Réinventons le socialisme
Dans un courrier
adressé à l'ensemble des militants socialistes, Martine Aubry écrit
en particulier ceci :
« Chacun le sait, nous devrons répondre aux enjeux qui sont devant nous : l'explosion de la précarité et des injustices de toutes sortes entre individus et entre territoires, l'économie affaiblie par la concurrence mondialisée et la finance, l'école et l'ascenseur social en panne, les chocs écologiques, les déséquilibres du monde... C'est le modèle de société dans son entier qui doit être refondé.
« Nous devons d'abord nous poser la question essentielle de la société du bien-être. Faut-il continuer à accumuler des biens, lesquels, et pour quelle utilité ? Comment construire un système innovant, assurant l'emploi, préparant l'avenir et à même de distribuer justement les richesses ? Avec quelles conditions de travail et de respect de la planète et de ses ressources ? Quels services créer pour que la qualité de vie de chacun soit réelle ? Comment mieux vivre, échanger et travailler dans la société numérique ? Voilà des questions majeures qui s'inscrivent dans notre travail sur le nouveau modèle de développement économique, social et durable que nous préparons, et qui fera l'objet de notre première grande convention début 2010. »
Je veux comprendre que la Parti Socialiste est disposé à prendre le virage de la Sociale Ecologie.
Ce serait de bon augure...
Enfin !
Pendant ce temps, là d'autres socialistes en sont encore à rédiger et faire signer des pétitions, parce qu'ils ne sont pas d'accord avec les décisions prises par la direction actuelle du Parti Socialiste. La dernière en date propose de réinventer le PS. Outre qu'il est impossible de trouver quels sont les instigateurs de la chose - ce qui en dit assez long sur l'existence d'objectifs non avoués -, le texte proposé à la signature ne suggère en réalité qu'une et une seule chose : « faire de l’élection de notre leader, puis de celle de notre candidat à l’élection présidentielle, l’acte 1 de nos cycles politiques. »
D'abord se choisir un chef, celui qui sera le candidat ? Il est certain que c'est précisément cela que les français attendent des socialistes. Non ?... C'est pourtant et apparemment ce que certains ont crû comprendre. A moins qu'il ne s'agisse encore et toujours de se préoccuper surtout de comment choisir le candidat de sorte que le candidat soit mon favori pour la candidature, et donc soit... une candidate.
J'ai la faiblesse d'être convaincu pour ma part que les français attendent des socialistes qu'ils puissent d'abord leur proposer une politique alternative, nouvelle et ambitieuse, conforme aux valeurs de la gauche. Et je prétends qu'il est plus urgent de réinventer le socialisme que le Parti Socialiste - surtout s'il ne s'agit que de le caporaliser...
D'ailleurs Martine Aubry propose une méthode :
« C’est tout l’enjeu du travail que nous avons entrepris, que nous devons approfondir avec les intellectuels, les acteurs de la société mais aussi avec les Français. Je veux leur donner la parole à chaque étape. C’est ma conviction mais aussi la vôtre, je le sais : on n’élabore plus un projet en circuit fermé.
« Nous voulons une démarche innovante, énergique et féconde, hors les murs de Solférino. Pour discuter de l’ensemble de ces questions, mais aussi pour entendre les Français et débattre avec eux, nous organiserons dans chacune de nos fédérations des rencontres associant, au-delà des militants de notre parti et de nos élus, l’ensemble des forces de la transformation : les associations, les syndicats, les intellectuels, les citoyens engagés. Des camarades de la direction et moi-même serons à vos côtés dans un tour de France que nous entreprendrons à l’automne. »
Au boulot ! disions-nous au lendemain du Congrès de Reims. Au boulot ! avons-nous répété au lendemain des élections européennes. Aux militants socialistes, aux sympathisants de gauche, à chacun de se saisir de cette parole qu'on dit vouloir donner aux citoyens.
Il ne s'agit pas d'accorder une confiance aveugle à la direction du Parti Socialiste, il s'agit de reconnaître qu'elle est en place et de faire avec et au mieux. Il ne s'agit plus de dire qu'il faudrait ou aurait fallu faire autrement, il ne s'agit plus maintenant que de faire.
Bâtir ensemble un projet pour une société du bien-être via un nouveau modèle de développement économique, social et durable, voilà une ambition que nous partageons et qui devrait nous enthousiasmer. Non ? Faut d'abord se choisir un candidat ? Une candidate ? Vôtre candidate ? Ha bon...
Où l'on parle de : Réinventons le socialisme
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De l'attentat de Karachi à Nicolas
Sarkozy
Sociale Ecologie : Un autre socialisme est possible
Suite à une
discussion entre les Left-Blogs, lancée via la proposition de
Eric Mainville d'un Parti
Socialiste qui deviendrait un Parti de la Sociale Ecologie, je me
suis aperçu que si de 15 à 20% des français sont éventuellement
prêts à mettre un bulletin écolo dans l'urne, beaucoup ignorent en
réalité de quoi il s'agit quand on parle d'écologie politique.
C'est que les écologistes en général, et les Verts en particulier, se complaisent à ne mettre en avant que leurs atouts les plus séduisants. Ce serait cette femme tellement jolie, tellement sexy, qu'elle se contenterait de dire « Regardez-moi, dévorez-moi des yeux et vous saurez ce qu'est une femme ». Nous savons par expérience qu'une femme est un peu plus que cela, que c'est à définir à la fois un peu plus subtil et un peu plus complexe ... Nous le savons, n'est-ce pas ?... Et bien il en est de même pour l'écologie politique.
L'écologie politique n'est pas un mouvement associatif qui lutte pour la paix et contre la faim dans le monde. L'écologie politique, ce n'est pas davantage la protection des plantes vertes, des petites fleurs qui sentent bon et des animaux en voies de disparition, ni même la lutte acharnée contre toutes les pollutions environnementales. L'écologie politique est avant tout un projet... politique !
Faute d'avoir fait l'effort de comprendre de quoi parlent les écologistes, préférant en rester à leur caricature médiatique : une poignée d'illuminés qui adoptent des bébés phoques en fumant de l'herbe et annoncent des catastrophes en arborant des chemises à fleurs, le Parti Socialiste a été incapable de renouveler sa pensée politique pour l'adapter aux enjeux modernes.
J'ai quitté les Verts parce que les "environnementalistes" dont ceux-là, les défenseurs d'ours blancs en tongues sont la caricature, constituent tout de même un gros quart de ce parti, qui ne comprennent pas que l'écologie est l'essence même de la gauche, un autre gros quart étant composé d'anciens militants trotskistes, ou assimilés façon couteau entre les dents, qui ont trouvé chez les Verts un terrain de jeu à la mesure de leurs talents - qu'on a toujours tort de sous-estimés -, des "gauchistes" qui en réalité se contrefichent de l'écologie. Du coup, malgré la petite moitié restante, composée de militants sincères et qui savent de quoi il retourne quand ils parlent d'écologie, ce parti - où le bordel qui règne ferait passer le PS pour un village de schtroumpfs - m'est apparu incapable de grandir, d'irriguer la gauche, et d'assumer ce rôle d'avant-garde d'une gauche qui s'en trouverait enfin modernisée. Et le miracle Cohn-Bendit n'y changera rien, je peux vous le garantir.
Convaincu depuis longtemps que l'écologie politique est le prisme au travers duquel le socialisme pourra et devra se transcender, je suis aujourd'hui plus que jamais convaincu que c'est au Parti Socialiste que se fera ou ne se fera pas la mutation écologiste de la gauche, et si possible de toute la gauche.
Alors qu'est-ce que l'écologie politique ?
Pour bien comprendre de quoi on parle, il suffit de s'interroger sur ce qu'"environnement" signifie. La terre, la mer et l'air sont mon environnement. Les espèces animales également. Mais la société l'est tout autant, qui interagit avec moi. L'écologie politique c'est la conscience que toute décision politique doit s'intéresser à son impact sur son environnement, naturel ou social. Impact direct ou indirect. Impact de court, moyen ou long terme.
On comprend alors que l'écologie politique est ce qui s'oppose le plus frontalement au libéralisme, pour lequel toute décision est exclusivement tournée vers le profit immédiat et sa maximisation, au mépris des dégâts sur l'environnement, y compris donc sur le tissu social. Le credo libéral est qu'une main invisible s'occupera d'équilibrer les choses: il n'est qu'à observer l'état du monde pour comprendre que les choses ne s'équilibrent pas, que les pollutions augmentent, que les injustices sociales grandissent, que la terre s'essouffle et s'épuise, pendant que de plus en plus nombreux sont les hommes à ployer durement sous les coups qu'une main invisible assène avec constance...
Combien coûte à la société un chômeur ? Combien coûte à la société un enfant déscolarisé ? Combien coûte à la société un malade mal soigné ? Etc...
L'écologie politique, c'est alors, par exemple, une fiscalité pour les entreprises qui les contraigne à internaliser le coût de ce qui constituent pour elles des externalités, de ce qui ne constituent pas des coûts qu'elles ont à supporter mais que la société toute entière devra finalement payer, et au prix le plus fort. Dit autrement, c'est faire supporter à l'entreprise l'ensemble des dits coûts de telle manière qu'elle prenne des décisions pour elle-même qui soient optimales pour la société toute entière.
Ainsi, par exemple, le principe pollueur-payeur n'est pas - ou ne devrait pas être - un permis de polluer. Il est de faire en sorte que polluer devienne plus cher que de ne pas polluer. Il est de fournir une incitation sonnante et trébuchante à ne pas polluer - parce que l'entreprise aurait à supporter le coût de ses pollutions.
Ainsi, plutôt que de vouloir interdire administrativement les licenciements, la gauche devrait s'intéresser à faire qu'il devienne suffisamment cher de licencier que l'entreprise soit contrainte d'envisager si d'autres solutions ne lui seraient pas plus profitables, c'est-à-dire moins coûteuses - parce que l'entreprise aurait à supporter le coût social de ses licenciements.
Etc...
Se saisir de cette grille de lecture pour le Parti Socialiste serait, pour le coup, procéder à une véritable refondation idéologique... qui donnerait naissance à un projet moderne et ambitieux, profondément de gauche... et qui en effet justifierait un changement de nom comme un symbole positif de l'ampleur de la mutation. Parti de la Sociale Ecologie, ou Parti Ecolo-Socialiste, semblent convenir - même si, puisque vous avez tout bien suivi, il y aurait là une certaine redondance.
Mais puisqu'il s'agit de comprendre concrètement et de donner symboliquement à entendre qu'un autre socialisme est possible...
Où l'on parle de : Sociale Ecologie
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Européennes : un mal pour un bien ?
Au commencement est
une lecture des résultats assez simple : l'UMP est le premier parti
de France, la droite pèse moins de 40% des voix, le Modem moins de
10% et l'hégémonie du PS sur la gauche a pris fin, au profit d'un
rééquilibrage avec les Verts.
Si l'on veut affiner un peu, il est possible d'ajouter que la gauche radicale est à son niveau habituel d'une dizaine de % et que l'extrême droite pointe tout juste au-dessus des 5%.
Abstention de contestation... et piège à cons
On ne peut cependant s'affranchir, en premier lieu, de constater le niveau record de l'abstention (60%), ce qui devient une très mauvaise habitude lors des élections européennes - le score était assez similaire en 2004 et pas si éloigné en 1999...
Sur ce sujet, on a coutume d'épargner le bon peuple en pointant du doigt l'incapacité des hommes politiques à intéresser les citoyens à la chose politique. Je crois qu'on n'a pas raison. Certes, le personnel politique n'est pas toujours enthousiasmant, certes les médias ont pour fâcheuse tendance à considérer qu'il est plus vendeur d'insister sur la forme et les petites phrases assassines, plutôt que sur le fond. Mais les citoyens ne sont pas des enfants et ils sont pleinement responsables de leurs manquements . Ils sont nombreux à choisir la facilité, à se gargariser d'un "tous des incapables, tous des pourris, élections pièges à cons"... Ils ont tort - et au final ce sont eux d'ailleurs qui en paient les frais.
Il reste que cette abstention est en soi une contestation. C'est l'Europe qui est perçue comme trop peu démocratique - et le contournement du peuple français sur la question du Traité Constitutionnel a ici pesé lourd. C'est la manifestation d'un rejet du sarkozysme et d'une droite dure spécialisée dans la casse sociale, enfermée dans un dogme libéral agonisant. C'est le désespoir d'une gauche divisée, jusqu'au Parti Socialiste lui-même, incapable d'offrir une offre politique alternative. C'est la sanction d'un Modem sans autre projet que la contestation populiste de l'establishment et la stratégie personnelle de son président. Et c'est même la lassitude des électeurs d'un vote extrême trop évidemment stérile.
L'abstention est tout cela à la fois. Au résultat, de cette volonté de renvoyer tout ce monde dos à dos, de ce refus de choisir, il reste que les urnes ont choisi pour le peuple abstentionniste et ont donné la victoire... à Sarkozy. Le piège s'est refermé et nous voici collectivement les pauvres cons d'un petit président qui se marre et qui nous en remercie.
Mais aucun piège ne se referme définitivement, bien au contraire...
Victoire de l'UMP et défaite cinglante de la droite
Mais le rire sarkozyste est jaune. Car si l'UMP obtient 28% des suffrages qui se sont malgré tout exprimés, plaçant cette formation très largement en tête de ce scrutin, c'est une victoire en trompe-l'oeil. Le parti du président a si bien siphonné la droite qu'il se retrouve parfaitement isolé, sans recours, un peu merdeux pour tout dire.
Dans la meilleure hypothèse, on pourra vouloir lui agréger le score de Libertas et mesuer une droite dépouillée à 33%, flanqué d'un Front National exsangue à 6,5%. Mais c'est pis que cela. : Il n'a échappé à personne que l'ensemble des listes qui se sont présentées lors de ce scrutin se sont unanimement positionnées, exceptées donc celle de l'UMP, en opposition frontale à Nicolas Sarkozy et à sa politique. Lequel Nicolas sarkozy, deux après son élection, se retrouve à ne pouvoir compté sur le soutien que d'un tout petit 28% des suffrages exprimés... c'est-à-dire 11% du corps électoral.
Autre manière de regarder le résultat de l'UMP, soi-disant fort de ses 28% : en Angleterre comme en Italie, la droite obtient 36% des suffrages ; en Espagne, elle flirte avec les 45% ; et en Allemagne, le parti de la Chancelière, Angela Merckel, manque de peu la barre des 50%...
Sarkozy a finalement bien travaillé, parvenant en deux ans à mettre la droite à son plus bas niveau jamais atteint. Ce n'est en aucun cas une victoire pour la gauche française, mais ça ouvre des perspectives.
La baudruche dégonflée du Modem
Des perspectives d'autant plus intéressante que le Modem se retrouve aujourd'hui à 8,5%, quatrième force politique en France, très loin derrière les listes du Parti Socialiste et d'Europe Ecologie, qui pèse chacun près de deux fois plus lourd. Le constat est simple, un parti qui a pour ambition de se positionner sur l'électorat de centre gauche ne peut y parvenir avec un leader de droite.
Depuis hier soir jusqu'à ce matin, l'ensemble des personnalités du Modem qui se sont exprimées font porter le chapeau de la défaite au seul François Bayrou. Mais voilà, jusqu'à preuve du contraire, le Modem c'est François Bayrou et son obsession présidentielle : ils ne voudront ou ne pourront faire sans lui - et c'est regrettable car il y a très certainement un espace politique à occuper au centre gauche, un espace politique qui néanmoins ne saurait s'incarner en un homme de droite, libéral, autoritaire et dévoré par son ambition.
Les électeurs du Modem se sont détournés de François Bayrou, le Modem saura-t-il se détourner de son président pour se mettre en phase avec son électorat ? On peut en douter et le constat demeure d'un Modem isolé et à bout de force, sans autre perspective que le désastreux cavalier solitaire d'un homme qui ne saurait cesser de croire en son destin - car il ne faut pas s'y tromper, pour François Bayrou, après 2012, il y aura encore 2017...
La fin de l'hégémonie du Parti Socialiste sur la gauche
Si le Modem s'effondre de ne s'incarner qu'en un seul, le Parti Socialiste subit une autre sorte de revers, tout aussi cinglant, et qui est la rançon méritée de ses divisions internes. Pas plus qu'en 2007 Ségolène Royal n'avait été en mesure d'unir le Parti Socialiste derrière sa candidature, Martine Aubry n'a été de le faire à l'occasion de ce scrutin européen. Et de même qu'en 2007, il s'agissait d'une responsabilité collective que se devait d'assumer la candidate, il s'agit aujourd'hui encore d'une défaite collective dont Martine Aubry a la charge de tirer toutes les conséquences.
Il ne s'agit pas de donner dans le lynchage et de faire tomber dans les têtes, ainsi qu'en appellent ici ou là quelques rares enragés revanchards. Il s'agit bien au contraire d'en appeler à la responsabilité de chacun et de faire en sorte que le Parti Socialiste dans son ensemble se refuse à jouer la belle. C'est à cette condition unique que le Parti Socialiste deviendra audible, et utile à la gauche en portant haut et fort un projet alternatif ambitieux.
Il est plus que temps que le Parti Socialiste se réinvente. Plus que temps que le Parti Socialiste occupe toute sa place à gauche, ancré au coeur même de la gauche.... et en finisse avec une sociale-démocratie trop timide et à bout de souffle partout en Europe. Plus que temps que la gauche s'ouvre à l'écologie politique, c'est-à-dire prenne le temps de comprendre de quoi il s'agit.
L'écologie politique, deuxième pilier de la gauche
Pour les Verts français, c'est la fin de la clarification : c'est en s'ancrant résolument dans la gauche qu'Europe Ecologie est parvenu à devenir cette seconde jambe dont la gauche à tant besoin - et il est important de noter à ce titre que le score désastreux de Modem est aussi l'échec cuisant de Corinne Lepage et de la tentation aberrante de promouvoir une écologie qui ne serait ni de droite ni de gauche, une écologie qui ne serait pas politique.
Les Verts sont aujourd'hui face à leur responsabilité. Et celle-ci est double. D'abord, responsabilité d'assumer enfin d'être une composante à part entière de la gauche, ce qui signifie d'accepter le Parti Socialiste comme son premier partenaire plutôt que de contribuer à une division qui n'a jamais fait le jeu que de la droite. Ensuite, responsabilité d'explication d'un projet assumé dans toutes ses dimensions et dans toute sa complexité - même si parler d'un amour partagé pour les petites fleurs, et qu'on peut mieux voir du ciel quand il n'est pas pollué, est électoralement plus porteur.
Pour l'écologie politique, urgence sociale et urgence écologique ne se distinguent pas, sont un seul et même cri qui s'oppose à un libéralisme économique structurellement incapable d'intégrer à la prise de décision, aussi bien micro que macro-économique, les coûts des externalités et les coûts de long terme, c'est-à-dire spécifiquement les coûts qui affectent directement ou indirectement l'humain : le social est un environnement, comme l'environnement est social. L'écologie est de gauche ou bien n'est pas !
De la même manière, il faut admettre que si les socialistes doivent réviser très profondément leur credo d'une croissance économiquement et socialement porteuse, les écologistes ne sont pas mieux inspirés lorsqu'ils parlent de décroissance. La réalité est que la croissance du PIB - ou sa décroissance - est un très mauvais instrument de mesure en ce qu'il ne nous dit rien de l'humain et de ses conditions de vie. C'est à cela, entre autres petites choses, qu'il nous faut désormais apprendre à travailler ensemble.
Aujourd'hui, socialistes et écologistes pèsent 33%, ce qui en fait potentiellement la première force politique française, pour peu qu'ils apprennent à se parler, qu'ils admettent avoir pour ambition commune l'invention de la gauche du XXIème siècle et de son projet.
Oui, il est plus que temps de réaliser qu'il ne saurait y avoir de socialisme moderne hors l'écologie politique ni d'écologie politique hors le socialisme. Plus que temps qu'émerge une gauche qui aurait enfin intégré dans sa pensée politique que l'urgence écologique et l'urgence sociale sont les deux faces de la même pièce ; que cette pièce a pour nom économie de marché régulée - parce que le libéralisme n'aura jamais d'autre vision que celle du profit à court terme ; qu'il s'agit donc pour la puissance publique - l'Etat mais pas seulement - d'internaliser dans les transactions marchandes et les investissements publics et privés le coût des externalités de moyen et long terme que sont les dégradations du tissu social et les dégâts causés à l'environnement ; que l'ambition d'une gauche moderne sera de rééquilibrer le marché - qui n'est qu'un instrument à façonner - au profit d'une meilleure prise en compte du bien-être des hommes dans leur environnement, c'est-à-dire de chaque homme et femme sur l'ensemble d'une planète qui est notre unique capital.
Alors, je veux me joindre à cet unique slogan : Au boulot, bordel !
Où l'on parle de : Un mal pour un bien ?
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La proposition 5 du Manifeste socialiste européen : un programme européen de développement des réseaux de transport d’énergie et de transport de données à large bande
Le 7 juin prochain, lors
des prochaines élections européennes, les citoyens d’Europe
auront à faire un choix politique fondamental. Chaque électeur aura
à choisir entre la conception du Parti Socialiste Européen
d’une Europe de progrès, dans laquelle les citoyens, les
Etats et les pouvoirs européens travaillent ensemble pour répondre
aux aspirations de tous ; et une Europe de droite, où
l’avenir de nos pays et de nos concitoyens serait remis au
jeu du marché.
En effet, à l'occasion de cette élection, le
Parti Socialiste Européen s’est engagé auprès des citoyens
européens dans une démarche unitaire visant à créer une société
plus juste et plus protectrice, prête à relever les défis qui
sont devant nous, en disant : « les citoyens d’abord
». Adopté à l’unanimité par les 33 partis membres -
socialistes, sociaux-démocrates, travaillistes et progressistes -,
le Manifeste
du PSE constitue à cet effet un programme d’action
commun, qui s'engage plus précisément à :
I- Relancer l’économie et éviter le retour des crises
financières ;
II- Faire progresser la justice dans la nouvelle Europe sociale
;
III- Mettre l’Europe en tête de la lutte contre le changement
climatique ;
IV- Parvenir à l’égalité des sexes en Europe ;
V- Donner à l’Europe une politique d’immigration pour
le progrès ;
VI- Faire de l’Europe un partenaire fort pour la paix, la
sécurité et le développement.
Ce programme est décliné en 71 propositions détaillées et cohérentes. Des blogueurs, engagés dans cette importante campagne électorale visant à proposer aux citoyens européens un nouveau sens pour l'Europe, se proposent de vous les présenter au long d'une chaîne dont ils seront donc les 71 maillons - et dont j'ai l'honneur d'être ici le cinquième.
Ainsi, dans le chapitre Relancer
l’économie et éviter le retour des crises
financières, un premier sous-chapitre se propose de
Donner un cadre aux marchés financiers pour
l’économie réelle, l’emploi et la croissance dans
lequel :
1- Timothée
a présenté la proposition : Relancer l’économie et éviter
le retour des crises financières ;
2- Abadinte
a présenté la proposition : Mettre fin aux paradis fiscaux
;
3- Maxime a
présenté la proposition : Réformer l’architecture
financière mondiale.
Le second sous-chapitre évoque pour sa part
Une stratégie européenne pour une croissance écologique et
innovante, créatrice d’emplois dans lequel :
4- Back2basics a
présenté la proposition : Doter l’Europe du système de
transports le plus efficace, le plus économique et le plus
écologique ;
5- Je suis quant à moi chargé de vous présenter la proposition :
Elaborer un programme européen de développement des réseaux de
transport d’énergie et de transport de données à large
bande :
Nous appelons à un programme européen de développement des réseaux de transport d’énergie et de transport de données à large bande, indispensables à l’économie européenne de demain. Les parcs à éoliennes en mer, par exemple, exigent de nouveaux réseaux de transport transfrontières. La vitalité économique des zones rurales, dans toute l’Europe, dépend de l’accès à la communication large bande. Des milliards d’euros d’investissements s’imposent donc dans tout le continent. La Banque Européenne d’Investissement, qui finance déjà les infrastructures énergétiques et de télécommunications, pourrait s’engager sur une plus grande échelle. L’injection de fonds structurels communautaires dans ces domaines d’avenir doit aussi être prévue.
La proposition a le mérite d'être tout à fait explicite, et est sans conteste très pertinente, en ce qu'elle est à la fois utile à la création d'un espace européen tourné vers les citoyens, efficace économiquement par la programmation d'investissements productifs d'avenir et écologiquement soutenable. Elle est donc parfaitement en phase avec cette ambition d'une croissance à la fois écologique et innovante, créatrice d’emplois, dont les citoyens européens - mais également les citoyens du monde - ont le plus grand besoin.
C'est qu'il s'agit bien de cela, au travers des 9 propositions de ce sous-chapitre, de la mise en place d'une stratégie européenne visant à créer 10 millions de nouveaux emplois à l’horizon 2020, dont 2 millions pour le seul secteur des énergies renouvelables, stratégie d'avenir qui donnera à l’Europe le leadership mondial de l’innovation et des nouveaux produits et nouvelles technologies durables.
De la même manière, l'efficacité énergétique contribuera à cette stratégie, tout en réduisant la facture énergétique des foyers européens, manière - pertinente là encore - d'améliorer leur pouvoir d'achat. Mais de cela, c'est mon ami Rimbus qui va se faire un plaisir de vous en parler, puisque le voilà présentement chargé de poursuivre cette chaîne de campagne.
J-67 pour Changer l'Europe !
Où l'on parle de : La proposition 5 du Manifeste socialiste européen
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Benoit Hamon : une gauche radicale, un socialisme crédible
Benoit Hamon a mis en ligne sur son site une dernière vidéo de campagne pour appeler les militants socialistes à voter en faveur de sa candidature :
Du pur jus gauchiste ! diront certains. Et ils auront raison, dans une certaine mesure. Les images sont fortes qui parlent de la crise économique et du mouvement social, qui évoquent la crise financière, la montée du chômage, la dégringolade du pouvoir d'achat, de ce « monde qui s'effondre », des images qui illustrent l'exaspération sociale et la colère dans nos banlieues, les mobilisations sociales et les défaites du Parti Socialiste, ses absences aussi, et une bande son qui appelle au combat politique « duquel peut naître une espérance »... et le tout en moins de deux minutes.
On n'a plus l'habitude d'un Parti Socialiste qui parle ainsi, presque crûment. Et c'est une partie du problème. L'autre partie provenant du fait que, sauf à être un parti politique purement contestataire, un parti de posture, tenir un tel discours exige d'être en mesure d'apporter des réponses à la hauteur du constat, ce que nous le savions bien - ou du moins avons-nous fini par l'apprendre - la sociale-démocratie n'était pas en mesure de promettre.
C'est tout l'intérêt de ce qui s'est passé à la gauche du Parti Socialiste, cette mutation qu'il a opéré vers un projet qui ne se contente plus d'osciller entre marxisme et keynesianisme. Il ne s'agit plus pour la gauche du Parti Socialiste de tirer le curseur vers la gauche de cet axe très XXème siècle et qui dans une large mesure est obsolète. Une mutation profonde du projet a été engagé qui, ajoutant une troisième dimension à la réflexion politique, a permis de s'élever au-dessus des deux premières, de les transcender en quelque sorte.
Benoit Hamon ne la nomme pas encore ainsi, mais qu'importe : le fait est que cette dimension nouvelle de l'analyse politique se nomme écologie politique, une doctrine qui part du constat que la faillite libérale provient du fait que le marché seul est incapable de tenir compte du coût des externalités négatives - pour vulgariser, disons qu'il s'agit des dommages collatéraux subits par le corps social et son environnement - et aboutit à la conclusion que la puissance publique doit intervenir avec force afin de réglementer le marché en lui imposant d'internaliser ces coûts, de les supporter en totalité. Il ne s'agit pas tant de dire pollueur payeur que de rendre le coût de la pollution si important que les investissements s'orienteront vers des solutions non polluantes. Il ne s'agit pas tant de pénaliser les licenciements, mais d'en faire supporter aux entreprises tout le coût social - qui ne se limite pas à l'indemnisation chômage - de telle manière que la ressource humaine ne soit plus la première variable d'ajustement... Et caetera.
Et cela change tout. Parce que le Parti Socialiste est alors à nouveau fondé pour, devient plus légitime à s'opposer à la droite, souligner la faillite libérale, dénoncer les dégâts sociaux de la crise, parler d'urgence social et d'urgence écologique, s'impliquer dans le mouvement social, pour la bonne et simple raison qu'il offre une alternative politique aussi radicale que crédible.
C'est ainsi que Benoit Hamon reçoit le soutien d'éminents économistes - dont Liêm Hoang-Ngoc n'est pas des moindres - qui ont cette semaine lancé un appel en sa faveur et viennent crédibiliser une démarche que beaucoup à gauche désespérait de voir émerger :
Appel d’économistes en faveur de Benoît Hamon
L’économie subit sa plus grave crise depuis 1929. Les pistes que notre pays empruntera pour en sortir dépendront avant tout des choix politiques qui seront réalisés. C’est pourquoi, en tant qu’économistes, quelles que soient nos appartenances politiques, nous ne sommes pas indifférents à l’issue des débats internes qui se mènent au sein du principal parti d’opposition. Nous sommes conscients que ce dernier jouera un rôle décisif dans la constitution dans une alternance capable de déboucher sur une alternative réelle. Pour ce faire, le Parti Socialiste devra tirer un bilan sans concession des politiques menées depuis plus de deux décennies.
Au cours de cette période, la financiarisation de l’économie, la déréglementation bancaire, le libre-échange incontrôlé, l’ouverture à la concurrence dans les secteurs de service public, les soi-disant réformes structurelles du marché du travail et les politiques macroéconomiques conduites ont creusé les inégalités et se sont avérées incapables d’assurer le plein-emploi. Ces politiques ont, au contraire, abouti à une détérioration constante de la situation du plus grand nombre. Elles ont, de reniements en reniements, conforté les discours sécuritaires et identitaires. Il convient donc, dès maintenant, de penser la politique nécessaire pour assurer la transition vers un nouveau modèle de croissance et de développement.
Les réflexions économiques des candidats à la direction du Parti Socialiste laissent présager de la politique qui sera menée. A cet égard, les chantiers que propose de creuser Benoît Hamon ouvrent des voies nouvelles et pertinentes dans le contexte actuel. Parmi ceux-ci, l’entrée de l’Etat dans le capital des banques recapitalisées est nécessaire pour contrôler, consolider et étendre la sphère du pôle public financier pour reconstruire les conditions de stabilité et d’efficacité du mécanisme du crédit. Ceci doit aussi se faire dans le cadre d’un redéploiement de la politique industrielle qui assume pleinement les responsabilités de l’État comme organisateur, comme initiateur, mais aussi le cas échéant comme producteur.
Les services publics doivent être le modèle de référence de la gestion des biens collectifs. Le système fiscal doit être rendu plus redistributif pour éviter que l’effort de financement de l’action publique ne pèse avant tout sur les classes moyennes et modestes qui subissent la crise du pouvoir d’achat. Ceci implique un contrôle sur les mouvements financiers afin de pénaliser les pratiques d’évasion et de concurrence fiscale qui sont les moyens que les plus riches se donnent pour se soustraire à la loi commune et violer ainsi les principes de la décision démocratique.
La puissance publique doit organiser, avec les partenaires sociaux, l’indexation des salaires sur l’inflation et les gains de productivité. L’extension de l’assiette des cotisations sociales doit être privilégiée, comme alternative au recul de l’âge de la retraite pour préserver le système par répartition. La progressivité et la modulation de l’impôt sur les sociétés doit permettre de taxer la rente et de favoriser les entreprises qui investissent et qui créent des emplois. On ne saurait tolérer plus avant les pratiques de dumping fiscal, social et écologique que l’on constate hors mais aussi dans l’UE et qui aboutissent, par le biais du libre-échange, à défaire de l’extérieur ce qui a été construit à l’intérieur. Des protections sont donc nécessaires et seront à mettre en place, notamment par l’activation du principe de préférence communautaire, pour mettre fin à la déflation salariale et garantir les normes sociales et écologiques contre le libre-échange.
Un véritable New Deal doit être élaboré pour sortir l’Europe de la récession. Pour cela, l’Europe doit pouvoir lever l’emprunt. Le pacte de stabilité doit être définitivement abandonné. Les statuts de la BCE doivent être refondés pour permettre une politique monétaire faisant du plein emploi et de la stabilité du système financiers des objectifs à part égal avec la stabilité des prix. L’action de la BCE doit être intégrée dans une logique de politique économique globale, à l’inverse du dogme d’indépendance qui n’est ni fondé en théorie, ni désormais applicable en pratique.
La candidature de Benoît Hamon a d’ores et déjà permis de réhabiliter de nombreux débats interdits de politique économique. Il est temps de les aborder de front, car la poursuite d’une stratégie consistant à amender à la marge le modèle de croissance néo-libéral se trouverait décalée vis-à-vis des défis qu’il faut relever en ce moment-charnière pour élaborer un programme de sortie de crise.
Premiers signataires : Bruno Amable (Université de Paris 1) Angel Asensio (Université de Paris 13) Liêm Hoang-Ngoc (Université de Paris 1) Dany Lang (Université de Paris 13) Jean-Marie Monnier (Université de Paris 1) Stefano Palombarini (Université de Paris 8) Bernard Paulré (Université de Paris 1) Muriel Pucci (Université de Paris I) Nathalie Rey (Université de Paris 13) Jacques Sapir (EHESS) Richard Sobel (Université de Lille 1) Damien Sauze (Université de Bourgogne) Nadine Thévenot (Université de Paris 1) Bruno Tinel (Université de Paris 1) Stéphane Tizio (Université de Bourgogne) Julie Valentin (Université de Paris 1) Franck Van de Velde (Université de Lille 1)
Où l'on parle de : Une gauche radicale, un socialisme crédible
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Réponse à Juan de Sarkofrance
Pragmatisme et renoncements du socialisme
L'indispensable
Juan de Sarkofrance a publié sur leftblogs.info un billet intitulé « Je n’ai pas été déçu par le Congrès Socialiste »,
dans lequel il dresse un bref tableau de ses impressions de congrès
et où, du constat selon lequel les socialistes seraient en réalité
d'accord sur le fond politique, il conclut au fait que le bon choix
serait celui de porter Ségolène Royal à la tête du Parti
Socialiste.
J'ai d'abord commencé un petit commentaire au-dessous de son billet, qui a rapidement cessé d'être petit pour bientôt n'avoir plus le format concis d'un commentaire. Pis, au même moment, j'ai découvert un autre billet - « Parti Socialiste : le malentendu de l’unité » -, plus récent encore, dans lequel il revient sur la question du Modem et expose une vision très pragmatique du combat politique.
Bref, plus moyen d'en rester au commentaire. Autant faire un billet où ce que j'ai à dire apparaîtra sans doute un peu plus construit.
Juan écrit : « un parti doit avoir des statuts cohérents avec le régime politique dans lequel il concourt », et constate que le Parti Socialiste « conserve encore quelques restes d’un fonctionnement digne de la 4ème république ». Le constat est juste : il est vrai que demeure une pointe de IVème République dans le PS et que le présidentialisme est plus en phase avec la Vème... Mais il faut alors se souvenir de ce temps pas si lointain où les socialistes en appelaient à l'instauration du VIème République, où le parlementarisme se substituerait au présidentialisme. Faut-il renoncer à cette ambition ? Faut-il surtout oublier pourquoi cette ambition, ce qui la justifiait et la justifie encore ?
Le monde ne nous ressemblant pas, il faudrait renoncer à changer le monde et se contenter de lui ressembler - afin simplement d'être en phase ? C'est là bien tout le problème du Partie Socialiste depuis plus de deux décennies, c'est-à-dire depuis les premiers renoncements de l'ère mitterrandienne, et en passant par le tragique « l'Etat ne peut pas tout » de Lionel Jospin qui scella le sort des deux dernières présidentielles. Le socialisme ne sachant plus comment changer la vie dans un monde devenu trop complexe et trop grand, il ne pouvait que s'adapter, corriger un peu, ici ou là. Reconnaissant que le monde était plus fort que lui, il avait renoncé à son ambition... pour l'Homme. Il avait de fait renoncé au socialisme.
Alors, plutôt que de renoncer et de nous adapter, pour être en phase, posons-nous chaque fois la question de ce qui fonde notre engagement, notre ambition. nous voulions en finir avec le présidentialisme de la Vème République : pourquoi ? Parce que la gauche n'a que faire de la culture du chef. Parce que nous en connaissons les dérives - et nous les voyons aujourd'hui à l'oeuvre. Parce que nous croyons en l'intelligence collective et en la force positive de la démocratie. Parce que la démocratie est l'outil premier du socialisme - et il faudrait d'ailleurs s'interroger aussi sur la cohérence entre présidentialisation et démocratie participative...
Non, je ne crois pas que le pragmatisme soit nécessairement le passage obligé de toute victoire - ou en tout cas tant que l'on espère encore en des victoires utiles. Je crois que lorsque le pragmatisme devient renoncement ou cynisme, souvent les deux à la fois, on a déjà perdu le combat que l'on mène, parce que l'on a oublié pourquoi, et surtout pour qui, on avait engagé ce combat.
Non, il ne s'agit pas de crier « A Gauche » plus fort que les autres. Et puis surtout, non, les précaires ne se foutent pas « qu'on gouverne exactement pareillement » de ce que nous avons toujours fait... et qui ne les a que très marginalement rendu moins précaires.
Il ne s'agit pas de crier « A Gauche », mais il s'agit de réinventer la gauche, de ne pas en rester à une sociale-démocratie qui ne cesse et partout d'échouer, qui met des pansements - et c'est mieux que rien, mieux que ne fera jamais la droite - mais qui ne guérit pas, qui ne possède pas les moyens de guérir.
Non, la sociale-démocratie ne saurait répondre ni à l'urgence sociale ni à l'urgence écologique - ni même aux horreurs économiques qui se succèdent à travers le monde et dévastent les hommes. Elle ne saurait y répondre, à ces deux urgences, ne serait-ce que parce qu'elle n'a pas intégré dans son architecture que ce sont là les deux faces de la même pièce.
C'est pourquoi il y a pour les socialistes, cette semaine, un véritable choix politique à faire. Un choix entre ceux qui prônent bon an mal an la poursuite du projet social-démocrate, et ceux qui ont commencé à ouvrir de nouvelles pistes à gauche - et Benoit Hamon a fait en ce domaine la preuve que le projet socialiste nouveau est en passe de trouver une cohérence dans cette «radicalité crédible» qu'a évoquée une Ségolène Royal, dont il faut bien reconnaître qu'elle a parfois le sens de la formule juste - mais les mots ne suffisent pas... les mots ne peuvent suffire quand on les prononce tous.
Or il y a une réalité qui permet d'évaluer Ségolène Royal quant çà ce choix politique essentiel qu'il faut faire, l'évaluer par delà les mots qu'elle prononce ici ou là, par delà cette stratégie qu'elle avait d'abord mise en oeuvre lors des présidentielles et qui consiste à aller systématiquement chasser sur le terrain de l'adversaire. Cette réalité est toute entière contenue dans le texte qu'elle a signé et avec lequel elle se présente devant les militants, toute entière inscrite dans cette motion E qui de toute évidence est dans l'exacte continuité sociale-démocrate, une voie prônée d'ailleurs sans ambiguïté par ses co-signataires, Jean-Noël Guérini, Gérard Collom et Manuel Valls entre autres.
C'est pourquoi, si l'on se concentre sur le cœur du problème socialiste, c'est-à-dire sur ce qui concerne très concrètement les précaires auxquels les socialistes doivent de se réinventer et de cesser d'être dans les renoncements timorés - même mâtinés d'une compassion très émouvante et très fraternelle -, il n'y a en effet pas à hésiter et, pour ma part, je suis socialiste et je voterai Benoit Hamon sans la moindre hésitation.
Où l'on parle de : Réponse à Juan de Sarkofrance
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Aubry, Royal, Delanoë : Un monde de retard
C'est tous les jours
qu'ils s'affrontent, chaque jour un coup bas et une nouvelle
polémique. Aujourd'hui, ce sont les ségolénistes et autres soutiens de la motion Collomb(Royal) qui font
buzzer une vidéo, montage affligeant où l'on assiste à la
prestation de Sylviane Agacinski chez Laurent Ruquier à propos de
tout le mal qu'elle pense de Ségolène Royal, avec commentaires
ségolénistes en surimpression pour bien forcer le trait - et
notamment baliser le chemin qui de Mme Agacinski traversera Lionel
Jospin pour atteindre Bertrand Delanoë.
Je ne vais pas entrer dans le débat, juste souligner que se complaire ainsi à la rebaptiser en Sylviane Jospin, ainsi que ne s'appelle pas Mme Agacinski , est réduire une femme à son mari et constitue déjà d'un machisme sévère, le même dont Mme Royal avait été en son temps la victime lorsqu'on usait contre elle des déclarations de celui qui était alors son compagnon. Procédé indigne hier, procédé indigne aujourd'hui.
Je préfère très simplement noter que le niveau du débat entre les motions soeurs de la social-démocratie à la papa descend là encore d'un cran. On n'aurait pas cru cela possible. C'est pourtant ce qui arrive chaque fois : quand le débat ne peut se tenir au niveau des idées parce qu'on professe au fond les mêmes, il descend au niveau d'un affrontement brutal, et souvent médiocre, entre des individualités qui en sus des idées partagent la même ambition personnelle autour de laquelle elles s'affrontent depuis bientôt une décennie, et davantage pour certains. Chaque fois, on ressort donc les grosses ficelles et renaissent les vieilles rancoeurs stériles.
Or, sur le fond, ils ont ensemble attendu que la crise éclate pour faire enfin mine de comprendre que c'est le système tout entier qui est en fin de vie. C'est au point que certains voudraient aujourd'hui reporter le congrès afin d'avoir le loisir de réécrire leurs motions et les adapter à l'actualité. C'est dire si eux-mêmes ont compris que la social-démocratie façon XXème et dont leurs motions se faisaient hier encore l'écho, n'était pas à la hauteur des enjeux de la crise systémique que nous vivons et dont pourtant les dégâts sociaux et écologiques ne datent pas de ce mois de septembre. C'est dire en réalité si ils ont un monde de retard !
Ils ont perdu en 2002 avec Lionel Jospin dont le programme n'était pas socialiste.
Ils ont perdu en 2007 avec Ségolène Royal qui s'est présenté devant les français avec le même programme sans souffle.
Virons-les en 2008, lors de ce congrès de la dernière chance, pour gagner en 2012 sur un projet socialiste refondé et ambitieux.
Rénovons enfin le PS, finissons-en avec les querelles de personnes, votons et faisons voter pour la seule motion qui présente une ligne politique résolument tournée vers le XXIème siècle dans un dépassement d'une social-démocratie aussi timide que désuète, une ligne politique traversée par la régulation écologique et sociale du marché. Votons massivement pour la motion C : « Un monde d'avance - une gauche décomplexée ».
Edit du 15 octobre : Je tiens ce
matin à remercier les ségolénistes qui s'en
prennent à Aubry qui déclare que Paris est une ville bourgeoise
afin de mieux s'en prendre à Delanoë. Tout cela valide un peu plus
encore, si besoin était, ce que j'écrivais il y a quelques jours,
ci-dessus, quant au niveau exécrable du débat lorsqu'on peine à se
démarquer sur le fond.
Vivement que ce congrès se termine ! Et espérons que les militants
sauront majoritairement tirer les conséquences d'une campagne où
preuve aura été une nouvelle fois apportée que la guerre des chefs
ne saurait terminer : la sociale-démocratie a besoin d'être
dépassée, le Parti Socialiste a besoin que ceux qui en sont les
derniers représentants laissent la place... et que rénovation enfin
se fasse.
Où l'on parle de : Un monde de retard
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La motion «Un Monde d'Avance » en 79 propositions

Le monde se métamorphose : le néo-libéralisme plonge la planète toute entière dans la crise. Un monde s’éteint et le neuf hésite encore à naitre. Le congrès du Parti Socialiste se déroule dans ce clair obscur, cet intervalle entre deux cycles dont peuvent émerger le meilleur, un monde régulé et plus juste, ou le pire, le nationalisme ou la renaissance d’un capitalisme financiarisé.
Le Parti Socialiste n’a pas la faveur des Français qui jugent son action timorée et souvent illisible. Il n’est seul. La social-démocratie européenne a subi 13 défaites sur les 15 derniers scrutins. Est-ce, dans chacun de ces treize partis, faute de leaders ou de discipline ? Ou bien est-ce le résultat de la défaillance du projet social démocrate ? Cette seconde hypothèse paraît tout de même plus vraisemblable ! Ce qui est essentiel pour un parti, ce qui entraîne l’adhésion ou motive la critique, c’est son orientation politique.
La motion Un Monde d'Avance - la gauche décomplexée propose de clarifier une ligne politique sur 9 points : Sortir du libre échange généralisé, répondre à l’urgence écologique, redistribuer les richesses, affirmer le retour de la puissance publique, changer le cours de la construction européenne, aller à la reconquête de la démocratie, promouvoir une société de progression des droits et libertés, aller vers une société d’émancipation plutôt qu’une société d’ordre, définir une politique étrangère progressiste.
Il s'agit pour le Parti Socialiste d'affirmer une orientation à gauche. La Gauche est victorieuse lorsqu’elle est la Gauche, comme en 1981 ou en 1997. Elle est défaite lorsque les électeurs ne savent plus qui elle est, comme en 2002 ou 2007.
Il s'agit de vouloir un changement réel par rapport à la direction sortante du PS dont sont issues les 3 autres principales motions. Faire le choix du renouveau et de la rénovation : le PS a besoin d’un nouveau souffle, d’un sursaut.
Il s'agit enfin d'offrir aux Français les raisons d’espérer et donner à la Gauche les meilleures chances de gagner en 2012 sur un projet de transformation sociale ambitieux et crédible : décomplexée !
Les propositions d'une gauche décomplexée
Sortir du libre-échange généralisé
1. Activer le tarif extérieur commun, pour rétablir la préférence communautaire voulue par les pères fondateurs de l’Union européenne et lutter contre le dumping fiscal et social
2. Baisser les taux d’intérêt européens, pour ramener la parité euro/dollar à un niveau acceptable pour nos exportations
3. Relocaliser la production, selon le principe qu’il ne peut y avoir accès à un marché s’il n’y a pas production de tout ou partie des marchandises sur ce même marché. La relocalisation concourra aussi à la lutte contre la pollution générée par les transports de marchandises
4. Contre l’OMC, choisir la coopération plutôt que la compétition, pour obtenir entre nations une convergence sociale et écologique, et pas seulement commerciale.
Répondre à l’urgence écologique
5. Etendre le champ du service public, car les ressources comme l’air, l’eau et les espaces naturels ne doivent pas être jetés en pâture au marché
6. Mobiliser les collectivités locales de gauche pour remettre l’eau en gestion municipale directe
7. Employer les bénéfices de la gestion directe de l’eau pour restaurer la propreté des eaux et des rivières françaises à horizon 2015
8. Accorder aux ménages modestes et aux bailleurs sociaux des aides substantielles pour améliorer le bilan énergétique des bâtiments
9. Inventer une fiscalité écologique selon le principe du pollueur-payeur, en mettant notamment en place une taxe-carbone universelle avec l’aide de l’Europe, qui pourra l’imposer sur les importations
10. Promouvoir un autre modèle de développement agricole, qui protège les agricultures vivrières locales et qui taxe les importations destructrices pour l’environnement
11. Accélérer les progrès de l’agriculture biologique en France, en subventionnant davantage la recherche publique française pour obtenir des produits bio à la portée de toutes les bourses
12. Introduire des critères environnementaux dans le Code des Marchés publics, notamment pour favoriser l’utilisation de denrées produites à proximité des collectivités publiques
Pour lutter contre les inégalités, redistribuer les richesses
- Augmenter les salaires
13. Augmenter les salaires de la Fonction publique, qui emploie un salarié sur 5 en France
14. Porter le SMIC à 1500 €
15. Appliquer à toutes les branches le principe de minimas conventionnels au moins égaux au SMIC
16. Organiser une Conférence sur les Salaires, où sera fixée une norme de progression des salaires en fonction des gains de productivité. En cas d’échec de cette Conférence, l’Etat prélèvera davantage de cotisations sociales sur les branches réfractaires
- De nouveaux financements pour les retraites
17. Maintien du droit à la retraite à 60 ans et du système par répartition
18. Faire cotiser les stock-options à la retraite, instaurer une « CSG-Entreprises » pour faire cotiser les profits
19. Permettre aux salariés des métiers pénibles de partir en retraite avant d’avoir atteint 40 annuités de cotisations
Pour une protection sociale de haut niveau
20. Améliorer l’offre publique de soins, tant sur le plan technique que territorial
21. Mieux rembourser les soins dentaires et d’optique
22. Instaurer des enveloppes forfaitaires de rémunération pour les professionnels de santé
23. En finir avec le mythe du « trou de la Sécu » : revoir tous les mécanismes de niches fiscales, d’exonérations de cotisations patronales qui pèsent si lourd dans le manque de recettes de l’Assurance Maladie
Logement : l’action publique plutôt que le laisser faire
24. Bloquer les loyers en 2009 et encadrer leur évolution lors des relocations
25. Réquisitionner les logements vides, soit par la procédure d’attribution d’office laissée au Préfet, soit par l’activation du pouvoir de réquisition du maire
26. Relancer la construction de logements à loyers modérés, en mobilisant les ressources du Livret A et en abandonnant les exonérations fiscales accordées sans contrepartie
Renforcer la justice fiscale
27. Créer un grand impôt progressif sur le revenu, assis sur une assiette large, en fusionnant l’actuel IRPP et la CSG et en abandonnant les niches fiscales
28. Instaurer un abattement d’impôt au bénéfice de tous les ménages modestes
29. Créer une « CSG-Entreprises » en remplacement des cotisations patronales actuelles, pour favoriser l’emploi et les PME
30. Réformer la fiscalité locale et mettre en place une véritable péréquation fiscale entre collectivités territoriales
Affirmer le retour de la puissance publique, reconstituer nos marges de manœuvres
31. Supprimer le bouclier fiscal et réorienter le paquet fiscal vers des dépenses d’avenir : innovation, recherche, santé, éducation et développement durable
32. Soutenir l’investissement en faisant davantage intervenir l’Etat dans l’économie, par des prises de participation au capital et un « fonds souverain français », qui investirait dans les entreprises socialement et écologiquement responsables
33. Bâtir un pôle public de l’énergie, reposant sur un pilier électro-gazier (EDF, GDF et Suez), un pilier nucléaire (Areva, dont il faut stopper la privatisation) et un pilier pétrolier (Total)
34. Créer de nouveaux services publics : petite enfance, logement et habitat
35. Maintenir les tarifs réglementés dans certains secteurs clé (énergie… )
36. Restauration de la législation protectrice du droit du travail, notamment sur la durée du travail (35 heures), sur le salaire minimum, la santé et la sécurité au travail, etc.
Changer le cours de la construction européenne
37. Une autre politique monétaire, en obligeant la BCE à soutenir d’abord la croissance et l’emploi
38. Une autre politique budgétaire, en révisant le Pacte de stabilité et en dotant l’Union d’un budget digne de ce nom, pour financer la solidarité avec les Etats membres moins riches
39. Création d’un impôt européen sur les sociétés
40. Pour un « New Deal » européen, financé par l’emprunt, en faveur de l’innovation industrielle : remplacement énergétique, biotechnologies, nouveaux procédés industriels, nouvelles infrastructures (classiques et numériques)
41. Création d’une Communauté Européenne de la Recherche et de l’Industrie (CERI), sur le modèle de la CECA (Charbon et Acier)
42. Moratoire sur les libéralisations dans les services publics (poste et chemins de fer) puis vote d’une directive cadre définissant les principes communs à tous les services publics
43. Création d’un salaire minimum européen
44. Harmonisation des taux de l’impôt sur les sociétés
La reconquête de la démocratie
45. Pour une 6ème République, où le Premier ministre est le véritable chef de l’Exécutif
46. Inscrire un statut de l’élu dans la Constitution
47. Accorder le droit de vote et d’éligibilité aux élections locales aux résidents non communautaires
48. Instaurer la parité hommes / femmes dans tous les Exécutifs (locaux, intercommunaux, régionaux, gouvernemental)
49. Donner un second souffle à la démocratie sociale, en rétablissant la hiérarchie des normes sociales, en faisant négocier des accords majoritaires par des syndicats représentatifs sur la base des élections professionnelles, en organisant un financement public des syndicats
50. Assurer le pluralisme médiatique, en faisant voter une loi anti-concentration en France et une directive sur la liberté d’expression et d’information en Europe
51. Interdire aux entreprises vivant de la commande publique de détenir des actions dans le secteur des médias
Une société de progression des droits et libertés
52. Rétablissement de la police de proximité
53. Suppression de la rétention de sûreté et des peines plancher
54. Privilégier les peines alternatives à l’emprisonnement
55. Une nouvelle politique d’immigration, via un plan de régularisation et d’obtention de visas de travail, ainsi que par une lutte sans merci contre le travail au noir
56. Lutter contre les discriminations, en mobilisant collectivités publiques et entreprises, en étendant les droits attachés au PACS, en autorisant le mariage et l’adoption pour les couples de même sexe
57. Lutter pour l’égalité réelle des salaires entre hommes et femmes
58. Repenser la politique familiale, pour qu’elle prenne mieux en compte les disparités de revenus et privilégie les modes de garde collectifs
Une société d’émancipation
- Un nouveau pacte éducatif national
59. Augmentation, et non réduction, du nombre de jours de présence effective à l’école, en allégeant le contenu de chaque journée
60. Une nouvelle politique périscolaire, favorisant activités artistiques, culturelles et sportives
61. Développer la scolarité dès 2 ans et généraliser les modes de gardes collectifs avant 3 ans
62. Annuler les suppressions de postes, pour renforcer le soutien scolaire et le travail en petits groupes
63. Instaurer un véritable droit à la qualification pour tous les jeunes, en supprimant notamment l’apprentissage à 14 ans et en redonnant la priorité à l’enseignement professionnel
64. Restaurer la mixité scolaire, par la sectorisation et une aide accrue aux établissements scolaires des quartiers populaires (classes à effectifs allégés, professeurs expérimentés, réseaux d’aide renforcés)
- Pour la jeunesse : insertion et émancipation
65. Créer un statut social pour tous les jeunes en formation et en insertion
66. Mettre en place une allocation d’autonomie, conditionnée aux ressources propres du bénéficiaire, ouvrant des droits en matière de santé, transports, etc.
67. Créer une Aide au Départ en Vacances (ADV), d’un montant minimum de 200 euros, versée sous condition de ressources et directement affectée aux séjours organisés par les centres de vacances agréés
- Pour un nouveau projet culturel
68. Valoriser les arts et cultures populaires, en favorisant les pratiques amateurs et en structurant l’offre de formation professionnelle
69. Mettre en place un aménagement culturel du territoire, en conditionnant le versement des subventions publiques à l’amélioration de l’offre culturel dans les territoires délaissés
70. Reconnaître les échanges d’œuvres artistiques sur internet, à condition que ces échanges soient non commerciaux et qu’ils donnent lieu à une forme de rémunération des artistes, par exemple sous la forme de la « licence globale »
Pour une politique étrangère progressiste
71. Adoption d’un calendrier de retrait des troupes françaises d’Afghanistan
72. Refuser la réintégration de la France au commandement militaire de l’OTAN
73. Promouvoir de nouveaux droits mondiaux, tels que les droits sociaux dans le cadre de l’OIT, l’accès aux biens publics mondiaux (santé, éducation… )
74. Créer une taxe mondiale sur les transactions financières pour financer un fonds pour l’accès aux biens publics mondiaux
75. Réformer l’ensemble des organisations internationales : FMI, Banque mondiale, création d’un Conseil de Sécurité Economique et Sociale et d’une Organisation Mondiale de l’Environnement
76. Garantir la primauté des normes sociales et environnementales sur les impératifs commerciaux et financiers
77. Augmenter l’aide publique française au développement, pour qu’elle franchisse le seuil de 0,7% du PIB
78. En finir avec la « Françafrique » et poser les bases d’un nouveau partenariat avec les pays concernés
79. Refuser les accords actuels de partenariat Union Européenne / Afrique – Caraïbes – Pacifique, et donner la priorité aux exigences de développement sur les exigences commerciales
Où l'on parle de : La motion «Un Monde d'Avance » en 79 propositions
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Quand Vincent Peillon invite les socialistes à voter pour la motion de Benoit Hamon
Vincent Peillon a
une nouvelle fois, fait la preuve de tout son talent, a justifié
tous les espoirs que nombre d'entre nous, à gauche, peuvent placer
en cet homme d'envergure.
Interrogé en fin de semaine dernière sur I-Télé au sujet l'intervention de Nicolas Sarkozy à propos de la crise financière, il a été à la fois clair et pugnace, et pour tout dire brillant. Il a dénoncé avec une grande fermeté « une dramatisation incroyable, qui relève de la démagogie » et « un président inconséquent et démagogue » qui prend « les français pour des imbéciles », un président qui est aussi « l'homme qui a vidé les caisses de l'Etat », qui il y a un an encore « voulait favoriser les subprimes en France » et qui aujourd'hui ne propose en réaction à la crise que « des mesurettes » et du « symbolique », qui ne propose en réalité rien d'autre que la poursuite « d'une politique économique qui va dans le mur », laquelle est d'ailleurs « la même depuis 2002 ».
Il a proclamé notamment, très justement, et avec force conviction, que « le problème profond d'un système financier totalement dérégulé qui est en train d'appauvrir l'économie[...] c'est le système lui-même ». Une magnifique prestation, un réquisitoire d'une dizaine de minutes que je vous invite à suivre attentivement :
Vincent Peillon sur I>Télé
envoyé par dagrouik
Au passage, on entend Ségolène Royal qui réclame « qu'on passe des discours aux actes ». Elle a raison et c'est là toute la question. Quels actes forts poser pour répondre à la faillite globale d'un système ? Quelle politique alternative mettre en place qui soit à la hauteur des enjeux d'une crise qui ira s'aggravant tant qu'on aura pas transformé le système lui-même ? Quelle sera demain la ligne politique qui permettra aux socialistes de définir dans les mois qui suivront un projet à la fois crédible et ambitieux, qui posera les actes nécessaires à une transformation d'un système en fin de vie ?
C'est là bien tout l'enjeu du Congrès de Reims, en novembre prochain, où les socialistes se choisiront une ligne politique et une nouvelle direction. Les médias ne cessent de vouloir donner à croire qu'un tel congrès ne serait qu'un petit cirque minable totalement déconnecté des réalités, un sujet tout à fait mineur en regard de la crise qui frappe de plein fouet la France et les français. C'est tout le contraire et à ce titre on ne peut que regretter que certains des responsables socialistes semblent accréditer cette idée que le débat politique ne serait rien d'autre que superfétatoire, se limiterait à un bal des egos et des ambitions personnels. C'est tout le contraire parce que le travail des politiques, au-delà de se préoccuper du présent - gouverner pour ceux qui sont dans la majorité, s'opposer et faire vivre la démocratie pour les autres -, est de préparer l'avenir - et la période actuelle de faillite du système libéral rend plus cruciale encore l'exigence d'une alternative politique.
Il ne peut donc suffire de faire un constat, fut-il brillant, de la faillite du système. Encore faudra-t-il être en mesure d'apporter des réponses. C'est là tout le problème de Vincent Peillon, car à lire la motion Collomb(Royal) qu'il a signée, on comprend aussitôt que le ralliement des barons du PS (Collomb, Guérini et Valls, entre autres...) a été très chèrement payé par une Ségolène Royal qui se retrouvait menacée d'isolement. On croyait qu'il ne s'agissait que de mettre au frigidaire sa candidature au poste de premier secrétaire (c'est-à-dire en langage moins politique d'y renoncer totalement) et de renoncer d'abord à être la première signataire de ce qu'elle aurait voulu être « la motion Royal », ce qui était déjà beaucoup. Mais en réalité, devant la surprenante vacuité de cette motion, on comprend que les ségolénistes ont en réalité mangé leur chapeau et se retrouvent à soutenir une motion dont la ligne politique pourrait se définir comme social-libérale à la papa. Rien qui soit à la hauteur de la nécessaire transformation systémique qu'exige la crise financière et économique, écologique et sociale.
Ainsi, même le sujet pour le moins emblématique de la démocratie participative a fait les frais de cette alliance avec la droite du parti et ne fait désormais plus l'objet que de cinq lignes et autant de phrases inconsistantes. C'est dire ce à quoi il a fallu consentir pour obtenir de rompre un isolement qui aurait sans aucun doute signifié une trop cuisante défaite pour une Ségolène Royal qui souhaite avant tout préserver ses chances pour 2012. Il lui fallait avant tout limiter les dégâts, fut-ce donc à un coût politique exorbitant
Et c'est à peu près le même syndrome qui a tout autant frappé de paralysie un Bertrand Delanoë, lequel pourtant, il y a peu encore, nous invitait à l'audace. A lire sa motion, on se demande où se trouve le « courage » et la «créativité» éponymes, tandis que ce qui néanmoins apparaît avec « clarté » est qu'être présidentiable invite par trop à la prudence pour s'aventurer en une ligne politique réellement audacieuse, qui puisse aboutir à un projet politique réellement alternatif et apte à transformer une organisation économique et sociale à bout de souffle.
Lisez la motion de Martine Aubry, vous y découvrirez les mêmes frilosités : quelques propositions intéressantes, aucune vision politique globale. On a d'ailleurs beaucoup de mal à distinguer ce qui sur le fond sépare ces trois motions très social-démocrates fin de siècle où il s'agit essentiellement de corriger un peu ici et réguler un peu là un marché qui resterait livré à un libéralisme aussi triomphant qu'arrogant et destructeur. Bref, une gauche un peu molle que l'on ne connaît que trop bien !
Pour ce qui me concerne, je suis en vérité relativement peu intéressé par les propositions précises des uns ou des autres, beaucoup moins qu'à l'articulation de celles-ci autour d'une vision politique d'ensemble. J'attends d'une motion qu'elle trace une ligne, indique une direction, propose un socle, une base de travail pour construire un projet politique global cohérent et ambitieux, qui soit davantage en rupture qu'en continuité avec un socialisme lacunaire et qui depuis trop longtemps ne parvient plus à donner un espoir à l'électorat français (pas plus que cette social-démocratie à la papa qui partout en Europe va d'échec cuisant en échec cuisant). Notons par ailleurs que nombre des propositions des uns et des autres ne seront de toute façon plus d'actualité en 2012, seront partiellement ou en totalité à revoir, sont de fait aujourd'hui assez inutiles - sauf à s'imaginer que Nicolas Sarkozy reprendrait à son compte l'une ou l'autre (et on sait que cela n'arrivera pas).
Seule la motion de Benoit Hamon me semble proposer une vision globale. Ce n'est d'ailleurs pas nouveau à la gauche du parti. Ce qui en revanche est nouveau de ce côté-là, c'est que le socle idéologique a été considérablement dépoussiéré. On est loin aujourd'hui des archaïsmes marxisants, loin des postures dogmatiques à l'utopie si réjouissante (et il en faut aussi !) mais tellement déconnectée des réalités modernes. Au contraire, nous avons là une gauche réformiste et résolument tournée vers le XXIème siècle, une gauche qui notamment a assez largement compris qu'il ne saurait y avoir de socialisme moderne hors l'écologie politique ; une gauche qui a enfin intégré dans sa pensée politique que l'urgence écologique et l'urgence sociale sont les deux faces de la même pièce ; et que cette pièce a pour nom économie de marché régulée - parce que le libéralisme n'aura jamais d'autre vision que celle du profit à court terme et qu'il s'agit donc pour la puissance publique, l'Etat, d'internaliser dans les transactions marchandes et les investissements privés le coût des externalités de moyen et long terme que sont les dégradations du tissu social et les dégâts causés à l'environnement, l'objectif étant de rééquilibrer le marché au profit d'une meilleure prise en compte du bien-être des hommes dans leur environnement, c'est-à-dire de chaque homme et femme sur l'ensemble de la planète. parce que comme dirait l'autre, tou se tient, mais là encore il ne suffit pas que de le dire...
Je ne prétends pas que la motion de Benoit Hamon est parfaite de ce point de vue. Du moins va-t-elle dans la bonne direction. Du moins propose-t-elle une démarche globale et cohérente. Du moins la ligne proposée est-elle à la hauteur des enjeux. Du moins nous invite-t-elle à être en rupture avec nous-mêmes plutôt qu'à la continuité de ce qui nous a fait échouer et qui a mis la France entre les mains d'une droite ultra-libérale qui sert les plus riches et paient tous les autres de très hypothétiques promesses de retombées, cependant que toute notre économie s'effondre. Du moins la motion Hamon est-elle en vérité la seule qui répond au besoin de rénovation du Parti Socialiste, c'est-à-dire d'abord de ce projet qu'il nous reste encore à construire et que nous espérons tous.
Cette spécificité de la motion Hamon et qui en fait la qualité n'est pas un hasard : nous le savons désormais, nous ne pouvons attendre d'audace sur le champ des idées dans un contexte d'affrontement d'ambitions qui depuis trop longtemps se neutralisent. Le Parti Socialiste a vécu cette même paralysie avec Laurent Fabius, Dominique Strauss-Khan et Lionel Jospin, il s'y exposera de la même manière, et s'y expose déjà, avec François Hollande, Martine Aubry, Bertrand Delanoë et Ségolène Royal qui depuis des mois sont principalement occupés à creuser des tranchées et tenir leurs positions. Il est plus que temps de sortir de l'interminable guerre de succession qui se poursuit depuis la fin de l'ère mitterrandienne, plus que temps de tirer un trait sur des ambitions dont aucune ne parviendra à prendre le pas sur les autres - parce que dans le cas contraire celui ou celle-là aurait déjà et depuis longtemps pris l'ascendant sur tous les autres.
Et Vincent Peillon, donc, puisque c'est avec lui que cet article a débuté ? Je crois que celui-ci est aujourd'hui enfermé dans une fidélité qu'il ne peut s'agir de lui reprocher. Il a choisi de suivre Ségolène Royal plutôt que de jouer trop tôt sa propre partition. Or Ségolène Royal a opté pour une stratégie personnelle qui, bon an mal an, l'a conduit à s'allier avec la droite du parti. Quand on se souvient qu'il n'y a pas si longtemps - il y a deux ans encore ! - Vincent Peillon était au côté de Benoit Hamon dans le NPS dont il fut l'un des artisans, on comprend jusqu'où l'a mené sa fidélité et surtout que le chemin ne serait pas long à parcourir dans l'autre sens pourvu qu'il consente à se libérer de cette chaîne qu'il n'a pas voulu briser au lendemain de la défaite des présidentielles. Aussi je ne m'interdis pas d'espérer que le poids de la motion Hamon d'un côté, et la neutralisation des trois égos (plus un) de l'autre, puissent au final conduire à une synthèse ancrée à gauche... et dans laquelle la candidature de Vincent Peillon au poste de premier secrétaire apparaîtrait comme la meilleure garantie de l'unité des socialistes et de leur aspiration à une rénovation profonde et ambitieuse.
Nota Bene : Il va sans dire que je ne réclame de personne de croire sur parole les constats que je fais. C'est bien pourquoi je vous invite à lire à votre tour très attentivement, et avec l'oeil le plus neuf possible, les différentes motions dont j'ai au cours de l'article fourni les liens. Cela prend du temps, mais je demeure persuadé que l'indispensable rénovation du Parti Socialiste et de son projet politique passe d'abord par la volonté des militants de s'affranchir de leurs chapelles respectives. D'abord s'ouvrir soi-même. Ce qui me permet de terminer sur cette confidence : la gauche du PS n'avait jusqu'à présent jamais été ma tasse de thé, la préjugeant certes sympathique mais archaïque et dogmatique, datée pour tout dire... Je suis le premier surpris de sa métamorphose. J'ose dire que c'est une excellente nouvelle pour la gauche.
Où l'on parle de : Quand Vincent Peillon invite à voter pour Benoit Hamon
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Congrès du PS : 6 motions et 1 mode d'emploi
Depuis hier, nous
connaissons les motions qui seront soumises au vote des militants
dans la perspective du congrès de Reims. L'heure est donc venue
d'une petite revue d'effectifs, ainsi que de quelques explications
dont j'ai cru lire qu'elles pouvaient être nécessaires
- concernant l'organisation du congrès du Parti Socialiste et
quelques questions que vous vous posez sans doute.
Les motions déposées et proposées au vote des
militants sont donc au nombre de six :
1. la motion Utopia : "Socialistes, Altermondialistes,
Ecologistes"
premier signataire : Franck Pupunat ;
autres personnalités signataires : ? ;
présentation : comme son nom l'indique ;
qualité : la dimension écologiste, indispensable à un socialisme du
XXIème siècle ;
défaut : isolée ;
mon estimation : 1% ;
téléchargez la motion F
2. la motion du pôle écolo : "Pour un socialisme
résolument écologique"
premier signataire : Christophe Caresche ;
autres personnalités signataires : ? ;
présentation : comme son nom l'indique ;
qualité : la dimension écologiste, indispensable à un socialisme du
XXIème siècle ;
défaut : isolée ;
mon estimation : 3% ;
téléchargez la motion B
3. la motion ségo-libérale : "L'espoir à gauche,
fier(e)s d'être socialistes"
premier signataire : Gérard Collomb ;
autres personnalités signataires : Ségolène Royale - Manuel Valls -
Jean-noël Guerini - Julien Dray - Vincent Peillon ;
présentation : ... ;
qualité : l'hypothèse Vincent Peillon et l'espoir d'un dépassement
par le haut des divisions ;
défaut : proximité avec le Modem + Ségolène Royale est une part du
problème socialiste : ambitions égotistes, luttes intestines,
divisions insolubles, inaudibilité ;
mon estimation : 26% ;
téléchargez la motion E
4. la motion delano-démocrate : "Clarté, Courage,
Créativité : Une gauche conquérante pour redonner un espoir à la
France"
premier signataire : Bertrand Delanoë ;
autres personnalités signataires : François Hollande - Jean-Marc
Ayrault - Lionel Jospin - Pierre Moscovici ;
présentation : ... ;
qualité : politiquement très solide ;
défaut : continuité + Bertrand Delanoë est une part du problème
socialiste : ambitions égotistes , luttes intestines, divisions
insolubles, inaudibilité ;
mon estimation : 30% ;
téléchargez la motion A
5. la motion social-aubryiste : "Changer la gauche pour
changer la France"
premier signataire : Martine Aubry ;
autres personnalités signataires : Jean-Christophe Cambadélis -
Claude Barolone - Marylise Lebranchu - Laurent Fabius ;
présentation : ... ;
qualité : tonalité sociale ;
défaut : patchwork instable + Martine Aubry est une part du
problème socialiste : ambitions égotistes , luttes intestines,
divisions insolubles, inaudibilité ;
mon estimation : 18% ;
téléchargez la motion D
6. la motion hamo-réformiste : "Un monde
d’avance"
premier signataire : Benoit Hamon ;
autres personnalités signataires : Jean-Luc Mélenchon - Henri
Emmanuelli - Pierre Larrouturou - Marie-Noëlle Lienemann - Gérard
Filoche ;
présentation : ... ;
qualité : ancrage à gauche sur une ligne audacieuse et réformiste
;
défaut : dépoussiérage encore incomplet ;
mon estimation : 22% ;
téléchargez la motion C
Mode d'emploi du Congrès du PS :
Les motions déterminent six courants. Elles seront soumises au vote des quelque 200 000 militants du PS, le 6 novembre prochain - dans leurs sections et à bulletin secret.
Ce vote permet de désigner à la proportionnelle et dans chaque section les délégués au Congrès fédéral qui lui même votera en respectant la proportionnelle au niveau fédéral pour les délégués au congrès national. Les Congrès fédéraux sont programmés simultanément pour le 11 novembre.
Le congrès se tiendra à Reims les 14, 15 et 16 novembre. Une synthèse peut se faire entre les délégués de plusieurs motions (synthèse partielle) ou de toutes les motions (synthèse générale). En absence de synthèse générale, la ligne politique du PS est déterminée par la motion de synthèse partielle qui détiendra la majorité des délégués. Cette ligne est dès lors celle qui vaudra pour les 3 années suivantes.
Le premier signataire d'une motion est généralement le chef de file du courant qui en est issu, mais il n'est pas pour autant nécessairement candidat au poste de premier secrétaire. Les aspirants à ce poste ont jusqu'au 14 novembre pour déposer leur candidature. Le vote des militants sur le nom du premier secrétaire du PS aura lieu en section le 20 novembre, et éventuellement lors d'un second tour le 21 novembre. Le successeur de François Hollande aura ainsi été élu à la majorité absolue des voix des militants socialistes.
Mon choix :
Benoît Hamon entend porter quatre
orientations politiques :
- retour de la puissance publique dans le champ économique ;
- restrictions indispensables au libre-échange là où il met à mal
la protection de l'environnement et les droits des salariés et des
citoyens ;
- exigence d'une nouvelle répartition des revenus entre le travail
et le capital ;
- vraie réorientation de la construction européenne.
C'est pour moi une excellente base pour un projet enfin audacieux et résolument ancré à gauche, une réelle alternative crédible à la politique libérale, économiquement catastrophique et dramatiquement anti-sociale, menée par Nicolas Sarkozy et qui jour après jour s'enfonce et persiste dans son échec. Il n'y manque selon moi (mais je n'ai pas encore lue la motion) qu'une prise de conscience plus soutenue de la dimension écologique qui doit impérativement traverser tout projet politique d'une gauche moderne. En dépit de ce bémol de première importance (et qui peut aussi bien s'appliquer à chacune des quatre grandes motions), je suis aujourd'hui persuadé que la refondation du Parti Socialiste passe par un soutien massif à la motion "Un monde d’avance", dont Benoit Hamon est le premier signataire.
Je reste en outre résolument convaincu que le succès du congrès des socialistes implique que les militants se libèrent de leurs chapelles et renvoient dos à dos Ségolène Royal, Bertrand Delanoë et Martine Aubry dont les querelles aussi insolubles que stériles, largement héritées de la course à la succession mitterrandienne que se livrèrent avant eux les Jospin, DSK et Fabius, minent et paralysent depuis trop longtemps le Parti Socialiste. Il est temps d'en finir avec ses inimitiés d'un autre siècle et réunir tous les socialistes autour d'une équipe renouvelée, où il sera enfin tenu compte du fait majeur de l'histoire actuel du PS et que sont pourtant parvenus à éclipser la bataille des égos : les socialistes n'ont jamais été à ce point proches les uns des autres sur le fond - ils sont réformistes et de gauche !
Ainsi donc, et pas tout à fait paradoxalement, du poids que donneront les militants à la motion Hamon dépendra, en rendant cette dernière incontournable, la possibilité que - les trois autres motions se neutralisant - il soit nécessaire de faire émerger un candidat de synthèse qui ne soit pas l'un de ceux-là... et qui serait alors, et plus que probablement, Vincent Peillon dont un peu partout le nom est de plus en plus cité.
Et si donc les militants osaient l'audace d'un saut de génération... pour en finir avec celle qui n'en finira jamais de s'entredéchirer sur la dépouille d'un autre siècle.
Et si les militants socialistes osaient la gauche !
Lire aussi : Congrès du PS : le cas Hamon et l'hypothèse Peillon
Où l'on parle de : Congrès du PS : 6 motions et 1 mode d'emploi
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