Peillon ne veut pas trop de gauche
Dans un
entretien au Monde, publié dans l'édition datée de mercredi,
Vincent Peillon, député européen et dirigeant de l'Espoir à gauche,
le principal courant au sein du PS (29 % des voix au congrès de
Reims), dit attendre de Martine Aubry "des signes forts qui
marquent la volonté d'ouvrir ensemble une page nouvelle de
l'histoire de la gauche".
Bien !
Ce qu'il traduit sur la question de l'orientation politique par définir "une orientation politique qui corresponde aux attentes des Français et qui s'affirme nettement, en positif".
Bien !
Il note à ce propos que "les listes socialistes ont perdu moins de voix au bénéfice du Front de gauche de Jean-Luc Mélenchon et du Parti communiste qu'au profit des listes écologistes".
Aïe !!!
Ainsi donc le Parti Socialiste choisirait aux lendemains de son échec aux européennes d'ignorer l'appel à un ancrage plus profond dans la gauche. Comme il l'avait ignoré après 2002. Et encore après 2007.
Pourtant, Vincent Peillon ne peut ignorer qu'un sondage "sortie des urnes" indique que 37% des personnes interrogées considèrent que le Parti Socialiste n'est pas assez à gauche, chiffre qui monte à 52% parmi ses propres électeurs (détails ici). En novembre 2008, un autre sondage donnait les mêmes résultats. Et l'année d'avant. Et l'année d'avant...
Vincent Peillon ignore-t-il réellement la profondeur du mésamour entre le Parti Socialiste et les classes ouvrière et moyennes ?
69 % d'abstention chez chez les ouvriers et 66 % chez les employés, ces chiffres ne l'interpellent-ils pas ?
Et ignore-t-il également à ce point ce que l'écologie politique implique de rupture avec le libéralisme ?
Au fond du trou, on creuse encore...
Où l'on parle de : Peillon ne veut pas trop de gauche
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