 71 maillons - et dont j'ai l'honneur d'être ici le cinquième.

Ainsi, dans le chapitre Relancer l’économie et éviter le retour des crises financières, un premier sous-chapitre se propose de Donner un cadre aux marchés financiers pour l’économie réelle, l’emploi et la croissance dans lequel :

1- Timothée a présenté la proposition : Relancer l’économie et éviter le retour des crises financières ;

2- Abadinte a présenté la proposition : Mettre fin aux paradis fiscaux ;

3- Maxime a présenté la proposition : Réformer l’architecture financière mondiale.


Le second sous-chapitre évoque pour sa part Une stratégie européenne pour une croissance écologique et innovante, créatrice d’emplois dans lequel :

4- Back2basics a présenté la proposition : Doter l’Europe du système de transports le plus efficace, le plus économique et le plus écologique ;

5- Je suis quant à moi chargé de vous présenter la proposition : Elaborer un programme européen de développement des réseaux de transport d’énergie et de transport de données à large bande :



Nous appelons à un programme européen de développement des réseaux de transport d’énergie et de transport de données à large bande, indispensables à l’économie européenne de demain. Les parcs à éoliennes en mer, par exemple, exigent de nouveaux réseaux de transport transfrontières. La vitalité économique des zones rurales, dans toute l’Europe, dépend de l’accès à la communication large bande. Des milliards d’euros d’investissements s’imposent donc dans tout le continent. La Banque Européenne d’Investissement, qui finance déjà les infrastructures énergétiques et de télécommunications, pourrait s’engager sur une plus grande échelle. L’injection de fonds structurels communautaires dans ces domaines d’avenir doit aussi être prévue.



La proposition a le mérite d'être tout à fait explicite, et est sans conteste très pertinente, en ce qu'elle est à la fois utile à la création d'un espace européen tourné vers les citoyens, efficace économiquement par la programmation d'investissements productifs d'avenir et écologiquement soutenable. Elle est donc parfaitement en phase avec cette ambition d'une croissance à la fois écologique et innovante, créatrice d’emplois, dont les citoyens européens - mais également les citoyens du monde - ont le plus grand besoin.

C'est qu'il s'agit bien de cela, au travers des 9 propositions de ce sous-chapitre, de la mise en place d'une stratégie européenne visant à créer 10 millions de nouveaux emplois à l’horizon 2020, dont 2 millions pour le seul secteur des énergies renouvelables, stratégie d'avenir qui donnera à l’Europe le leadership mondial de l’innovation et des nouveaux produits et nouvelles technologies durables.

De la même manière, l'efficacité énergétique contribuera à cette stratégie, tout en réduisant la facture énergétique des foyers européens, manière - pertinente là encore - d'améliorer leur pouvoir d'achat. Mais de cela, c'est mon ami Rimbus qui va se faire un plaisir de vous en parler, puisque le voilà présentement chargé de poursuivre cette chaîne de campagne.



J-67 pour Changer l'Europe !



Où l'on parle de : La proposition 5 du Manifeste socialiste européen






Elections Européennes

|

Elections Européennes : tous ensemble !



PSEUn billet en forme de coup de gueule, suite à celui d'Antoine, qui s'énerve encore après Martine Aubry parce que dans une petite video de 7 secondes, où celle-ci est censé déclamer le slogan de la campagne européennes des socialistes européens - Manifeste du Parti Socialiste Européen, Citoyens d'abord, un nouveau sens pour l'Europe - la première secrétaire du Parti Socialiste français ne fait pas une prestation phénoménale - et c'est en effet le moins qu'on puisse dire.

Mais cela vaut-il d'en faire des tonnes, de l'accabler de tous les maux, de laisser entendre qu'elle n'y croirait pas, qu'elle irait à la bataille électorale sans enthousiasme, de donner dans le très lourd en écrivant que «là, on dirait que tu vends du poisson avarié sur le port de Boulogne, que t'as honte de ta marchandise, que tous les clients puent du bec, qu'en plus le poisson ça colle aux mains et ça laisse traîner des écailles partout. »

Une bien grosse colère pour sept petites secondes ! Au point qu'on pourrait se demander ce que ça cache, un tel acharnement. Parce qu'avec un peu de bonne foi, il était possible de mettre en avant du plus reluisant, du plus enthousiasmant, du plus positif pour un Parti Socialiste qui entre en campagne. Le chemin à faire n'était pas très long :





Je vais me garder de rappeler ici l'incapacité ségolienne à prononcer un discours en ayant un peu plus de charisme d'une huitre, ne pas laisser entendre qu'il ne s'agirait là, encore et toujours, que de cette aigreur post congrès de Reims, qu'il ne s'agit pas simplement d'espérer en une défaite électorale aux européennes un chemin favorable vers la présidentielles, taper dès aujourd'hui sur Martine pour mieux préparer Ségolène.

Je vais également m'abstenir de relever la présence d'un certain Michel Rocard sur la bannière du blog d'Antoine et ne pas raviver le souvenir d'un homme talentueux dont les mémorables incapacités médiatiques condamnèrent les ambitions - les rocardiens clamant alors que ce n'était pas là l'important, que c'était un mauvais procès...

Non, je vais me contenter de rappeler que les élections européennes se tiendront maintenant dans deux mois - le 7 juin. Rappeler aussi que ce sont des élections on ne peut plus importantes, que de la couleur du parlement européen dépendront beaucoup les orientations européennes des prochaines années - plus de libéralisme ou plus de régulations, plus de laisser-faire ou plus de protections sociales... Des orientations qui auront un impact certain sur la vie des européens et à commencer par les plus fragiles d'entre nous, laissés pour compte d'une Europe livrée aux puissances du marché.

Il ne s'agit ni de Martine ni de Ségolène. Il ne s'agit pas de politique franco-française et encore moins des bisbilles internes au Parti Socialiste. Il s'agit de faire gagner la gauche en Europe, et pour ce qui nous concerne, il s'agit de faire que le Parti Socialiste, porteur en France du Manifeste, fasse le meilleur score possible.

Et d'ailleurs, ne nous y trompons-pas, le seul effet d'un mauvais score des socialistes en France sera d'ouvrir un boulevard à Nicolas Sarkozy jusqu'à 2012 - et on se contrefichera alors de savoir si c'est Martine ou Ségolène, Dominique ou François qui prendra la claque : ce sont de toute façon les français, et d'abord les plus démunis, les précaires, qui la prendront pleine face.

Je ne résiste pas à rappeler une dernière chose. Il y a deux ans, à cette même date, j'avalais tous les jours des couleuvres, pestant par devers moi qu'il faille aller à la présidentielle avec une candidate que je jugeais proche de la nullité. Je n'en disais mot, pourtant. Au contraire, j'étais solidaire à 200%, sur ce blog comme sur les marchés, parce qu'il s'agissait avant toute chose de tenter de contribuer à la victoire de la gauche, malgré tout, malgré ce que je pensais de notre candidate, de son phrasé pompeux, de ses intuitions catastrophiques, de son programme timoré...

Alors oui, Antoine, tu as raison. Je crois que maintenant ça suffit ! Retroussons ensemble nos manches et faisons cette campagne. Déjà, certains d'entre nous se sont mis au boulot, via une chaîne visant à expliquer et défendre les 71 propositions du Manifeste. Ça me semble une démarche un brin plus positive que de discourir sur les qualités charismatiques de la poissonnière du port de Boulogne...



Où l'on parle de : Elections Européennes






Des primaires à gauche ?

|

Ségolène aura la place qu'elle souhaite avoir dans le Parti socialiste



Ségolène sur la croixInvitée du «Grand Rendez-Vous» d'Europe-1/Le Parisien/Aujourd'hui en France, Martine Aubry a déclaré que Ségolène Royal « aura la place qu'elle souhaite avoir dans le Parti socialiste ».

La question est de savoir si Ségolène Royal souhaite avoir une place dans le Parti Socialiste. A en croire Vincent Peillon, premier lieutenant de cette dernière, ceci ne semble pas évident : « Si elle veut un statut, elle aura un statut. Ça lui a été proposé dix fois, j'ai participé moi-même aux discussions avec Martine Aubry et elle ».

Dix fois ?!...

Martine Aubry s'est d'ailleurs félicitée de la présence de Ségolène Royal à ses côtés fin mai, lors du meeting du PS qui se tiendra a Rézé dans le cadre de la campagne des élections européennes. «Personne n'aurait compris qu'elle ne soit pas là», a commenté la première secrétaire du Parti Socialiste, alors que la présidente de la région Poitou-Charentes avait menacé de ne pas venir.

Je crois que Martine Aubry a tort. On aurait très bien compris pourquoi elle n'aurait pas été là... Trop bien compris en réalité, et c'est d'ailleurs bien ce qui explique que finalement elle ira. C'est qu'à l'image d'un François Bayrou, Ségolène Royal, le regard obsessionnellement fixé sur 2012, se contrefiche de ces élections européennes comme de sa première petite culotte... défaite aux présidentielles... elle s'en contrefiche. A la limite, le Parti Socialiste se retrouverait derrière l'UMP, elle ne manquerait pas de s'en réjouir, tant cela représenterait pour elle un pas supplémentaire vers la possibilité d'une nouvelle défaite candidature.

De là à penser que Ségolène Royal se contrefiche du fait qu'une telle éventualité serait aussi l'occasion pour l'UMP de crier victoire, pour Sarkozy de tirer une nouvelle légitimité à poursuivre une politique qui fait tant de mal à une majorité de français - et ils ne savent pas encore qu'ils n'ont pas fini de payer pour toutes les erreurs qui, par pure idéologie, sont commises actuellement. Bon, le penser... mais le dire serait sans doute par trop verser dans la caricature.





Cela étant dit, je prends date ici que le passage de Ségolène Royal au meeting socialiste de Rézé se fera au mieux en mode service minimum, afin de donner toute la matière aux journaux du lendemain de titrer sur une unité de façade. Elle évitera par exemple bien soigneusement de se prêter au petit jeu de la photo symbole façon main dans la main. Et une petite phrase bien placée sera en outre l'occasion pour les journalistes d'un travail prémâché : Ségolène : solidaire... mais du bout des lèvres, auront-ils écrit à l'avance. Gageons même que Ségolène arrivera en retard et/ou partira en avance : Un petit tour et puis s'en va, le titre est tout trouvé.



Où l'on parle de : Ségolène






Nouveau Front Populaire

|

Le dernier pavé de Daniel Cohn-Bendit


Nicolas Sarkozy se rendra à Pékin pour la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques. Le coprésident des Verts européens, Daniel Cohn-Bendit, a estimé, mercredi 9 juillet, que cela relevait de "l'immonde" et que cette décision ne visait qu'à vendre des "centrales nucléaires et des TGV" aux Chinois.



Sarkozy veut liquider mai 68Le jeudi matin, Nicolas Sarkozy était présent à la réunion plénière du Parlement Européen et Daniel Cohn-Bendit lui a dit son fait sans nuances. Dans un virulent discours, la voix blanche d'émotion, il lui a notamment reproché sa décision de se rendre aux Jeux-Olympiques de Pékin, estimant que c'était "minable".

"Vous allez manger avec des baguettes avec le président chinois Hu Jintao. Je vous souhaite bon appétit", a commencé Daniel Cohn-Bendit qui pour l'occasion portait le T-Shirt de Reporter Sans frontières montrant les anneaux olympiques menottés.

"Quand vous rédigerez votre autobiographie, vous regretterez ce que vous avez fait", a-t-il ajouté, estimant que Nicolas Sarkozy avait "une occasion en or" de dire : "Je ne participerai pas à la mascarade du Parti communiste chinois".

"C'est une honte, c'est minable d'aller à l'ouverture des Jeux Olympiques", a conclu l'ancien leader de Mai 68.

Ne vous demandez plus pourquoi le petit candidat, pas encore petit président, clamait qu'il voulait "liquider l'héritage de Mai 68 une bonne fois pour toutes". Voyez plutôt : cette liberté de parole, ce ton irrévérencieux, c'est tout de même insupportable !...





Nota Bene : Robert Ménard, le président de l'association Reporters sans Frontières, avait auparavant déclaré sur RTL: "Nicolas Sarkozy nous avait dit : 'je ne prendrai pas de décision avant d'en parler aux autres pays européens'. Il y a un certain nombre de pays européens qui ne veulent pas y aller (...) Il leur a demandé leur avis à eux ? Il nous avait dit : 'J'irai ou j'irai pas, selon l'avancée des discussions entre les autorités chinoises et les proches du Dalaï-lama'. Mais où elles en sont ces discussions ? Y a pas l'ombre d'une avancée. Sur la Chine, il nous avait expliqué à longueur de temps, quand il était candidat : 'C'en est fini avec la realpolitik. C'est pas en faisant des affaires qu'on recadrera les droits de l'homme'. C'est exactement ce qu'il fait. Il a trahi tous ses engagements dans cette affaire là. Je suis furieux car c'est un coup de poignard dans le dos des dissidents chinois. A quelque semaines des JO, c'est un blanc-seing pour la répression. Voilà ce que c'est cette position [de Nicolas Sarkozy, ndlr]".



Bonus Track :



Crédit dessin : Maëster



Source : Le dernier pavé de Daniel Cohn-Bendit





Billet précédent : L'UMP toute nue

|

Alerte RESF : Rafle programmée à Montreuil ?


RAFLE A MONTREUIL LE 10 JUILLET, CHARTER VERS BAMAKO ET DAKAR AVEC ESCALE A MADRID LE 12, L’INTERNATIONALE DE LA HONTE ?



le danger communisteSelon des informations parvenues au RESF, le gouvernement français aurait jugé utile à sa propagande d’organiser plusieurs rafles de sans papiers de grande ampleur au cours de l’été.

Brice Hortefeux entendant marquer sa saison d’été de la chasse à l’homme sans papiers par plusieurs coups d’éclat, le premier d’entre eux aurait lieu au lendemain de l’adoption par les vingt-sept ministres du Pacte européen sur l’immigration et l’asile, illustration de l’art de camoufler une politique odieuse derrière le respect de façade des doits de l’Homme.

Pour preuve l’opération de grande ampleur qui serait prévue jeudi 10 juillet à Montreuil (93). Trois des principaux foyers de travailleurs de la ville seraient investis à l’aube par des centaines d’hommes armés pour en débusquer les sans papiers, les arrêter, les menotter, les placer en garde à vue et les expulser dans les meilleurs délais, avant qu’ils soient présentés au Juge des libertés et de la détention. Une véritable rafle à grand spectacle, généralement filmée pour immortaliser la gloire expulsionniste du ministre de la rafle et du drapeau.

Un charter pour Bamako puis Dakar serait prévu le samedi 12 juillet. Exemple de l’admirable coopération des gouvernements de l’Union européenne contre les peuples des pays en voie de développement, une escale serait prévue à Madrid pour faire le plein d’expulsés. La collaboration Sarkozy-Zapatero est en marche.

Fort heureusement, en France comme en Espagne il faut l’espérer, les oppositions à cette politique se manifestent, y compris chez celles et ceux qui sont chargés de missions que leur conscience réprouve : il est très possible que les unités chargées de la rafle fassent chou blanc demain. Tant mieux pour les sans papiers mais tant mieux aussi pour les policiers à qui un sale boulot aura été épargné !



La vigilance, c'est crier fort que ça arrive. Pour que ça n'arrive pas !



Source : Alerte RESF : Rafle programmée à Montreuil ?





Billet précédent : Sarkozy, président d'un clan

|

Sarkozy, président d'un clan


juin 2007 : "Le président de la République ne peut être l'homme d'un parti ou d'un clan [...] Je n'ai plus le droit de raisonner comme un chef de Parti, je dois raisonner comme un Président de la République à la hauteur de ses responsabilités". (Nicola Sarkozy)



le danger communiste5 juillet 2008 : Nicolas Sarkozy, président de la République et en charge de la présidence française de l'Union Européenne, se rend au Conseil National de l'UMP où il fait un discours : "Imaginons un peu ce qu'il serait advenu de la France et de son débat politique, lorsque nous avions des ministres communistes et des dirigeants socialistes au gouvernement de la France. Heureusement qu'il y avait l'Europe pour empêcher ceux-ci d'aller jusqu'au bout de leur idéologie et de leur logique".

"La France a besoin de l'Europe et l'Europe a beaucoup apporté à notre pays".

C'est par cette phrase que le petit président, cherchant sans doute dans un éclair de lucidité à prendre de la hauteur, aborde la question européenne. Et à ce stade, on pourrait presque naïvement se prendre à espérer que soucieux d'être en effet "un Président de la République à la hauteur de ses responsabilités", celui-ci va poursuivre sur une analyse construite et sérieuse des bienfaits réciproques de la France et de l'Europe.

L'espoir aurait été de courte durée pour les naïfs. L'irresponsabilité hargneuse de ce président décidément sans envergure reprend aussitôt le dessus et le voilà qui se lance dans un numéro de clown : "Imaginons un peu ce qu'il serait advenu de la France et de son débat politique, lorsque nous avions des ministres communistes et des dirigeants socialistes au gouvernement de la France. Heureusement qu'il y avait l'Europe pour empêcher ceux-ci d'aller jusqu'au bout de leur idéologie et de leur logique".




merci à Les mots ont un sens


Il n'est pas anodin de noter les rires gras et complaisants des barons de l'UMP, assis aux premiers rangs. Ceux-là savent bien que désormais, et tant que ce clown sera en poste, la France leur appartient. Et leurs bouches avides de se tordre, tandis qu'une bave satisfaite leur coule des lèvres.

"Désormais, quand il y a une grève en France, personne ne s'en aperçoit !"...

On comprend alors soudain que ce que le petit président signifiait à son peuple revanchard était en réalité ceci : Bon peuple de Sarkozie, sachez que nos efforts n'ont pas été vains. Le cancer démocratique est en rémission et le péril rouge s'éloigne. Puissants et réactionnaires de tous les pays, réjouissez-vous !... car vous voici bientôt sauvés de la chienlit bolchévique.

Le pire étant probablement que le petit Sarkozy fait corps avec son délire rédempteur...



Source : Sarkozy, président d'un clan





Billet précédent : Popularité Sarkozy : pas d'effet Ingrid Bétancourt

|

Construction européenne, referendum et souveraineté populaire


Europe : le Petit Président et le gros pot de confiture du mensonge





Nicolas Sarkozy disait : "L'Europe c'est le partage consenti d'une souveraineté. Et la souveraineté c'est le peuple. A chaque grande étape de l'intégration Européenne, il faut donc solliciter l'avis du peuple. Sinon, nous nous couperons du peuple".

Mais ça, c'était il y a longtemps. C'était avant son élection. Après, il a dit : "Je ne vous trahirai pas. Je ne vous mentirai pas. Je ne vous décevrai pas", et puis il est devenu Petit Père des People.



sarkozy dans le pot de confiture du mensonge



permalien de l'article : Construction européenne, referendum et souveraineté populaire



|

Faites une recherche :

 



over-blog.com