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"Réprimer plus, Partager moins" : MERCI... mais NON !






JE TE VOIS


Mais que fait la gauche ?

Tout sur le No Sarkozy Day



logos tf1 ump LCI RépubliqueCe billet récapitule tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le No Sarkozy Day sans jamais avoir osé le demander. Je me contente de rappeler en introduction que plus de 150 bloggeurs ont relayé l'appel sur leurs blogs respectifs, et que bientôt 10 000 hommes et femmes de tous horizons l'ont signé.

Le No Sarkozy Day, ce seront partout en France des manifestations pour faire entendre à Nicolas Sarkozy notre NON. Non à la casse de la République que nous aimons, digne et respectueuse de chacun et chacune, ouverte et démocratique. Non à la République du tous contre tous. Non à la République des copains et des puissants. Non à la République de Sarkofrance.

Le No Sarkozy Day, c'est le 27 mars. Parce que, nous le savons bien, au lendemain des élections régionales, Nicolas Sarkozy rechignera encore et toujours à entendre et à tirer toutes les conséquences du message que les français auront souhaité lui délivrer dans les urnes.

Tous ensemble, appliquons à Nicolas Sarkozy la double peine : le dimanche 21 mars, dans les urnes ; puis le samedi 27 mars, dans la rue.



Appel au Peuple à se rassembler le 27 mars 2010



Lire et signer l'appel du 24 Janvier

No Sarkozy Day partout en France



Cliquer sur la région de votre choix
pour avoir toutes les informations...

Kit Affiches et tracts




Plus d'infos... (campagnes de collage)

Le No Sarkozy Day sort du Net



Affichage, collage et tracts...
Album Photos : sur le terrain !
Le No Sarkozy Day au salon de l'agriculture
Flash mob du 27 février 2010
Témoignages

Presse et Médias


Blogs signataires de l’Appel du 24 Janvier
Communiqué de Presse
Dossier de Presse


Voir la vidéo






Permalien : Tout sur le No Sarkozy Day






Ne vous abstenez pas

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Ne vous abstenez pas, Nicolas Sarkozy lui ne s'abstiendra pas



abstention : piège à consNe vous abstenez pas, Nicolas Sarkozy lui ne s'abstiendra pas ! La formule est heureuse, le message a le mérite d'être clair.

La droite va perdre ces élections régionales, mais Nicolas Sarkozy et ses lieutenants de l'UMP n'attendent qu'une défaillance de notre part pour contester les résultats et justifier au niveau national la poursuite de leur politique de casse simultané du modèle social français et de son socle républicain.

Une abstention forte : l'UMP considèrera que le résultat des urnes est à relativiser ;

Une UMP en tête au premier tour : l'UMP se proclamera premier parti de France et triomphera ;

Un Parti Socialiste en-deça du score audacieusement annoncé par les sondages : l'UMP proclamera la défaite de la gauche et glosera sur la bonne résistance de la droite ;

Un score élevé à l'extrême droite et/ou à l'extrême gauche : l'UMP brodera sur le thème d'un vote de protestation qui exprime aussi bien un rejet de la droite que de la gauche ;

Un émiettement de la gauche : l'UMP axera son discours sur l'incapacité des gauches à se rassembler et à proposer une alternative cohérente aux français ;

Deux ou trois régions demeurent et/ou basculent à droite : l'UMP s'autorisera à triompher puisque les sondages lui en promettaient moins, puisque la gauche aurait échoué à réaliser son grand chelem.

Etc...

Tout ce qui ne met pas résolument la tête de la droite sous l'eau, à commencer par l'abstention, sera utilisé par l'UMP - avec toute la force de ses nombreux relais médiatiques - au profit d'une surdité au scrutin et à la poursuite d'une politique dont on sait maintenant qu'elle a lamentablement échoué - mais c'est un succès pour ceux qui avaient déjà beaucoup et qui n'ont jamais eu autant.



Une chose encore : toutes les dernières élections nous ont appris une chose, c'est qu'on regrette toujours d'avoir donné une quelconque crédibilité aux sondages. Nous savons comme ils peuvent être manipulés et on peut sans risque parier qu'annonçant aujourd'hui la déroute électorale de l'UMP, ils seront mis à profit demain pour transformer, par un artifice de communication, la défaite du clan présidentiel en une résistance inespérée, donc un encouragement.

Ce Grand Chelem dont on parle tant est purement et simplement un objectif de victoire totale sur la droite et que nous devrions tous partager. Et s'il n'était pas atteint, nous souvenir alors qu'une victoire quasi totale est encore une victoire et que toute opportunité que nous laisserions à la droite de relativiser sera aussitôt mis à profit par Nicolas Sarkozy pour continuer d'ignorer le peuple et de gouverner contre lui.

Sans vous, il n'y aura pas de pause... et la rumeur n'y suffira pas :



Les 14 et 21 mars 2010 : VOTEZ !!!



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Sarkozy : impopularité record

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Ségolène Royal, la mal-aimée du peuple français



ségolène yeux fermésOn m'a souvent interrogé, avec plus ou moins de ménagement, sur le pourquoi de mon acharnement contre Ségolène Royal.

J'ai souvent expliqué que si acharnement il y avait, il était purement politique.

J'ai quelque fois concédé, aussi, que cela m'amusait de faire réagir les porteurs de cruche, tous ces thuriféraires censeurs aussi bien qu'encenseurs, prompts à voler au secours de leur égérie forcément maltraitée, nécessairement victime. Il y a de petits plaisirs dont on ne verrait pas bien l'utilité de se priver.

L'argument politique est pourtant bien celui qui l'emporte. Et la dernière livraison Viavoice-Libération (pdf) me fournit l'opportunité d'y revenir.

Un des chapitres de cette étude s'intéresse à l'opinion que les français ont des personnalités de l'opposition. On y apprend que Dominique Strauss-Kahn est celle qui recueille le plus fort taux d'opinions positives (58%), devant Bertrand Delanoë (56%), Martine Aubry (47%) et François Hollande (41%). Ségolène Royal occupe quant à elle une très modeste 10ème place avec 33% d'opinions positives, juste derrière Laurent Fabius (34%).

Là n'est pas le point, car un tiers d'opinions positives, si ce n'est pas - et de loin - faramineux, c'est encore un score honorable. Un score qui éventuellement, s'il n'y avait plus grave, permettrait de fonder quelque espoir quant à un avenir présidentiel - et l'on sait que Ségolène Royal est très préoccupée par un tel avenir.

Mais voilà, si l'on se penche sur les opinions négatives, le problème Royal devient patent : 63% des français expriment une opinion négative à l'égard de Ségolène Royal. Un score qui la place tout bonnement en queue de peloton. Et de très loin puisque Laurent Fabius, qui là encore là précède immédiatement, creuse un écart conséquent de 9 points.

On croit savoir que Laurent Fabius a - enfin ! - compris qu'un tel rejet était, dans une perspective présidentielle, un handicap tout à fait rédhibitoire, au point qu'il était préférable de devoir y renoncer. Politiquement, la question n'est pas même de savoir si ce rejet est justifié ou non, s'il repose ou non sur une réalité ou sur son image (plus ou moins) déformée, le fait est qu'il ne saurait y avoir de rencontre majoritaire entre un peuple et un homme - une femme en l'occurrence - qui est jugé négativement par deux électeurs sur trois.

C'est qu'il ne s'agit pas seulement de figurer honorablement lors d'un premier tour. L'essentiel est de parvenir à l'emporter au second. Tel est le problème de Ségolène Royal, qu'elle veut à toute force ignorer. Telle est mon problème avec Ségolène Royal, que je refuse pour ma part d'ignorer : elle n'a pas la capacité de gagner le second tour - le seul qui compte - d'une élection présidentielle.

C'est même plus profond que ça. Car d'une part Ségolène Royal veut à toute force faire fi de cette dure réalité, et d'autre part, aussi mal-aimée soit-elle, on ne peut nier qu'elle sait également se faire aimer. Et ce tiers qui la soutient et ne suffira pas à lui faire gagner l'élection, la soutient avec une force qui pourrait suffire à la porter jusqu'à la candidature, c'est-à-dire donc jusqu'à une nouvelle défaite de la gauche.

D'où l'importance de casser cette possibilité, de briser dans l'oeuf l'éventualité d'une candidature qui ne saurait être que désastreuse.

Ce à quoi je tente en effet de contribuer depuis le lendemain même de la dernière élection présidentielle, après ces quelques mois durant lesquels je n'avais pourtant pas ménager ma peine pour contribuer à une victoire à laquelle je voulais croire, malgré tout et au-delà de ce que déjà ma raison me soufflait.

Et Ségolène Royal était alors au faîte de sa popularité, et suscitait un rejet qui pour être inquiétant, déjà, n'était pas encore si écrasant qu'il l'est devenu.

Mais complétons ce panorama et renvoyons Ségolène Royal à ce qu'elle devrait pouvoir observer depuis cette dernière place et ses 63% d'opinions négatives : Dominique Stauss-Khan ne recueille que 30% d'opinions négatives et Bertrand Delanoë 33% ; Benoit Hamon 32% et Vincent Peillon 35% ; Daniel Cohn-Bendit 40% et Cécile Dufflot 23% (mais seulement 22% d'opinions positives : 51% ne la connaissent pas)...

Pis encore : Nicolas Sarkozy, président de la République particulièrement mal-aimé des français, fait mieux qu'elle en terme d'opinions positives : 41% (8 points au-dessus du score de Ségolène Royal), et mieux également en terme d'opinions négatives : 57% (6 points en-dessous du score de Ségolène Royal).

Et pourtant Ségolène Royal s'acharne à vouloir remettre le couvert.

Et c'est pourquoi, donc, je m'acharne et je m'acharnerai pour qu'elle ne puisse de nouveau être candidate. Ce n'est pas contre elle, pas personnellement contre elle. Il ne s'agit que de l'intérêt de la gauche toute entière, c'est-à-dire de tous ceux qui pour être dans la difficulté ont intérêt à ce que la droite soit battue, Nicolas Sarkozy très probablement, n'importe quel autre qui conduira la même politique, de toutes les façons.



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Le programme du Parti Socialiste

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Elections Régionales : le projet des socialistes





Vous voulez ce widget sur votre blog ? N'allez pas le chercher sur le site du Parti Socialiste dédié aux élections régionales, Les régions qu'on aime. Le code que vous y trouvez est erroné et ne fonctionne pas.

Voici la version correcte du code à insérer :



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No Sarkozy Day : le Clip

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J'ai lu le projet de Jean-Paul Huchon pour l'Ile-de-France



Projet Huchon 2010C'est hier que Jean-Paul Huchon a révélé son projet pour la région Ile-de-France lors de la prochaine mandature.

Face à une droite qui pour tout projet propose une politique qui « sert les plus riches et défend les intérêts d'un clan », Jean-Paul Huchon propose de « conjuguer trois exigences : la justice sociale, l'impératif écologique, l'ambition économique » pour « une région qui protège, une région qui avance ».

Quand la droite met en place au niveau national un bouclier fiscal qui protège les plus favorisés et augmentent les taxes pour tous les autres, Jean-Paul Huchon déclare l'ambition de « faire de la région un bouclier social » :

- en soutenant les filières créatrices d'emplois et les PME en difficulté ;

- en investissant massivement dans les transports et le logement ;

- en donnant à chacun les moyens d'accéder à une écologie de chaque jour : mieux se chauffer, mieux manger, moins polluer.

Cette ambition est ensuite déclinée selon six axes clés :



1- Démocratie - « Gouverner, pour tous et non pour quelques-uns, avec tous et non en imposant. » Avec des élus qui rendent compte de l'évaluation de leurs actions et une région où sera instauré un droit de pétition régional. Une région où, par exemple, l'engagement de ne pas augmenter les impôts sera tenu.



2 - Transports - En trois ans, la région Ile-de-France a déjà fait pour les transports plus que l'Etat en trente ans. Cette politique doit être poursuivie, toujours de manière prioritaire, parce que « le transport c'est le lien qui unit les Franciliens. »Cela signifie moins de camions sur les routes (en utilisant plus intensément le fleuve et le rail), plus de véhicules électriques (en favorisant l'expérimentation et les usages), promotion du covoiturage, développer les complémentarité auto, vélo, train, bus, métro... sur un réseau de transport plus efficace et mieux développé, à la qualité de service renforcée. Est proposé en outre la gratuité pour tous les jeunes de moins de 26 ans non salariés.



3 - Justice Sociale - Il s'agit là du logement (de la mise à disposition gratuite de terrains pour la construction de logements sociaux au Pacte avec les maires batisseurs, afin de parvenir à la construction de 60 à 70 000 nouveaux logements par an), de la santé (d'un plan de rénovation des urgences hospitalières à un Pass contraception délivré à tous les jeunes, en passant par l'aide à l'installation des personnels de santéWinking et de la jeunesse (de l'aide à la mutuelle santé à l'aide au logement, en passant par l'aide à la formation).

Mais c'est aussi l'ambition d'ouvrir « 3 000 nouvelles places en hébergement d'urgence pour les personnes sans abri ».

Mais c'est aussi l'engagement pris de « diminuer de moitié le nombre de jeunes entrant sans qualification sur le marché du travail » [...] « lutter contre le décrochage scolaire et universitaire » [...] « doubler le nombre de places dans les dispositifs de 2ème chance ».



4 - Emploi et Innovation - Pour le soutien aux entreprises : 250 millions d'euros pour les fonds d'investissement régionaux ; 10 000 jeunes sensibilisés et formés à la création d'entreprise ; un fonds régional pour la transmission et la reprise d'entreprises ; doublement du nombre de couveuses, de pépinières et d'incubateurs...

Pour une meilleure qualification : doublement du nombre de places offertes par les Écoles de la 2ème chance ; renforcement du dispositif AVENIR Jeunes qui offre 20 000 places de formation pour les jeunes en insertion professionnelle ; une mobilité professionnelle facilitée et sécurisée ; connexion de tous les lycées et les centres de formation d'apprentis à l'internet très haut-débit ; davatange de places en internat pour les filles ; un soutien privilégié aux jeunes scientifiques ; un premier cycle universitaire plus accueillant...



5 - Ecologie - L'Ile-de-France est la première éco-région d'europe. Est proposée une action selon deux directions : le soutien aux entreprises pour réduire leur empreinte carbone en renforçant leur compétitivité, et l'organisation du développement de la production des énergies renouvelables. Seront lancés des partenariats de développement durable avec des entreprises pilotes portant sur des engagements ciblés. Seront signés avec les villes franciliennes des contrats locaux de développement durable qui permettront de financer des projets à valeur écologique et sociale.

Par ailleurs, afin de promouvoir une écologie sociale donnant les moyens à chacun d'adapter ses modes de vie et de consommation, la politique de la région s'orientera au profit des territoires écologiquement prioritaires, afin d'aider l'ensemble des Franciliens à devenir éco-acteurs : à chacun, au quotidien, les moyens de polluer moins et de consommer mieux.



6 - Vivre Ensemble - Faire vivre les solidarités par la promotion de l'initiative dans les quartiers c'est le doublement du Fonds régional de développement de la vie associative ; la création de 7 000 nouvelles places de crèche ; la nomination de médiateurs régionaux de l'endettement ; le soutien aux musiques actuelles ; un réseau de pôles régionaux de création ; la création d'un pass culturel régional ; l'ouverture de 100 espaces publics numériques de proximité ; l'installation de résidences d'artistes ; la nomination de médiateurs du logement ; la création de 150 jardins partagés ; le développement de pratiques sportives émergentes ; la création de la maison du sport ; la rénovation en synthétique des terrains de football et de rugby ; le financement de tout nouvel équipement sportif mis à disposition des lycéens ; le développement de l'accessibilité...



Vous voulez que je vous dise, voilà un bon projet, équilibré et cohérent, ambitieux et responsable, de gauche et moderne, le projet d'une équipe qui connait parfaitement la région Ile-de-France et en a une grande expérience.



Pour en savoir plus : www.huchon2010.fr



Où l'on parle de : Le projet de Jean-Paul Huchon






Un socialiste en colère

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Jean-Luc Mélenchon, un socialiste en colère



Jean-Luc MélenchonGrace aux bons office de Jacques Rosselin, homme de presse, patron de Vendredi.info et coach de blogueurs, Laure, Ronald, RichardTrois, David Doucet, Seb Musset, Vogelsong - et j'en oublie ! - et moi-même avons rencontré Jean-Luc Mélenchon.

Alors d'abord, un grand merci à Jacques Rosselin de nous avoir accueillis - surtout que moi-même je n'étais pas tout à fait invité... Ce fut une rencontre tout à fait intéressante. Bien davantage que, juste avant, le passage en coup de vent de Jean-François Kahn, avec lequel nous devions évoquer le No Sarkozy Day. Passage dont je retiens seulement que JFK, qui avait lui-même lancé il y a quelques jours un appel pour un grand rassemblement contre l'excès de pouvoir, adopte sur le sujet une position apparemment intéressée mais finalement très attentiste.

Revenons plutôt à Jean-Luc Mélenchon.

Il serait bien trop long de faire un compte-rendu exhaustif de tout ce qui a été dit au cours d'un entretien qui manqua de quelques minutes d'atteindre les deux heures et demi. Beaucoup de sujets furent abordés, je n'en retiendrai que quelques-uns - et comme je n'ai pris aucune note, je prends soin de dégager la responsabilité de Jean-Luc Mélenchon quant aux propos que je vais rapporter, qui relèveront probablement davantage de la compréhension que j'en ai eue, mais peut-être ne suis pas tout à fait idiot, que d'une retranscription parfaitement objective.


Une charge puissante contre le rouleau compresseur médiatique - Il n'est pas nouveau que pour espérer exister sur la scène politique, le chef d'un petit parti doive se plaindre des médias. Jean-Marie Lepen ou François Bayrou pour ne citer qu'eux surent tirer sur cette ficelle jusqu'à l'user.

La différence essentielle est que la charge de Jean-Luc Mélenchon ne repose pas sur une pleurnicherie - « Ouinnn ! Vous ne m'invitez jamais à la télé ! - mais sur une analyse solide d'un système médiatique à la fois servile et asservi. Servilité au pouvoir politique et financier des patrons de presse et des journalistes "institutionnels", d'un côté, et asservissement de journalistes trop peu nombreux, surchargés de travail et mal payés. .

Et Jean-Luc Mélenchon dé décrire un système médatique qui organise sa propre reproduction par la sacralisation d'une pensée vraie, qui implique, par exemple, l'impossibilité de remettre en cause la notion de marché - alors même que personne ne prendra jamais soin de définir précisément ce qu'économie "de marché" signifie : ce serait seulement une réalité immuable sauf dans l'esprit d'un fou ou d'un dangereux irresponsable.

Aussi juge-t-il tout à fait pertinente sur le fond et efficace sur la forme, la "rébellion" de Vincent Peillon contre France Télévision.


Parti Socialiste et stratégie politique - J'ai demandé à Jean-Luc Mélenchon si la stratégie politique qui est la sienne et qui constitue à se faire une place au soleil de la gauche en chargeant le PS de tous les maux et de tous les reniements, n'avait pas certaines limites, compte tenu du germe destructeur de la division qu'elle implique de semer et alors même qu'il assume par ailleurs pleinement la nécessité d'un rassemblement entre les deux tours. .

J'ai à ce sujet évoqué la trajectoire politique d'un Jean-Pierre Chevènement, qu'il s'était toujours refusé à suivre au temps de sa splendeur, trajectoire qu'il emprunte seulement maintenant que le champ politique du républicain de gauche se trouve vacant.

Il n'a pas aimé la question et l'animal politique expérimenté a aussitôt réagi avec force agressivité, ce qui était d'autant plus de bonne guerre qu'il ne s'est pas contenté d'en rester là, à me renvoyer l'image du vil social-démocrate mal comprenant et limite social-traître. Ce qui était assez savoureux, il faut bien le dire. Mais peu importe. Il n'en est donc pas resté à montrer les dents.

Sa réponse, à mon sens, est celle d'un homme en colère - et il est vital pour un homme de gauche de savoir garder vivace sa colère, son indignation. Jean-Luc Mélenchon est en colère contre une sociale-démocratie qui partout dans le monde a été de renoncements en reniements, et jusqu'à trahir le peuple dans nombre de pays d'Amérique du Sud - dont il semble particulièrement connaisseur. Alors, à cette sociale-démocratie, il a choisi de ne plus rien laisser passer.

Il pourra sembler un peu rapide, pour les mal-comprenants de mon espèce, d'établir un lien direct entre des sociaux-démocrates qui font tirer l'armée contre le peuple en Argentine ou au Venezuela, et Martine Aubry qui commet une faute politique en évoquant la possibilité d'un recul de l'âge légal de la retraite « à 61 ou 62 ans » - et pour peu, notamment, d'une plus grande prise en compte de la pénibilité du travail. Mais voilà, un homme en colère peut parfois en arriver à perdre le sens des nuances.

Restait alors la question de la stratégie politique. Pour Jean-Luc Mélenchon, deux options se présentent, prendre le pouvoir avec l'appui d'un Parti Socialiste reléguer en seconde force de la gauche grâce à un rassemblement de l'ensemble de la gauche non socialiste, soit bénéficier d'une situation de blocage de la société - et là encore il s'appuie sur des exemples historiques venus d'Amérique du Sud - blocage qui conduirait à l'émergence au sein du peuple d'un sentiment de rejet profond englobant aussi bien les droites conservatrices et réactionnaires que les sociaux-démocrates (que l'animal ne manque jamais de qualifier de sociaux-libéraux), au profit donc des "vrais" socialistes.

Les deux hypothèses impliquent, on le comprend bien, de ne jamais épargner le Parti Socialiste. Or si Jean-Luc Mélenchon admet volontiers ignorer quand se produirait le blocage propice, il fait l'impasse sur la question suivante, pourtant cruciale : « Et en attendant que le rapport de forces devienne favorable, faut-il pour en favoriser l'émergence, jouer de cette division de la gauche, dont il reconnait qu'elle demeure l'ultime carte de la droite pour conserver le pouvoir ? ».

Bref, après ce grand tour par sa grande intelligence (indéniable), nous étions rendu à la problématique initiale dont j'avais fait ma question. Et l'on se souvient que Jean-Pierre Chevènement ne parvint jamais à se remettre tout à fait du 21 avril 2002.


Les élections régionales - La nécessité du désistement à gauche entre les deux tours est affirmée avec force. Et Jean-Luc Mélenchon est bien convaincu que les listes socialistes arriveront largement en tête partout, tandis que celles du Front de Gauche auront à l'occasion du mal à dépasser la barre des 5% qui permet de fusionner.

Et même alors, le PS ne se laissera aller à aucun cadeau. Une attitude qu'il ne remet pas en cause : le jeu politique ne consiste pas à choyer un rival.

Reste le cas du Languedoc-Roussillon, seule région où l'ensemble de la gauche, écolos compris, est parvenue à s'unir, afin de s'opposer fortement à Georges Frêche. Pour Jean-Luc Mélenchon, il s'agit de faire de cette région une région test et c'est donc là-bas qu'il a décidé de concentrer tous ses efforts.

On notera que la dernière sortie de Georges Frêche – sur la « tronche pas catholique » de Laurent Fabius - est suffisamment exécrable pour lui laisser penser que cela puisse se révéler un pari gagnant.


La défense des années Mitterrand - Jean-Luc Mélenchon l'appelle affectueusement « le vieux » et récuse avec force que l'origine d'une dérive droitière de la gauche française soit à chercher de ce côté-ci. Il rappelle ce qu'était le Parti Socialiste des années 70 - un parti révolutionnaire - et quelles furent les conditions de son arrivée au pouvoir en 1981. Il rappelle comme les socialistes attendirent alors en vain que soient créés les conditions d'un front populaire, en réponse à la collusion des forces conservatrices et réactionnaires. Il rappelle la nationalisation du système bancaire et d'une bonne partie de l'industrie. Il rappelle les quatre dévaluations successives, qui conduisirent à la nécessité politique et stratégique du tournant de 83. Il rappelle que « le vieux », jusqu'à son dernier souffle, refusa de signer toute ordonnance de privatisation.

La droite, n'omet-il pas de préciser, n'en a toujours pas fini de cracher sur le cadavre de François Mitterrand. C'est qu'ils ne veulent surtout pas que cela puisse se reproduire. Et Jean-Luc Mélenchon de faire la leçon à cette gauche, socialiste ou non, qui a grand tort en effet de ne pas assumer ce qui demeure une remarquable filiation politique.


Et des années Jospin aussi ! - Elles ne se résument pas aux privatisations. Et les privatisations ne sauraient à elles seules justifier que la gauche se croit contrainte de renier en bloc les années Jospin. Ne serait-ce que pour les 35h qui ne sont pas pour une majorité de salariés cette catastrophe que la droite se plait à fantasmer.

Des années Jospin qui débutèrent alors que tous les voyants économiques étaient au rouge - situation économique qui contraignit Chirac à la dissolution - et se terminèrent avec des voyants passés au vert - situation qui ne cesse depuis de se dégrader sous les bons offices d'une droite dont l'arrogance ne semble pas avoir de limite.


Mélenchon, un socialiste en colère - Je l'ai dit plus haut, j'ai rencontré ce qui me semble être un homme en colère, un homme qui possède la gauche chevillée au corps et depuis longtemps, et qui ne décolère pas de voir le monde fuir ses idéaux, et qui ne décolère pas contre une gauche qui, à trop souvent renoncer, et céder devant les coups de boutoir du libéralisme, a contribué à favoriser cette dérive du monde vers des rivages où la seule règle est celle d'un règne du fort sur les faibles, toujours plus opprimés.

Il a raison dans sa colère, l'oppression est inadmissible et l'injustice sociale insupportable. Il a tort, cependant - et selon moi qui bien entendu n'y comprends rien - de la tourner avec tant de violence contre ceux qui, se trompant sans doute de chemin, ne partagent pas moins avec lui les mêmes indignations, la même révolte et la même aspiration à un monde de justice.


Je retiens pour terminer deux phrases qui sont pour moi source d'espoir quant à la capacité de la gauche à savoir sauvegarder l'essentiel de ce qui, par-delà toutes nos divergences - qui ne sont pas nécessairement anecdotiques - nous rassemble :

« Vous avez les méchants d'un côté et les gentils de l'autre. Qu'est-ce que l'on peut faire de mieux ?! La droite, la gauche. »

« La critique [du Parti Socialiste] doit continuer, elle va continuer, mais c'est la façon de la dire et de l'exprimer qui ne doit pas être contre performante. »



Où l'on parle de : Un socialiste en colère






Chapeau la retraite !

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No Sarkozy Day : Oui mais !



Savoir dire NONA l'invitation de mon ami Rimbus, je viens très attentivement de visionner l'interview réalisée par Fulgurance de Benjamin Ball, un des membres actif du No Sarkozy Day.

Je continue de penser que l'idée d'une journée consacrée à dire NON à Sarkozy répond à une nécessité compte tenu de ce dont Sarkozy est le nom et qui en soit représente un danger pour la Démocratie, la République et une certaine conception du vivre ensemble.

Je continue de penser que nous avons, en tant que citoyens, le devoir de manifester notre vigilance, notre opposition et notre colère face à la gangrène sarkozyste.

Cependant, je ne veux pas non plus taire ma grande méfiance face à la phraséologie employé par Benjamin Ball et qu'on retrouve assez largement dans l'appel que lui et ses petits camarades (une demi-douzaine) ont rédigé et diffusé - et qui est plus que probablement à l'origine de la désapprobation un peu trop empressée émise par mes propres petits camarades.

La démission - Il est évident qu'il est légitime dans une démocratie de pouvoir réclamer la démission d'un élu, là n'est pas la question. Il est même évident que lors d'une manifestation de masse organisée en opposition au sarkozysme, la démission deviendra un des, sinon le mot d'ordre, le cri du coeur qui se fera entendre. Le point est que rédiger un appel à se rassembler et manifester autour de ce mot d'ordre correspond d'entrée à une perte de crédibilité. Car ce n'est pas le coeur du sujet.

Le coeur du sujet, selon moi, est d'abord de dire NON à Sarkozy, dire à Sarkozy que nous n'acceptons pas ni sa politique de casse sociale ni sa conception autoritariste et liberticide du pouvoir, lui dire que tout ne lui est pas permis et que nous nous opposons et nous opposerons à ce qu'il aille trop loin - ce qui est largement fait -, lui rappelant avec force l'existence du peuple et de sa souveraineté, qui s'impose à lui.

Le cri de la démission ne serait que la conséquence de tout cela, sa traduction, une manière d'exprimer ce NON - et sans doute la plus vaine des manières, et probablement la plus désespérée. En ce sens on pourrait même dire qu'elle serait un aveu de faiblesse. En faire d'entrée un mot d'ordre est dès lors tout simplement une erreur politique.

Il aurait été pourtant... il serait pourtant assez simple de décrire le sarkozysme en quelques points, puis de conclure à un No Sarkozy Day... le 27 mars 2010... pour dire NON à Sarkozy et pondre ainsi un appel qui soit un peu moins dérisoire, un poil moins empreint de gaminerie.


La récupération - Et le voilà revenu, une fois de plus, comme à chaque fois, le discours démagogique sur les dangers de la récupération, sous-entendu par les tant méchants partis politiques. Mais bordel ! Manifester contre Sarkozy et sa politique c'est faire quoi sinon faire de la politique ?! C'est quoi cette idée que pour qu'un mouvement soit populaire, il faudrait absolument qu'il soit apolitique, surtout lorsque que de toute évidence il l'est, politique ?

On veut un maximum de gens dans la rue ? Que toutes les bonnes volontés soient alors les bienvenues, y compris la force de frappe des partis politiques. Le Front de Gauche veut en être ? Qu'il en soit. Le Parti Socialiste aussi ? Tant mieux. Et j'espère que le NPA ne fera pas sa mijaurée et en sera également. Et ce sera même une occasion pour les militants du Modem de démontrer leurs antisarkozysme, ça leur fera du bien. Il y a paraît-il, plus à droite encore, des personnalités qui souhaitent dire NON à Sarkozy. Qu'ils viennent, nous verrons bien jusqu'où les Villepin et les Dupont-Aignan sont eux-aussi anti-sarkozystes...

La récupération ? Mais j'espère bien qu'au bout du compte un tel mouvement puisse se récupérer dans les urnes. Quel sens ça aurait de beugler à la démission de Sarkozy en 2010 pour le voir réélu en 2012 ?

Le fait est que, de toute façon, faire un No Sarkozy Day est déjà faire de la politique. Le fait est que dire NON ne saurait être que le début d'un OUI - sauf à se complaire dans la sodomie de coléoptères.

Je crois qu'on n'a jamais raison de contribuer à la réthorique du tous pourris qui ne sont intéressés que par le pouvoir et vont récupérer les gentils mouvements apolitiques du gentils peuple qui a toujours raison - et à ce propos, même si je ne veux pas m'étendre ici sur la thématique des "assemblées générales populaires", il serait de bon ton tout de même de reconnaître que nous savons d'expérience que toute assemblée de ce genre fera nécessairement la part belle à des orateurs aguerris et surpolitisés, généralement formés à la dialectique par les mouvements trotskistes, spécialistes s'il en est de la récupération des mouvements de masses (c'est même leur raison d'être)... Mais passons.

Assumons plutôt un fait simple : La fin durable du sarkozysme, qui est un populisme médiatique, passe par un retour du peuple à la chose politique.

Les Partis politiques ne sont pas ce que nous voudrions qu'ils soient ? Il suffirait qu'au lendemain du No Sarkozy Day, 50 000 personnes adhèrent au Parti Socialiste pour que celui-ci ne soit plus du tout le même. Il en faudrait cinq ou dix fois moins pour transformer radicalement le Modem ou le Front de Gauche. Il est là le pouvoir du peuple, dans le fait de se saisir du politique. Car si dire NON ensemble c'est faire de la politique, faire chacun de la politique c'est créer les conditions de son propre OUI.

Le No Sarkozy Day se veut initiateur de quelque chose de nouveau. Qu'on évite donc les facilités et les démagogies. Qu'on évite de revenir aux vieux discours d'un mouvement qui serait populaire et apolitique, usant de slogans aussi réducteurs que mal taillés. Faisons plutôt de la politique, ça changera...



Où l'on parle de : No Sarkozy Day : Oui mais !






Sarkozy au fond du trou de l'impopularité

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De quoi Sarkozy est-il le non ?



no sarkozy dayDans mon précédent billet, je faisais la voeu que pour 2010 nous sachions conserver notre esprit de révolte. Et je découvre ce matin que quelques-uns de mes camarades blogueurs se sont fourvoyés dans un texte où il leur a paru indispensable d'expliquer leur NON au No Sarkozy Day, dont les promoteurs nous avaient - nous blogueurs - sollicités.

Faute de temps ces dernières semaines, durant lesquelles j'avais opté pour un éloignement vis à vis de ma triste condition de blogueur, je n'avais ni répondu à la sollicitation des uns, ni participé aux discussions entre les autres, les blogueurs, sur la réponse qu'il convenait de donner à la sollicitation. J'ai découvert l'ampleur - à l'échelle microblogosphérique - de l'affaire ce matin et j'ai dans un premier temps souhaité me contenter de réagir en privé, livrant mon sentiment aux seuls left-blogueurs. Et puis ça m'a démangé, notamment après avoir lu la réaction de Autheuil qui pour être de droite est néanmoins celui qui résume le mieux le pourquoi de ce tragique NON de gauche au NON à Sarkozy : S'en prendre nommément à Sarkozy serait viser l'homme et donc sortir du champ respectable et nécessairement constructif de la politique.

C'est faire bien facilement l'impasse sur ce que représente Sarkozy, ce dont il est le nom : le sarkozysme, qui est considérablement plus qu'une traditionnelle politique de droite à la française, considérablement plus même que cette casse sociale à laquelle nous assistons, cette dramatique incompétence économique où la dette explose à peu près aussi vite que prolifèrent les revenus du secteur financier, mais aussi les chômeurs et les précaires.

Quand on dit non à Sarkozy, il faut comprendre de quoi Sarkozy est le nom, c'est-à-dire ce qu'est ce sarkozysme qui tant nous révolte.

Sarkozy personnifie le sarkozysme. Et il le personnifie non seulement parce qu'il en est à l'origine mais aussi parce que tout en lui, toute sa personne, son physique, sa façon de parler, ses attitudes, sa folie... tout en lui suinte le sarkozysme et le révèle. Une révélation qui même fut à l'origine de ce blog et du nom qu'il porte, où mon NON se voulait très personnel, alors même qu'il ne s'est jamais agi d'autre chose que d'un combat politique. Mais l'un d'évidence se confondait en l'autre et c'est cette confusion même qui permet de parler de Sarkofrance et d'identifier un homme à une politique et à ses dérives, et d'identifier finalement un NON à un homme, c'est-à-dire à son nom, identifier un NON à une politique, c'est-à-dire le sarkozysme.

Le sarkozysme, au-delà même de la droite et de la régression économique et sociale, ce sont les fondements de la République qui sont systématiquement laminés, c'est la démocratie qui est méthodiquement bafouée, ce sont les libertés qui reculent. Le sarkozysme c'est la haine ou la méfiance des uns envers les autres qui est entretenue, ces murs qui sont dressés entre les français, c'est le chacun pour soi qui se généralise. Pis que cela, le sarkozysme c'est la lente acceptation de tout cela, par la force de l'habitude et celle du renoncement, parce que chacun a tant à faire avec ses propres problèmes que courber l'échine semble être la seule solution, ou du moins la seule possibilité.

Le sarkozysme, finalement, ce sont les solidarités qui sont oubliés et l'esprit de révolte qui se meurt. Et c'est pourquoi la nature même du sarkozysme justifie un No Sarkozy Day : un jour consacré à dire NON.

Car il faut se rendre compte, par exemple, qu'il aura suffit de deux ans et demi de sarkozysme pour que l'amalgame entre homosexualité et pédophilie irrigue à nouveau la société française. Voilà ce qu'est, ce que peut le sarkozysme, et qui nous contamine, et qui nous gangrène, et qui nous menace toujours du pire. Voilà la responsabilité que porte cet homme et qui s'attache à son nom.

Alors oui, moi, depuis deux ans et demi, je rêve qu'un jour un million de personnes - plus même - descendent dans la rue pour, ensemble, dire NON.

Sarkozy ne l'entendrait pas, ou du moins cela ne l'arrêterait pas, c'est une évidence. Mais des millions entendraient qu'il ne s'agit pas que de subir en attendant que ça passe, qu'il est possible de relever la tête et dire NON, qu'un esprit de révolte et un esprit de solidarité subsiste encore en beaucoup d'entre nous. Faire entendre cela, qu'une conscience collective existe encore, voilà qui est essentiel, qui est même probablement impératif si l'on veut pouvoir croire à la possibilité d'une reconquête - puisqu'elle ne saurait au final se faire sans le peuple...

Alors évidemment, il était plus que maladroit de rédiger un appel autour d'une illusoire demande de démission. Mais fallait-il pour autant torpiller ce qui tentait là de se lever ? Je ne le crois pas. Je crois au contraire qu'il faudrait que beaucoup d'initiatives aussi maladroites voient le jour, soient encouragées autant que faire se peut, fassent autant de petits flops sans conséquences, pour que survivent malgré tout l'esprit de révolte et qu'émerge à la fin ce grand mouvement populaire qui haut et fort fera entendre son refus du sarkozysme et son NON à Sarkozy.

Il va sans dire qu'il faudra bien à la fin que cela puisse se traduire pour un OUI dans les urnes, quand le jour venu une alternative ambitieuse nous sera proposée, et qu'il faut dès aujourd'hui que cela soit anticipé et travaillé. Il n'empêche qu'en attendant il s'agit aussi de s'opposer et y compris dans la rue. Il s'agit aussi que le peuple, ou une partie du peuple, se saisisse de son droit à manifester et à dire sa vigilance et sa révolte, son NON.

Parce que mon antisarkozysme est tout sauf primaire, bel et bien pensé et réfléchi, mesuré et donc écessairement radical. Parce que malheureusement, je suis convaincu moi que du sarkozysme nous pourrions ne pas connaître encore le pire.



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2009 en Sarkofrance

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Quand Ségolène tente un dépassement par la droite



Royal, la femme qui murmurait à l'oreille de BayrouVous le savez, je rechigne toujours à m'en prendre directement à Ségolène Royal. Mais peut-on se taire devant son dernier mauvais coup porté contre la gauche ?

Dans mes trois précédents billets j'ai évoqué successivement l'ambition dévorante de Ségolène Royal, un Parti Socialiste qui travaillait utilement à son ancrage à gauche et un Modem qu'il s'agissait d'ignorer.

Dans le premier billet, j'expliquais que Ségolène Royal avait parfaitement compris que tout ce qui renforce le Parti Socialiste affaiblit sa propre candidature pour 2012 [et que] afin de conserver ses chances pour 2012, il lui faut contribuer à affaiblir son propre camp.

Dans le billet suivant, évoquant le Parti Socialiste, je faisais remarquer que cela faisait longtemps que l'on n'avait pas entendu venir de là un discours remettant clairement en cause le capitalisme financier et le credo libéral, que c'était une excellente nouvelle pour l'ensemble de la gauche et d'abord pour les français qui ont le plus besoin d'elle et qu'il était seulement regrettable que les Verts via Europe Ecologie se précipite pour s'en aller occuper une place devenue vacante auprès du Modem.

Enfin, à propos justement du Modem, je notais dans le troisième que si toute alliance est une possibilité a posteriori (c'est une évidence politique), celle-ci ne saurait avoir lieu que sur la base d'un rapport de forces créé par les urnes et qu'il s'agissait donc d'abord du projet et de l'ancrage dans la gauche du Parti Socialiste.

Parce qu'à trop renoncer à une véritable ambition à gauche, à trop se compromettre avec les vieilles lunes libérales, à trop brouiller le jeu politique, au point qu'on donne l'illusion que droite et gauche finalement se serait la même politique, c'est la droite qui à la fin en profite – parce que se sont les gens qui souffrent qui désespèrent et se détournent, qui ne croient plus à la possibilité que la politique puisse changer les choses.

Mais Ségolène Royal, fidèle à sa stratégie personnelle, qu'elle sait donc passer par l'affaiblissement du Parti Socialiste, ce qu'elle appelle son dépassement, a choisi de le mettre en oeuvre et par la droite. Et la voilà donc qui a de nouveau endossé l'habit un peu usé de la femme qui murmurait à l'oreille de Bayrou.

Ce faisant, d'un seul coup d'un seul, elle replace le Modem au centre du grand jeu médiatico-politique et affaiblit la position de son propre parti, dont le message à gauche se trouve brouillé - faisant ainsi le jeu de tous ceux à gauche qui se plaisent à répéter que le Parti Socialiste est vendu au libéralisme.

Mais inutile d'accabler plus longtemps une Ségolène qui ne donne plus guère d'illusions à personne, et posons lui seulement deux questions : Le Modem a-t-il pour ambition politique une rupture radicale avec le modèle économique libéral ? Et puisque d'évidence la réponse est négative, comment mettre en oeuvre un projet de rupture en s'alliant a priori avec ce mouvement, certes humaniste et démocrate, mais qui défend une ligne politique largement incompatible avec un projet de gauche ambitieux ?

Ce qui est amusant, finalement, c'est de constater que s'additionne à la dérive droitière de Ségolène Royal, la propre ambition présidentielle de François Bayrou ; double mouvement qui les conduit l'un tout contre l'autre en un endroit politiquement en suspension mais où ils finiront par se marcher copieusement sur les pieds. En 2012, ils seront l'un et l'autre candidats pas de droite mais quand même pas de gauche non plus : typiquement le genre de candidats qui a toujours favorisé les victoires de la droite !

C'est pourquoi il s'agirait à l'occasion de ces élections régionales d'en finir une fois pour toute avec la tentation centriste, cette dérive nécessairement droitière qui est encore à l'oeuvre dans une minorité agissante du Parti Socialiste. Aux électeurs de sanctionner ceux qui, comme Ségolène Royal, s'y prêtent ou prêteront : au premier tour, il s'agit tout de même de pouvoir voter franchement à gauche.

Electeurs Picto-Charentais et néanmoins de gauche, nous comptons sur vous !



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Pour en finir avec le Modem

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Pour en finir avec le Modem



blogueur et censeurD'humeur badine ce matin, Nicolas a sorti son appeau à Gauchistes (*). A cette heure, ceux-ci ne semblent pas réveillés. En revanche les ségoboys ont rappliqué en remuant très fort le popotin, tout gais qu'ils étaient parce qu'ils croyaient tenir une éclatante victoire rhétorique.

Je vous explique : Nicolas décrit une situation électorale particulière dans laquelle au lendemain du premier tour la gauche pour l'emporter n'aurait qu'une solution possible : « Une seule. Regrouper les listes avec le Front de Gauche, Europe Ecologie et le Modem. »

Ha ha ! se sont empressés de clamer les ségoboys : On vous l'avait bien dit qu'il n'y avait pas d'autres solutions qu'une alliance avec le Modem. Et on vous l'avait bien dit que tous ceux qui disaient le contraire vous mentaient et en vérité ne sont que des fourbes qui veulent rien qu'à détruire Ségolène qui nous sauvera tous.

Le truc c'est qu'ils ne veulent pas assumer une bonne fois pour toutes qu'il y a deux stratégies électorales possibles qui produit un vrai désaccord de fond - lequel a été tranché voilà maintenant plus d'un an.

Pour les derniers mal-comprenants, résumons une dernière fois mais très rapidement ce désaccord de fond (et c'est pas grave) :

D'un côté, certains veulent parler d'alliances a priori, notamment avec le Modem, ce qui conduirait nécessairement d'une part à déplacer le centre de gravité du Parti Socialiste sur sa droite, d'autre part à faire cadeau au Modem d'une importance qu'il n'a pas - ou plus ou pas encore de nouveau...

Les autres défendent simplement l'idée que si toute alliance est une possibilité a posteriori (c'est une évidence politique), celle-ci ne saurait avoir lieu que sur la base d'un rapport de force créé par les urnes, fruit donc de la décision souveraine d'électeurs éclairés par une campagne électorale où des projets concurrents leur sont présentés. Ici, naturellement, il s'agit d'abord d'ancrer le PS à gauche et d'y créer une alternative ambitieuse, crédible et convaincante.

Heureusement - de mon point de vue -, c'est cette ligne à gauche qui est majoritaire au Parti Socialiste, à 70% !

On peut passer à autre chose ?


(*) Gauchistes : avec un G majuscule qui désigne les partisans du Front de Gauche, à ne pas confondre avec les gauchistes, terme qui englobe toute personne viscéralement et radicalement de gauche, comme moi. On peut être l'un ou l'autre, ou encore les deux... Et puis il y a aussi les illuminés du NPA, mais eux on comprend pas bien ce qu'ils veulent : ils veulent pas et puis c'est tout.


Image : Je ne savais pas par quoi illustrer ce billet jusqu'à me souvenir qu'aujourd'hui Olivier Bonnet doit faire face à son accusateur et que c'était certainement une bonne journée pour lui exprimer ma solidarité de blogueur comme de citoyen.



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Parti Socialiste décomplexé

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Quand Sarkozy s'en prend au Parti Socialiste décomplexé



la rose socialiste en boutonHier soir, Nicolas Sarkozy, président sans envergure de tous les français d'un clan, a lancé la campage des élections régionales pour le compte de l'UMP.

Beaucoup parmi les dirigeants de l'UMP redoutent qu'une campagne axée autour du bilan gouvernemental ne se transforme en vote sanction. On connait ledit bilan, on comprend le désarroi des dirigeants de l'UMP. Mais le chef du clan c'est Sarkozy, qui a décidé que le slogan serait « La France change, ma région doit changer autour ! »

Ça fait mal, parce qu'il va falloir aux militants de l'UMP aller expliquer aux français qu'ils ont l'intention à l'échelon régional de baisser les impôts des plus riches et d'augmenter les taxes pour les autres, de laisser filer dramatiquement les déficits et de dégrader la qualité des services publics, de faire cadeau fiscal sur cadeau fiscal aux entreprises et d'assister sans broncher à une hausse continue du chômage, d'échouer sur la question de la sécurité pour tous comme sur celle du logement social, sans parler du pouvoir d'achat... Bref, prenant exemple sur le petit chef, il va leur falloir parler parler et parler pour tenter de faire oublier la réalité têtue des faits, dont la somme énonce de manière criante que le bilan du sarkozysme est au mieux désastreux et très certainement catastrophique.

Alors Nicolas Sarkozy, chef du clan UMP, a montrè à son clan la voie : au delà du slogan, passer rapidement sur le bilan et s'en aller taper sur la gauche et d'abord sur le Parti Socialiste. C'est que Sarkozy en fin politique qu'il est a compris ce que beaucoup à gauche n'ont toujours pas compris ou refuse de comprendre : le Parti Socialiste revient progressivement à lui, c'est-à-dire à la gauche - et ça ! ça représente un vrai danger pour Nicolas Sarkozy, qui sait bien que depuis maintenant plus d'une décennie la droite doit ses victoires au fait que le Parti Socialiste a quitté ses bases pour s'en venir chipoter sur le terrain de la droite.

Certes, le PS a connu et connait encore de sérieux problèmes à être audible. Mais à mesure que s'éloigne à la fois le traumatisme que fut le Congrès de Reims et l'hypothèse Royal, le brouillard s'estompe et l'on voit peu à peu se lever le voile sur un Parti qui travaille à ancrer son projet à gauche, en cohérence d'ailleurs avec ce que furent - au-delà de l'insignifiante question des personnes - les débats d'abord, et puis les résultats des votes, lors de ce fameux congrès de Reims.

Pour se convaincre de ce qui se passe au PS, il ne suffit que d'écouter attentivement sa première secrétaire, Martine Aubry, ou son porte-parole, Benoit Hamon. Cela faisait longtemps que l'on n'avait pas entendu venir de là un discours remettant clairement en cause le capitalisme financier et le credo libéral, ni même un si naturel appel à une régularisation massive de personnes sans papiers.

Dans son dernier communiqué portant sur la hausse dramatique du chômage, nous entendons un Parti Socialiste réclamer un plan de relance de l'économie par la consommation, ainsi que des mesures telles que la prolongation de 6 mois de la durée d'indemnisation sur la base de 80 % du salaire ou l'augmentation du coût des licenciements pour les entreprises qui versent des dividendes ou rachètent leurs propres actions...

Et si l'on s'intéresse aux cinq communiqués qui précèdent celui-ci : l'un dénonce la remise en cause par le gouvernement de la politique à l'égard des patients en Affection de Longue Durée pour des raisons purement comptables et préconise des réformes structurelles comme la mise en avant de la prévention ou la rémunération forfaitaire des médecins ; un autre concerne l'immigration et la situation des travailleurs sans-papiers et fait des propositions claires, détaillées et généreuses ; le suivant annonce que le Parti socialiste se joint à l'appel à manifester du collectif « Unis contre l'immigration jetable » ; celui d'après demande qu'un coup d'arrêt soit porté à la casse de l'école publique et le dernier s'en prend au bilan de Nicolas Sarkozy sur la question de la sécurité.

Alors, et en dépit du temps de retard médiatique et des derniers soubresauts de l'expérience Royal, Nicolas Sarkozy a compris qu'il était temps d'agresser le PS, et de le mordre fort là où c'est censé lui faire le plus mal : la question de l'immigration. Alors il y va de son petit couplet éculé : « Lorsque je vois, qu'une personne pour qui j'ai du respect appelle à la régularisation massive des sans-papiers, est-ce que vous croyez que je n'ai pas compris la manœuvre ? », demande-t-il afin de mieux accuser Martine Aubry « d'agiter le chiffon rouge, à trois mois des élections régionales, pour faire remonter le Front national »

Mais voilà, simultanément nous prenons connaissance d'un sondage Ifop à paraître dans le Journal du Dimanche, où est révélé que pour 72% des Français le débat sur l'identité nationale lancé par Eric Besson et justifié par Nicolas Sarkozy est avant tout une stratégie pour gagner les élections régionales. Mais on la leur a tant fait qu'il n'est finalement guère étonnant que les français ne se laissent plus si facilement prendre au coup de la question de l'immigration et de l'insécurité qui surgit très opportunément à l'approche d'une élection. C'est tant mieux et le petit président risque d'en être pour ses frais.

Le fait est, donc, que le Parti Socialiste est de retour à gauche et que si c'est une mauvaise nouvelle pour Nicolas Sarkozy, c'est une excellente nouvelle pour l'ensemble de la gauche et d'abord pour les français qui ont le plus besoin d'elle. Il est seulement regrettable que les Verts via Europe Ecologie se précipite pour s'en aller occuper une place devenue vacante auprès du Modem. Quoi qu'il est sans doute préférable que ce soit les Verts qui s'occupent en définitive d'aller achever de siphoner le Modem, plutôt qu'un Parti Socialiste encore convalescent sur ses valeurs. Même si de toute évidence la question du Modem a en une année radicalement changé de nature, puisque c'est désormais sans ambiguïté à gauche que penche la balance et se situent les débats.



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Une ambition Royal

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Ségolène et l'ambition Royal



Ségolène RoyalJe vais être en manque de titre.

Sur le même thème, j'ai déjà commis Quand Royal désire Ségolène, Ségolène moi toute seule et L'envie du désir d'avenir de soi.

Mais il va bien falloir le répéter à chaque occasion, essayer d'ouvrir les yeux du plus grand nombre : Ségolène Royal n'a d'autre ambition qu'elle-même.

Ségolène Royal se prépare pour 2012, elle toute seule, envers et contre tous, méthodiquement, obsessionnellement. Et avec un mépris total pour le travail collectif : ce sera elle ou bien le chaos. Soit ça passe pour elle, soit ça casse pour la gauche - et donc pour le peuple français qu'on laissera entre les mains de Sarkozy. Cynisme d'une ambition démesurée.

Vincent Peillon était au travail. Depuis bientôt un an. Au lendemain du Congrès de Reims, il revenait à Ségolène Royal de rassembler et de structurer l'opposition interne du Parti Socialiste : cela ne servait pas ses intérêts, elle s'en est désintéressée. Vincent Peillon avec d'autres s'est chargé de mettre les mains dans le cambouis. Un courant s'est structuré et puis s'est mis au travail, collectivement, pendant que Ségolène continuait d'amuser la galerie médiatique, c'est-à-dire de cultiver son petit jardin d'ambitieuse indécrottable.

Et puis, Vincent Peillon a commencé à prendre la lumière, au point de pouvoir politiquement compter pour quelque chose dans la bataille pour 2012. Il devenait trop puissant par rapport à ce qu''on pouvait l'estimer fiable et Ségolène est venue à Dijon écraser Vincent à grands coups de talon. Qu'importe le travail qui s'accomplissait, qu'importe même le respect dû à ceux qui accomplissaient ce travail, qu'importe surtout l'image désastreuse pour un Parti Socialiste convalescent : rien ne saurait importer en regard de l'inexorable marche en avant d'une femme vers son destin rêvé.

Ce n'est pas la première fois que Ségolène Royal à sa dévorante ambition sacrifie et Vincent Peillon et l'intérêt du Parti Socialiste. Ceux qui n'ont pas la mémoire trop courte se souviennent qu'à l'issue du vote sur les motions, lors du Congrès de Reims, un schéma politique avait commencé de se dessiner autour de la constitution d'une majorité renouvelée, largement transversale et excluant les éléphants, et qui impliquait la candidature de Vincent Peillon au poste de premier secrétaire. C'est alors que Ségolène Royal décida de sortir du frigo. A ce Ségolène Sinon Rien trop évident répondit aussitôt un Tout Sauf Ségolène qui n'attendait que cela : la machine infernale était enclenchée, on connait quel fut le succès de l'opération...

Ségolène Sinon Rien. Voilà bien le credo unique qui guide Madame Royal. Et c'est ainsi qu'au fil des mois, les uns après les autres, tous ceux qui furent ses fidèles soutiens, et parmi les plus proches, prirent inéluctablement leurs distances. La liste des traitres à la diva est longue, de Julien Dray à Vincent Peillon, de Manuel Valls à Aurélie Filippetti, en passant par Jean-Pierre Mignard (son avocat) et Pierre Bergé (son mécène), sans même remonter jusqu'à Arnaud Montebourg, sans non plus évoquer François Rebsamen et Jean-Louis Bianco qu'on a pu sentir de plus en plus hésitants...

Je les vois venir tous ceux qui viendront hurler au ségobashing, ils ne comprennent pas que, bien au contraire, il ne s'agit là que de contester à Ségolène Royal une attitude irresponsable qui consiste, au motif que cela servirait ses intérêts, à choisir de semer la zizanie partout où l'on ne se met pas à son service exclusif, en particulier donc au sein du Parti Socialiste. C'est que Ségolène Royal a parfaitement compris que tout ce qui renforce le Parti Socialiste affaiblit sa propre candidature pour 2012. Et la voilà de fait enfermée dans un paradoxe aussi terrible que cruel : afin de conserver ses chances pour 2012, il lui faut contribuer à affaiblir son propre camp. Et pour s'assurer d'être la candidate, il lui faut réduire à néant ses chances d'être élue.

Ce n'est pas moi qui fait du ségobashing, c'est Ségolène Royal qui joue au snipper sur tout ce qui est susceptible de lui faire de l'ombre à gauche, et en particulier sur le Parti Socialiste - parce que ça lui va bien.



Pourtant, pendant ce temps-là, Nicolas Sarkozy a de plus en plus de mal à se maintenir la tête hors de l'eau :



graphique évolution popularité Sarkozy
cliquer sur le graphique pour l'afficher en grand
- mise à jour automatique -



Et pourtant, le SMIC... Et pourtant, le libéralisme...



Au moment de conclure ce billet, je lis celui de Juan, auquel répondre me permet de conclure : certes, l'ambition n'est pas à gauche l'apanage de Ségolène Royal, force est cependant de constater que chez elle cela surpasse tout, au point qu'elle serait prête à lui sacrifier sa famille politique, ses amis et ses convictions. En cela pour le moins elle ressemble étrangement à un certain Nicolas Sarkozy.



Où l'on parle de : Une ambition Royal






Quand Sarkozy fait des petits

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Martine au travail



boite de PandoreAu lendemain du vote des militants socialistes sur la question de la rénovation de leur parti, quelques enseignements peuvent être tirer.

Au PS au moins, on vote : Le grand mérite du Parti Socialiste est d'avoir depuis longtemps choisi de tenter l'aventure démocratique. Et avant toute analyse d'un scrutin socialiste, et même de sa sincérité, il est utile de rappeler qu'à droite comme au centre (c'est-à-dire à droite), on ne se risque jamais à organiser le débat démocratique, encore à moins à faire voter les militants - tout au plus leur demande-t-on, à l'occasion, de plébisciter le chef. A droite, et particulièrement à l'UMP, quand il y a vote, le résultat est nécessairement soviétique.

Au Parti Socialiste, les congrès sont de vrais congrès, où les débats sont de vrais débats - avec leurs lots de discussions, contradictions, fâcheries, gueulantes et coups donnés sous la ceinture. Au Parti Socialiste, les militants débattent donc, et puis tranchent leurs différences par le vote - avec ce qu'il y faut de tricheries et de contestations, aussi incontournables que marginales. Toujours trop, évidemment, mais répétons-le, au PS au moins, on vote !

La démocratie est un long chemin sur lequel il est toujours risqué de s'engager. A droite, on ne s'y engage pas - et notons-le en passant, pas d'avantage chez les donneurs de leçons de gauche du NPA. Au PS, on est sur le chemin, depuis longtemps, même si la route paraît encore bien longue ici ou là où les pratiques douteuses ont la vie dure. Au moins, partout, on avance et les mauvais élèves de la démocratie socialiste font de plus en plus figure d'exception.

Je sais de quoi je parle, je suis adhérent dans une section qui fut longtemps baronnisée, où tous les pouvoirs étaient détenus par un seul, où par exemple des cohortes de militants fantômes, dont les cotisations étaient payés par la trésorerie de la section, n'avaient d'existence militante que lors des scrutins internes, où ils apparaissaient comme par magie pour voter comme un seul homme afin de permettre la reconduction du chef et entériner sa parole. Le chef choisissait qui pouvait adhérer, le chef choisissait ses sous-chefs, le chef était le candidat aux municipales et aux législatives, bref le chef était la section, laquelle comptait alors moins d'une centaine de miltants presque tous aux ordres - et pour exister, la petite minorité en résistance était contrainte, car ainsi va la politique, d'user des mêmes sales méthodes...

Aujourd'hui, cette section compte plusieurs centaines de militants de toutes les sensibilités, qui travaillent, qui débattent, qui font campagne ensemble, et avant cela qui élisent leurs instances dirigeantes, qui choisissent les candidats aux scrutins municipaux, régionaux et nationaux, qui font vivre la démocratie interne. Tenez, même les partisans de Ségolène Royal s'y sentent bien, c'est vous dire.


Une forte participation : 200 000 militants socialistes étaient appelés à lancer le processus de rénovation en ce prononçant sur un questionnaire détaillé, abordant entre autres questions celle des primaires, celle du cumul des mandats, celle de la parité, celle de la représentation, celle de la sincérité des scrutins internes. Près de 100 000 d'entre eux se sont déplacés.

C'est une participation beaucoup plus forte qu'attendue, largement inespérée compte tenu du peu d'enjeu de ce scrutin, au sens où de toute évidence le OUI l'emporterait sur chacune des onze questions. Compte tenu également des petits calculs très polititiens de certains soutiens de Ségolène Royal qui estimaient qu'il ne fallait pas voter afin de ne pas donner l'avantage à Martine Aubry.

On notera en passant que pour ces derniers la rénovation du Parti Socialiste qu'ils réclamaient avec force piailleries depuis des mois, tout en prétendant être les seuls à réellement la vouloir, n'était en réalité importante que pour peu que cela n'entrave pas le destin présidentiel de leur égérie. Cela permet de grandement relativiser la volonté de rénovation de ces quelques-uns.


La rénovation plébiscitée : Cela faisait quinze ans qu'on en parlait. En 1993 déjà, après une cinglante défaite aux élections législatives, le Parti Socialiste bruissait des mêmes slogans : ouvrir portes et fenêtres, accueillir mieux les sympathisants, en finir avec le cumul, instaurer la parité, renforcer la démocratie interne... Ce sont désormais un peu plus que des slogans : les militants se sont massivement prononcés en faveur de la rénovation et, le point est essentiel, ont mandaté leurs instances dirigeantes pour la mettre en oeuvre.

Il fallait en passer par là. C'est fait. Enfin !

Ici je souligne, à destination de ceux qui répétaient que la volonté de rénovation avait perdu lors du congrès de Reims, que visiblement cette volonté était peut-être un peu plus partagée que cela.


Mais ce n'était qu'un préalable : Rénover n'est pas une fin en soi. Il ne s'agissait que de mettre en place des règles internes modernisées de telle manière que le Parti Socialiste devienne un parti de masse, capable d'entendre la société, d'échanger avec elle, et d'apporter les réponses de gauche qu'elle attend.

La rénovation n'était que le moyen du projet.


Martine Aubry, une méthode : Faire de la politique c'est d'abord consulter, réfléchir et travailler. Ensuite c'est proposer et convaincre. A la fin le peuple tranche. La politique ce n'est pas glamour, ça demande du temps et de la besogne. Il ne suffisait pas de sautiller tel un cabri en réclamant "Rénovation. Rénovation", pas plus qu'il n'est utile de continuer sans fin à piailler "Le projet. Le projet". Un travail politique sérieux, c'est d'abord un travail politique serein. Cela réclame de s'accorder le temps de la maturation, laquelle maturation ne saurait avoir lieu sous l'éclat pressant des projecteurs.

On avait pu craindre que le Parti Socialiste sombre et se perde dans la superficialité du temps médiatique. Le danger avait guetté les socialistes de céder devant la dictature des paillettes, quand il ne s'agit plus que d'attirer sur soi le tout puissant oeil médiatique, quand le temps politique cherchant à coller au temps médiatique la parole se met irrésistiblement à n'avoir d'autre motif qu'elle-même : aucune pensée ne la précède, aucun acte ne lui succède et la communication tient lieu d'action. Politique au coup par coup, politique de l'intuition et de l'improvisation, rien qui ressemblera jamais à une politique de gauche.

Or on ne saurait prétendre rompre avec le fond politique que Sarkozy fait subir aux français, si l'on commence par lui cèder sur la forme. Aussi faut-il aujourd'hui créditer Martine Aubry de ce qui est une très grande qualité : savoir résister à l'impératif médiatique afin de donner du temps au temps.

La route est encore longue, mais au moins y a-t-il encore une route. Avec une année de recul, c'est cela essentiellement qui s'est joué lors du dernier congrès des socialistes: l'espoir.



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Attentat Karachi : les familles des victimes insistent

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Réinventons le socialisme



Nouveau Parti SocialisteDans un courrier adressé à l'ensemble des militants socialistes, Martine Aubry écrit en particulier ceci :



« Chacun le sait, nous devrons répondre aux enjeux qui sont devant nous : l'explosion de la précarité et des injustices de toutes sortes entre individus et entre territoires, l'économie affaiblie par la concurrence mondialisée et la finance, l'école et l'ascenseur social en panne, les chocs écologiques, les déséquilibres du monde... C'est le modèle de société dans son entier qui doit être refondé.

« Nous devons d'abord nous poser la question essentielle de la société du bien-être. Faut-il continuer à accumuler des biens, lesquels, et pour quelle utilité ? Comment construire un système innovant, assurant l'emploi, préparant l'avenir et à même de distribuer justement les richesses ? Avec quelles conditions de travail et de respect de la planète et de ses ressources ? Quels services créer pour que la qualité de vie de chacun soit réelle ? Comment mieux vivre, échanger et travailler dans la société numérique ? Voilà des questions majeures qui s'inscrivent dans notre travail sur le nouveau modèle de développement économique, social et durable que nous préparons, et qui fera l'objet de notre première grande convention début 2010. »



Je veux comprendre que la Parti Socialiste est disposé à prendre le virage de la Sociale Ecologie.

Ce serait de bon augure...

Enfin !

Pendant ce temps, là d'autres socialistes en sont encore à rédiger et faire signer des pétitions, parce qu'ils ne sont pas d'accord avec les décisions prises par la direction actuelle du Parti Socialiste. La dernière en date propose de réinventer le PS. Outre qu'il est impossible de trouver quels sont les instigateurs de la chose - ce qui en dit assez long sur l'existence d'objectifs non avoués -, le texte proposé à la signature ne suggère en réalité qu'une et une seule chose : « faire de l’élection de notre leader, puis de celle de notre candidat à l’élection présidentielle, l’acte 1 de nos cycles politiques. »

D'abord se choisir un chef, celui qui sera le candidat ? Il est certain que c'est précisément cela que les français attendent des socialistes. Non ?... C'est pourtant et apparemment ce que certains ont crû comprendre. A moins qu'il ne s'agisse encore et toujours de se préoccuper surtout de comment choisir le candidat de sorte que le candidat soit mon favori pour la candidature, et donc soit... une candidate.

J'ai la faiblesse d'être convaincu pour ma part que les français attendent des socialistes qu'ils puissent d'abord leur proposer une politique alternative, nouvelle et ambitieuse, conforme aux valeurs de la gauche. Et je prétends qu'il est plus urgent de réinventer le socialisme que le Parti Socialiste - surtout s'il ne s'agit que de le caporaliser...

D'ailleurs Martine Aubry propose une méthode :



« C’est tout l’enjeu du travail que nous avons entrepris, que nous devons approfondir avec les intellectuels, les acteurs de la société mais aussi avec les Français. Je veux leur donner la parole à chaque étape. C’est ma conviction mais aussi la vôtre, je le sais : on n’élabore plus un projet en circuit fermé.

« Nous voulons une démarche innovante, énergique et féconde, hors les murs de Solférino. Pour discuter de l’ensemble de ces questions, mais aussi pour entendre les Français et débattre avec eux, nous organiserons dans chacune de nos fédérations des rencontres associant, au-delà des militants de notre parti et de nos élus, l’ensemble des forces de la transformation : les associations, les syndicats, les intellectuels, les citoyens engagés. Des camarades de la direction et moi-même serons à vos côtés dans un tour de France que nous entreprendrons à l’automne. »



Au boulot ! disions-nous au lendemain du Congrès de Reims. Au boulot ! avons-nous répété au lendemain des élections européennes. Aux militants socialistes, aux sympathisants de gauche, à chacun de se saisir de cette parole qu'on dit vouloir donner aux citoyens.

Il ne s'agit pas d'accorder une confiance aveugle à la direction du Parti Socialiste, il s'agit de reconnaître qu'elle est en place et de faire avec et au mieux. Il ne s'agit plus de dire qu'il faudrait ou aurait fallu faire autrement, il ne s'agit plus maintenant que de faire.

Bâtir ensemble un projet pour une société du bien-être via un nouveau modèle de développement économique, social et durable, voilà une ambition que nous partageons et qui devrait nous enthousiasmer. Non ? Faut d'abord se choisir un candidat ? Une candidate ? Vôtre candidate ? Ha bon...



Où l'on parle de : Réinventons le socialisme






De l'attentat de Karachi à Nicolas Sarkozy

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Les vrais gens et les petits notables



Fernand LégerNicolas est fâché. Les parlementaires socialistes n'ont pas répondu favorablement à son appel au boycott du Congrès de Versailles. 115 sénateurs et 204 députés se sont concertés, ont discuté, débattu et pris la décision, à la quasi unanimité - 2 votes contre et 2 abstentions -, d'être présents à Versailles le 22 juin « parce que nous respectons l'institution », mais de ne pas participer au débat « en signe de protestation ».

Nicolas est donc très fâché et explique que leur décision c'est parce que ce sont tous des notables, accrochés à leurs postes, incapables de prendre le sens du vent et qui oublient de faire de la politique au quotidien. Et en conclusion, Nicolas enfonce le clou : « Ils sont tous identiques ».

Plus de 300 parlementaires socialistes, hommes et femmes, de tous âges, de formations différentes, avec des parcours différents, des sensibilités politiques différentes, venus de toutes les régions de France, élus à la ville ou à la campagne... Tous identiques ? Tous notables ?... Vraiment ?

Prenons un exemple, un seul : Aurélie Filippetti, 36 ans, élue en Moselle, proche de Ségolène Royal, ancienne membre des Verts, fille d'un mineur communiste, agrégée de lettres classiques, enseignante et écrivain, serait notablement identique à un Jack Lang ?

Soyons sérieux !

Je crois qu'il est toujours dangereux pour la démocratie de donner dans ce genre de généralités faciles sur la classe politique, façon "tous pourris" ou "tous notables", et laissant supposer que de manière générale tous manqueraient de convictions politiques, n'auraient finalement d'autre engagement que celui de faire carrière.

Les blogueurs de gauche - et même de droite - paraissaient plus nombreux à soutenir l'idée d'un boycott. Ils ont donné leurs arguments, lesquels sont tout à fait recevables. D'autres en ont donné de différents, tout à fait recevables également, pour se prononcer contre cette idée. Mais je me demande bien ce qui ferait qu'un blogueur politique serait davantage à même de sentir le sens du vent qu'un élu.

Cela rejoint là une petite discussion qui s'est tenue dans le cénacle des Left-Blogs à propos des "vrais gens" que les politiques seraient supposés ne pas connaître. J'avais fait remarqué que de manière générale, pour la plupart d'entre nous - les gens ordinaires -, quelle que soit notre profession et notre lieu de résidence, nous rencontrons essentiellement des gens qui nous ressemblent : ils sont de notre famille, ils travaillent avec nous, ils habitent la même commune que nous, le même quartier, fréquentent les mêmes bistros, ce sont nos potes de lycée, de fac... ou de blogging. Et aussi varié soit-il - quand il est varié et ce n'est pas toujours le cas... - notre panel de "vrais gens" est finalement assez réduit, représentatif que d'une partie du tout.

Les politiques, quant à eux, rencontrent toute l'année toutes sortes de "vrais gens", sur les marchés, dans leur permanence d'élu, à l'occasion de la visite d'une usine... Je ne suis pas certain qu'ils peuvent dire qu'ils connaissent les "vrais gens", mais sans doute pas moins que nous - les gens ordinaires, fussent-ils bloggeurs zinfluents....

Mais revenons à nos moutons notables.

Et si une large majorité de français était tout simplement, par ce légitimisme qu'on connait au peuple, opposée à l'idée d'un boycott du Congrès...
Et si dès lors que la Constitution a été très légitimement modifiée afin de permettre au président de venir s'y exprimer, les français trouvaient tout simplement légitime que Sarkozy se saisisse de cette opportunité et se seraient offusqués que des parlementaires, qui sont les représentants du peuple, décident de ne pas les y représenter...
Et si les parlementaires socialistes avaient tout simplement décidé d'assumer la charge du mandat qui leur a été confié par le peuple, aussi déplaisant soit cette charge en cette occasion...

On pourra se référer à ce sondage pour admettre cette éventualité - 70% des français pour la possibilité pour le Président de prendre la parole en Congrès...

Cela ne signifie pas que les parlementaires socialistes ont pris la bonne décision, ou qu'on ne puisse être en profond désaccord avec eux et l'exprimer fortement. Moi-même je pense que s'il leur fallait y aller, il leur faut également ne pas se sentir contraints par la solennité de l'exercice : dès lors que le président de la République a modifié la Constitution afin d'avoir la possibilité de descendre dans l'arène parlementaire, l'institution présidentielle a changé de nature et il devient légitime que les parlementaires puissent éventuellement chahuter politiquement le président. Et je serais navré que les élus de gauche ne se saisissent pas de cette opportunité de représenter la colère du peuple et ses aspirations.

Il reste que, quoi qu'il en soit, je ne crois pas utile de réduire plus de 300 parlementaires à de petits notables uniquement préoccupés par leur réélection, voire à des cons qui ne comprendraient pas que s'opposer trop passivement est précisément le meilleur moyen de ne pas être réélus.



Où l'on parle de : Les vrais gens et les petits notables






Boycotter n'est pas s'opposer

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Sarkozy au Congrès : boycotter n'est pas s'opposer



Crédit Enki BilalC’est une première dans l’histoire de la République. Le chef de l’Etat s’adressera lundi prochain, le 22 juin, au Parlement réuni en Congrès à Versailles. C'est une première, parce que c'est Nicolas Sarkozy lui-même, fidèle à ses méthodes monocratiques, qui a fait réviser la Constitution afin de pouvoir disposer aussi de cette tribune.

Nicolas Sarkozy a fait savoir qu'il compte exposer devant les élus de la Nation les orientations de la France sur la politique européenne et sur son projet économique et social. L'opposition de gauche quant à elle discute actuellement de l'opportunité de se rendre à Versailles pour écouter le roitelet faire son show, un discours qui ne sera suivi d’un débat qu'après le départ de ce dernier, et sans vote - le petit président ayant pris bien soin de n'avoir à subir l'affront d'une contestation frontale de la part d'une opposition qu'il n'a de cesse que de nier.

"Ce qui nous choque, c'est qu'une nouvelle fois le Parlement soit contraint à l'urgence pour un show présidentiel qui s'apparente à une opération de politique intérieure", a déclaré le président du groupe socialiste de l'Assemblée nationale, Jean-Marc Ayrault. "Pourquoi faudrait-il y aller ?", s'interroge le porte-parole des députés du PCF, Roland Muzeau, avant de préciser que "a réponse est contenue dans la question." Noël Mamère est quant à lui plus catégorique. "Je ne me rendrai pas à Versailles. Je suis pour le boycottage de cette opération médiatique, affirme le député (Verts) de la Gironde. Il n'est pas question de cautionner cette dérive monarchique du régime où le président agit selon son bon vouloir. Même si ça se passe à Versailles, il ne faut pas confondre le Congrès avec la cour du roi."

A droite aussi, ça grince un peu. Jean-Pierre Grand, député UMP de l'Hérault et proche de Dominique de Villepin fait remarqué que "c'est la consécration de la disparition du premier ministre. C'est le président de la République qui va faire une déclaration de politique générale, sans pour autant engager sa responsabilité." Bah, de la part d'un irresponsable, on ne pouvait s'attendre à autre chose.

Du côté des blogueurs, Nicolas et Juan, Mathieu, Olivier et Gaël, appellent les parlementaires de gauche à boycotter l'événement.

Je pense pour ma part que la gauche ferait une erreur supplémentaire en ne se rendant pas à Versailles. Alors que le principal reproche qui est fait à l'opposition est de n'avoir rien à proposer, cette absence serait tendre le bâton avec lequel on ne se privera pas de la battre. Nicolas Sarkozy ne se privera pas d'être le premier à s'en emparer et comme c'est lui qui aura le micro, on aura appris une fois de plus qui parvient à être audible et qui ne l'est toujours pas. La politique de la chaise vide est toujours - ou disons le plus souvent - une erreur politique.

Il y a à mon avis bien d'autres moyens de perturber la petite cérémonie organisé à la gloire du petit président, bien d'autres moyens de manifester son désaccord. Ainsi, s'il s'agit bien de Versailles, il ne s'agit pas de la cour du Roi et rien ne contraint les parlementaires à rester assis bien sagement et écouter dans un silence contrit les propos du monarque. Siffler et huer ne sauraient constituer des crimes de lèse-majesté. Arborer des brassards noirs en signe de deuil du parlementarisme n'est pas interdit. Crier à bon escient un Sarkozy, je te vois pourrait faire son petit effet. On pourrait tout à fait imaginer qu'en signe de contestation, les parlementaires soient bel et bien présents, mais tournent le dos au président, ou arborent un sparadrap sur la bouche pour signifier qu'on a muselé leur parole. Partir en bloc avant la fin, en réclamant l'abrogation du bouclier fiscal, est également une option qui saurait avoir une certaine saveur.

En bref, un peu d'imagination ne saurait nuire pour bien s'opposer. Le boycott ne me semble pas la bonne réponse, bien au contraire. Nicolas Sarkozy a voulu sa tribune, à l'opposition de la lui contester et de s'en emparer. Les représentants du peuple que sont les parlementaires se grandiraient à saisir l'occasion d'avoir le président en face à face pour lui signifier le mécontentement du peuple et ses aspirations.



Où l'on parle de : Boycotter n'est pas s'opposer






Sociale Ecologie

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Sociale Ecologie : Un autre socialisme est possible



Et Dieu créa la femmeSuite à une discussion entre les Left-Blogs, lancée via la proposition de Eric Mainville d'un Parti Socialiste qui deviendrait un Parti de la Sociale Ecologie, je me suis aperçu que si de 15 à 20% des français sont éventuellement prêts à mettre un bulletin écolo dans l'urne, beaucoup ignorent en réalité de quoi il s'agit quand on parle d'écologie politique.

C'est que les écologistes en général, et les Verts en particulier, se complaisent à ne mettre en avant que leurs atouts les plus séduisants. Ce serait cette femme tellement jolie, tellement sexy, qu'elle se contenterait de dire « Regardez-moi, dévorez-moi des yeux et vous saurez ce qu'est une femme ». Nous savons par expérience qu'une femme est un peu plus que cela, que c'est à définir à la fois un peu plus subtil et un peu plus complexe ... Nous le savons, n'est-ce pas ?... Et bien il en est de même pour l'écologie politique.

L'écologie politique n'est pas un mouvement associatif qui lutte pour la paix et contre la faim dans le monde. L'écologie politique, ce n'est pas davantage la protection des plantes vertes, des petites fleurs qui sentent bon et des animaux en voies de disparition, ni même la lutte acharnée contre toutes les pollutions environnementales. L'écologie politique est avant tout un projet... politique !

Faute d'avoir fait l'effort de comprendre de quoi parlent les écologistes, préférant en rester à leur caricature médiatique : une poignée d'illuminés qui adoptent des bébés phoques en fumant de l'herbe et annoncent des catastrophes en arborant des chemises à fleurs, le Parti Socialiste a été incapable de renouveler sa pensée politique pour l'adapter aux enjeux modernes.

J'ai quitté les Verts parce que les "environnementalistes" dont ceux-là, les défenseurs d'ours blancs en tongues sont la caricature, constituent tout de même un gros quart de ce parti, qui ne comprennent pas que l'écologie est l'essence même de la gauche, un autre gros quart étant composé d'anciens militants trotskistes, ou assimilés façon couteau entre les dents, qui ont trouvé chez les Verts un terrain de jeu à la mesure de leurs talents - qu'on a toujours tort de sous-estimés -, des "gauchistes" qui en réalité se contrefichent de l'écologie. Du coup, malgré la petite moitié restante, composée de militants sincères et qui savent de quoi il retourne quand ils parlent d'écologie, ce parti - où le bordel qui règne ferait passer le PS pour un village de schtroumpfs - m'est apparu incapable de grandir, d'irriguer la gauche, et d'assumer ce rôle d'avant-garde d'une gauche qui s'en trouverait enfin modernisée. Et le miracle Cohn-Bendit n'y changera rien, je peux vous le garantir.

Convaincu depuis longtemps que l'écologie politique est le prisme au travers duquel le socialisme pourra et devra se transcender, je suis aujourd'hui plus que jamais convaincu que c'est au Parti Socialiste que se fera ou ne se fera pas la mutation écologiste de la gauche, et si possible de toute la gauche.

Alors qu'est-ce que l'écologie politique ?

Pour bien comprendre de quoi on parle, il suffit de s'interroger sur ce qu'"environnement" signifie. La terre, la mer et l'air sont mon environnement. Les espèces animales également. Mais la société l'est tout autant, qui interagit avec moi. L'écologie politique c'est la conscience que toute décision politique doit s'intéresser à son impact sur son environnement, naturel ou social. Impact direct ou indirect. Impact de court, moyen ou long terme.

On comprend alors que l'écologie politique est ce qui s'oppose le plus frontalement au libéralisme, pour lequel toute décision est exclusivement tournée vers le profit immédiat et sa maximisation, au mépris des dégâts sur l'environnement, y compris donc sur le tissu social. Le credo libéral est qu'une main invisible s'occupera d'équilibrer les choses: il n'est qu'à observer l'état du monde pour comprendre que les choses ne s'équilibrent pas, que les pollutions augmentent, que les injustices sociales grandissent, que la terre s'essouffle et s'épuise, pendant que de plus en plus nombreux sont les hommes à ployer durement sous les coups qu'une main invisible assène avec constance...

Combien coûte à la société un chômeur ? Combien coûte à la société un enfant déscolarisé ? Combien coûte à la société un malade mal soigné ? Etc...

L'écologie politique, c'est alors, par exemple, une fiscalité pour les entreprises qui les contraigne à internaliser le coût de ce qui constituent pour elles des externalités, de ce qui ne constituent pas des coûts qu'elles ont à supporter mais que la société toute entière devra finalement payer, et au prix le plus fort. Dit autrement, c'est faire supporter à l'entreprise l'ensemble des dits coûts de telle manière qu'elle prenne des décisions pour elle-même qui soient optimales pour la société toute entière.

Ainsi, par exemple, le principe pollueur-payeur n'est pas - ou ne devrait pas être - un permis de polluer. Il est de faire en sorte que polluer devienne plus cher que de ne pas polluer. Il est de fournir une incitation sonnante et trébuchante à ne pas polluer - parce que l'entreprise aurait à supporter le coût de ses pollutions.

Ainsi, plutôt que de vouloir interdire administrativement les licenciements, la gauche devrait s'intéresser à faire qu'il devienne suffisamment cher de licencier que l'entreprise soit contrainte d'envisager si d'autres solutions ne lui seraient pas plus profitables, c'est-à-dire moins coûteuses - parce que l'entreprise aurait à supporter le coût social de ses licenciements.

Etc...

Se saisir de cette grille de lecture pour le Parti Socialiste serait, pour le coup, procéder à une véritable refondation idéologique... qui donnerait naissance à un projet moderne et ambitieux, profondément de gauche... et qui en effet justifierait un changement de nom comme un symbole positif de l'ampleur de la mutation. Parti de la Sociale Ecologie, ou Parti Ecolo-Socialiste, semblent convenir - même si, puisque vous avez tout bien suivi, il y aurait là une certaine redondance.

Mais puisqu'il s'agit de comprendre concrètement et de donner symboliquement à entendre qu'un autre socialisme est possible...



Où l'on parle de : Sociale Ecologie






En finir avec les divisions

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En finir avec les divisions, combattre ensemble à gauche



nouveau Parti SocialisteEn novembre dernier, alors que la bataille du congrès socialiste faisait rage, j'avais écrit cela sur ce blog :

« Une certitude que nous pouvons avoir est que si le prochain premier secrétaire du Parti Socialiste est Ségolène Royal ou Martine Aubry, la guerre des socialistes se poursuivra. Dans un cas comme dans l'autre, les perdants chercheront à obtenir leur revanche sur les gagnants en les faisant trébucher et ces derniers imputeront leurs difficultés et éventuellement leurs échecs aux divisions dont les premiers seront tenus pour responsables. Dans un cas comme dans l'autre, il nous faut en être bien conscient, nous n'en aurons pas fini avec la division. Tout au plus, cette guerre qui était ouverte ces derniers mois se transformera en une guerre de positions, une guerre de tranchées et menée largement dans l'ombre, par les uns comme par les autres.

En finir avec une querelle interminable, née de la guerre de succession post-mitterrandienne, c'est tout l'intérêt du saut générationnel en faveur duquel je plaide depuis plusieurs semaines sur ce blog - et en réalité depuis le lendemain des élections présidentielles et législatives de 2007. J'avais estimé pour ma part que la plus grande chance de parvenir à ce changement de génération résidait en Vincent Peillon. Malheureusement, celui-ci n'a pas souhaité assumer toutes ses responsabilités, cédant à la volonté intransigeante d'une Ségolène Royal incapable de s'effacer - de même qu'après avoir été tentée, Martine Aubry n'a pas non plus consenti à s'effacer derrière Benoit Hamon. »

Je continue de penser que les défaites du PS de 2002, 2007 et 2009 s'expliquent toutes par l'effet conjugué des divisions et d'un positionnement politique trop timidement à gauche.

Je continue de penser qu'il aurait mieux valu que ce ne soit pas Martine qui obtienne les rennes du PS - pas plus que Ségolène. Le fait est aujourd'hui que c'est elle et que les français se fichent que ce soit elle ou une autre : ils veulent du boulot, de l'unité et de la gauche.

Tenez, je vais même vous dire : les français se contrefichent de la rénovation structurelle du Parti Socialiste et des états d'âme de ses militants : du boulot, de l'unité et de la gauche.

Bien sûr, pour faire du bon boulot il faut une meilleure organisation ; pour s'irriguer de gauche il faut s'ouvrir à la société civile ; pour être uni il faut embarquer tout le monde. Mais les français se moquent bien du comment, il veulent entendre parler de résultats. Il est donc inutile, et en réalité destructeur, que chacun y aille de son petit couplet sur la rénovation du PS, il faut se taire et faire.

C'est Martine Aubry qui est à la tête du PS ?
Alors il faut faire avec Martine Aubry et non contre elle. Que ça plaise ou non !

Car ce dont les socialistes ont besoin, c'est avant tout d'un projet alternatif, ambitieux, crédibles et mobilisateurs, ainsi que la capacité de le donner à entendre aux français. Alors, la seule question qui se pose réellement, la seule qui intéresse véritablement les français, est la suivante : Le Parti Socialiste va-t-il ou non revisiter de fond en comble son offre politique en ancrant son projet à gauche ou bien va-t-il une nouvelle fois se contenter d'un replâtrage de son modèle social-démocrate ?

A ce titre, l'intervention de Vincent Peillon, via un entretien accordé hier au journal Le Monde, est très éclairante quant à ce qui se joue autour de cette question centrale et qui coupe le Parti Socialiste en deux parties probablement pas si égale qu'on voudrait nous le laisser entendre. Le Parti Socialiste et Martine Aubry ont et auront à faire face à de très fortes résistances dans sa volonté de ré-ancrer solidement le projet socialiste dans la gauche, résistances de la part de tous ceux qui se refusent à prendre le risque de se couper de l'électorat centriste, tous ceux qui n'ont pas retenu la double leçon de 2002 (avec un Jospin dont le projet n'était pas socialiste) et de 2007 (avec Royal qui chassait en terre de droite) : ce n'est que par la gauche que la gauche reviendra au pouvoir, parce que c'est d'une immense attente à gauche que désespère l'électorat, là que ce créera un véritable espoir de changement et donc une dynamique électorale.

Ce matin, petits et grands, tous les commentateurs de la vie politique française s'en donnent à coeur joie pour crier à la tartufferie d'un Parti Socialiste qui serait mort, qui serait autiste, qui aurait choisi de ne pas changer une équipe qui perd... Mais pour qui roulent-ils ? Qu'ont-ils à vendre ? Ceux-là ont-ils un profond désir de gauche ?

Qui a relevé qu'hier soir, lors du Conseil National du Parti Socialiste, Martine Aubry a prononcé un discours, que je trouve pour ma part chargé de bonnes questions... et de réponses qui invitent à l'espoir ? Oui, combien d'entre ses tant pertinents commentateurs ont même pris la peine de le lire ? Ou se sont contenter de lire le titre, Six mois pour changer de cap, pour en tirer les conclusions qu'ils leur plaisaient de faire ?

Je vous invite à cette lecture, et me contente ici de n'en retenir que quelques extraits clés :



[...]Nous avons le devoir de regarder en face la signification des résultats du scrutin de dimanche. Nous devons le faire avec lucidité et sang froid. Rien ne servirait de minimiser l’ampleur de notre défaite en se référant à d’autres périodes plus douloureuses de notre histoire. Rien ne servirait d’en relativiser l’importance. [...] Non, rien ne servirait de chercher ailleurs qu’en nous-mêmes. [...] Oui, nous avons un devoir d’analyser les vraies raisons de l’échec - mais je crois que nous les connaissons, nous les devinions, nous les vivions - et de réagir immédiatement pour entraîner un sursaut collectif.



Crise de la construction européenne, tout d’abord. [...] Crise de la sociale démocratie, ensuite. [...] Crise de notre Parti, enfin.
[...]



Notre prochain rendez-vous, c’est celui des régionales. Je le dis simplement, si certains ont l’intention de se replier sur leur terrain, en espérant ainsi se démarquer de notre Parti, ils se trompent. Certes, tel ou tel pourra sauver son siège au regard de ce qu’il a apporté à la population, mais soyons en sûrs, à moyen terme, tout cela ne sera que vain, si notre Parti n’est pas à la hauteur des enjeux.

Aussi, c’est à une profonde refondation de notre parti que j’appelle, refondation des idées, refondation à gauche, mais aussi profonde refondation de nos pratiques, de nos démarches personnelles et collectives. Ce sont trois refondations qui doivent répondre aux trois crises que je viens de rappeler.

Oui, je vous le dis, chers camarades, nous ne sortirons pas de cette situation par quelques replâtrages, par je ne sais quel recentrage ou réorientation ou par quelques artifices de communication. La ligne politique a été définie par les militants lors de notre Congrès, elle doit être suivie.
[...]
Ce dont nous avons besoin aujourd’hui, je vous le dis très solennellement, c’est d’un véritable sursaut de nature à refonder profondément notre Parti. C’est un état d’esprit. C’est une conviction profonde. Je vous ferai ce soir quelques propositions, nous en débattrons dans les jours qui viennent.

[...]



1- La refondation de nos idées
[...]
On n’élabore pas, on n’écrit plus un projet dans le huit-clos d’un parti, en circuit fermé. Bâtir un projet de société, c’est mettre en débat les questions qui se posent à nous. C’est le faire bien sûr avec notre cœur, avec la mémoire de nos luttes sociales, féministes, écologistes et avec la sincérité de nos valeurs de socialistes, à l’écoute de ce que nous disent les français. Pour notre parti, il y a urgence et obligation à entendre ce qui vient de toutes parts, non pas depuis hier, mais depuis trop longtemps. Les Français veulent être écoutés, et ils considèrent que les grands partis ne les écoutent plus. Les Français attendent du Parti socialiste un projet crédible, inscrit dans les valeurs de la gauche et adapté aux temps nouveaux. Ils sont lucides sur la panne que connait la France, mais ils ne nous font pas encore confiance pour conduire l’alternance.
[...]
C’est pourquoi nous écrirons ce projet de société en donnant à chaque étape la parole aux Français. Nous en débattrons, étape après étape, avec vous et avec eux et avec les intellectuels, les hommes et les femmes engagées dans la société qui nous ont rejoints notamment dans le Laboratoire des idées. J’en suis convaincue, c’est par un dialogue fécond entre les Français qui disent leurs difficultés et leurs attentes, les experts qui sont là pour les analyser et tracer chacun dans leur domaine les chemins du possible, et les politiques que nous réussirons.

Nous nous sommes déjà mis au travail en ce sens depuis plusieurs mois. Avec la création et la mise en route du Laboratoire des idées. Un premier travail a été fait également auprès des français pour mettre en exergue non pas leurs attentes à court terme, mais leurs aspirations les plus fondamentales à partir desquels nous devons je le crois déterminer les modes d’entrée, innovants, dans notre projet. Nous en débattrons le 7 juillet avec l’ensemble des membres du Bureau et du Secrétariat National.

Mais surtout, après ce cadre de juillet, je veux que nous engagions une démarche hors-les-murs de Solférino, innovante, enthousiaste et féconde. Nous irons, dans chaque fédération, avec les militants, et je le souhaite, ceux des autres partis de gauche, à la rencontre des Français. Nous devons nous démultiplier.
[...]
A chacune de ces étapes, notre projet s’enrichira des propositions des Français, s’approfondira par le dialogue avec des citoyens volontaires. Il se nourrira de l’expérience vécue et réussie des « innovateurs du quotidien », qui transforment notre société là où ils sont, dans des associations et des entreprises, des hôpitaux ou des écoles.
[...]
Ainsi, sur tout le territoire, nous nous déploierons, démultipliant cette démarche, irrigant le pays et le Parti.

[...]



2- La refondation de la gauche
[...]
Aujourd’hui, faces aux grandes questions auxquelles nous avons à répondre, il faut une nouvelle démarche de rassemblement à gauche. Rassemblement des Partis politiques de gauche, mais aussi rassemblement de ceux qui, portant des valeurs démocrates et d’humanisme, je le sais, aspirent à nous retrouver. Car je vous le dis, il n’y aura pas de victoire à gauche sans une gauche solidaire et unie.
[...]
L’écologie, sans la gauche, restera une belle idée sans réalité.
L’écologie et le social iront de pair dans une gauche unie ou ne seront pas.
La gauche sera unie ou ne sera pas, qui peut aujourd’hui en douter ?

C’est la raison pour laquelle, je veux dès demain - j’ai déjà pris des contacts hier et aujourd’hui -, engager des discussions avec tous ceux qui à gauche, sans exclusive, veulent porter un autre modèle de société pour la France, battre Sarkozy en 2012 et gouverner ensemble ensuite. Je vous en demande le mandat ce soir.

Et je le dis clairement, il ne s’agit pas de retomber à nouveau dans les accords d’appareils que nous concoctons habituellement à la veille des élections. Nous devons bâtir une Maison commune fondée sur :
- un projet commun ;
- et une stratégie de candidatures la plus efficace possible pour porter ces idées au pouvoir, partout où nous le pouvons.

Je le dis dès maintenant aux partis de gauche : nous voulons rentrer dans cette démarche sans préalable, sans a priori et sans volonté hégémonique. La réussite nécessite que chacun trouve sa place, que nous soyons capables d’être ouverts aux idées des autres et que nous fassions ce travail avec les Français.

C’est dans cette démarche d’ouverture aux Français de nos Partis pour préparer le projet, et de rassemblement à gauche, que doit être portée la réflexion sur les primaires pour le choix de notre candidat à à l’élection présidentielle de 2012. Ce sujet ne peut être traité à la légère comme un gadget pour masquer nos insuffisances. Il doit être réfléchi et pensé dans une démarche politique et collective.

[...]



3- La refondation de notre Parti
[...]
Ne nous racontons pas d’histoires. Nous donnons l’impression et c’est parfois une réalité, de ne plus être heureux de vivre et travailler ensemble. De nous situer en concurrence et non en complémentarité. L’unité, ce n’est pas penser tous pareil ; c’est avoir le courage de porter à l’interne les débats nécessaires puis de défendre collectivement nos positions.
[...]
Je souhaite ce soir et dans les jours qui viennent que le mode de gouvernance que nous allons mettre en place nous assure une solidarité totale et une réaction immédiate en cas de non respect de nos règles communes.
[...]
Je vous appelle ce soir à des changements profonds de nos comportements mais aussi de nos règles internes.
[...]
Maintenant que l’ensemble des sensibilités est représenté au Secrétariat National, le Bureau National doit redevenir l’instance du débat politique où nous forgeons notre réflexion et nos décisions communes. J’y veillerai absolument.
[...]
Face à l’ampleur de la tâche qui est devant nous, il nous faut à la fois serrer les coudes, amplifier le mouvement de refondation et être à la hauteur des attentes sur le projet. C’est la raison pour laquelle il nous faut changer notre mode de gouvernance. Un Parti est un lieu de débat. Ces débats doivent avoir lieu en son sein et les positions prises défendues par tous.
[...]
Dans le contexte actuel, il est hautement souhaitable que tous les talents politiques soient présents dans nos instances de gouvernance. J’ai rencontré beaucoup de camarades ces dernières heures. Je continuerai dans les jours qui viennent pour annoncer le plus tôt possible ce nouveau dispositif.

Mes camarades, il s’agit d’une nouvelle étape. Non pas d’un rassemblement factice ou d’une unité de façade. Il s’agit pour chacun de prendre la responsabilité de mettre sa force politique, son imagination, ses propositions au service de tous.

Nous devons enfin [...] faire émerger la génération qui demain nous remplacera en veillant au respect des objectifs fondamentaux de diversité, de parité, d’égalité des chances pour faire un Parti qui ressemble à ceux qu’il veut représenter.

[...]



Avant de conclure, je vous propose d’inscrire notre feuille de route dans un calendrier que je vous soumets ce soir à grands traits :
- annonce de la nouvelle gouvernance dans les prochains jours,
- dans les jours qui viennent, engagement des discussions avec l’ensemble de la gauche,
- fin août, la Rochelle sera le premier élément du lancement de notre projet. Nous avons une université d’été conçue ouvert sur la société et les autres partis de gauche,
- dès le lendemain, lancement du tour de France du projet,
- avant la fin de l’année, les Assises, les Forums, Etats Généraux et les Conventions déjà envisagées sur la culture, l’éducation, la sécurité seront réunis et se tiendra la grande convention sur le nouveau modèle de développement social, économique et écologique.

Nous avons six mois pour changer de cap.

[...]



On pleurniche sur nos manquements, on se flagelle en se répétant combien nous sommes nuls, on assiste impuissant au triomphe d'une droite qui se marre des cadeaux qu'on lui fait... ou bien on relève un peu la tête et on se met au boulot, ensemble ?



Où l'on parle de : En finir avec les divisions






Peillon ne veut pas trop de gauche

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Peillon ne veut pas trop de gauche



Vincent PeillonDans un entretien au Monde, publié dans l'édition datée de mercredi, Vincent Peillon, député européen et dirigeant de l'Espoir à gauche, le principal courant au sein du PS (29 % des voix au congrès de Reims), dit attendre de Martine Aubry "des signes forts qui marquent la volonté d'ouvrir ensemble une page nouvelle de l'histoire de la gauche".

Bien !

Ce qu'il traduit sur la question de l'orientation politique par définir "une orientation politique qui corresponde aux attentes des Français et qui s'affirme nettement, en positif".

Bien !

Il note à ce propos que "les listes socialistes ont perdu moins de voix au bénéfice du Front de gauche de Jean-Luc Mélenchon et du Parti communiste qu'au profit des listes écologistes".

Aïe !!!

Ainsi donc le Parti Socialiste choisirait aux lendemains de son échec aux européennes d'ignorer l'appel à un ancrage plus profond dans la gauche. Comme il l'avait ignoré après 2002. Et encore après 2007.

Pourtant, Vincent Peillon ne peut ignorer qu'un sondage "sortie des urnes" indique que 37% des personnes interrogées considèrent que le Parti Socialiste n'est pas assez à gauche, chiffre qui monte à 52% parmi ses propres électeurs (détails ici). En novembre 2008, un autre sondage donnait les mêmes résultats. Et l'année d'avant. Et l'année d'avant...

Vincent Peillon ignore-t-il réellement la profondeur du mésamour entre le Parti Socialiste et les classes ouvrière et moyennes ?

69 % d'abstention chez chez les ouvriers et 66 % chez les employés, ces chiffres ne l'interpellent-ils pas ?

Et ignore-t-il également à ce point ce que l'écologie politique implique de rupture avec le libéralisme ?

Au fond du trou, on creuse encore...



Où l'on parle de : Peillon ne veut pas trop de gauche






Un mal pour un bien ?

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Européennes : un mal pour un bien ?



la fessée déculottéeAu commencement est une lecture des résultats assez simple : l'UMP est le premier parti de France, la droite pèse moins de 40% des voix, le Modem moins de 10% et l'hégémonie du PS sur la gauche a pris fin, au profit d'un rééquilibrage avec les Verts.

Si l'on veut affiner un peu, il est possible d'ajouter que la gauche radicale est à son niveau habituel d'une dizaine de % et que l'extrême droite pointe tout juste au-dessus des 5%.


Abstention de contestation... et piège à cons

On ne peut cependant s'affranchir, en premier lieu, de constater le niveau record de l'abstention (60%), ce qui devient une très mauvaise habitude lors des élections européennes - le score était assez similaire en 2004 et pas si éloigné en 1999...

Sur ce sujet, on a coutume d'épargner le bon peuple en pointant du doigt l'incapacité des hommes politiques à intéresser les citoyens à la chose politique. Je crois qu'on n'a pas raison. Certes, le personnel politique n'est pas toujours enthousiasmant, certes les médias ont pour fâcheuse tendance à considérer qu'il est plus vendeur d'insister sur la forme et les petites phrases assassines, plutôt que sur le fond. Mais les citoyens ne sont pas des enfants et ils sont pleinement responsables de leurs manquements . Ils sont nombreux à choisir la facilité, à se gargariser d'un "tous des incapables, tous des pourris, élections pièges à cons"... Ils ont tort - et au final ce sont eux d'ailleurs qui en paient les frais.

Il reste que cette abstention est en soi une contestation. C'est l'Europe qui est perçue comme trop peu démocratique - et le contournement du peuple français sur la question du Traité Constitutionnel a ici pesé lourd. C'est la manifestation d'un rejet du sarkozysme et d'une droite dure spécialisée dans la casse sociale, enfermée dans un dogme libéral agonisant. C'est le désespoir d'une gauche divisée, jusqu'au Parti Socialiste lui-même, incapable d'offrir une offre politique alternative. C'est la sanction d'un Modem sans autre projet que la contestation populiste de l'establishment et la stratégie personnelle de son président. Et c'est même la lassitude des électeurs d'un vote extrême trop évidemment stérile.

L'abstention est tout cela à la fois. Au résultat, de cette volonté de renvoyer tout ce monde dos à dos, de ce refus de choisir, il reste que les urnes ont choisi pour le peuple abstentionniste et ont donné la victoire... à Sarkozy. Le piège s'est refermé et nous voici collectivement les pauvres cons d'un petit président qui se marre et qui nous en remercie.

Mais aucun piège ne se referme définitivement, bien au contraire...


Victoire de l'UMP et défaite cinglante de la droite

Mais le rire sarkozyste est jaune. Car si l'UMP obtient 28% des suffrages qui se sont malgré tout exprimés, plaçant cette formation très largement en tête de ce scrutin, c'est une victoire en trompe-l'oeil. Le parti du président a si bien siphonné la droite qu'il se retrouve parfaitement isolé, sans recours, un peu merdeux pour tout dire.

Dans la meilleure hypothèse, on pourra vouloir lui agréger le score de Libertas et mesuer une droite dépouillée à 33%, flanqué d'un Front National exsangue à 6,5%. Mais c'est pis que cela. : Il n'a échappé à personne que l'ensemble des listes qui se sont présentées lors de ce scrutin se sont unanimement positionnées, exceptées donc celle de l'UMP, en opposition frontale à Nicolas Sarkozy et à sa politique. Lequel Nicolas sarkozy, deux après son élection, se retrouve à ne pouvoir compté sur le soutien que d'un tout petit 28% des suffrages exprimés... c'est-à-dire 11% du corps électoral.

Autre manière de regarder le résultat de l'UMP, soi-disant fort de ses 28% : en Angleterre comme en Italie, la droite obtient 36% des suffrages ; en Espagne, elle flirte avec les 45% ; et en Allemagne, le parti de la Chancelière, Angela Merckel, manque de peu la barre des 50%...

Sarkozy a finalement bien travaillé, parvenant en deux ans à mettre la droite à son plus bas niveau jamais atteint. Ce n'est en aucun cas une victoire pour la gauche française, mais ça ouvre des perspectives.


La baudruche dégonflée du Modem

Des perspectives d'autant plus intéressante que le Modem se retrouve aujourd'hui à 8,5%, quatrième force politique en France, très loin derrière les listes du Parti Socialiste et d'Europe Ecologie, qui pèse chacun près de deux fois plus lourd. Le constat est simple, un parti qui a pour ambition de se positionner sur l'électorat de centre gauche ne peut y parvenir avec un leader de droite.

Depuis hier soir jusqu'à ce matin, l'ensemble des personnalités du Modem qui se sont exprimées font porter le chapeau de la défaite au seul François Bayrou. Mais voilà, jusqu'à preuve du contraire, le Modem c'est François Bayrou et son obsession présidentielle : ils ne voudront ou ne pourront faire sans lui - et c'est regrettable car il y a très certainement un espace politique à occuper au centre gauche, un espace politique qui néanmoins ne saurait s'incarner en un homme de droite, libéral, autoritaire et dévoré par son ambition.

Les électeurs du Modem se sont détournés de François Bayrou, le Modem saura-t-il se détourner de son président pour se mettre en phase avec son électorat ? On peut en douter et le constat demeure d'un Modem isolé et à bout de force, sans autre perspective que le désastreux cavalier solitaire d'un homme qui ne saurait cesser de croire en son destin - car il ne faut pas s'y tromper, pour François Bayrou, après 2012, il y aura encore 2017...


La fin de l'hégémonie du Parti Socialiste sur la gauche

Si le Modem s'effondre de ne s'incarner qu'en un seul, le Parti Socialiste subit une autre sorte de revers, tout aussi cinglant, et qui est la rançon méritée de ses divisions internes. Pas plus qu'en 2007 Ségolène Royal n'avait été en mesure d'unir le Parti Socialiste derrière sa candidature, Martine Aubry n'a été de le faire à l'occasion de ce scrutin européen. Et de même qu'en 2007, il s'agissait d'une responsabilité collective que se devait d'assumer la candidate, il s'agit aujourd'hui encore d'une défaite collective dont Martine Aubry a la charge de tirer toutes les conséquences.

Il ne s'agit pas de donner dans le lynchage et de faire tomber dans les têtes, ainsi qu'en appellent ici ou quelques rares enragés revanchards. Il s'agit bien au contraire d'en appeler à la responsabilité de chacun et de faire en sorte que le Parti Socialiste dans son ensemble se refuse à jouer la belle. C'est à cette condition unique que le Parti Socialiste deviendra audible, et utile à la gauche en portant haut et fort un projet alternatif ambitieux.

Il est plus que temps que le Parti Socialiste se réinvente. Plus que temps que le Parti Socialiste occupe toute sa place à gauche, ancré au coeur même de la gauche.... et en finisse avec une sociale-démocratie trop timide et à bout de souffle partout en Europe. Plus que temps que la gauche s'ouvre à l'écologie politique, c'est-à-dire prenne le temps de comprendre de quoi il s'agit.


L'écologie politique, deuxième pilier de la gauche

Pour les Verts français, c'est la fin de la clarification : c'est en s'ancrant résolument dans la gauche qu'Europe Ecologie est parvenu à devenir cette seconde jambe dont la gauche à tant besoin - et il est important de noter à ce titre que le score désastreux de Modem est aussi l'échec cuisant de Corinne Lepage et de la tentation aberrante de promouvoir une écologie qui ne serait ni de droite ni de gauche, une écologie qui ne serait pas politique.

Les Verts sont aujourd'hui face à leur responsabilité. Et celle-ci est double. D'abord, responsabilité d'assumer enfin d'être une composante à part entière de la gauche, ce qui signifie d'accepter le Parti Socialiste comme son premier partenaire plutôt que de contribuer à une division qui n'a jamais fait le jeu que de la droite. Ensuite, responsabilité d'explication d'un projet assumé dans toutes ses dimensions et dans toute sa complexité - même si parler d'un amour partagé pour les petites fleurs, et qu'on peut mieux voir du ciel quand il n'est pas pollué, est électoralement plus porteur.

Pour l'écologie politique, urgence sociale et urgence écologique ne se distinguent pas, sont un seul et même cri qui s'oppose à un libéralisme économique structurellement incapable d'intégrer à la prise de décision, aussi bien micro que macro-économique, les coûts des externalités et les coûts de long terme, c'est-à-dire spécifiquement les coûts qui affectent directement ou indirectement l'humain : le social est un environnement, comme l'environnement est social. L'écologie est de gauche ou bien n'est pas !

De la même manière, il faut admettre que si les socialistes doivent réviser très profondément leur credo d'une croissance économiquement et socialement porteuse, les écologistes ne sont pas mieux inspirés lorsqu'ils parlent de décroissance. La réalité est que la croissance du PIB - ou sa décroissance - est un très mauvais instrument de mesure en ce qu'il ne nous dit rien de l'humain et de ses conditions de vie. C'est à cela, entre autres petites choses, qu'il nous faut désormais apprendre à travailler ensemble.

Aujourd'hui, socialistes et écologistes pèsent 33%, ce qui en fait potentiellement la première force politique française, pour peu qu'ils apprennent à se parler, qu'ils admettent avoir pour ambition commune l'invention de la gauche du XXIème siècle et de son projet.



Oui, il est plus que temps de réaliser qu'il ne saurait y avoir de socialisme moderne hors l'écologie politique ni d'écologie politique hors le socialisme. Plus que temps qu'émerge une gauche qui aurait enfin intégré dans sa pensée politique que l'urgence écologique et l'urgence sociale sont les deux faces de la même pièce ; que cette pièce a pour nom économie de marché régulée - parce que le libéralisme n'aura jamais d'autre vision que celle du profit à court terme ; qu'il s'agit donc pour la puissance publique - l'Etat mais pas seulement - d'internaliser dans les transactions marchandes et les investissements publics et privés le coût des externalités de moyen et long terme que sont les dégradations du tissu social et les dégâts causés à l'environnement ; que l'ambition d'une gauche moderne sera de rééquilibrer le marché - qui n'est qu'un instrument à façonner - au profit d'une meilleure prise en compte du bien-être des hommes dans leur environnement, c'est-à-dire de chaque homme et femme sur l'ensemble d'une planète qui est notre unique capital.

Alors, je veux me joindre à cet unique slogan : Au boulot, bordel !



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Socialiste et européen

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Le 7 juin, je vote socialiste et européen



Abstention, par SaTArrêt sur les Mots a lancé une chaîne qui me botte, à laquelle donc je vais répondre sans attendre d'y être invité - sinon je pourrais attendre longtemps, ce blog étant désormais connu pour son état végétatif.

[EDIT : afin de n'avoir pas trop l'air de taper l'incruste dans la chaîne, j'avais eu l'audace - je crois que ça ne se fait pas du tout - de réclamer à Nicolas 1er de bien vouloir me taguer. Ce qu'il a fait aussitôt et je peux désormais, après l'en avoir remercié, poursuivre le coeur léger la rédaction de ce billet.]

Ladite chaîne s'intitule donc Votez et faîtes voter pour votre Europe !... à laquelle il s'agit de répondre via trois petites questions : C’est quoi l’Europe pour toi ? Que peux-tu écrire à tes lecteurs pour les encourager à aller voter dimanche 7 juin ? Quelle liste représente les idées que tu veux voir défendre au Parlement européen ?


C’est quoi l’Europe pour moi ?

L'Europe, selon moi, c'est d'abord pour un homme de gauche une évidence, le sens naturel de l'histoire. C'est le chemin d'une abolition des frontières et de l'élargissement des communautés humaines. C'est l'Histoire en marche. L'Europe c'est la mise en place d'une organisation politique plus large que les vieilles petites nations européennes, un espace plus grand pour vivre mieux ensemble plus nombreux, et plus riches de nos différences.

Et si l'Europe est l'Histoire en marche, elle est aussi l'Histoire qui retrouve sa mémoire, toute sa mémoire. Car si quelques siècles de chrétienté ont tissé des fils le long d'un axe qui va de l'Espagne à la Pologne, en passant par le Nord, le berceau de notre civilisation prend sa place autour de la Méditerranée, et plus précisément sur ses rives orientales, cette partie de la Méditerranée où se sont épanouis les empires grec et romain, byzantin et ottoman, depuis Rome jusqu'à Jérusalem, en passant par Istanbul qui fut, un millénaire durant, Constantinople (appelée aussi la Nouvelle Rome).

Bon, ça c'était pour me faire un petit plaisir, parce que n'en déplaise à l'UMP qui n'est jamais à un populisme ni une contradiction près, ce n'est certainement pas le sujet de ces élections, ni de la prochaine décennie. J'en profite pour rappeler que le monde musulman est à peu près aussi divers que la chrétienté, au point qu'il y a autant de ressemblance entre un sunnite ottoman (dont les origines sont à rechercher dans les plaines de l'Asie centrale) et un chiite arabe,, qu'entre un orthodoxe grec et un catholique polonais (même plombier).

Mais l'Europe, c'est aussi, aujourd'hui, la dimension minimale qu'il faut avoir pour peser un peu sur la marche du monde et ses nécessaires régulations - politiques, économiques et sociales. Je suis de ceux qui pensent que depuis une bonne quinzaine d'années, la construction européenne a emprunté de biens mauvaises directions, de Maastricht au traité de Barcelone. Mais on a toujours tort d'être en retard d'un combat et se complaire dans le ressassement de ce qu'il aurait fallu faire, plutôt que de se contraindre à construire à partir d'une réalité qui nous est aujourd'hui imposée. Ainsi en est-il du débat entre ouiouistes et nonistes, inutile et contre-productif ; il s'agit de prendre l'Europe telle qu'elle est aujourd'hui pour la transformer, et d'abord l'arracher aux mains des apprentis sorciers de la dérégulation économique.

Bref, pour moi, l'Europe est un chemin à tracer.


Que puis-je écrire à mes lecteurs pour les encourager à aller voter dimanche 7 juin ?

Un mot : DEMOCRATIE !

L'Europe est trop peu démocratique, c'est un fait. Un autre est qu'elle n'est tournée que trop peu vers les hommes et les femmes qui la peuplent. S'abstenir n'aura jamais d'autre effet que de renforcer cette situation, pour le plus grand plaisir des puissants qui n'apprécient rien tant que les peuples ne se mêlent pas de leurs petites affaires, affaires qui consistent essentiellement à s'engraisser sur leur dos. A jouer les autruches, vous risquez tout simplement d'être les dindons de la farce européenne.

Avec un peu de talent, un dessin vaut bien mieux que de longs discours. Aussi je vous renvoie à l'illustration de ce billet - et en profite au passage pour saluer mon ami SaT. Vous noterez qu'il est rappelé que cette élection ne comporte qu'un seul tour : c'est le 7 juin; et seulement le 7 juin !...


Quelle liste représente les idées que je veux voir défendre au Parlement européen ?

Je vote à gauche et ne voterai jamais que pour des gens qui ont l'ambition de construire. Ça simplifie grandement la question en réduisant l'éventail des possibles de 28 listes (je vote dans la région Ile-de-France) à seulement 3 : la liste du Parti Socialiste, celle du Front de Gauche (le Parti de Gauche de Mélenchon et le PCF) et celle d'Europe Ecologie (les Verts et José Bové ).

Selon moi, si on se préoccupe de voter à gauche et d'avoir une ambition pour l'Europe, seules ces trois listes sont envisageables. Il est à ce propos heureux de constater que la poupée médiatique Besancenot semble en passe de se dégonfler.

Notons également, et en passant - parce que c'est important - que c'est la somme des scores de ces trois listes qu'il s'agira au soir du 7 juin de comparer au score de l'UMP afin d'avoir un aperçu des états respectifs de la gauche et de la droite sur la scène politique française.

Quant au Modem, il suffit de remarquer qu'une fois de plus celui-ci n'a rien à proposer que son éternelle et vaine posture centriste - et si Bayrou est au centre, c'est à mi-chemin entre Le Pen et Besancenot, au centre des candidats autoproclamés "anti-système". L'Europe ? Vous avez récemment entendu Bayrou parler d'Europe ?

Pour ce qui me concerne, je vais sans surprise voter pour la liste socialiste. Pour trois raisons :

1- Les candidats des listes socialistes s'inscrivent dans un projet résolument européen, commun aux 33 partis membres (socialistes, sociaux-démocrates, travaillistes et progressistes) du Parti Socialiste Européen. Un projet tourné vers les citoyens et pour une autre Europe. Un projet à la fois réaliste et ambitieux, tourné vers le XXIème siècle et qui met en avant 71 propositions concrètes et immédiatement applicables, qui constitue une vraie réponse à la crise économique actuelle.

2- Sans parler de l'aberrante cohabitation sur les listes d'Europe Ecologie de Daniel Cohn-Bendit et de José Bové, il n'est plus question pour moi de voter pour des partis qui, pour des raisons tactiques, se refusent à considérer le Parti Socialiste comme un partenaire au sein de la gauche ; une attitude qui revient à rejeter une bonne grosse moitié de la gauche, condamnant de facto celle-ci à demeurer éternellement dans l'opposition. Avec le PS, la gauche pèse autour de 45% et ce n'est déjà pas assez... mais sans, elle ne dépasse pas les 20 ou 25% !!! Or, n'en déplaise au PCF et aux Verts, et maintenant au Parti de Gauche de Mélenchon (qui était un cadre du PS il y a encore six mois), c'est bien du peuple de gauche que le Parti Socialiste obtient sa base électorale.

3- La situation politique française actuelle est largement exceptionnelle, au point que toute occasion de lutter contre le sarkozysme est à saisir avec un sentiment d'urgence. Or, tout le monde l'aura compris, Sarkozy tirera médiatiquement argument des situations respectives de l'UMP et du PS pour renforcer ses positions. Si l'écart entre ses deux partis s'avère important, au profit du premier, non seulement Sarkozy s'en prétendra légitimé pour aggraver la casse sociale, mais il se retrouvera également de facto en bonne position pour remettre ça en 2012. Je me refuse à prendre le risque, en contribuant à l'éparpillement des voix à gauche, de lui faire ce cadeau politique.



C'est une chaîne, il me faut donc y convier les prochains participants. Sont nommés : Rimbus, comme d'hab' ; Juan, parce que je suis curieux de sa réponse ; Hypos, pour voir ; Laure, pour changer ; et puis Ronald... parce qu'il le vaut bien.

[EDIT : Et puis aussi Eric bloggeur citoyen, parce qu'il commente plus vite qu'un octet lancé dans le cyberespace... et Le coucou de Claviers, parce que j'aime bien sa plume.]



Abstention, piège à cons
© La République des Fourmis par SaT - Reproduction interdite sans autorisation de l'auteur





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Ségolène

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Ségolène aura la place qu'elle souhaite avoir dans le Parti socialiste



Ségolène sur la croixInvitée du «Grand Rendez-Vous» d'Europe-1/Le Parisien/Aujourd'hui en France, Martine Aubry a déclaré que Ségolène Royal « aura la place qu'elle souhaite avoir dans le Parti socialiste ».

La question est de savoir si Ségolène Royal souhaite avoir une place dans le Parti Socialiste. A en croire Vincent Peillon, premier lieutenant de cette dernière, ceci ne semble pas évident : « Si elle veut un statut, elle aura un statut. Ça lui a été proposé dix fois, j'ai participé moi-même aux discussions avec Martine Aubry et elle ».

Dix fois ?!...

Martine Aubry s'est d'ailleurs félicitée de la présence de Ségolène Royal à ses côtés fin mai, lors du meeting du PS qui se tiendra a Rézé dans le cadre de la campagne des élections européennes. «Personne n'aurait compris qu'elle ne soit pas là», a commenté la première secrétaire du Parti Socialiste, alors que la présidente de la région Poitou-Charentes avait menacé de ne pas venir.

Je crois que Martine Aubry a tort. On aurait très bien compris pourquoi elle n'aurait pas été là... Trop bien compris en réalité, et c'est d'ailleurs bien ce qui explique que finalement elle ira. C'est qu'à l'image d'un François Bayrou, Ségolène Royal, le regard obsessionnellement fixé sur 2012, se contrefiche de ces élections européennes comme de sa première petite culotte... défaite aux présidentielles... elle s'en contrefiche. A la limite, le Parti Socialiste se retrouverait derrière l'UMP, elle ne manquerait pas de s'en réjouir, tant cela représenterait pour elle un pas supplémentaire vers la possibilité d'une nouvelle défaite candidature.

De là à penser que Ségolène Royal se contrefiche du fait qu'une telle éventualité serait aussi l'occasion pour l'UMP de crier victoire, pour Sarkozy de tirer une nouvelle légitimité à poursuivre une politique qui fait tant de mal à une majorité de français - et ils ne savent pas encore qu'ils n'ont pas fini de payer pour toutes les erreurs qui, par pure idéologie, sont commises actuellement. Bon, le penser... mais le dire serait sans doute par trop verser dans la caricature.





Cela étant dit, je prends date ici que le passage de Ségolène Royal au meeting socialiste de Rézé se fera au mieux en mode service minimum, afin de donner toute la matière aux journaux du lendemain de titrer sur une unité de façade. Elle évitera par exemple bien soigneusement de se prêter au petit jeu de la photo symbole façon main dans la main. Et une petite phrase bien placée sera en outre l'occasion pour les journalistes d'un travail prémâché : Ségolène : solidaire... mais du bout des lèvres, auront-ils écrit à l'avance. Gageons même que Ségolène arrivera en retard et/ou partira en avance : Un petit tour et puis s'en va, le titre est tout trouvé.



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Nouveau Front Populaire

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Nouveau Front Populaire et fièvre porcine



Tous unis pour un Nouveau Front PopulaireSignalée par Slovar, cette excellente initiative du Club Gauche Avenir mérite d'être relayée :

Communiqué du Club Gauche Avenir

Le club Gauche Avenir appelle les femmes et les hommes de gauche à participer aux manifestations du 1er Mai organisées dans toute la France. Cette année, pour la première fois depuis 62 ans, le 1er Mai sera unitaire. Ce fait exceptionnel témoigne de l’urgence sociale et du refus du monde du travail de payer les errances d’un système qui s’est développé contre lui, au profit du capital financier ! La participation doit être forte, pour imposer des décisions immédiates en faveur du pouvoir d’achat, de l’emploi, de l’interdiction des licenciements boursiers, de l’abrogation du bouclier fiscal …

Gauche Avenir estime qu’à côté de la mobilisation sociale impulsée par les syndicats, il faut préparer l’unité politique et appelle à un Nouveau Front Populaire. Même si le paysage, les enjeux, les pratiques politiques ont changé depuis les années 30, la dynamique du Front Populaire peut redevenir d’actualité, en proposant tout à la fois un débouché politique au mouvement social, un projet de société à nos concitoyens et une perspective de victoire à la gauche en 2012.

La dynamique du Front populaire avait aussi permis de dépasser les simples alliances entre les partis, en associant des organisations syndicales, des clubs, des associations. Aujourd’hui comme hier, devant les hésitations des appareils politiques, seule une large implication citoyenne fera naître une véritable alternative face à la crise et aux souffrances qu’elle engendre.

Le club « Gauche Avenir » a édité un autocollant : « tous ensemble dans un nouveau Front Populaire », qui sera diffusé et proposé aux manifestants du 1er Mai.

Club Gauche Avenir
Lundi, 27 Avril 2009



Et puis, si vous souhaitez en sus adresser un petit message personnel à Michèle Alliot-Marie, la ministre de l'Intérieur de la Sarkofrance qui souhaite "interdire le port de cagoule et de tout autre moyen de masquer le visage lors de manifestations ou attroupements", vous pouvez rejoindre les rangs des manifestants, vendredi 1er mai prochain, muni d'un masque médical qui ne saurait vous empêcher de gueuler à l'urgence sociale comme des porcins enfiévrés.

fièvre porcine unitaire

Une réalisation de CC.



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Le Manifeste du PSE

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Le Manifeste du Parti Socialiste Européen





Via son Manifeste, le Parti Socialiste Européen s’engage auprès des citoyens européens dans une démarche unitaire de ses 33 partis membres - socialistes, sociaux-démocrates, travaillistes et progressistes - avec pour objectif de créer une société plus juste et plus protectrice, prête à relever les défis qui sont devant nous, en disant : « Pour une autre Europe : les citoyens d’abord ! ».



En savoir plus pour voter informé, le 7 juin : Téléchargez le Manifeste



Ou bien lire une présentation du Manifeste du PSE : Demandez le programme



Où l'on parle de : Le Manifeste du Parti Socialiste Européen






Tripatouillage démocratique

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Petit Sarkozy sans grand opposant



qui s'opposera à Nicolas SarkozyLorsque l'institut de sondages Opinionway, pour le compte du Figaro et de LCI, demande à un échantillon de 1002 français, interrogé en ligne, « Au cours du mois dernier, laquelle des 13 personnalités suivantes fut le meilleur opposant à Nicolas Sarkozy ? », 45% d'entre eux répondent « Aucune de ces personnalités ».

Il est amusant de constater que dans l'interprétation de ce sondage, les intérêts bien compris du Figaro et des ségolénistes semblent se rejoindre, qui simultanément choisissent de mettre l'accent sur le fait que Ségolène Royal apparaîtrait comme le meilleur opposant à Nicolas Sarkozy. C'est que de ce même échantillon et sur cette même question, Opinioway obtient que 14% désignent Ségolène Royal, 13% Olivier Besancenot et 9% Martine Aubry.

Avant de revenir vers nos 45%, seul résultat éventuellement significatif, faisons quelques remarques sur ce sondage :

Soulignons d'abord qu'il s'agit là d'Opinionway, nouveau venu parmi les instituts de sondages - depuis les dernières présidentielles - et dont on sait combien il est politiquement sujet à caution - lire ici et - et mes camarades ségolénistes le savent pourtant bien. Bref, inutile de revenir sur le fait que, contrairement à tout institut à peu près sérieux, Opinionway réalise ses enquêtes via Internet, ni même d'insister qu'il travaille quasi exclusivement avec le Figaro et LCI.

Remarquons ensuite comment la question est posée, c'est-à-dire à quel temps : « Au cours du mois dernier, laquelle des 13 personnalités suivantes fut le meilleur opposant à Nicolas Sarkozy ? » Non seulement, il s'agit du passé et d'un passé proche - en l'occurrence le mois dernier - mais c'est un passé simple - "fut" - plutôt qu'un passé composé - "a été". Or non seulement le passé simple a une dimension narrative que n'a pas le passé composé - on l'utilise pour raconter une histoire -, mais il exprime un fait qui a eu lieu dans un temps défini, sans aucune considération des conséquences qu'il peut avoir dans le présent, quand à l'inverse le passé composé est utilisé pour exprimer un fait qui a eu lieu dans une période de temps généralement récente et dont on considère les conséquences dans le présent. Ce n'est en rien innocent et ça limite considérablement la portée de la question... et le moins qu'on puisse faire est de s'interdire de conclure au fait que telle ou tel est le meilleur opposant à Nicolas Sarkozy, mais qu'il ou elle le fut.

Mais c'est pis que cela. Dans sa note de présentation, Opinionway - puisque malheureusement la loi l'exige - prend soin de rappeler que « les résultats de ce sondage doivent être lus en tenant compte des marges d'incertitude : 2 à 3 points au plus pour un échantillon de 1000 répondants. » Un rappel qui néanmoins ne dit pas toute la vérité. D'une part on ne sait pas combien parmi les 1006 personnes interrogées ont répondu, mais surtout la marge d'erreur devient d'autant plus importante qu'on se rapproche des petites valeurs. Ainsi, si nos 45% qui ne savent désigner un meilleur opposant à Sarkozy parmi les treize noms proposés sont effectivement affectés d'une incertitude de 2 ou 3 points (et en réalité probablement plus 3 que 2 !), cette incertitude est beaucoup plus importante dès lors qu'on se trouve autour des 10 ou 15% de réponses identiques - et autour de 5% (Villepin, Bayrou, Hamon et les autres), les chiffres ne sont même plus significatifs...

S'il fallait donc vraiment donner une conclusion "nomminative" à ce sondage, on ne pourrait dire mieux que seuls, Ségolène Royal, Olivier Besancenot et Martine Aubry apparaissent aux français comme avoir été des opposants à Nicolas Sarkozy au cours du mois de Mars 2009. Chacun étant cité comme le meilleur par environ un français sur dix. Ce qui est très peu.

Mais le réel enseignement de ce sondage - s'il était possible de lui accorder le moindre crédit - serait que dans une situation de profonde impopularité du président de la République auprès des français, ces derniers pour près de la moitié d'entre eux ne lui voient cependant aucun véritable opposant sur la scène politique nationale. Et là, vraiment, il n'y a du coup pas lieu de se réjouir.



Où l'on parle de : Sarkozy sans opposant






Hadopi... mais pas adoptée !

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Elections européennes : demandez le programme



Pour une Europe SocialeLe dimanche 7 juin 2009, les citoyens européens des 27 pays membres de l'Union européenne sont appelés à voter pour désigner les 785 députés qui siégeront pour cinq ans au Parlement de l'Europe, situé à Strasbourg.

En France, ce sont 72 de ces 785 députés qui sont à désigner dans les 8 grandes circonscriptions : Nord-Ouest, Est, Ouest, Ile de France, Massif central-Centre, Sud-Est, Sud-Ouest et Outre-mer. Le scrutin est un scrutin proportionnel à un seul tour, où seules les listes ayant obtenu au moins 5% des voix peuvent prétendre à avoir des élus.

En France, cependant, on semble n'avoir toujours pas bien réalisé l'importance de cette élection, alors même que beaucoup du quotidien des européens, et donc des français, se décide au niveau européen, et notamment par un parlement qui obtient progressivement de plus en plus de pouvoirs. Or, et la crise actuelle en donne une illustration cruelle, nous avons plus que jamais besoin d'une autre Europe, autre que celle qui, traité après traité, se limite à ériger le libre-échangisme comme seul horizon économique. Nous avons besoin d'une Europe d'harmonisation fiscale et sociale afin que l'Europe se donne enfin les moyens d'agir politiquement pour les citoyens européens. Mais il n'y aura d'autre Europe que via un changement de majorité au parlement européen. Pour réorienter l’Europe, il faut d’abord envoyer au Parlement de Strasbourg une majorité de députés de gauche.

Nicolas s'étonne qu'à moins de deux mois maintenant de l'élection, on ne connaisse rien des programmes. Il a partiellement raison. La campagne n'a en effet pas commencé, du moins en France, et c'est regrettable tant les enjeux sont essentiels, cruciaux ! Et la droite - celle de l'UMP comme celle du Modem - ira cette fois encore au scrutin sans programme, sans même ouvrir de perspectives. Quant à l'extrême-gauche, elle se cantonnera à donner dans la récupération des protestations nationales, tant elle n'a rien à proposer, tant d'ailleurs elle n'a jamais cru en l'Europe.

Pourtant, le fait que les 33 partis membres (socialistes, sociaux-démocrates, travaillistes et progressistes) du Parti Socialiste Européen se soient mis d'accord sur une plateforme programmatique commune - le Manifesto - constitue un événement majeur, propre à nourrir quelques espoirs et à provoquer une certaine dynamique.

Cela s'appelle “Citoyens d’abord: un nouveau sens pour l’Europe” et ce sont 71 propositions détaillées et cohérentes, articulées entre elles par six grandes ambitions :

I- Relancer l’économie et éviter le retour des crises financières ;
II- Faire progresser la justice dans la nouvelle Europe sociale ;
III- Mettre l’Europe en tête de la lutte contre le changement climatique ;
IV- Parvenir à l’égalité des sexes en Europe ;
V- Donner à l’Europe une politique d’immigration pour le progrès ;
VI- Faire de l’Europe un partenaire fort pour la paix, la sécurité et le développement.

Par ailleurs, le 12 mars dernier, les socialistes français ont adopté - à la quasi-unanimité par le Bureau national et le Conseil national - un texte d’orientation "Donner une nouvelle direction à l'Europe", visant à enrichir le manifeste européen. Un texte organisé comme suit :

I- Nouveau monde, nouvelle Europe ;
II- Le bilan accablant de la droite ;
III- Le Manifeste des socialistes en faveur d’un autre modèle de développement ;
IV- Avec le vote socialiste, les européens peuvent changer l’Europe.

et qui évoque, en sus des propositions du Manifesto :

- L’augmentation du budget de l’Union [...] pour donner leur pleine efficacité aux politiques de solidarité et de préparation de l’avenir ;

- La reconnaissance pour l’UE du droit de lever des emprunts pour financer ses investissements lourds à long terme ;

- L’harmonisation des fiscalités, à commencer par celles des entreprises pour lutter contre le dumping fiscal et le dumping social, condition nécessaire à l’arrêt des délocalisations abusives à l’intérieur de l’Union Européenne ;

- La définition d’une politique de juste échange, par une politique commerciale européenne ajustée pour permettre à la fois à nos industries les plus exposées de préserver leurs emplois en se modernisant, aux pays les moins avancés de continuer à se développer, et aux normes internationales du travail et de l’environnement de s’appliquer dans les processus de production ;

- La coordination des politiques économiques [...] et la refonte encore insuffisante du pacte de stabilité ;

- Une Europe forte avec une vraie défense européenne et non cette subordination au commandement intégré de l’OTAN que Nicolas Sarkozy impose à la France.

Et ainsi, les socialistes français disposent-ils aujourd’hui de deux textes fondamentaux, et programmatiques, pour entamer la campagne des élections européennes. Ne manque plus qu'à rendre tout cela visible et audible. Et en particulier à surmonter l'habituelle frilosité médiatique vis à vis des campagnes électorales européennes - mais c'est sans doute parce que, fondamentalement, l'Europe est et demeure une idée de gauche. Et en réalité, d'une manière ou d'une autre, tout autre vote que le vote socialiste est un vote contre l'Europe - cette Europe démocratique et sociale qui est en définitive la seule Europe des citoyens.





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Pour un bouclier fiscal... progressif

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La proposition 5 du Manifeste socialiste européen : un programme européen de développement des réseaux de transport d’énergie et de transport de données à large bande



PSELe 7 juin prochain, lors des prochaines élections européennes, les citoyens d’Europe auront à faire un choix politique fondamental. Chaque électeur aura à choisir entre la conception du Parti Socialiste Européen d’une Europe de progrès, dans laquelle les citoyens, les Etats et les pouvoirs européens travaillent ensemble pour répondre aux aspirations de tous ; et une Europe de droite, où l’avenir de nos pays et de nos concitoyens serait remis au jeu du marché.

En effet, à l'occasion de cette élection, le Parti Socialiste Européen s’est engagé auprès des citoyens européens dans une démarche unitaire visant à créer une société plus juste et plus protectrice, prête à relever les défis qui sont devant nous, en disant : « les citoyens d’abord ». Adopté à l’unanimité par les 33 partis membres - socialistes, sociaux-démocrates, travaillistes et progressistes -, le Manifeste du PSE constitue à cet effet un programme d’action commun, qui s'engage plus précisément à :

I- Relancer l’économie et éviter le retour des crises financières ;
II- Faire progresser la justice dans la nouvelle Europe sociale ;
III- Mettre l’Europe en tête de la lutte contre le changement climatique ;
IV- Parvenir à l’égalité des sexes en Europe ;
V- Donner à l’Europe une politique d’immigration pour le progrès ;
VI- Faire de l’Europe un partenaire fort pour la paix, la sécurité et le développement.

Ce programme est décliné en 71 propositions détaillées et cohérentes. Des blogueurs, engagés dans cette importante campagne électorale visant à proposer aux citoyens européens un nouveau sens pour l'Europe, se proposent de vous les présenter au long d'une chaîne dont ils seront donc les 71 maillons - et dont j'ai l'honneur d'être ici le cinquième.

Ainsi, dans le chapitre Relancer l’économie et éviter le retour des crises financières, un premier sous-chapitre se propose de Donner un cadre aux marchés financiers pour l’économie réelle, l’emploi et la croissance dans lequel :

1- Timothée a présenté la proposition : Relancer l’économie et éviter le retour des crises financières ;

2- Abadinte a présenté la proposition : Mettre fin aux paradis fiscaux ;

3- Maxime a présenté la proposition : Réformer l’architecture financière mondiale.


Le second sous-chapitre évoque pour sa part Une stratégie européenne pour une croissance écologique et innovante, créatrice d’emplois dans lequel :

4- Back2basics a présenté la proposition : Doter l’Europe du système de transports le plus efficace, le plus économique et le plus écologique ;

5- Je suis quant à moi chargé de vous présenter la proposition : Elaborer un programme européen de développement des réseaux de transport d’énergie et de transport de données à large bande :



Nous appelons à un programme européen de développement des réseaux de transport d’énergie et de transport de données à large bande, indispensables à l’économie européenne de demain. Les parcs à éoliennes en mer, par exemple, exigent de nouveaux réseaux de transport transfrontières. La vitalité économique des zones rurales, dans toute l’Europe, dépend de l’accès à la communication large bande. Des milliards d’euros d’investissements s’imposent donc dans tout le continent. La Banque Européenne d’Investissement, qui finance déjà les infrastructures énergétiques et de télécommunications, pourrait s’engager sur une plus grande échelle. L’injection de fonds structurels communautaires dans ces domaines d’avenir doit aussi être prévue.



La proposition a le mérite d'être tout à fait explicite, et est sans conteste très pertinente, en ce qu'elle est à la fois utile à la création d'un espace européen tourné vers les citoyens, efficace économiquement par la programmation d'investissements productifs d'avenir et écologiquement soutenable. Elle est donc parfaitement en phase avec cette ambition d'une croissance à la fois écologique et innovante, créatrice d’emplois, dont les citoyens européens - mais également les citoyens du monde - ont le plus grand besoin.

C'est qu'il s'agit bien de cela, au travers des 9 propositions de ce sous-chapitre, de la mise en place d'une stratégie européenne visant à créer 10 millions de nouveaux emplois à l’horizon 2020, dont 2 millions pour le seul secteur des énergies renouvelables, stratégie d'avenir qui donnera à l’Europe le leadership mondial de l’innovation et des nouveaux produits et nouvelles technologies durables.

De la même manière, l'efficacité énergétique contribuera à cette stratégie, tout en réduisant la facture énergétique des foyers européens, manière - pertinente là encore - d'améliorer leur pouvoir d'achat. Mais de cela, c'est mon ami Rimbus qui va se faire un plaisir de vous en parler, puisque le voilà présentement chargé de poursuivre cette chaîne de campagne.



J-67 pour Changer l'Europe !



Où l'on parle de : La proposition 5 du Manifeste socialiste européen






Elections Européennes

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Elections Européennes : tous ensemble !



PSEUn billet en forme de coup de gueule, suite à celui d'Antoine, qui s'énerve encore après Martine Aubry parce que dans une petite video de 7 secondes, où celle-ci est censé déclamer le slogan de la campagne européennes des socialistes européens - Manifeste du Parti Socialiste Européen, Citoyens d'abord, un nouveau sens pour l'Europe - la première secrétaire du Parti Socialiste français ne fait pas une prestation phénoménale - et c'est en effet le moins qu'on puisse dire.

Mais cela vaut-il d'en faire des tonnes, de l'accabler de tous les maux, de laisser entendre qu'elle n'y croirait pas, qu'elle irait à la bataille électorale sans enthousiasme, de donner dans le très lourd en écrivant que «là, on dirait que tu vends du poisson avarié sur le port de Boulogne, que t'as honte de ta marchandise, que tous les clients puent du bec, qu'en plus le poisson ça colle aux mains et ça laisse traîner des écailles partout. »

Une bien grosse colère pour sept petites secondes ! Au point qu'on pourrait se demander ce que ça cache, un tel acharnement. Parce qu'avec un peu de bonne foi, il était possible de mettre en avant du plus reluisant, du plus enthousiasmant, du plus positif pour un Parti Socialiste qui entre en campagne. Le chemin à faire n'était pas très long :





Je vais me garder de rappeler ici l'incapacité ségolienne à prononcer un discours en ayant un peu plus de charisme d'une huitre, ne pas laisser entendre qu'il ne s'agirait là, encore et toujours, que de cette aigreur post congrès de Reims, qu'il ne s'agit pas simplement d'espérer en une défaite électorale aux européennes un chemin favorable vers la présidentielles, taper dès aujourd'hui sur Martine pour mieux préparer Ségolène.

Je vais également m'abstenir de relever la présence d'un certain Michel Rocard sur la bannière du blog d'Antoine et ne pas raviver le souvenir d'un homme talentueux dont les mémorables incapacités médiatiques condamnèrent les ambitions - les rocardiens clamant alors que ce n'était pas là l'important, que c'était un mauvais procès...

Non, je vais me contenter de rappeler que les élections européennes se tiendront maintenant dans deux mois - le 7 juin. Rappeler aussi que ce sont des élections on ne peut plus importantes, que de la couleur du parlement européen dépendront beaucoup les orientations européennes des prochaines années - plus de libéralisme ou plus de régulations, plus de laisser-faire ou plus de protections sociales... Des orientations qui auront un impact certain sur la vie des européens et à commencer par les plus fragiles d'entre nous, laissés pour compte d'une Europe livrée aux puissances du marché.

Il ne s'agit ni de Martine ni de Ségolène. Il ne s'agit pas de politique franco-française et encore moins des bisbilles internes au Parti Socialiste. Il s'agit de faire gagner la gauche en Europe, et pour ce qui nous concerne, il s'agit de faire que le Parti Socialiste, porteur en France du Manifeste, fasse le meilleur score possible.

Et d'ailleurs, ne nous y trompons-pas, le seul effet d'un mauvais score des socialistes en France sera d'ouvrir un boulevard à Nicolas Sarkozy jusqu'à 2012 - et on se contrefichera alors de savoir si c'est Martine ou Ségolène, Dominique ou François qui prendra la claque : ce sont de toute façon les français, et d'abord les plus démunis, les précaires, qui la prendront pleine face.

Je ne résiste pas à rappeler une dernière chose. Il y a deux ans, à cette même date, j'avalais tous les jours des couleuvres, pestant par devers moi qu'il faille aller à la présidentielle avec une candidate que je jugeais proche de la nullité. Je n'en disais mot, pourtant. Au contraire, j'étais solidaire à 200%, sur ce blog comme sur les marchés, parce qu'il s'agissait avant toute chose de tenter de contribuer à la victoire de la gauche, malgré tout, malgré ce que je pensais de notre candidate, de son phrasé pompeux, de ses intuitions catastrophiques, de son programme timoré...

Alors oui, Antoine, tu as raison. Je crois que maintenant ça suffit ! Retroussons ensemble nos manches et faisons cette campagne. Déjà, certains d'entre nous se sont mis au boulot, via une chaîne visant à expliquer et défendre les 71 propositions du Manifeste. Ça me semble une démarche un brin plus positive que de discourir sur les qualités charismatiques de la poissonnière du port de Boulogne...



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Des primaires à gauche ?

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Des primaires à gauche ?



Afin de désigner le candidat de la gauche à l'élection présidentielle de 2012, il me semble évident qu'il faille en passer par des primaires ouvertes aux sympathisants. Evident parce qu'un candidat léfitimé par le vote d'une poignée de millions d'électeurs serait en meilleure position, mieux à même de créer une dynamique victorieuse, qu'un candidat désigné au sein de son propre parti par une ou deux centaines de milliers de militants.

Il est même évident qu'il devrait s'agir de désigner le candidat de la gauche, désignation à laquele serait convié l'ensemble du peuple gauche, plutôt que du seul candidat socialiste par les sympathisants socialistes, afin que la gauche se présente unie pour affronter le ou les candidats de la droite.

A ce stade, on peut toutefois fortement douter très fortement que les Verts et le Parti Communiste consentent à prendre part à cette aventure, ils considèreront avoir trop à perdre à n'être pas directement représentés à l'élection présidentielle - et je n'évoque pas même le cas Besancenot, dont le NPA n'a aucune intention de s'inscrire dans une démarche collective de toute la gauche et dont le seul objectif électoral est de scorer : à 10%, le facteur sera content et se contrefout de ce qu'il pourra advenir ensuite.

Il faudra pourtant essayer, tenter de convaincre l'ensemble des partis de la gauche de se mettre d'accord sur l'organisation de primaires ouvertes à tout le peuple de gauche et à l'issue desquelles un candidat unique serait désigné et une plateforme de gouvernement commune serait élaboré. On pourrait même imaginer que les résultats de telles primaires fourniraient une base pour la désignation des candidats aux législatives, qui suivront immédiatement les présidentielles.

Cependant, si une telle démarche collective s'avérait impossible - ce qui serait tout à fait regrettable - cela ne devra pas fournir prétexte aux socialistes à se replier sur eux-mêmes, et il faudra alors organiser des primaires ouvertes aux sympathisants socialistes pour la désignation du candidat socialiste - cela devrait d'ailleurs permettre à celui-ci de partir avec un surcroit de légitimité sur l'ensemble des autres candidats que les autres partis de gauche désigneront dans leur coin, et limiter donc la déperdition de voix lors du premier tour de la présidentielle.

Voilà pour le principe. Reste à déterminer quelques modalités, et en particulier ce qu'est un sympathisant socialiste. La réponse est là plutôt simple : il s'agit de toute personne de plus de 16 ans qui se déclarera comme tel, et à la seule condition qu'elle soit résidante en France depuis au moins cinq ans. 16 ans afin d'associer le plus largement possible une jeunesse à une campagne présidentielle qui la concerne et dont elle saurait être un moteur puissant. Résidant en France depuis au moins cinq ans parce que nous sommes de gauche.

Inutile de broder davantage. Ajouter seulement que sur ce point, comme sur tant d'autres, les socialistes auraient grand tort de se montrer frileux et timorés, recroquevillés autour d'eux-mêmes.



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Rien que des mots !

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Et là ?? Tu la vois la grève, «Pauv' Con» ?



grève : personne ne s'en aperçoit

Entre 500 000 et 1 millions de manifestants ont défilé ce jeudi 29 janvier à Paris, entre Bastille et Opéra en passant par République - selon les estimations expertes d'un habitué de longue date des manifestations parisiennes : une marée humaine couvrant en totalité la Place de la Bastille et les boulevards adjacents, une manifestation qui met une heure avant de s'ébranler, un cortège qui avance en rangs serrés, une foule particulièrement dense jusque sur les trottoirs, des cortèges secondaires un peu partout dans les rue adjacentes, une queue de manifestation qui piétine encore à Bastille, après 18h, dans le froid et malgré lui, quand la tête du cortège est déjà rendu à Opéra, et une présence policière quasi invisible - autant de signes qui ne trompent pas.

A noter, une participation considérable du secteur privé, comme cela n'était pas arrivé depuis longtemps.

Alors, il dit quoi maintenant l'expert «Pauv' Con» ?



Ailleurs aussi, « la mobilisation a été record et raccord avec le Pays : pour la première fois depuis bien longtemps, les cadres sont sortis du cadre, les gens de peu en ont fait beaucoup, les couches moyennes ont été au dessus de la moyenne, les postiers ont écrit leurs lettres de noblesse, les professeurs ont donné des leçons de civisme, les instituteurs ont retrouvé leurs couleurs bleu banc rouge, les travailleurs sociaux se sont mis du côté des usagers usagés. Les chiens eux aussi (pas les Chiens de Garde) ont aboyé de joie quand la Manif est passée.

« Ce que les Syndicats en première ligne ont fait, il faudrait que les Partis politiques le fassent : consolider le Courant unitaire, lancer des initiatives politiques, cesser ces regards nombrilistes et identitaires, stopper ces regards envieux sur la Penseurs libéraux, construire une Gauche digne de ce nom : offensive, réfléchie, positive et unie dans sa diversité. Autrement le désespoir, les penchants de cette Gauche qui se couche à droite, la non-traduction de la Grande Colère populaire au niveau des partis politiques redonneront le sourire à Qui-Vous-Savez.

« La Bataille du 29 est gagnée.. mais la Route est longue. »



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Appel des appels et Grève générale

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Blogueur en grève reconductible



grève générale et jeudi noir


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Appel des appels et Grève générale

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Appel des appels et Grève générale



grève générale le 29 janvier 2009Alors que leurs métiers respectifs - qu’il s’agisse de la santé, du soin, du travail social, de l’éducation, de la recherche, de la justice, de l’information et de la culture - subissent une attaque sans précédent de la part du gouvernement ;

Alors que des appels de réaction et de protestations sont lancés par dizaines dans le pays ;

Le temps est venu, leur a-t-il semblé, de coordonner ces différents mouvements et d’en tirer tout le sens politique.

L'Appel des appel était né :

« Nous, professionnels du soin, du travail social, de l’éducation, de la justice, de l’information et de la culture, attirons l’attention des Pouvoirs Publics et de l’opinion sur les conséquences sociales désastreuses des Réformes hâtivement mises en place ces derniers temps.

A l’Université, à l’École, dans les services de soins et de travail social, dans les milieux de la justice, de l’information et de la culture, la souffrance sociale ne cesse de s’accroître. Elle compromet nos métiers et nos missions.

Au nom d’une idéologie de "l’homme économique", le Pouvoir défait et recompose nos métiers et nos missions en exposant toujours plus les professionnels et les usagers aux lois "naturelles" du Marché. Cette idéologie s’est révélée catastrophique dans le milieu même des affaires dont elle est issue.

Nous, professionnels du soin, du travail social, de l’éducation, de la justice, de l’information et de la culture, refusons qu’une telle idéologie mette maintenant en "faillite" le soin, le travail social, l’éducation, la justice, l’information et la culture.

Nous appelons à une Coordination Nationale de tous ceux qui refusent cette fatalité à se retrouver le 31 janvier 2009 à Paris. »

Le 22 décembre 2008,

Roland Gori et Stefan Chedri



Chacun est appelé à soutenir cette initiative unificatrice en signant l'Appel des appels et en le relayant dans tous les cercles et réseaux auxquels chacun a accès ;

Mais aussi, et afin d’étendre le domaine de la lutte, en participant à la réunion de coordination du 31 janvier, qui aura lieu, de 10 h à 18 h, au "104" - 104 rue d’Aubervilliers, à Paris - assemblée au cours de laquelle le pays réel se fera entendre à travers les témoignages des professionnels en lutte et devrait faire émerger des propositions d’actions transversales pour l’avenir.

Signer l’Appel des appels (déjà près de 35 000 signatures !)

Plus d'infos sur l'Appel des appels.



Rappelons à cette occasion qu'un appel à la grève générale a été lancé par l'ensemble des organisations syndicales - CFDT, CFTC, CFE-CGC, CGT, FO, FSU, Solidaires, UNSA - pour jeudi prochain, 29 janvier 2009.

Lesquelles organisations syndicales, constituées en un front unitaire, ont adopté une déclaration commune, texte de revendications et de propositions, organisées autour de cinq points :

1- Donner la priorité au maintien des emplois dans un contexte de crise économique ;

2- Politiques salariales : améliorer le pouvoir d’achat, réduire les inégalités ;

3- Orienter la relance économique vers l’emploi et le pouvoir d’achat ;

4- Préserver et améliorer les garanties collectives ;

5- Réglementer la sphère financière internationale.



Des comités du 29 janvier ont vu le jour un peu partout. Ont rejoint cet appel, entre autres, l'intersyndicale de l'Education Nationale, les syndicats étudiants dont l'UNEF, le Mouvement national des chômeurs et précaires, Attac!, le Comité de Résistance Citoyenne...

Mieux encore, après le front syndical, un front politique a commencé de se constituer... autour d'un texte commun intitulé «Ce n'est pas à la population de payer la crise».



Ainsi, des manifestations auront lieu dans toute la France et il ne tient qu'à chacun d'entre nous de faire de cette journée un succès. La liste par département des lieux de rassemblement se trouve sur le site dédié à la journée d'action du 29 janvier 2009.



Et pour être plus complet encore, notons que la Coordination nationale des universités a annoncé appeler à une grève "illimitée" dans les universités à partir du 2 février si le gouvernement n'a pas retiré d'ici-là le projet modifiant le statut des enseignants-chercheurs et la réforme de la formation...



Nous avons tous subi depuis bientôt deux ans les atteintes au pouvoir d'achat, les atteintes au code du travail, les atteintes aux libertés publiques, les atteintes aux droits, les atteintes à la démocratie, par la mise en place partout et sans concertation, décidée par un seul, d'une politique outrancière, anti-sociale et sécuritaire, qui donne le nom de réforme à ce qui n'est que régression.

Il est désormais temps que le citoyen reprenne la parole et fasse valoir haut et fort son droit à la contestation. C'est ensemble et solidaires que nous saurons nous faire entendre.



Faites tourner : Appel des appels et Grève générale



votez relayez



S'informer avec les LeftBlogs

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S'informer avec les LeftBlogs



Durant la mise en pause de ce blog, je vous invite à continuer de suivre l'actualité plus ou moins politique à travers le regard plus ou moins éclairé, plus ou moins acéré, mais toujours réactif, de mes petits camarades des Left_Blogs - tous totalement blogs même si plus ou moins de gauche, il faut bien le dire Winking

Ci-dessous donc, et mise à jour en temps réel, la liste de leurs 15 derniers billets :





Sinon, pour ce qui me concerne, il se peut qu'à l'occasion je blogue un peu par ici ...



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Sarkozy Non Merci : Le Bilan du Blog

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Ségolène Royal perd... et chante victoire



Congrès du Parti Socialiste : épilogue



Crédit dessin : © Rimbus, dans un billet daté du 21 juin 2007, très précurseur...



Ségolène Royal et la non-victoireLa défaite en chantant, c'est décidément une habitude chez Ségolène Royal.

Elle nous avait fait le coup, déjà, à l'issue des présidentielles, en parlant de non-victoire plutôt que de défaite et en ne cessant jusqu'à aujourd'hui encore de se targuer de 17 millions de voix (et en réalité un peu moins) dont chacun sait hormis elle qu'une partie non négligeable s'était portée sur son nom, par dépit, abnégation et sens des responsabilités, pour tenter - mais sans beaucoup y croire - de faire barrage à Nicolas Sarkozy.

Et au premier tour déjà : l'effet du 21 avril 2002 additionné à la crainte du sarkozysme avaient permis à Ségolène Royal de bénéficier d'un retour de vigueur du vote utile. Elle fit un score légèrement inférieur à 26%, parvenant à réunir sous son nom quelques 9 millions et demi de voix, dont une part importante là aussi s'était ainsi exprimé avec un manque d'enthousiasme certain.

Qu'importaient ces quelques réalités qui auraient conduit n'importe quel responsable politique à faire preuve d'un peu d'humilité, Ségolène Royal choisit d'affecter de voir en un résultat plus que mitigé l'annonce de lendemains qui allaient nécessairement chanter : « Ce qui s'est levé ne s'arrêtera pas ! » Certes, mais il fallait tout de même une sacré dose de bonne volonté pour distinguer en cette catastrophique élection de Nicolas Sarkozy un quelque chose qui se serait levé - du moins à gauche...

Deux ans après, Ségolène Royal est encore défaite et triomphe encore, se targuant cette fois d'avoir convaincu « la moitié des militants socialistes, et peut-être même un peu plus » Passons sur ce "et peut-être même un peu plus" qui ne vise qu'à distiller dans les esprits qu'on lui aurait volé la victoire, et faisons un bilan un poil objectif de son résultat :

D'abord, notons que tout de même 40% des militants ne se sont pas rendus aux urnes, ont préféré s'abstenir que de choisir entre Martine Aubry et Ségolène Royal. Ce qui pour le moins relativise de beaucoup cette moitié des militants dont elle voudrait s'approprier le soutien.

Remarquons ensuite qu'au premier tour, et avec une abstention sensiblement identique (40%), elle avait recueilli 42,5% des suffrages. Un score certes honorable, mais il est pour le moins présomptueux de s'imaginer que parmi ceux là, les militants qui avaient en premier choix choisi la motion de Bertrand Delanoë soient devenus de fervents soutiens de Ségolène Royal.

Ainsi, en réalité, c'est uniquement parmi les 29% de militants qui se sont prononcés en faveur de la motion E signée par Ségolène Royal qu'il faut rechercher le poids de cette dernière dans le Parti Socialiste - sachant que parmi ces 35 000 socialistes, certains n'ont consenti en réalité à n'exprimer un tel choix qu'une fois que la candidate avait consenti de remiser sa candidature "au frigidaire".

Disons donc, à la louche, qu'un quart des militants socialistes - parmi ceux qui se sont suffisamment senti concerné par ce congrès pour aller voter - soutiennent Ségolène Royal, son ambition présidentielle et sa ligne politique. C'est conséquent, mais c'est tout de même notoirement insuffisant pour crier victoire.

Il faut tout de même se souvenir que la fois précédente, la dernière fois où les militants socialistes avaient été invités à exprimer leurs préférences, Ségolène Royal avait obtenu dès le premier tour le suffrage de plus de 100 000 militants socialiste, pour un score dépassant les 60 % et alors qu'elle avait eu à affronter deux poids lourds du Parti Socialiste - Dominique Strauss-Khan et Laurent Fabius.

Passer de plus de 100 000 à moins de 35 000, divisant donc son audience par trois, et trouver le moyen de chanter victoire, voilà bien une prouesse à mettre au crédit de Ségolène Royal. Un certain Attila avait semble-t-il la même aptitude - du moins si l'on en croit l'Histoire telle qu'elle nous est contée par les protagonistes de Kaamelott (merci Maghnia) :




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Martine Aubry par K.O. technique

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Martine Aubry par K.O. technique



Martine AubryC'est donc par 102 voix d'avance que Martine Aubry devient première secrétaire du Parti Socialiste, après validation des résultats du scrutin par le Conseil National qui s'est prononcé à 159 voix (67,5%) pour et 76 (32,5%) contre.

67.451 voix pour Aubry et 67.349 pour Royal. Soit un score de 50,04% contre 49,96% !

102 voix d'écart. Soit moins de 0,1% des suffrages !

Le bon sens politique aurait voulu qu'on les donne à égalité. D'ailleurs, le bon sens politique aurait voulu en réalité qu'elles commencent, Martine et Ségolène, par accepter de se parler - ce qu'elles n'ont pas fait depuis quatre jours que le scrutin est clos. Mais elles ont préféré jouer le "match" à quitte ou double et s'engager dans une interminable et irresponsable partie de poker menteur.

Martine Aubry et Ségolène Royal sont les premières responsables de l'épilogue de ce "combat" qu'elles ont voulu "à mort", où il leur fallait une vainqueur et une vaincue, parce qu'à la radicalité du Tout Sauf Royal de l'une s'opposait sans concession possible le non moins radical Ségolène Sinon Rien de l'autre. Camp contre camp, elles ne pouvaient ni d'ailleurs n'auraient voulu voir ce que tout le monde voyait comme une évidence : le vote des militants les avait placées à égalité et c'était une situation qui imposait d'être prise en compte avec sérieux et sens des responsabilités. Elles ont préféré dans leur affrontement aller jusqu'au K.O.

Dans un camp, on a choisi de se satisfaire d'une poignée de voix d'avance... et faire l'autruche quant au reste.

Dans un autre, on a choisi de jeter l'opprobre sur l'ensemble du Parti Socialiste : sur la régularité du scrutin (comme si la triche était généralisée, comme si cela portait sur des milliers de voix, comme si même cela changeait quelque chose à un résultat d'égalité de fait), sur la commission de récolement, sur le Conseil National (qui vient pourtant d'être élu par les militants eux-mêmes).

Et dans les deux camps, on n'a à aucun moment souhaité évoquer le fait majeur que constituait ce résultat de quasi égalité et de ses conséquences. A commencer par la nécessité de se parler et d'envisager ensemble la question de l'intérêt supérieur du parti et de son unité. Envisager des solutions à une situation largement bloquée, dangereuse pour la nécessaire cohésion des militants. Cela pouvait éventuellement passer par l'organisation d'un nouveau vote, voire d'un nouveau congrès, ou pas. Il ne suffisait en tout cas que d'en discuter et de négocier les modalités d'une solution de sortie de crise.

Vincent Peillon avait déclaré ce matin-même qu'il fallait préférer une solution politique à une solution arithmétique ou juridique. Il avait raison. Tout était là : faire de la politique. Encore fallait-il que les deux camps acceptent de se parler, encore fallait-il que les deux candidates se montrent à la hauteur de leur commune prétention à diriger un parti politique, c'est-à-dire d'abord à assurer sa cohésion, à surmonter les clivages qui le traversent, à transcender les questions de personnes et leurs éventuelles inimitiés, et à faire travailler chacun avec chacune, ensemble.

Ce ne fut donc le cas ni pour l'une ni pour l'autre : autruche contre bluff et intox, c'est la stratégie de l'autruche qui l'emporte et c'est Ségolène Royal qui se retrouve à terre - et ce sentiment d'humiliation et d'injustice qui accompagne de tels dénouements, lorsque pour sortir d'un conflit on a préféré la brutalité sans retenue et la mise à mort de l'autre à la solution négociée où un compromis raisonnable est recherché.

Il est évident que cela laissera des traces, profondes dans le camp des vainqueurs, béantes et douloureuses dans celui des vaincus. Et les derniers voudront leur revanche sur les premiers. Mais ils sont tous responsables de leurs propres blessures, car c'est à eux-mêmes, largement, qu'ils se les sont infligées, et c'est pour les uns comme pour les autres à leur propre leader, à son irresponsabilité, qu'ils devraient surtout s'en prendre.

Martine Aubry aura désormais le beau rôle, puisque de fait elle à la main pour rassembler ce qui peut encore l'être et relever un Parti Socialiste qui de toutes les façons ne pourra guère se trouver plus mal.

Plus difficile sera celui de Ségolène Royal, dont on devine déjà la stratégie - on commence à bien la connaître. Elle-même se posera en rassembleuse pleine de bonne volonté, plus unitaire que jamais, drapée dans cette posture de victime magnanime qui lui est tant chère et qui lui a tant servie, tandis que ses fidèles lieutenants se chargeront de faire le sale boulot, non pas tant pour reconquérir une victoire qu'ils prétendront volée - ils savent qu'elle leur a définitivement échappée - que pour entretenir le ressentiment des troupes, ancrer en eux le sentiment d'injustice et aiguiser leur soif de revanche. 2012 et le Graal de la présidentielle demeurent pour Ségolène Royal et ses partisans l'objectif majeur, celui qu'il faudra à n'importe quel prix atteindre. Une bataille qu'il s'agit dès à présent de préparer.

Et c'est bien ainsi qu'il faut comprendre, d'un côté ce très louable et humble appel à l'unité des socialistes que Ségolène Royal à ce soir lancé, comme on dresse un paravent... devant un Manuel Valls, toujours en première ligne, jouant à merveille sa partition de marionnette, et qui clame partout qu'on lui a volé sa cassette et que l'affaire sera bel et bien portée devant les tribunaux. Derrière le paravent, une talentueuse marionnettiste drapée de blanc.

Les jours prochains donneront une bonne indication quant à la capacité de Martine Aubry à faire face à une situation largement explosive, à prendre enfin toute la mesure de sa non-victoire et procéder au nécessaire rassemblement de tous les socialistes, par-delà donc tous les ressentiments qu'on se chargera dans l'ombre d'aviver sans relâche.

Je suis un garçon têtu, aussi je le dis encore : il faudrait à Martine pouvoir se rallier les bonnes volontés à la fois de Benoit Hamon - ce qui devrait être envisageable - et de Vincent Peillon - ce qui désormais risque d'être bien plus compliqué. Mais pour peu qu'elle veuille bien mettre dans la balance certaines garanties politiques de poids...



Où l'on parle de : Martine Aubry par K.O. technique






Tuer n'est pas négocier

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Tuer n'est pas négocier



négociation au Parti SocialisteCe matin, le camp Royal a continué son occupation médiatique. On a entendu Manuel Valls parler d'hypocrisie, Julien Dray remettre en cause l'impartialité du Conseil National, François Rebsamen poser un ultimatum à la commission de récolement, Jean-Pierre Mignard menacer de porter l'affaire en justice, et même Vincent Peillon, très silencieux jusque là, y est allé de son "malfaisants.

Mais ce dernier a également ouvert un peu le jeu en évoquant une "solution politique" qui se substituerait à la "solution arithmétique". On est tenté de dire : Enfin ! Enfin quelque chose de constructif. Enfin le retour du politique. Enfin une base à la discussion.

Pour lui, cette solution politique serait de désigner une "direction collégiale" en attendant la nomination d'un Premier Secrétaire, désigné par un nouveau vote dans des conditions qui assureront la légitimité de celle qui sera élue. Ajoutant que cela implique de "se donner un peu de temps"... et c'est bien là que réside toute la différence avec ce que l'on entendait jusque là depuis le camp royaliste et pour lequel il ne s'agissait que de revoter "rapidement", "la semaine prochaine", "jeudi prochain"....

Un re-vote n'aurait en effet une chance d'aboutir à un résultat différent, c'est à dire cette fois-ci incontestable, que si l'on prend le temps de réformer en profondeur et très sérieusement les conditions des opérations de vote, conditions qui sont à l'origine des doutes quant à la sincérité du vote de la semaine dernière. C'est là sans doute le travail de plusieurs mois.

D'où la nécessité de nommer en attendant une direction collégiale - par exemple mais il y a d'autres solutions, des variantes possibles autour du même thème, un secrétariat national bicéphale ou tricéphale... l'essentiel étant dans le caractère transitoire de la solution qu'il s'agit donc pour les deux camps de négocier. Et tout est dans cette exigence d'une solution négociée. Car lorsque l'on a dit solution transitoire en attendant un re-vote qui puisse se dérouler dans des conditions de parfaite transparence, on n'a encore rien dit et un certain nombre de questions demeurent à résoudre qui exigent des réponses négociées.

Peut-on se contenter de figer le Parti Socialiste au milieu du processus de congrès et simplement se contenter dans six mois d'un vote entre Royal et Aubry ? Sachant qu'en droit un scrutin est composé des deux tours qui le composent, ne faut-il pas au minimum repasser par les deux tours de scrutin ? Et du coup, ne s'agit-il pas en réalité d'en revenir à la phase de dépot des candidatures ? Et du coup encore, si l'on veut qu'il y ait un sens politique à tout cela, que ce ne soit pas juste un affrontement de personnalités, ne s'agit-il pas en réalité d'en passer par l'organisation d'un congrès exceptionnel ?

Et puis quel délai se laisse-t-on ? Combien de temps est nécessaire pour s'assurer d'une refonte sérieuse des opérations de vote et la mise en place de nouvelles procédures ? Un mois ou plutôt six mois ? Et que se passe-t-il alors politiquement pendant ces six mois ? Le PS peut-il se contenter de ne s'occuper que de lui-même pendant tout ce temps ? Sachant que les élections européennes surviennent en juin prochain, comment cela s'articule-t-il : un re-vote juste avant ou bien après cette échéance politique importante ?

Et l'oposition à Sarkozy ? Et le mouvement social ? Et le projet politique qu'il s'agit encore de refonder ? Qui s'occupe de tout ça durant ce délai et dans quel cadre ? On remet à plus tard ?

Et tout cela sans même évoquer les questions de personnes - car même une direction collégiale est composée de personnes qu'il s'agira aussi de désigner...

On voit bien qu'il s'agit de négocier, et donc d'abord de parvenir à se parler, ce que très visiblement ni Martine Aubry ni Ségolène Royal n'ont encore consenti à faire. Et les deux camps qui savent bien qu'il s'agira in fine de négocier en sont de fait toujours à croiser le fer afin de créer le rapport de force qui leur sera nécessaire à la négociation à venir. Le camp Aubry en se déclarant vainqueur et en refusant de reconnaître un résultat d'égalité, le camp Royal en faisant peser la suspicion d'une triche généralisée sur le camp adverse, en menaçant d'aller en justice, en appelant ses partisans à manifester pendant le Conseil National, en remettant en cause sa légitimité, en occupant avec force propos déplacés tout l'espace médiatique...

Le camp Royal, sans doute parce qu'il est dans une position plus inconfortable, va plus loin - et sans doute trop loin - dans cette volonté de créer un rapport de force propice à la négociation et, ce faisant, contribue largement à radicaliser les positions. Et même si je suis bien persuadé que dans une situation inverse, le camp Aubry en ferait au moins autant, il se trouve que dans ce cas précis c'est bien le camp Royal qui en flirtant avec le point de non-retour prend le risque qu'au final de négociations il ne puisse y avoir.

Mais la responsabilité de ce qui découlerait d'une impossibilité à négocier incomberait d'abord et à part égale à Martine Aubry et Ségolène Royal qui viennent déjà de laisser passer trois jours entiers durant lesquels elles ne se sont pas mise autour de la table, laissant champ libre à l'escalade verbale entre leurs lieutenants respectifs. L'une et l'autre prétendent, paraît-il, concourir pour la présidence de la République, mais l'une comme l'autre apportent ces jours-ci la preuve qu'elles sont incapables de transcender leur propre personne, leur propre intérêt, dans le but de privilégier l'intérêt général.

Pour l'une comme pour l'autre, il faudrait bien alors savoir s'en souvenir : se souvenir que face à une petite crise interne au Parti Socialiste, elles n'auraient pas même été en mesure de présenter autre chose que les visages de deux petites filles orgueilleuses, renfrognées chacune dans un coin de la cour d'école et occupées seulement à se tirer la langue par-dessus la tête de leurs petits camarades respectifs.



Où l'on parle de : Tuer n'est pas négocier






Opération intox

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Ségolène Royal à la manoeuvre : opération intox



Ségolène Royal victimeDonc il suffirait de dire : "Allez, on revote et cette fois-ci, soyez tous bien sages : pas de triche hein !" ?

Mais oui, il suffisait de le dire ! On avait simplement oublié, c'est balot. N'est-ce pas ?

Donc voilà, on re-vote mais on dit avant "Hey les gars, cette fois pas le droit de tricher, hein !" Et hop ça change tout, les tricheurs ne trichent plus - la première fois, ils ne le savaient pas qu'on avait pas le droit - et cette fois, donc, le résultat du re-vote est irréprochable.

C'est tellement simple la démocratie, il suffit de bien énoncer les règles du jeu. On se demande bien comment on n'y avait pas pensé avant...

Dites, Ségolène Royal et sa petite équipe ne seraient pas plutôt en train de nous mijoter une petite entourloupette là ?...

Allez, je vous explique la grosse manoeuvre :

Etape 1 - S'apercevoir très tôt dans la soirée de vendredi que le résultat sera très serré, de l'ordre de la centaine de voix sans doute et en tout cas en-dessous du 1%. Lancer immédiatement la première salve d'intox : laisser filtrer dès la clôture du vote que Ségolène Royal est largement en tête, avancer tout haut des 52 et des 53% en sa faveur. Puis faire confirmer le tout par François Rebsamen - numéro deux du parti, tout de même.

Les autres, du coup, avec leur « bah non, pour nous c'est du 50/50 et sans doute Aubry devant », ils ont vraiment pas l'air malin. Personne ne prend garde à ce qu'ils disent, sont pas crédibles. Et les médias, qui ne sont pas nés de la dernière pluie, d'annoncer la victoire de Ségolène Royal avec 52 ou 53% des suffrages.

C'est que 52 ou 53% des suffrages, ça ne se remonte pas. C'est tout de même plus de 5000 voix d'écart !

Alors forcément, quand on apprend que c'est du 50/50... Il ne suffit plus que de laisser fleurir le doute. L'y aider même un peu en laissant entendre que,, par exemple, dans le Nord aubryiste, il y a des sections qui ont participé à 95% - qu'importe si les sections en question comptent moins de 50 adhérents, qu'importe si ailleurs en France, sur des terres royalistes, on trouve facilement des sections qui sont dans le même cas -, puis de comptabiliser des "erreurs" (avec guillemets apparents) en faveur de Martine Aubry - qu'importe si ce ne sont éventuellement que des erreurs, qu'importe s'il y a des erreurs qui vont dans l'autre sens, qu'importe surtout que ça ne concerne chaque fois qu'une dizaine de voix.

Oui qu'importe, les 5000 voix dont on a parlé au début, et que rien de tangible ne vient étayer, font tout de même effet dans les esprits : le soupçon d'une fraude massive est non seulement distillé, mais on a également très fortement laissé entendre qu'il serait à sens unique. CQFD : les bons / les méchants, la victime/ les bourreaux... Un grand classique de la ségolénie qui a également permis, déjà depuis longtemps, de faire oublier que Ségolène Royal a longuement fréquenté les allées du pouvoir mitterrandien, a été cinq fois ministre et est de toute les majorités internes du Parti Socialiste depuis une bonne vingtaine d'années.

Etape 2 - Envoyer ses lieutenants au charbon - Ségolène est oecuménique, elle ne peut tout de même pas faire le sale boulot . A charge pour eux (on nommera Manuel Valls et Julien Dray) d'en faire des tonnes sur tous les plateaux de radio et de télévision, à charge pour eux d'user de tous les moyens pour bien donner à entendre que les autres sont rien que des vilains tricheurs.

Qu'importe donc que la réalité soit toute autre, que chaque camp possède ses petits barons locaux tripatouilleurs d'urnes. Et qu'importe aussi que dans chaque camp, disons-le tout de même, il ne s'agisse que d'un comportement ultra minoritaire - qui ne saurait par exemple réduire à néant plusieurs milliers de bulletins. Qu'importe même que l'ensemble des procès verbaux dans chaque section et dans chaque fédération aient été signés par des scrutateurs de chaque camp. Qu'importe enfin que le Parti Socialiste soit tout de même le parti de France où la démocratie se porte encore le mieux - et ce n'est en tout cas pas de la droite que pourrait venir un contre-exemple de cette réalité là.

Et c'est ainsi - je le signale en passant - que fleurissent aujourd'hui sur les blogs ségolénistes des vignettes "Martine change les résultats", accréditant l'idée fausse que seul un camp serait en cause dans les dysfonctionnements de la démocratie au PS, accréditant par là même l'idée toute aussi fausse que sans de tels dysfonctionnement Ségolène l'aurait emporté largement.

Qu'importe donc puisqu'il s'agit de bien donner à penser que Ségolène Royal serait une fois encore la victime d'un Parti pourri jusqu'à la moelle, tous ses opposants n'étant qu'une cohorte d'ogres qui n'ont d'autres ambitions que de dévorer une innocente dont la blancheur par contraste étincelle plus mille étoiles dans le ciel. Faire oublier aussi qu'en tout état de cause, aucune erreur ou fraude n'est d'ampleur suffisante pour qu'on s'écarte de la situation d'égalité dans laquelle les militants ont placé non seulement Martine Aubry mais aussi, voyez comme c'est étrange, Ségolène Royal. Faire oublier qu'en tout état de cause elle ne l'a pas emporter - et on se souviendra là que pour elle les présidentielles ne s'étaient déjà pas soldé par une défaite, mais bien par ce qu'elle appela « une non- victoire »...

Etape 3 - Nier donc la réalité démocratique de ce match nul [sic...] et demander un re-vote au prétexte d'irrégularités qui ne remettent pourtant pas en cause la situation d'égalité..

Et là c'est Ségolène Royal qui s'en charge. Réclamer plus de démocratie c'est son job. Et puis, sachant bien qu'elle sera derrière, se permettre de se montrer magnanime : « Mais oui ! re-vote même si c'est moi qui obtiens dix voix d'avance voyez comme je suis la très très gentille de toute cette histoire ».

Si alors revote il y avait - mais il n'y aura pas -, il s'agirait d'oublier définitivement la politique, le débat d'idées, la question de la ligne politique et de celles des alliances, pour demander aux militants une opération mains-propres et donc un plebiscite en faveur de la très innocente victime de l'insupportable acharnement des méchants méchants qui veulent rien qu'à éliminer la très très gentille Ségolène Royal et par tous les moyens même les plus vils.

De cette manière, l'espoir serait dans le fait qu'un tel re-vote ne produirait pas une nouvelle égalité, laquelle serait en ce cas tout aussi contestable que la première fois, puisqu'il y aurait de part et d'autres de nouvelles irrégularités - c'est que, voyez-vous, les tricheurs ne sont malheureusement pas toujours très obéissants. Il s'agit en réalité, vous l'aurez compris, de ce fameux Rien Sauf Royal qu'une égalité ne saurait satisfaire.

Et s'il n'y avait pas re-vote, il suffirait alors de passer les prochains mois, voire les prochaines années, à prétendre que Ségolène la tant gentille démocrate avait en réalité gagné - rassurez-vous, les mythiques 5000 voix d'avance saurait à force devenir réalité - et que les autres sont en vérité illégitimes - en sus bien sûr d'être toujours très très méchants méchants.

Et pourtant, quelque soient les irrégularités - lesquelles se répartissent sur chaque camp et ne sauraient concerner plus d'un demi pourcent des suffrages exprimés -, le résultat du vote des militants est limpide : E-GA-LI-TE E-GA-LI-TE E-GA-LI-TE ! Et l'erreur magistrale du camp Martine Aubry aura été de n'avoir pas su le reconnaître - tant de ce côté là le Tout Sauf Royal est tout aussi puissamment à l'oeuvre - Monumentale erreur tactique que de vouloir s'accrocher à ces 42 voix d'écart qui n'ont aucun sens, qui n'a fait que renforcer le camp Royal dans sa propre stratégie.

Ségolène Royal comme Martine Aubry, l'une et l'autre ont la responsabilité de faire avec ce résultat. Il ne s'agit ni de revendiquer pour l'une la victoire, ni pour l'autre de réclamer un nouveau vote, mais d'assumer une situation imposée par l'expression démocratique de la volonté partagée des militants. J'ai pour ma par ma petite idée de comment cela pourrait se faire, mais c'est d'abord à elles d'en décider : elles se mettent autour d'une table, discutent, éventuellement en viennent aux mains, se rassoient, se recoiffent, discutent encore, négocient le temps qu'il faut et trouvent une solution !



Et pour ceux qui n'auraient pas tout à fait perdu le goût de la politique par les idées, je signale cette excellente analyse de Gérard Filoche de la mutation qui est à l'oeuvre au Parti Socialiste et dont le noeud gordien s'est noué à l'occasion du congrès de Reims et qu'il s'agira bien de trancher.



Où l'on parle de : Opération intox






Ils sont devenus fous !

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Ségolène Sinon Rien contre Tout Sauf Royal : ils sont devenus fous



enterrement d'égos au Parti Socialiste« Manuel Valls, lieutenant de Ségolène Royal, a annoncé dimanche sur Canal + qu'une plainte serait déposée pour "faux en écriture" contre un décompte de voix de militants socialistes à Lille, bastion de Martine Aubry, arrivée en tête du second tour du vote PS vendredi. » - AFP

« Le premier secrétaire de la fédération PS du Nord, Gilles Pargneaux, proche de Martine Aubry, a annoncé qu'il porterait plainte pour diffamation contre Manuel Valls, après son annonce d'une plainte pour faux en écriture à propos d'un décompte de voix d'une section PS à Lille. » - AFP

Voilà où nous en sommes ! Deux extraits d'une même dépêche AFP qui illustrent tout le délire qui s'empare actuellement de quelques dirigeants socialistes - et je fais là bien attention à ne pas dire les dirigeants socialistes, tant il me semble crucial de ne pas sombrer dans un tous pourris qui serait tout aussi délirant...

Il y a d'abord le fait que Martine Aubry serait arrivée en tête, ce qui à ce stade n'est qu'une hypothèse, hypothèse non avérée et qui le restera tant que le Conseil National du Parti Socialiste n'aura pas statué sur les résultats définitifs, lesquels devraient être annoncés par François Hollande dans les 36 prochaines heures.

Tout a commencé là, dans cette bataille d'intoxication de l'opinion où l'on a d'abord vu les partisans de Ségolène Royal annoncer très prématurément, à peine le scrutin était-il clos, la victoire de leur championne, avançant un résultat de 52% contre 48% (et sur 135 000 voix exprimées, cela représenterait plus de 5000 voix d'avance !). Aussitôt, les partisans de Martine Aubry ont contesté ces chiffres, affirmant que les résultats restaient pour eux très serrés, très proche du 50/50.

Force est de constater que ces derniers avaient raison et que, toutes irrégularités prises en compte, l'écart entre les deux candidates, qu'il soit dans un sens ou dans l'autre, est d'avantage de l'ordre de quelques centaines, voire même de quelques dizaines de voix, que des quelques milliers de voix dont les ségolénistes s'étaient targués. Cette réalité d'un 50/50 était alors une raison supplémentaire pour que Martine Aubry ne s'en aille pas à son tour revendiquer une victoire qui ne lui est pour l'heure en rien acquise.

Il se serait agi plutôt, pour les uns comme pour les autres, pour le moins de se taire et d'attendre les résultats, que d'aller se répandre dans les médias, aussi bien en personne que par lieutenants interposés, afin de poursuivre la grande opération d'intox au travers de laquelle il s'agit surtout de faire peser toutes les suspicions sur l'autre camp. Et s'ils ne savaient pas se taire, du moins pouvaient-ils simplement reconnaître que le seul résultat tangible du scrutin est qu'il place les deux candidates à égalité.

Et ce constat pouvait même - mais ce serait là sans doute un peu trop demander - amener les uns et les autres à se remettre en question. Car pour l'une comme pour l'autre, 50% des voix exprimées - un peu plus pour l'une et un peu moins pour l'autre, qu'importe en réalité - avec 40% d'abstention est d'abord le constat d'un rejet majoritaire de l'une et de l'autre. Sans aucun doute le constat que ni l'une ni l'autre n'est à même d'incarner l'unité des socialistes et cette volonté sur laquelle tout le monde s'accorde d'un renouvellement des responsables.

Je reste d'ailleurs pour ma part persuadé que si Ségolène Royal avait daigné s'effacer en faveur de Vincent Peillon à la suite du vote sur les motions, la synthèse aurait été trouvé et aujourd'hui Vincent Peillon serait le premier secrétaire d'un PS largement rassemblé. Ne le faisant pas, il fallait d'évidence comprendre que pour Ségolène Royal il s'agissait de mettre en place ce credo qui est toute sa motivation : Rien Sauf Elle-même.

Martine Aubry eut alors la même opportunité, s'effacer au profit de Benoit Hamon. Là encore une synthèse majoritaire devenait possible et là encore, assez probablement, Benoit Hamon aurait été porté par les militants à la tête du Parti Socialiste. Mais pour Martine Aubry, visiblement, il s'agissait avant toute autre considération de tuer politiquement Ségolène Royal.

Quoi qu'il en soit, au final, la stratégie de l'une et de l'autre aura échoué : les militants socialistes - et ce n'est pas tellement surprenant - ne sont pas davantage guidés par un Ségolène Sinon Rien que par un Tout Sauf Royal.

Mais cela ne pouvait satisfaire aucun des deux camps. Le jeu de massacre ne s'arrête donc pas et plutôt que de convenir à minima d'un constat d'égalité, chacune préfère l'emporter sur l'autre, à n'importe quel prix et en portant tous les coups jusqu'aux plus irresponsables. On compte une dizaine de voix oubliée ici, quelques autres rajoutées par là - comme si cela pouvait changer quelque chose à la réalité - ; on crie à la fraude - comme si les uns étaient parfaitement blancs et les autres d'une noirceur totale - ; on demande de re-voter - comme si prolonger encore ce cirque était une bonne idée, comme si le résultat pouvait n'être pas une nouvelle égalité - ; on en appelle aux militants, on leur demande de manifester devant le siège du Parti Socialiste - comme s'ils ne venaient pas de s'exprimer, comme si les uns valaient mieux que les autres, comme s'il fallait en sus déclencher une bataille de rue entre les uns et les autres - ; ... et voilà donc maintenant qu'on menace de porter tout cela en justice - comme si on avait le temps d'attendre une décision de justice, comme si une telle décision allait permettre de rassembler les socialistes, comme si on ignorait que l'immense majorité des militants n'attend que cela, qu'on se rassemble et qu'on se mette au boulot : rénover le parti, élaborer un projet, s'opposer à Sarkozy.

STOP ! ... et puis donc faire baisser la température, comme nous y invite Nicolas J.

Martine Aubry, Ségolène Royal, le résultat du vote des militants est que vous êtes à égalité. La conséquence est que ni l'une ni l'autre ne saurait être tout à fait légitime. L'exigence qui en découle est que dans l'intérêt supérieur du Parti Socialiste, c'est-à-dire de ce combat qui nous est commun, est que vous vous mettiez l'une et l'autre au travail. Et si vous faites le constat que cela vous serait impossible de travailler en toute intelligence - ce qui est en effet plus que probable - que l'une et l'autre se désistent en faveur d'un doublon qui saura faire le boulot.

Compte tenu du déroulement de ce congrès, il me semblerait à moi raisonnable que Ségolène Royal consente cette fois à s'effacer derrière Vincent Peillon et que Martine Aubry en face de même au profit de Benoit Hamon. Benoit Hamon, Vincent Peillon : voilà un tandem qui donnerait au Parti Socialiste une autre image de lui-même, et qui lui ressemblerait sans doute davantage. Un bon début pour une rénovation, non ?

Mais en effet, on se moque bien de ce qui me semble. On se moque cependant beaucoup moins que ni l'une ni l'autre n'assume un résultat et ne prenne ses responsabilités...



(je l'ai déjà dit, mais si l'on pouvait au moins commencer par faire taire Manuel Valls et Julien Dray...)



Crédit dessin : © SaT sur La République des Fourmis - Reproduction interdite sans autorisation de l'auteur



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Pétition pour un PS uni

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Pétition pour un PS uni



Le vote du 21 novembre, plutôt qu'un nouveau prétexte à des affrontements sans fin, est un message positif et clair des militants à leurs élus : nous voulons l'unité, et rien d'autre. Nous vous demandons par conséquent de cesser à partir d'aujourd'hui tous les actes d'hostilité, et de vous réunir sans délai pour constituer un exécutif parfaitement équilibré. Nous voulons la dissolution de ces clans déguisés en "motions", qui sont tout autant capables de dire la même chose avec des nuances infimes, que de changer de position du jour au lendemain pour de simples raisons tactiques. Nous voulons que le PS se mette, là, maintenant, au travail pour définir son programme et sa méthode de gouvernement. Nous voulons être consulté(e)s régulièrement sur les principaux éléments de ce programme. Et nous n'attendrons pas une semaine, pas un jour de plus. Elu(e)s du PS : tout le monde vous regarde, c'est vraiment votre dernière chance."


C'est le texte d'une pétition lancée ce matin par des militants socialistes lyonnais et qui correspond assez précisément à mon état d'esprit actuel.

Je vous invite à la signer et à relayer largement cet indispensable appel à l'unité et à la raison.



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Victoire étriquée de Martine Aubry

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Victoire étriquée de Martine Aubry



Il est deux heures trente du matin et après une soirée où très longtemps les ségolénistes annoncèrent une victoire relativement confortable, où la tendance s'inversa peu après minuit lorsque les partisans de Martine Aubry annoncèrent l'emporter de quelques deux milles voix, où désormais un proche de François Hollande prédit un score qui se jouerait à la centaine de voix près, sans parler des accusations d'intox et de magouilles venues tantôt d'ici tantôt de là et qui ne cessent maintenant de s'amplifier, je décide de m'arrêter sur cette dernière information selon laquelle Ségolène Royal négocierait un partage des responsabilités à la tête du Parti Socialiste, avec Vincent Peillon en premier secrétaire délégué de Martine Aubry.

D'abord parce que ça laisse entendre que Ségolène Royal consentirait à reconnaître sa défaite, même si c'est encore officieusement puisqu'il s'agit de négocier. Ce qui me permet à moi d'annoncer ici la victoire de Martine Aubry.

Mais surtout parce que je vois là une très heureuse initiative et une manière tout à fait séduisante de trouver une sortie par le haut d'une situation qui devient de minute en minute de plus en plus explosive... et qui ne pourrait produire à terme qu'un seul vainqueur en la personne de Nicolas Sarkozy.

Je me suis en effet mis à imaginer un attelage Aubry Peillon Hamon à la tête du Parti Socialiste et je suis désormais tout à fait convaincu - mais cela n'étonnera personne parmi mes lecteurs fidèles - que ce serait là aboutir à la meilleure issue qu'on puisse désormais trouver à ce congrès qui n'en finit plus de sombrer dans le désastre.

On frôle à cette heure l'explosion et in extremis surgirait une solution qui permettrait aux socialistes de se rassembler pour se mettre tous ensemble, dans le cadre d'une équipe largement renouvelée, à la rénovation du fonctionnement interne du Parti Socialiste et à la refondation de son projet politique : les militants n'attendent en réalité que cela !

Rue Solférino, les négociations se poursuivent et sont âpres. Je veux moi aller me coucher avec l'espoir de n'avoir pas été le seul à penser que c'est là une splendide idée, en ce qu'elle ouvrirait enfin sur un espoir qui nous est commun.



EDIT samedi midi : C'est donc 42 voix d'avance pour Martine Aubry. Et c'est donc pour l'heure contestations et anathèmes qui pleuvent, plutôt qu'appels à la raison et à la responsabilité.

Pourtant, la première réalité est que 42 voix d'écart c'est un résultat d'égalité.

L'autre réalité est que si "quelques sections du Nord" présentent une participation avoisinant les 95% et ont voté de façon écrasante pour Martine Aubry, on en trouvera autant partout en France qui avec des mêmes taux de participation ont voté de manière tout aussi écrasante pour Ségolène Royal. Et ce n'est pas même ici comme là une preuve de tricherie, simplement la réalité d'un Parti Politique où la personnalité d'un secrétaire de section oriente massivement le vote des adhérents - et réciproquement d'ailleurs ! C'est aussi que la bonne camaraderie induit tout naturellement les convergences politiques.

C'est donc bien de cette situation d'égalité qu'il faut partir si l'on veut trouver une sortie au bourbier qu'elle a créé. Pour moi, il demeure évident que l'attelage Aubry-Peillon-Hamon dont je parlais déjà cette nuit est pour le moins une excellente base de travail.

(et si l'on pouvait faire taire Manuel Valls, ça aiderait aussi beaucoup, sans doute...)



EDIT samedi soir : Je vous signale le très interressant billet du blog Le petit livre rose : où l'auteur se livre à de petits calculs tout à fait intéressants, qui montrent sans contestation possible que plus on fait abstraction du vote des fédérations suspectes - parce que s'écartant de trop du résultat national - plus la victoire de Martine Aubry apparait comme incontestable (fichier excel à l'appui).

Ou, dit autrement, les votes les plus “massifs”, et donc les plus suspects, avantagent nettement Ségolène Royal... contrairement à ce que l'équipe de cette dernière cherche très ostensiblement à nous vendre afin de réclamer un nouveau vote.

Un nouveau scrutin ? Mais ils sont dingues !!! Ça changerait quoi ? Eventuellement à inverser un peu le résultat et à faire changer de camp la contestation ?

42 voix ou bien 150, ou même 1000 : la réalité demeure la même, c'est en gros du 50/50 et la seule réponse à cette situation est de construire une direction équilibrée et renouvelée, d'accord pour travailler à la rénovation du parti socialiste, d'accord pour travailler à l'élaboration de son projet, et en toute intelligence avec le Conseil National et le Bureau National, tous deux représentatifs du poids des différentes motions.

C'est simple : qu'ils le fassent maintenant !

(et si l'on pouvait faire taire Julien Dray aussi...)



Où l'on parle de : Victoire étriquée de Martine Aubry






Entre ancrage à gauche et rénovation du PS

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Martine Aubry ou Ségolène Royal : entre ancrage à gauche et rénovation du PS



Martine Aubry Ségolène RoyalLe second tour de l'élection du premier secrétaire du Parti Socialiste opposera donc Martine Aubry et Ségolène Royal, deux femmes - et c'est la seule bonne nouvelle de ce premier tour de scrutin - qui se disputeront dès ce soir les suffrages des militants.

Et pour les partisans de Benoit Hamon, il s’agira de choisir entre l’exigence de l’ancrage politique à gauche et la nécessité de la rénovation interne du Parti Socialiste.


Résultats

Au terme de ce premier tour de scrutin (chiffres AFP 1h du matin), Ségolène Royal a obtenu 57.424 voix, soit 42,45%, devant Martine Aubry (46.979 voix, soit 34,73%) et Benoît Hamon (30.880, soit 22,83%).

La participation a été de 59,9% des adhérents socialistes, soit 137.741 voix, un chiffre d'autant plus faible qu'il concerne un parti politique. Cette participation a néanmoins été légèrement supérieure à celle du vote sur les motions le 6 novembre (56,6%) d'un peu plus de 3 points.

Près de 2.500 bulletins blancs ou nuls ont été répertoriés, c'est à dire près de 2% des suffrages exprimés - chiffre cette fois plutôt important.

Benoît Hamon, arrivé en troisième position, a immédiatement appelé les militants socialistes ayant voté pour lui à se reporter "massivement" vendredi sur la candidature de Martine Aubry : «Pour avoir un parti ancré à gauche, attaché au rassemblement de la gauche, moi, j'ai fait le choix de demander aux 30.000 militants, dont les voix ne m'appartiennent pas, de se reporter massivement vers le vote en faveur de Martine Aubry», a-t-il déclaré, ajoutant qu'il s'agissait d'«un choix de culture et d'un choix politique éminent» (la totalité de sa déclaration en video à la fin de l'article).


Prospectives

10 000 voix séparent les deux candidates, quand Benoit Hamon en a recueillies 30 000. La bascule de la victoire devrait donc se faire au deux tiers : si l'appel de Benoit Hamon en faveur de Martine Aubry est suivi par les deux tiers des militants qui ont voté pour lui, c'est cette dernière qui deviendra première secrétaire.

A noter que que si on compare ces résultats avec celui du vote sur les motions, les 25% de Bertrand Delanoë se sont répartis de la manière suivante et à la louche : 10 points sur Ségolène Royal, 10 autres sur Martine Aubry et les 5 derniers sur Benoit Hamon. C'est un échec pour Bertrand Delanoë qui avait appelé ses partisans à voter pour Martine Aubry et certainement une indication quant au choix opéré par la tendance François Hollande, sans doute très majoritairement en faveur de Ségolène Royal.

On peut néanmoins faire l'hypothèse que les partisans de Benoit Hamon seront plus susceptibles, non pas de suivre les consignes de ce dernier, mais de partager un avis qui les conduira à faire le même arbitrage en faveur de Martine Aubry.

Le second tour pourrait néanmoins bien se jouer à quelques centaine de voix près...


Analyse

Ceux qui me lisent régulièrement savent déjà que je suis déçu de l'élimination de Benoit Hamon, comme ils savent que mon engagement en sa faveur était le fruit d'un constat somme toute assez simple : Benoit Hamon incarnait à la fois l'ancrage à gauche, la volonté de rénover le vieux Parti Socialiste et l'exigence d'un changement de génération.

Pour le changement de génération, l'occasion est manquée. Et même si Ségolène Royal met en avant une équipe largement rajeunie, il demeure qu'elle comme Martine Aubry appartiennent à cette génération qui apparaît particulièrement incapable d'en finir avec une vieille, stérile et destructrice querelle qui repose avant tout sur des inimitiés personnelles. Laquelle querelle se poursuivra donc et ce quelque soit le résultat de ce soir, et d'autant plus violemment que le résultat sera serré. Et je dirais même plus, de manière plus destructrice encore si c'est Ségolène Royal qui l'emporte, tant celle-ci aurait alors à cohabiter avec des instances dirigeantes qui lui seront majoritairement hostiles, puisqu'elles seront ici d'une répartition à la proportionnelle du vote sur les motions. Tant pis donc, ainsi en ont décidé les militants.

Il est tant vrai que Martine Aubry a le soutien de tout ce que le Parti Socialiste compte encore d'éléphants, que la nécessaire rénovation du parti semblerait en des mains plus sûres si celle-ci était confiée à Ségolène Royal tant cette dernière s'est engagé derrière cette volonté d'ouvrir portes et fenêtres aux citoyens comme au mouvement social, et de démocratiser les pratiques, participativement bien entendu.

A ceci près, cependant, que l'on sait que la première volonté de Ségolène Royal est de présidentialiser un parti afin d'en faire sa machine de guerre électorale personnelle en prévision de cette candidature en 2012 qui lui tient plus que toute autre chose à coeur. Je n'oublie pas en effet que nous aurions pu éviter de nous retrouver dans la situation actuelle où l'unité du Parti Socialiste est gravement en péril, pour peu qu'elle ait consenti à laisser sa candidature au frigidaire et de s'effacer devant un Vincent Peillon derrière lequel un large rassemblement semblait pouvoir s'opérer au soir du vote sur les motions, tant il semblait en mesure d'incarner mieux qu'elle le désir qui s'était alors déjà exprimer en faveur de la rénovation du parti, du changement de génération et d'un ancrage à gauche.

Il reste que la politique est d'abord affaire de ligne politique. Or en ce domaine, je l'ai déjà écrit, Ségolène Royal est prisonnière de sa stratégie d'alliance in fine avec les libéraux du centre droit, stratégie qui n'aura de cesse de la contraindre à veiller à être modemo-compatible - car comment sinon espérer rallier cet électorat, sans même parler contrat de gouvernement avec l'appareil - et on sait qu'il s'agit également de cela.

En ce domaine - la ligne politique - Martine Aubry offre incomparablement plus de garanties non seulement de l'ancrage à gauche du Parti Socialiste, mais également du projet politique qu'il s'agira pour lui de débattre et de définir dans les mois à venir, chantier qui se devra d'ailleurs de débuter dès la semaine prochaine - en sus du travail d'opposition au sarkozysme qui n'a été ces dernières semaines que trop délaissé.

C'est pourquoi il ne devrait surprendre personne que Benoit Hamon ait sans hésitation appelé à voter pour Martine Aubry, comme il ne devra surprendre personne qu'une large majorité de ceux qui ont voté pour lui hier soir apporte en effet ses suffrages à la Maire de Lille. Ce sera en tout cas, avec un enthousiasme plus que modéré mais sans la moindre hésitation non plus, le choix que je ferai - et sans rien renier dès demain de ma volonté exigeante d'une profonde rénovation du Parti Socialiste.



Oui, décidément, une bien belle occasion de manquée...

... mais la politique à également cela de grand que jamais rien n'y est acquis, où même la défaite n'est jamais qu'une étape !



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Une gauche radicale, un socialisme crédible

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Benoit Hamon : une gauche radicale, un socialisme crédible



Benoit Hamon a mis en ligne sur son site une dernière vidéo de campagne pour appeler les militants socialistes à voter en faveur de sa candidature :


Du pur jus gauchiste ! diront certains. Et ils auront raison, dans une certaine mesure. Les images sont fortes qui parlent de la crise économique et du mouvement social, qui évoquent la crise financière, la montée du chômage, la dégringolade du pouvoir d'achat, de ce « monde qui s'effondre », des images qui illustrent l'exaspération sociale et la colère dans nos banlieues, les mobilisations sociales et les défaites du Parti Socialiste, ses absences aussi, et une bande son qui appelle au combat politique « duquel peut naître une espérance »... et le tout en moins de deux minutes.

On n'a plus l'habitude d'un Parti Socialiste qui parle ainsi, presque crûment. Et c'est une partie du problème. L'autre partie provenant du fait que, sauf à être un parti politique purement contestataire, un parti de posture, tenir un tel discours exige d'être en mesure d'apporter des réponses à la hauteur du constat, ce que nous le savions bien - ou du moins avons-nous fini par l'apprendre - la sociale-démocratie n'était pas en mesure de promettre.

C'est tout l'intérêt de ce qui s'est passé à la gauche du Parti Socialiste, cette mutation qu'il a opéré vers un projet qui ne se contente plus d'osciller entre marxisme et keynesianisme. Il ne s'agit plus pour la gauche du Parti Socialiste de tirer le curseur vers la gauche de cet axe très XXème siècle et qui dans une large mesure est obsolète. Une mutation profonde du projet a été engagé qui, ajoutant une troisième dimension à la réflexion politique, a permis de s'élever au-dessus des deux premières, de les transcender en quelque sorte.

Benoit Hamon ne la nomme pas encore ainsi, mais qu'importe : le fait est que cette dimension nouvelle de l'analyse politique se nomme écologie politique, une doctrine qui part du constat que la faillite libérale provient du fait que le marché seul est incapable de tenir compte du coût des externalités négatives - pour vulgariser, disons qu'il s'agit des dommages collatéraux subits par le corps social et son environnement - et aboutit à la conclusion que la puissance publique doit intervenir avec force afin de réglementer le marché en lui imposant d'internaliser ces coûts, de les supporter en totalité. Il ne s'agit pas tant de dire pollueur payeur que de rendre le coût de la pollution si important que les investissements s'orienteront vers des solutions non polluantes. Il ne s'agit pas tant de pénaliser les licenciements, mais d'en faire supporter aux entreprises tout le coût social - qui ne se limite pas à l'indemnisation chômage - de telle manière que la ressource humaine ne soit plus la première variable d'ajustement... Et caetera.

Et cela change tout. Parce que le Parti Socialiste est alors à nouveau fondé pour, devient plus légitime à s'opposer à la droite, souligner la faillite libérale, dénoncer les dégâts sociaux de la crise, parler d'urgence social et d'urgence écologique, s'impliquer dans le mouvement social, pour la bonne et simple raison qu'il offre une alternative politique aussi radicale que crédible.

C'est ainsi que Benoit Hamon reçoit le soutien d'éminents économistes - dont Liêm Hoang-Ngoc n'est pas des moindres - qui ont cette semaine lancé un appel en sa faveur et viennent crédibiliser une démarche que beaucoup à gauche désespérait de voir émerger :


Appel d’économistes en faveur de Benoît Hamon

L’économie subit sa plus grave crise depuis 1929. Les pistes que notre pays empruntera pour en sortir dépendront avant tout des choix politiques qui seront réalisés. C’est pourquoi, en tant qu’économistes, quelles que soient nos appartenances politiques, nous ne sommes pas indifférents à l’issue des débats internes qui se mènent au sein du principal parti d’opposition. Nous sommes conscients que ce dernier jouera un rôle décisif dans la constitution dans une alternance capable de déboucher sur une alternative réelle. Pour ce faire, le Parti Socialiste devra tirer un bilan sans concession des politiques menées depuis plus de deux décennies.

Au cours de cette période, la financiarisation de l’économie, la déréglementation bancaire, le libre-échange incontrôlé, l’ouverture à la concurrence dans les secteurs de service public, les soi-disant réformes structurelles du marché du travail et les politiques macroéconomiques conduites ont creusé les inégalités et se sont avérées incapables d’assurer le plein-emploi. Ces politiques ont, au contraire, abouti à une détérioration constante de la situation du plus grand nombre. Elles ont, de reniements en reniements, conforté les discours sécuritaires et identitaires. Il convient donc, dès maintenant, de penser la politique nécessaire pour assurer la transition vers un nouveau modèle de croissance et de développement.

Les réflexions économiques des candidats à la direction du Parti Socialiste laissent présager de la politique qui sera menée. A cet égard, les chantiers que propose de creuser Benoît Hamon ouvrent des voies nouvelles et pertinentes dans le contexte actuel. Parmi ceux-ci, l’entrée de l’Etat dans le capital des banques recapitalisées est nécessaire pour contrôler, consolider et étendre la sphère du pôle public financier pour reconstruire les conditions de stabilité et d’efficacité du mécanisme du crédit. Ceci doit aussi se faire dans le cadre d’un redéploiement de la politique industrielle qui assume pleinement les responsabilités de l’État comme organisateur, comme initiateur, mais aussi le cas échéant comme producteur.

Les services publics doivent être le modèle de référence de la gestion des biens collectifs. Le système fiscal doit être rendu plus redistributif pour éviter que l’effort de financement de l’action publique ne pèse avant tout sur les classes moyennes et modestes qui subissent la crise du pouvoir d’achat. Ceci implique un contrôle sur les mouvements financiers afin de pénaliser les pratiques d’évasion et de concurrence fiscale qui sont les moyens que les plus riches se donnent pour se soustraire à la loi commune et violer ainsi les principes de la décision démocratique.

La puissance publique doit organiser, avec les partenaires sociaux, l’indexation des salaires sur l’inflation et les gains de productivité. L’extension de l’assiette des cotisations sociales doit être privilégiée, comme alternative au recul de l’âge de la retraite pour préserver le système par répartition. La progressivité et la modulation de l’impôt sur les sociétés doit permettre de taxer la rente et de favoriser les entreprises qui investissent et qui créent des emplois. On ne saurait tolérer plus avant les pratiques de dumping fiscal, social et écologique que l’on constate hors mais aussi dans l’UE et qui aboutissent, par le biais du libre-échange, à défaire de l’extérieur ce qui a été construit à l’intérieur. Des protections sont donc nécessaires et seront à mettre en place, notamment par l’activation du principe de préférence communautaire, pour mettre fin à la déflation salariale et garantir les normes sociales et écologiques contre le libre-échange.

Un véritable New Deal doit être élaboré pour sortir l’Europe de la récession. Pour cela, l’Europe doit pouvoir lever l’emprunt. Le pacte de stabilité doit être définitivement abandonné. Les statuts de la BCE doivent être refondés pour permettre une politique monétaire faisant du plein emploi et de la stabilité du système financiers des objectifs à part égal avec la stabilité des prix. L’action de la BCE doit être intégrée dans une logique de politique économique globale, à l’inverse du dogme d’indépendance qui n’est ni fondé en théorie, ni désormais applicable en pratique.

La candidature de Benoît Hamon a d’ores et déjà permis de réhabiliter de nombreux débats interdits de politique économique. Il est temps de les aborder de front, car la poursuite d’une stratégie consistant à amender à la marge le modèle de croissance néo-libéral se trouverait décalée vis-à-vis des défis qu’il faut relever en ce moment-charnière pour élaborer un programme de sortie de crise.


Premiers signataires : Bruno Amable (Université de Paris 1) Angel Asensio (Université de Paris 13) Liêm Hoang-Ngoc (Université de Paris 1) Dany Lang (Université de Paris 13) Jean-Marie Monnier (Université de Paris 1) Stefano Palombarini (Université de Paris 8) Bernard Paulré (Université de Paris 1) Muriel Pucci (Université de Paris I) Nathalie Rey (Université de Paris 13) Jacques Sapir (EHESS) Richard Sobel (Université de Lille 1) Damien Sauze (Université de Bourgogne) Nadine Thévenot (Université de Paris 1) Bruno Tinel (Université de Paris 1) Stéphane Tizio (Université de Bourgogne) Julie Valentin (Université de Paris 1) Franck Van de Velde (Université de Lille 1)



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Un second tour Hamon Royal

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Un second tour Hamon Royal



Benoit Hamon Ségolène RoyalDans mon Twitter, on me dit que la rue Solférino estime que Ségolène Royal arriverait en tête avec plus de 35% des suffrages - mais moins de 40% - et que Martine Aubry et Benoit Hamon seraient au coude à coude avec un peu plus de 30% des votes des militants - mais moins de 35%.

Tout le monde sait ce qu'il faut penser des chiffres qui circulent sous le manteau, et qui émergent comme miraculeusement ici ou là. Il reste que ce sont là des chiffres qui me paraissent censés, qui forment une hypothèse crédible.

Et je me dis alors que l'élimination de Martine Aubry au soir du premier tour laisserait la place à un second tour entre Ségolène Royal et Benoit Hamon qui aurait l'immense avantage de permettre finalement aux militants de conclure utilement cette interminable phase de congrès en tranchant de manière très nette entre deux orientations stratégiques, deux conceptions de la rénovation, deux conceptions du combat politique, deux conceptions du socialisme :


Deux orientations stratégiques : Pour Benoit Hamon, le Parti Socialiste doit refuser toute idée d'alliance partisane avec le Modem, afin d'ancrer sans ambiguïté le Parti Socialiste dans la gauche et lancer dans les meilleurs conditions la bataille des idées qu'il s'agit de gagner afin que, sortant vainqueur des prochaines présidentielles, le candidat de la gauche soit en mesure de mener une politique de transformation sociale aussi crédible qu'ambitieuse et résolue.

Pour Ségolène Royal, il s'agit de prendre comme une donnée le rapport de force droite gauche, aujourd'hui largement défavorable à la gauche, et d'en conclure à l'inéluctabilité d'un accord de second tour avec le Modem. De fait, avec cette perspective, il s'agira dans les trois ans à venir de réfléchir à un projet socialiste qui soit en mesure de ne pas trop rebuter les libéraux de centre-droit avec lesquels il faudra donc s'allier.


Deux conceptions de la rénovation : Pour Benoit Hamon, il s'agit de construire un nouveau Parti Socialiste qui ressemble d'avantage à la France, dans lequel et à tous les échelons de responsabilités, puissent être présentes toutes les générations, toutes les catégories socio-professionnels, toutes les origines. Il s'agit également de mettre en accord les règles internes avec la conception socialiste de la démocratie, laquelle conduit les socialistes à plaider pour l'instauration d'une VIème République où le parlementarisme se substitue au présidentialisme.

Pour Ségolène Royal, il s'agit d'abord d'instaurer au Parti Socialiste un fonctionnement aligné sur le présidentialisme de la Vème République, avec un présidentiable - elle-même - à sa tête, un chef doté d'un fusible - en la personne de Vincent Peillon - nommé au poste de premier secrétaire délégué à la gestion du quotidien qui amortira les chocs d'éventuels revers électoraux à venir, préservant ainsi la candidature du chef - entendez, Ségolène Royal elle-même.

Et c'est ainsi qu'alors qu'au lendemain du vote des militants sur les motions, alors que la motion E avec Ségolène au frigo était arrivée en tête et que se dessinait un rassemblement des socialistes autour d'une ligne politique ancrée à gauche, une volonté de rénovation et la candidature de Vincent Peillon au poste de premier secrétaire, Ségolène Royal a choisi de sortir de son frigidaire sa propre candidature, sachant pourtant que s'était là le moyen le plus sûr de rallumer toutes les vieilles querelles et le feu de la division des socialistes.

Et c'est ainsi que le changement de génération demeure de ce côté là cantonné en deuxième ligne.


Deux conceptions du combat politique : Faisons bref ici. D'un côté l'engagement collectif, le débat de fond, la bataille des idées, la réflexion à un projet alternatif, l'opposition à la droite, la mobilisation aux côtés du mouvement social. De l'autre, un peu de tout cela aussi - ne caricaturons pas - mais aussi la pipolisation, les paillettes, la culture du chef - ne disons pas "le culte du chef" -, la caporalisation des militants, le pragmatisme jusqu'aux renoncements, la démagogie jusqu'aux frontières du populisme, l'ambition personnelle jusqu'à la mise en péril de l'intérêt collectif, etc...


Deux conceptions du socialisme : Pour Benoit Hamon - et c'est le point de départ de la motion qu'il a soumise aux militants - le premier constat est celui de l'échec du compromis social-démocrate : échecs électoraux qui s'expliquent par la mise en oeuvre d'une politique qui partout a échoué à se poser en alternative de poids au libéralisme, à lui opposer une résistance sérieuse, à réaliser la transformation sociale que l'on attend de la gauche. Il s'agit donc de dépasser ce modèle et de proposer une politique plus de rupture que d'accompagnement, où la puissance publique cesse de reculer et intervient fortement pour réguler et réglementer les marchés, les contraignant à supporter les coûts sociaux et environnementaux des investissements productifs. Il s'agit d'ancrer le PS à gauche.

Pour Ségolène Royal, qui a opportunément déclaré que le modèle social-démocrate était « périmé », il suffit de lire la motion E, et plus simplement encore de connaître le positionnement politique à l'intérieur du PS de ses signataires, tels que les très sociaux-démocrates que sont les barons Collomb et Guérini ou le très social-libéral Manuel Valls, pour comprendre que la sociale-démocratie demeure encore et toujours au coeur de sa pensée politique, comme elle était déjà au coeur de son pacte présidentiel dont elle n'a jamais renié que les mesures les plus sociales, justement. Et même si elle s'en éloignait, la nécessité de ne pas effaroucher les libéraux du centre-droit l'y ramènerait très vite.


Oui, décidément, un second tour entre Benoit Hamon et Ségolène Royal serait l'opportunité pour les militants de sortir par le haut de ce congrès en tranchant de manière nette entre deux orientations politiques et deux conceptions du changement.

Et aux militants qui s'interrogerait sur une stratégie de vote au premier tour qui préserve leurs chances de l'emporter au second, je profite de l'occasion pour leur rappeler que dans un scrutin majoritaire à deux tours entre seulement trois candidats, la notion de vote utile n'a aucune pertinence - dit autrement, dans cette configuration, le seul vote utile consiste à voter directement pour son candidat préféré. N'hésitez plus, saisissez cette opportunité, osez l'audace et votez pour Benoit Hamon.



Où l'on parle de : Un second tour Hamon Royal






Le double aveu de Ségolène Royal

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Ségolène Royal et le Modem : l'Aveu !



L'aveu de l'alliance avec le Modem :

Ce matin sur France-Inter, une auditrice a posé une question limpide à Ségolène Royal : « Madame Royal est-elle capable de nous dire clairement qu'elle est POUR un appel au ralliement des militants du Modem et CONTRE un rapprochement des deux formations politiques. »

La réponse aurait pu être tout aussi limpide : OUI je peux répondre clairement et, surtout, OUI je suis POUR un appel aux militants et CONTRE une alliance entre les deux partis politiques - ou du moins tant que l'un est de droite et l'autre de gauche. Force est de constater que la réponse est NON :




Non, Ségolène Royal - qui par ailleurs n'a de cesse de prôner la clarté - n'est pas capable de répondre clairement à cette question simple. Et oui, donc, il serait envisageable, si Ségolène Royal venait à prendre la tête du Parti Socialiste, que le Parti Socialiste et le Modem s'engagent mutuellement dans un contrat de gouvernement. Et donc oui encore, le Parti Socialiste pourrait de facto se retrouver à gouverner avec les libéraux et se placer ainsi dans l'incapacité, une fois de plus, une fois de trop !, de mener une politique de transformation sociale ambitieuse à la hauteur des urgences sociales et écologiques du XXIème siècle, une politique résolument ancrée à gauche en rupture avec un libéralisme d'autant plus destructeur qu'il est aujourd'hui moribond. Bref, ce serait le grand retour du renoncement social-démocrate façon fin de XXème siècle et son cortège de désillusions. Un bien étrange moyen de prôner le changement et l'ancrage à gauche voulu par les militants socialistes.


L'autre aveu : Georges Frêche

Pas tout à fait accessoirement, Ségolène Royal a également été interrogé ce matin sur ses intentions quant à la réintégration de Georges Frêche dans le Parti Socialiste.

Le moins qu'on puisse dire est qu'elle a manié davantage l'esquive que la clarté, arguant qu'il s'agirait là d'une décision collective à prendre après qu'elle aurait été élue. Pressé par le journaliste de se faire plus précise quant à sa propre opinion, la candidate s'est cantonné à faire l'éloge d'un homme qui a par ailleurs lui-même confié publiquement avoir négocié son soutien à la motion Royal contre sa réintégration au sein du Parti Socialiste.

Rappelons que Georges Frêche, président du conseil régional de Languedoc-Roussillon, président de la communauté d'agglomération de Montpellier et conseiller municipal de Montpellier, a été exclu du Parti Socialiste, il y a un peu moins de deux ans, suite à ses déclarations à propos de l'équipe de France de football : « Dans cette équipe il y a neuf Blacks sur onze. La normalité serait qu'il y en ait trois ou quatre. Ce serait le reflet de la société. Mais là, s'il y en a autant, c'est parce que les Blancs sont nuls. J'ai honte pour ce pays. Bientôt, il y aura onze Blacks. Quand je vois certaines équipes de foot, ça me fait de la peine. »

Il ne s'agit pas de juger ici du caractère plus ou moins odieux d'une telle déclaration, mais de constater que pour le moins elle est une outrance faite au socialisme, des propos incompatibles avec l'idée-même qu'on peut se faire à gauche de l'universalité de l'homme, qui ne distingue pas les êtres humains selon leur couleur de peau, ou autres caractères ethniques, pour faire des généralités chargées de sous-entendus quant aux aptitudes des uns ou des autres.

Le moins qu'on puisse dire est que venant d'une femme qui en fait beaucoup sur le thème de la France métissée, une telle indulgence est plus que suspecte. Il apparaît sans aucune ambiguïté que des discussions ont eu lieu, que des petits arrangements ont été pris et que des promesses ont été faites en échange de certains soutiens dont on sait qu'ils ont du poids. Pour une candidate qui clame partout le renouvellement des pratiques politiques, ce point est particulièrement éclairant. Ségolène Royal se gargarise régulièrement de vouloir mettre en accord les discours et les actes, mais de tout évidence ce n'est là que du discours...

Une chose est certaine, c'est qu'en cas d'élection de Madame Royal au poste de premier secrétaire du Parti Socialiste, les militants du Languedoc-Roussillon vont devoir attendre un peu avant qu'une équipe rajeunie et des pratiques nouvelles parviennent jusque chez eux. De même que dans les Bouches-du-Rhône, où le très jeune et très moderne Jean-Noël Guérini semble avoir une conception toute personnelle de la démocratie interne.



Où l'on parle de : Ségolène Royal : l'Aveu !






A propos de l'ancrage à gauche

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A propos de l'ancrage à gauche



Ce matin sur France Inter, en revenant sur les raisons de la défaite de Ségolène Royal aux dernières présidentielles, Benoit Hamon a parfaitement résumé l'essentiel de ce qui justifie, même d'un point de vue stratégique, la nécessité pour le Parti Socialiste de renouer enfin avec l'ancrage à gauche de sa ligne politique.

Par la même occasion, vous avez dans cette séquence de moins de 1'30", le condensé de ce qui doit conduire un militant socialiste à choisir Benoit Hamon jeudi et vendredi prochain :




Où l'on parle de : A propos de l'ancrage à gauche






Se rassembler à gauche avec Benoit Hamon

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Se rassembler à gauche avec Benoit Hamon



Une certitude que nous pouvons avoir est que si le prochain premier secrétaire du Parti Socialiste est Ségolène Royal ou Martine Aubry, la guerre des socialistes se poursuivra. Dans un cas comme dans l'autre, les perdants chercheront à obtenir leur revanche sur les gagnants en les faisant trébucher et ces derniers imputeront leurs difficultés et éventuellement leurs échecs aux divisions dont les premiers seront tenus pour responsables. Dans un cas comme dans l'autre, il nous faut en être bien conscient, nous n'en aurons pas fini avec la division. Tout au plus, cette guerre qui était ouverte ces derniers mois se transformera en une guerre de positions, une guerre de tranchées et menée largement dans l'ombre, par les uns comme par les autres.

En finir avec une querelle interminable, née de la guerre de succession post-mitterrandienne, c'est tout l'intérêt du saut générationnel en faveur duquel je plaide depuis plusieurs semaines sur ce blog - et en réalité depuis le lendemain des élections présidentielles et législatives de 2007. J'avais estimé pour ma part que la plus grande chance de parvenir à ce changement de génération résidait en Vincent Peillon. Malheureusement, celui-ci n'a pas souhaité assumer toutes ses responsabilités, cédant à la volonté intransigeante d'une Ségolène Royal incapable de s'effacer - de même qu'après avoir été tentée, Martine Aubry n'a pas non plus consenti à s'effacer derrière Benoit Hamon. Lequel pourtant, et contrairement à Vincent Peillon, a décidé d'assumer ses responsabilités, en particulier donc celle d'offrir aux militants cette alternative d'une sortie du cycle infernal de la division.

Mais peut-être devriez-vous prendre simplement dix petites minutes pour décider s'il ne serait pas préférable que le Parti Socialiste tienne désormais ce discours et ressemble désormais à ça :





Notons en passant que Benoit Hamon a trouvé un accord politique de bel augure avec la motion Utopia (F), exposé ici en 2 minutes par Franck Pupunat :



Où l'on parle de : Se rassembler à gauche avec Benoit Hamon






pragmatisme et renoncements

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Réponse à Juan de Sarkofrance



Pragmatisme et renoncements du socialisme


dans l'oeil de SarkofranceL'indispensable Juan de Sarkofrance a publié sur leftblogs.info un billet intitulé « Je n’ai pas été déçu par le Congrès Socialiste », dans lequel il dresse un bref tableau de ses impressions de congrès et où, du constat selon lequel les socialistes seraient en réalité d'accord sur le fond politique, il conclut au fait que le bon choix serait celui de porter Ségolène Royal à la tête du Parti Socialiste.

J'ai d'abord commencé un petit commentaire au-dessous de son billet, qui a rapidement cessé d'être petit pour bientôt n'avoir plus le format concis d'un commentaire. Pis, au même moment, j'ai découvert un autre billet - « Parti Socialiste : le malentendu de l’unité » -, plus récent encore, dans lequel il revient sur la question du Modem et expose une vision très pragmatique du combat politique.

Bref, plus moyen d'en rester au commentaire. Autant faire un billet où ce que j'ai à dire apparaîtra sans doute un peu plus construit.

Juan écrit : « un parti doit avoir des statuts cohérents avec le régime politique dans lequel il concourt », et constate que le Parti Socialiste « conserve encore quelques restes d’un fonctionnement digne de la 4ème république ». Le constat est juste : il est vrai que demeure une pointe de IVème République dans le PS et que le présidentialisme est plus en phase avec la Vème... Mais il faut alors se souvenir de ce temps pas si lointain où les socialistes en appelaient à l'instauration du VIème République, où le parlementarisme se substituerait au présidentialisme. Faut-il renoncer à cette ambition ? Faut-il surtout oublier pourquoi cette ambition, ce qui la justifiait et la justifie encore ?

Le monde ne nous ressemblant pas, il faudrait renoncer à changer le monde et se contenter de lui ressembler - afin simplement d'être en phase ? C'est là bien tout le problème du Partie Socialiste depuis plus de deux décennies, c'est-à-dire depuis les premiers renoncements de l'ère mitterrandienne, et en passant par le tragique « l'Etat ne peut pas tout » de Lionel Jospin qui scella le sort des deux dernières présidentielles. Le socialisme ne sachant plus comment changer la vie dans un monde devenu trop complexe et trop grand, il ne pouvait que s'adapter, corriger un peu, ici ou là. Reconnaissant que le monde était plus fort que lui, il avait renoncé à son ambition... pour l'Homme. Il avait de fait renoncé au socialisme.

Alors, plutôt que de renoncer et de nous adapter, pour être en phase, posons-nous chaque fois la question de ce qui fonde notre engagement, notre ambition. nous voulions en finir avec le présidentialisme de la Vème République : pourquoi ? Parce que la gauche n'a que faire de la culture du chef. Parce que nous en connaissons les dérives - et nous les voyons aujourd'hui à l'oeuvre. Parce que nous croyons en l'intelligence collective et en la force positive de la démocratie. Parce que la démocratie est l'outil premier du socialisme - et il faudrait d'ailleurs s'interroger aussi sur la cohérence entre présidentialisation et démocratie participative...

Non, je ne crois pas que le pragmatisme soit nécessairement le passage obligé de toute victoire - ou en tout cas tant que l'on espère encore en des victoires utiles. Je crois que lorsque le pragmatisme devient renoncement ou cynisme, souvent les deux à la fois, on a déjà perdu le combat que l'on mène, parce que l'on a oublié pourquoi, et surtout pour qui, on avait engagé ce combat.

Non, il ne s'agit pas de crier « A Gauche » plus fort que les autres. Et puis surtout, non, les précaires ne se foutent pas « qu'on gouverne exactement pareillement » de ce que nous avons toujours fait... et qui ne les a que très marginalement rendu moins précaires.

Il ne s'agit pas de crier « A Gauche », mais il s'agit de réinventer la gauche, de ne pas en rester à une sociale-démocratie qui ne cesse et partout d'échouer, qui met des pansements - et c'est mieux que rien, mieux que ne fera jamais la droite - mais qui ne guérit pas, qui ne possède pas les moyens de guérir.

Non, la sociale-démocratie ne saurait répondre ni à l'urgence sociale ni à l'urgence écologique - ni même aux horreurs économiques qui se succèdent à travers le monde et dévastent les hommes. Elle ne saurait y répondre, à ces deux urgences, ne serait-ce que parce qu'elle n'a pas intégré dans son architecture que ce sont là les deux faces de la même pièce.

C'est pourquoi il y a pour les socialistes, cette semaine, un véritable choix politique à faire. Un choix entre ceux qui prônent bon an mal an la poursuite du projet social-démocrate, et ceux qui ont commencé à ouvrir de nouvelles pistes à gauche - et Benoit Hamon a fait en ce domaine la preuve que le projet socialiste nouveau est en passe de trouver une cohérence dans cette «radicalité crédible» qu'a évoquée une Ségolène Royal, dont il faut bien reconnaître qu'elle a parfois le sens de la formule juste - mais les mots ne suffisent pas... les mots ne peuvent suffire quand on les prononce tous.

Or il y a une réalité qui permet d'évaluer Ségolène Royal quant çà ce choix politique essentiel qu'il faut faire, l'évaluer par delà les mots qu'elle prononce ici ou là, par delà cette stratégie qu'elle avait d'abord mise en oeuvre lors des présidentielles et qui consiste à aller systématiquement chasser sur le terrain de l'adversaire. Cette réalité est toute entière contenue dans le texte qu'elle a signé et avec lequel elle se présente devant les militants, toute entière inscrite dans cette motion E qui de toute évidence est dans l'exacte continuité sociale-démocrate, une voie prônée d'ailleurs sans ambiguïté par ses co-signataires, Jean-Noël Guérini, Gérard Collom et Manuel Valls entre autres.

C'est pourquoi, si l'on se concentre sur le cœur du problème socialiste, c'est-à-dire sur ce qui concerne très concrètement les précaires auxquels les socialistes doivent de se réinventer et de cesser d'être dans les renoncements timorés - même mâtinés d'une compassion très émouvante et très fraternelle -, il n'y a en effet pas à hésiter et, pour ma part, je suis socialiste et je voterai Benoit Hamon sans la moindre hésitation.



Où l'on parle de : Réponse à Juan de Sarkofrance






Ma Synthèse

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Congrès de Reims : ma synthèse



Un congrès désespérant. Deux candidates désespérantes. Et Benoit Hamon pour ce qui reste d’espérance en un Parti Socialiste rénové et ancré à gauche. Les socialistes sauront-ils se souvenir enfin qu’être de gauche c’est d’abord oser aller de l’avant, oser renverser l’ordre établi ?…


Osons Benoit HamonLamentable !

Le visage qu'a présenté le Parti Socialiste aux français, et même à ses militants, est lamentable. Je ne vais pas jouer au petit jeu des responsabilités, simplement dire que le résultat est désastreux... et ne pas épiloguer. Ne pas épiloguer, aller de l'avant, continuer quand même, se tourner déjà vers les lendemains, et feindre de ne pas être trop pessimiste, ni trop amer.

Non, tout de même. D'abord me souvenir une dernière fois qu'il y a une semaine encore, après que les militants avaient voté sur les motions, on parlait d'ancrage à gauche, de rénovation du parti, de changement de génération... et de Vincent Peillon. Et puis Ségolène Royal a voulu être que la candidate ce soit elle. Personne d'autre qu'elle et son ambition. Et alors Martine Aubry n'a pas voulu que ce soit Ségolène Royal. Benoit Hamon non plus. Il y eut aussi Bertrand Delanoë qui ne voulait ni de Ségolène Royal ni de Benoit Hamon. Et Martine Aubry qui ne voulait pas de Bertrand Delanoë. Et Benoit Hamon qui estimait être le meilleur candidat pour la gauche. Et Ségolène Royal qui continuait à ne voir qu'elle-même et son destin présidentiel. Ce qui inquiète tous les autres. Et puis rien.

Me souvenir aussi qu'hier soir, pourtant, tout semblait s'être clarifié, sur le fond. Un clivage politique s'était révélé entre les partisans de la motion E et les autres, sur la question cruciale, essentielle, de l'ancrage à gauche. On semblait avoir enfin compris que la question des alliances n'était pas un prétexte, mais bien une problématique indissociable de celle de la ligne politique. La motion E apparaissait enfin pour ce qu'elle était, c'est-à-dire minoritaire. Il y avait la place pour une majorité, pour bâtir une synthèse majoritaire autour d'une ligne politique cohérente et à gauche. Un Parti Socialiste qui choisirait la gauche, c'était une perspective alléchante. Mais l'inertie de l'appareil et le conflit des egos eurent raison d'une espérance qui fût tué dans l'oeuf. Opportunité rare, occasion manquée et on pourrait bien avoir longtemps pour s'en mordre les doigts.

Tant pis. Prendre acte, donc. Recommencer à partir de là. Comprendre la situation. Ne pas oublier que si les français n'ont certainement pas besoin de ce parti socialiste là, ils ont besoin de l'alternative socialiste, besoin de gauche. La responsabilité des militants socialistes demeure immense, dès la semaine prochaine et dès ce vote sur le premier secrétaire qui sera donc déterminant pour l'avenir.

Trois candidats, deux lignes politiques. D'un côté Ségolène Royal, de l'autre Martne Aubry et Benoit Hamon.

Ségolène Royal : Sa ligne politique est celle inscrite dans la motion E, issue de l'alliance avec Gérard Collomb, Jean-Noël Guérini et Manuel Valls, barons de la vieille social-démocratie tendance libérale et Modem-compatible.

Mais il ne s'agit pas seulement de cela. Et même si la ligne politique demeure essentielle dans ce choix, la crise financière est passée par là qui semble avoir ouverts bien des yeux sur la nécessité d'un réancrage à gauche. On notera à ce sujet que Ségolène Royal dans son discours, ce dimanche matin à Reims, a parlé de radicalité crédible à gauche. Radicalité, un terme dont elle se servait jusqu'à présent pour renvoyer Benoit Hamon à de supposés archaïsmes. Mais on le sait, la stratégie électorale de Ségolène Royal est toujours la même qui consiste à s'en aller surenchérir sur le terrain de l'adversaire - qu'il s'agisse de Nicolas Sarkozy lors des dernières présidentielles ou de Benoit Hamon cette fois-ci - au point qu'on en finit toujours pas se demander où se trouvent ses convictions à elle, sinon dans l'ambition qu'elle a chevillée au corps de l'emporter coûte que coûte.

Il ne s'agit donc pas seulement de cela, disais-je. Ségolène Royal incarne également une autre manière de faire de la politique. C'est indéniable. Pourtant, de la même manière qu'il faut répondre à la droite qu'il ne s'agit pas que de réformer mais de réformer dans la bonne direction, il faut avoir à l'esprit que faire de la politique autrement n'est pas un objectif en soi : ce qui importe est dans la manière. Ségolène Royal joue de la proximité sentimentale, sait plus que tout autre faire vibrer la corde sensible, elle parle d'amour et de fraternité, d'offenses et de pardon des offenses, et recherche la popularité par la mise en scène d'elle-même.

Cela provoque enthousiasmes, mais aussi rejets, l'un et l'autre étant finalement plus politique qu'irrationnel, tant cette manière de moderniser la gauche peut être perçu comme ayant en réalité plus à voir avec la modernité qu'avec la gauche. Parce que la gauche s'occupe d'avantage de solidarité que de compassion, d'avantage de la mobilisation du collectif que de la personnalisation à outrance, d'avantage de faire appel à l'intelligence qu'à l'émotion. Parce qu'être de gauche c'est aussi, en politique, une manière de faire.

Et là est bien le plus grand danger de Ségolène Royal, ce divorce d'avec le peuple de gauche dont une partie non négligeable la rejette, refuse de se reconnaître dans cette pseudo-modernité qui est en réalité un renoncement. Et l'on revient là très directement au fond de la question des alliances et à la problématique Modem. Pour Ségolène Royal, la gauche n'est pas majoritaire et ne le sera jamais seule : pour l'emporter, elle aura besoin de s'allier avec le centre-droit, rassembler tous les républicains. C'est un renoncement, le plus grand des renoncements : c'est partir battu dans la bataille des idées qu'il s'agit pourtant plus que jamais de mener avec force, c'est renoncer a priori d'être jamais en mesure de mener une politique de gauche, réellement alternative, que, tout républicains qu'ils soient, les libéraux du Modem récuseront toujours.

Enfin, on l'a désormais bien compris, placer demain Ségolène Royal à la tête du Parti Socialiste sera de facto en avoir fait la candidate pour 2012. De facto, le PS serait d'abord et avant tout devenu sa machine à la faire candidate. Or il faudrait être fou ou bien sourd pour ne pas entendre de partout ce peuple de gauche qui avertit : nous ne voterons pas une seconde fois pour Ségolène Royal dès le premier tour. Le rejet est réel dont il nous faut impérativement tenir compte, sauf à d'ores et déjà envisager la défaite en 2012, défaite promise pour une gauche qui, autiste, n'aurait changé ni de projet ni même de candidate.

Martine Aubry ou Benoit Hamon : Sur le fond, le congrès a entériné l'adhésion à la ligne politique de Benoit Hamon, une ligne marquée à gauche, sans ambiguïté sur son positionnement, cohérente, moderne et ambitieuse sur ses propositions. Il ne s'agit maintenant, et plus que jamais, que d'oser franchir le dernier pas, gravir la dernière marche, réaliser ce que n'ont su réaliser les congressistes.

Avant ce week-end, l'image du Parti Socialiste dans l'opinion n'était pas enviable. Elle est désormais tout à fait désastreuse et les militants doivent adresser aux français un message d'autant plus fort qu'il nous faut revenir de loin. Répétons-le donc, il s'agit aujourd'hui d'ancrage résolument à gauche, de rénovation du Parti Socialiste et de changement de génération. Il s'agit à présent de ne plus tergiverser et faire enfin ce saut générationnel qui plus que jamais nous est devenu nécessaire. La politique est aussi affaire de symboles et, quoi qu'on en veuille et en le disant sans offense, dans ce "duel" à la gauche du parti, Martine Aubry symbolise le passé et Benoit Hamon l'avenir. C'est là, précisément, qu'il nous faut trancher et, j'ose le dire ainsi, et pas tout à fait naïvement, trancher avec audace et courage, mais aussi créativité, trancher ici et maintenant pour changer à gauche, trancher radicalement et choisir sans complexe d'avoir un monde d'avance.

Cela fait désormais trop longtemps que les socialistes à ne plus oser ont fini par s'immobiliser : camarades, décomplexons-nous, soyons audacieux, osons Hamon !

Je vais parler de Barack Obama et je m'en excuse tant cela devient convenu. Et loin de moi est l'idée de comparer Benoit Hamon à Barack Obama - je ne suis pas certain d'ailleurs que cela serait lui rendre service. Juste dire ceci cependant : c'est parce que depuis trop longtemps nous, socialistes français, sommes incapables d'oser des Benoit Hamon que nous avons perdu l'espoir de voir émerger de nos rangs des Barack Obama. On peut même aller plus loin : c'est parce que nous avons perdu le goût d'oser que des Vincent Peillon n'osent plus eux-mêmes prendre leurs responsabilités pour sortir de leurs abris tutélaires. Et c'est bien parce que nous sommes socialistes que nous avons le devoir collectif de réapprendre à contester les leaderships, tous les leaderships, plutôt que de toujours très sagement nous y soumettre.

Osons nous réinventer ! Osons le mouvement ! Osons nous bousculer nous-même pour nous remettre en mouvement !



Lire aussi le texte de conclusion de Benoit Hamon : Un projet, une stratégie, une conception de la politique.



Où l'on parle de : Ma Synthèse






Ségolène Royal candidate... à occuper le terrain

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Ségolène Royal candidate... à occuper le terrain



Ségolène Royal nonCette fois, c'est officiel. Manuel Valls, le plus libéraux et le plus sarko-compatible des socialistes, spécialement mandaté par Ségolène Royal, a annoncé que la candidate défaite à la dernière présidentielle sera candidate au poste de premier secrétaire.

Et Vincent Peillon serait alors secrétaire délégué adjoint, chargé de la gestion au quotidien du Parti Socialiste.

Ou comment, une nouvelle fois, afficher son mépris pour le Parti Socialiste en considérant comme indigne d'elle, Madame Royal au-dessus de la meute, d'assumer en totalité la charge et les devoirs qui échoient à un premier secrétaire.

N'en déplaise à Madame Royal, le poste de Premier Secrétaire du Parti Socialiste n'est pas simplement un poste honorifique qui permettrait au titulaire d'afficher dans les médias son nombril et son ambition. Il ne s'agit pas de se placer pour la prochaine présidentielle, il ne s'agit pas de prendre le Parti Socialiste, il ne s'agit pas d'en être le chef, mais bien d'en assumer la bonne gestion.

Il s'agit au quotidien de l'élaboration collective du projet socialiste.

Il s'agit au quotidien de préparer les prochaines échéances électorales.

Notamment.

Il ne s'agit pas de reculer devant l'obstacle et ne pas prendre toutes ces responsabilités, en déléguant à un autre les basses besognes.

Il ne s'agit pas, et encore moins, de se préparer un fusible au cas où les prochaines élections venaient à mal se passer pour le Parti Socialiste, un fusible nommé Vincent Peillon, donc, qui permettrait à Ségolène Royal de n'avoir pas à assumer toute la responsabilité d'un éventuel échec, si par hasard il venait l'idée aux électeurs de se détourner d'un Parti Socialiste à leurs yeux coupable d'avoir une fois encore renoué avec toujours les mêmes errances.

Cette idée de déléguer le quotidien est décidément le signe d'un profond mépris pour un parti et pour ses militants.

Non, Madame Royal, il n'est décidément pas possible de n'être candidate qu'à moitié, simplement pour occuper le terrain et de peur qu'un autre en occupant le poste vous barre la route à la seule candidature qui au fond vous intéresse et qui concerne les élections présidentielles de 2012.

Non, Madame Royal, le poste de premier secrétaire ne saurait n'être qu'un tremplin pour vos ambitions présidentielles.

Aussi, Madame Royal, pour moi, ce sera non !



Lire aussi : Ségolène sort du frigo : tout ça pour ça !

Lire encore : Ségolène Royal, incarnation du socialisme ?



Où l'on parle de : Ségolène Royal candidate... à occuper le terrain






L'incarnation du socialisme

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L'incarnation du socialisme



Ségolène RoyalVincent Peillon l'a déclaré ce matin sur France Inter : Ségolène Royal, répondant à l'amicale pression de ses amis de la motion E, sera candidate au poste de premier secrétaire du Parti Socialiste.

A moins que ce ne soit là encore un "coup" à double détente, les choses commencent cette fois à s'éclaircir et, par la seule volonté de l'ex-candidate aux élections présidentielles qui a « envie » de l'être encore en 2012, le congrès de Reims se déroulera essentiellement autour de la question de la personne de Ségolène Royal.

En conclusion de son interview, ce matin, Vincent Peillon a confié que selon lui « Ségolène Royal, aujourd'hui, incarne ce dont le socialisme a besoin. » Et c'est en effet la question qui sera de fait posée à l'ensemble des socialistes, d'abord aux délégués du congrès, ce week-end à Reims - élus rappelons-le, à la proportionnelle du vote des militants sur les motions -, puis à tous les militants la semaine prochaine, à l'occasion de l'élection au suffrage universel direct de leur premier secrétaire : Selon vous, Ségolène Royal incarne-t-elle, oui ou non, votre conception d'un socialisme moderne ?

De toute évidence, et même si on peut le regretter, cet débat est aujourd'hui encore celui qui divise le plus les socialistes, clivage béant entre ceux qui répondent que c'est une évidence et ceux qui répondent que c'est une absurdité. Il est très certainement utile, finalement, que très démocratiquement, très sereinement, les socialistes aient à trancher dans le vif de cette épineuse question. Vincent Peillon a d'ailleurs lui-même appelé à cette clarification essentielle en déclarant que « la question du pouvoir ne doit pas être éludé. »

Je suis d'ailleurs pour ma part persuadé que derrière cette question très légitime, il y a un véritable débat de fond sur l'orientation politique, un débat qu'il aurait été hautement préférable de formuler explicitement. Si cela n'a pas été possible, c'est aussi en partie que Ségolène Royal n'a eu de cesse que de l'esquiver, préférant toujours se mettre en scène que d'exposer ses idées, préférant toujours louvoyer vers sa victoire que de prêter le flanc à cette bonne querelle qu'elle avait en son temps appelée de ses voeux. C'est aussi que la manière que l'on a de faire de la politique est toujours intimement liée à l'orientation politique qu'on souhaite suivre, à la conception que l'on a du socialisme et de la gauche.

Ainsi, puisque donc c'est désormais de cela qu'il s'agit - Ségolène ou pas Ségolène -, que c'est ainsi que la question nous sera posée : Camarades socialistes, n'éludons pas la question du pouvoir et tranchons dans le vif la question de l'incarnation du socialisme, en conscience, utilement et sereinement.


Edit : Puisque nous en venons à parler d'incarnation du socialisme du XXIème siècle, je vous invite à regarder cette excellente prestation de Benoit Hamon sur BFM, ce matin :




Où l'on parle de : L'incarnation du socialisme






L'envie du désir d'avenir de soi

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Ségolène Royal et l'envie du désir d'avenir de soi



Ségolène Royal a répondu à l'invitation de Laurence Ferrari qui souhaitait lui demander si elle allait réchauffer sa candidature au poste de premier secrétaire du Parti Socialiste. Elle s'est donc rendue hier soir au journal de 20h de TF1 et a répondu... ni oui ni non, j'ai envie mais. C'était bien la peine d'y aller !

Cela fait tout de même plus d'un an qu'on a tous compris qu'elle souhaitait prendre le parti socialiste. On a, je crois, tous bien compris d'ailleurs qu'il s'agissait surtout de s'assurer qu'elle serait de nouveau la candidate aux présidentielles de 2012 et que le Parti Socialiste est pour elle cette assurance et que si elle a donc envie de le prendre c'est pour en faire SA machine à devenir LA candidate.

Ainsi, celle qui a vilipendé avec force les synthèses molles à la François Hollande, qui avant l'été proclamait avec énergie qu'elle préférait « une bonne querelle à une mauvaise synthèse », se trouverait aujourd'hui tout à fait disposée à rassembler l'ensemble des socialistes autour de sa candidature... et un document de synthèse d'une page qui en effet ne fera de mal à personne.... et surtout laissera cette fois encore le Parti Socialiste sans ligne politique claire.

Rappelons tout de même la configuration qui se dessinait depuis le vote des militants jusqu'à encore lundi dernier : la motion E était arrivée en tête, la motion C avait fait un score plus qu'honorable, on concluait à la volonté des militants d'un changement de génération et d'un ancrage à gauche, ... et une certaine envie de la candidature de Vincent Peillon se profilait. Ségolène Royal était dans son frigidaire, Bertrand Delanoë, François Hollande et Martine Aubry étaient hors-jeu, personne n'évoquait le Tout Sauf Ségolène - et pour cause - et tous les espoirs semblaient permis d'un congrès enfin utile.

Et puis Ségolène Royal a eu envie. Ou plutôt, elle n'a pas eu envie de s'effacer, de privilégier l'intérêt du collectif sur son dessein présidentielle, ambition qui menaçait d'être contrariée par cette configuration qui incluait son effacement dans une exigence de rénovation. Elle a donc réactivé sa candidature, et par la même occasion a remis dans le jeu François Hollande dont elle a besoin en soutien, remis dans le jeu également Martine Aubry qui n'existe qu'en tant que figure de proue du TSS, et a remis à l'ordre du jour cette idée du rassemblement de tous autour de rien, cette synthèse ultra-molle et source de tous les maux du Parti Socialiste depuis une dizaine d'années.

Et bien, pour répondre à Juan des coulisses de Sarkofrance qui nous pose la question, Non ! moi je n'ai pas envie...
Pas envie de faire de ce congrès, l'otage d'un ego et d'une ambition qui n'a rien de collective.
Pas envie d'un congrès pour elle donc pour rien, qui renouerait avec les errements du passé.
Pas envie d'une synthèse molle au service d'un seul.
Pas envie de donner cette image du Parti Socialiste.
Pas envie ni de Ségolène ni du Tout Sauf Ségolène - et l'un ne va évidemment pas sans l'autre.
Pas envie que les centaines de pages de contributions, les dizaines de pages de motions, le travail des militants et leurs débats, finissent par se résumer dans un document consensuel d'une page en haut duquel ne s'inscrirait qu'un nom, la couronne de son ego triomphant et la perspective d'une nouvelle défaite de la gauche en 2012.

Pas envie de ça du tout !



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Quand le Modem crèvera

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Quand le Modem crèvera



la grenouille modem et le boeuf socialisteAinsi certaines gens, faisant les empressés,
S'introduisent dans les affaires:
Ils font partout les nécessaires,
Et, partout importuns, devraient être chassés.

C'est d'abord à la fable du Coche de de la Mouche que je pense, chaque fois qu'un suppôt du Modem tente de se raccrocher aux débats et, de préférence, aux errements du Parti Socialiste pour tenter d'exister un peu.

Mais en vérité c'est celle de la Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf qui convient encore le mieux :


Une grenouille vit un Boeuf.
Qui lui sembla de belle taille.
Elle, qui n'était pas grosse en tout comme un oeuf,
Envieuse, s'étend, et s'enfle, et se travaille,
Pour égaler l'animal en grosseur,
Disant : "Regardez bien, ma soeur ;
Est-ce assez ? Dites-moi ; n'y suis-je point encore ?
Nenni. - M'y voici donc ? - Point du tout. M'y voilà ?
- Vous n'en approchez point." La chétive pécore
S'enfla si bien qu'elle creva.

Le monde est plein de gens qui ne sont plus sages :
Tout bourgeois veut bâtir comme les grands seigneurs,
Tout petit prince a des ambassadeurs,
Tout marquis veut avoir des pages.


Et à mes camarades de gauche je veux dire qu'il s'agit tout de même avant tout d'avoir un peu plus d'ambition et de faire en sorte, avant de se demander à quel moment et dans quelles conditions se rapprocher du Modem ou de ses électeurs, que la gauche gagne la bataille des idées et, par la force de conviction d'un projet ambitieux et cohérent, soit en mesure d'emporter enfin à elle seule l'adhésion de plus de 50% des français. Il s'agit d'abord de croire en nous-mêmes !

C'est en tout cas pour moi tout le sens de la volonté de refondation à gauche dont tout le monde parlait au lendemain des présidentielles et des législatives et que d'aucuns ont peut-être un peu oubliée en route.

Je ne crois pas que la gauche puisse jamais gagner en partant battue d'avance. Ces discussions autour de la stratégie à adopter vis à vis du Modem n'ont pour moi aucun sens. Pour l'heure le Modem n'existe pas, ou du moins - ne soyons pas trop méchants - il n'existe pas à gauche.

Bref, il s'agissait surtout ici de rappeler que le Modem n'est que cette petite mouche qui bourdonne désagréablement aux confins de notre champ politique et qu'il ne s'agit pour l'heure que de l'écarter d'un tendre revers de la main. Une petite grenouille à laquelle il n'est pas rendre service que de l'encourager à s'enfler ainsi d'importance : on nous accuserait à la fin de l'avoir crevée nous-mêmes.



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Ségolène sort du frigo

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Ségolène sort du frigo : tout ça pour ça !



Parti Socialiste dans le comaSégolène Royal a fait savoir qu'elle serait elle-même candidate pour prendre la succession de François Hollande au poste de premier secrétaire du Parti Socialiste.

Disons-le sans tergiverser : cette candidature est parfaitement légitime... comme seront légitimes les délégués du congrès pour dire en fin de semaine ce qu'ils en pensent, comme surtout seront légitimes ensuite les militants pour donner ou non les clefs de leur parti à Ségolène Royal. Personne ne devra se sentir contraint par on ne sait quel impératif d'unité des socialistes alors même que Ségolène Royal en réchauffant sa candidature a parfaitement conscience de prendre le risque de réanimer toutes les querelles.

Il aurait été tellement simple d'avancer dans une relative sérénité jusqu'au bout du processus démocratique qui s'était engagé la semaine dernière. Il aurait été tellement simple pour Ségolène Royal de choisir de s'effacer au profit de l'intérêt collectif du parti, continuant ainsi de tenir compte de la réalité du rejet qui se cristallise autour de son nom ; tellement simple de préférer mettre en avant le nom d'un Julien Dray ou d'un Vincent Peillon plutôt que le sien, forcément le sien.

Mais non, c'était politiquement trop risqué pour elle. Dans l'ombre, la dame du Poitou aurait été en danger de voir s'éteindre peu à peu les projecteurs autour d'elle, et disparaître alors ses espoirs d'une nouvelle candidature aux élections présidentielles.

Elle a choisi donc d'y aller, choisi de se confronter très directement au rejet qu'elle suscite, et ainsi de mesurer très précisément son ampleur, ignorant sciemment le risque de divisions inhérent à ce choix, risque que le Parti Socialiste continue encore et toujours de s'abîmer dans cette éternelle guerre des egos et de leurs ambitions dont elle vient de réanimer une flamme qui n'en demandait pas tant.

Soit, et ce n'est après tout pas nécessairement une mauvaise idée que les militants se voient ainsi donner l'occasion de trancher dans le vif. Qu'ils sachent bien d'ailleurs qu'ils n'auront pas d'autres occasions d'exprimer leur sentiment vis à vis d'une nouvelle candidature de Ségolène Royal en 2012. Qu'ils ne s'y trompent pas : une fois le Parti Socialiste aux mains de Ségolène Royal, il deviendra sa chose, une machine dont la première mission sera de la faire candidate. On aura cette fois bien compris qu'elle ne vise pas d'autre objectif et, pour ceux qui en doutaient encore, l'intelligence tactique de cette femme est redoutable : placée à la tête du Parti Socialiste, elle parviendra à ses fins.

C'est pourquoi, avec sa candidature au poste de premier secrétaire, le congrès du Parti Socialiste se transforme de facto en référendum pour ou contre la candidature de Ségolène Royal en 2012. Dit autrement, en sortant du frigidaire, Ségolène Royal a elle-même et sciemment activé le TSS.

Mais faisons là une petite parenthèse à destination de tous mes camarades ségolénistes qui vont me tomber dessus en évoquant ma haine de Ségolène Royal, et répondons par anticipation. La politique n'est pas pour moi affaire de sentiments et je n'éprouve ni affection ni haine particulière à l'encontre de Madame Royal. Il y a simplement que j'ai un désaccord profond avec sa manière de faire de la politique qui à mon goût ménage une trop grande place à la démagogie et aux coups médiatiques. Il y a que ma conception de qu'est la gauche est très éloignée de sa conception à elle. Il y a que je suis persuadé que le rejet qui s'attache à elle est à la mesure de l'enthousiasme qu'elle parvient à susciter. Il y a que je suis convaincu que sa candidature éventuelle en 2012 est l'assurance d'une nouvelle défaite pour la gauche, c'est-à-dire d'une nouvelle victoire pour la droite - et en tout cas le risque est bien trop grand pour que je consente sans m'y opposer à tenter l'aventure. Il y a donc que, si Ségolène Royal a en effet toute légitimité pour pousser de l'avant sa candidature pour 2012, je suis tout autant légitime - comme tout autre militant socialiste ou citoyen de ce pays - à vouloir qu'on fasse en sorte de contrarier ses ambitions... et il s'agit en réalité bien moins d'elle, de sa personne, que de favoriser l'émergence d'une nouvelle espérance à gauche à laquelle, j'en suis convaincu, elle fait obstacle.

Revenons donc au congrès. Comment Ségolène Royal compte prendre le Parti Socialiste ? En faisant très précisément ce qu'elle et ses partisans n'ont cessé de dénoncer, c'est-à-dire en aplanissant tous les sujets susceptibles de fâcher untel ou unetelle, en construisant une synthèse la plus consensuelle et donc la plus molle possible, en faisant très proprement du François Hollande pur jus. Le moins qu'on puisse dire est qu'en terme de rénovation ça commence très mal, surtout venu de la part de gens qui n'avaient cessé de plaider pour un congrès de clarification durant lequel il ne fallait surtout pas craindre de débattre du fond et de faire apparaître les clivages. Au lieu de quoi, on nous sort donc un texte d'une page aussi creux qu'il est oecuménique et sans saveur, qui accrédite l'idée que le Parti Socialiste n'a en réalité rien à proposer.

C'est qu'il s'agit maintenant de l'emporter à tout prix, et au prix même de tous les reniements, au prix même de la plus effarante vacuité. Que sont donc devenues les propositions concrètes ? Où se trouve donc l'architecture de ce projet socialiste qu'il va nous falloir bâtir au lendemain du congrès ? Où sont mêmes les idées ? « Si la gauche veut des idées » lançait avec une certaine morgue Ségolène Royal il y a quelques mois. Mais que sont-elles devenues, toutes ces idées ? Qu'en a-ton fait ? Tout ça pour ça ?! Que reste-t-il donc des débats qui ont eu lieu ces six derniers mois, depuis la rédaction des contributions jusqu'au dépôt des motions ? Quoi ! juste et encore cette synthèse molle et sans saveur, qui n'ouvre sur rien mais neutralise tout le monde ? Encore cette chose que nous ne connaissons que trop bien et qui chaque fois débouche sur la défaite ?

Non ! J'ose espérer que les responsables des autres motions ne souscriront pas à cette conclusion dramatique d'un congrès qui devait être celui de la clarification et du renouveau. J'ose espérer que les délégués au Congrès sauront dire non à une telle motion de synthèse. Et si tel n'était pas le cas, si une nouvelle fois l'appareil prouvait sa délirante inertie, j'ose donc espérer que les militants socialistes choisiront de rejeter la candidature de celle qui portera la responsabilité entière d'un tel gâchis : il faudra bien cette fois se résoudre à user du traitement de choc des urnes sur un parti socialiste à l'électroencéphalogramme tragiquement plat et qu'on persiste à vouloir laisser dans le coma afin de servir des ambitions exclusivement personnelles.

Que les militants en aient bien conscience : ils auront la légitimité, et sans doute le devoir, de ne pas accepter, de ne pas se soumettre et de dire non : Non, pas cette fois !



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La motion Royal au pied du mur de la rénovation

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Dray ou Peillon : la motion Royal au pied du mur de la rénovation



Vincent Peillon ou Julien DrayEn ayant la responsabilité de proposer un candidat pour le poste de premier secrétaire - dans l'hypothèse où la synthèse majoritaire se ferait autour d'elle - la motion E se retrouve au pied du mur de la rénovation.

Julien Dray ou Vincent Peillon ? L'alternative est largement connue et au choix qui sera fait l'on pourra juger de la volonté des partisans de Ségolène Royal d'aller au bout du discours qui a été tenu tout au long la campagne interne, et la main sur le coeur, quant à la rénovation du Parti Socialiste et la nécessité d'en finir avec des méthodes moribondes.

Il ne s'agit pas tant d'entrer dans une querelle de personnes que de constater que chacun de ces deux candidats potentiels symbolise une orientation. Si Vincent Peillon est de toute évidence le candidat qui a la faveur des militants, celui autour duquel il leur serait possible de se rassembler, celui qui incarne le mieux la rénovation - et cette réalité est encore plus criante si l'on se limite aux partisans de la motion E - , Julien Dray quant à lui n'a pas renoncé à jouer sa carte personnelle qui pour ce faire se positionne comme le candidat de l'appareil, le plus petit dénominateur commun, celui qui fera le moins d'ombre ici ou là et que les barons pensent pouvoir facilement manoeuvrer, derrière lequel ils pourront continuer à oeuvrer pour sauvegarder leurs petits intérêts particuliers.

Julien Dray ou Vincent Peillon, dans une large mesure, c'est le PS d'hier qui affronte une dernière fois le PS de demain, le passé qui s'oppose à l'avenir, l'immobilisme face au mouvement ; c'est le choix de la neutralisation ou celui de la rénovation, celui du verrouillage encore ou celui de l'ouverture enfin... Et à choisir le premier, la motion E serait immanquablement dans le reniement. Un choix désastreux et un très mauvais augure pour l'entreprise de rénovation du Parti Socialiste qui sera censé débuter au lendemain du congrès, dans moins d'une semaine maintenant.

Or, il est aisé de comprendre que, pour Ségolène Royal elle-même, la tentation Dray sera très forte... tant Vincent Peillon représentera rapidement pour elle une menace - une menace qui se fait déjà d'autant plus fortement sentir que puissante, justement, est la demande des militants d'un Vincent Peillon. Il semble que ce dernier est disposé à prendre ses responsabilités, mais Ségolène Royal aura-t-elle la volonté de s'effacer au point de placer sur le trône un proche qui deviendrait bientôt un rival et mettrait en péril ses ambitions très personnelles ? Elle se souviendra sans doute que Chirac avait lui-même enfanté Balladur et que peu s'en était fallu que cela ne finisse par lui coûter son propre rêve présidentiel.


Nota Bene : j'ai dit Julien Dray, mais cela serait vrai tout autant s'il s'agissait de François Rebsamen, autre prétendant de la motion E au poste de premier secrétaire... et actuel numéro 2 du Parti Socialiste.



Où l'on parle de : La motion Royal au pied du mur de la rénovation






Tout Sauf Ségolène et Condorcet

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Tout Sauf Ségolène et Condorcet



CondorcetÊtes-vous prêts pour un petit cours de formalisation mathématique du processus démocratique ?

Vous devriez, si vous souhaitez comprendre pourquoi le fait que la motion de Ségolène Royal soit arrivée en tête n'est pas pour cette dernière une garantie de victoire et que son éventuelle mise en minorité ne serait pas nécessairement un scandale, un vol du vote des militants et qui le dénaturerait, comme on l'entend déjà dire ici ou ; comprendre que la mise en place d'un front Tout Sauf Ségolène pourrait n'être rien de plus qu'une réponse très conforme au souhait démocratique des militants socialistes.

Le candidat de Condorcet

Commençons par le début. La théorie des élections part du principe qu'un candidat qui, opposé à n'importe quel autre dans un duel électoral, l'emporterait, c'est-à-dire recevrait une majorité absolue des suffrages, doit impérativement être élu. Condorcet ayant été le premier à formaliser cette exigence, un tel candidat est appelé le candidat de Condorcet. Il est facile de comprendre que dans le cas contraire, si un autre que celui-là était élu, il y aurait un vice démocratique, puisqu'une majorité d'électeurs aurait préféré élire le candidat de Condorcet plutôt que celui qui a été élu à sa place et donc indûment.

Le souci est qu'en pratique il est impossible d'organiser autant de duels électoraux qu'il y a de paires de candidats possibles - il faudrait organiser six tours de scrutin pour une élection à quatre candidats, vingt-quatre tours pour cinq, etc...

On pourrait alors imaginer de demander aux électeurs d'ordonner tous les candidats afin de déterminer lequel d'entre eux est le candidat de Condorcet. Mais voilà, la théorie montre que dans une telle situation, les électeurs ont intérêt à tricher sur leurs réelles préférences afin de favoriser leur candidat favori, celui qu'il place en tête de leur préférence, faussant de facto le résultat du vote.

Autre souci : le candidat de Condorcet n'existe pas toujours. Mais on est déjà là hors du propos que je souhaite tenir. L'essentiel est de comprendre qu'un bon mode de scrutin est au minimum un mode de scrutin qui conduit à élire le candidat de Condorcet de préférence à tous les autres.


En quoi cela concerne Ségolène Royal ?

C'est ici qu'il devient nécessaire de formaliser les choses. Supposons que nous ayons 4 candidats (ou motions) et appelons-les respectivement A, C, D et E (lettres choisies pas tout à fait arbitrairement...). Et faisons la notation suivante : X>Y signifie que l'électeur préfère élire X que Y. Supposons que nous avons 100 électeurs (c'est plus facile pour calculer les pourcentages) et plaçons nous dans le scénario suivant où nous décrivons comment les électeurs ordonnent les candidats suivant leurs préférences :

A>C>D>E : 10 électeurs - A>D>C>E : 5 électeurs - A>C>E>D : 5 électeurs - A>E>C>D : 10 électeurs ;
C>D>A>E : 10 électeurs - C>E>D>A : 5 électeurs - C>E>A>D : 5 électeurs ;
D>C>A>E : 10 électeurs - D>C>E>A : 5 électeurs - D>A>C>E : 5 électeurs - D>E>C>A : 5 électeurs ;
E>A>C>D : 10 électeurs - E>C>D>A : 10 électeurs - E>D>C>A : 5 électeurs - E>C>A>D : 5 électeurs ;

Si nous demandons maintenant à nos 100 électeurs d'exprimer leurs préférences entre les 4 candidats, nous obtenons les résultats suivants qui devraient vous rappeler quelque chose : candidat E : 30% - candidat A : 25% - candidat D : 25% - candidat C : 20%

Faut-il en conclure que le candidat E est le candidat qui doit être élu de préférence à n'importe quel autre ? Il est assez simple de se rendre compte que non en constatant que si nous demandons aux électeurs leurs préférences entre E et A, ceux-ci les placeront à égalité (50-50), et de même si on leur fait la même demande à propos de E et D, mais qu'en revanche ils sont 60% à préférer C à E...

D'ailleurs, dans cet exemple qui n'a rien d'aberrant, le candidat C est également préféré à A par 60% des électeurs et à D par 65% d'entre eux : C est ici le candidat de Condorcet et, malgré ses 20% obtenu au premier tour de scrutin et qui le place derrière tous les autres, il est le candidat qui devra être élu si l'on ne veut pas se retrouver dans une situation non-démocratique, c'est-à-dire dans laquelle une majorité d'électeurs préférerait un autre résultat.


TSS et démocratie

Dans l'exemple ci-dessus, si 30% place le candidat E en tête de leurs préférences, il en est également 40% pour le placer en dernier, 40% qui préfèrent tout autre candidat à celui-ci, 40% d'électeurs favorables donc à un Tout Sauf E.

Il importe peu que ceux qui placent E en tête de leurs préférences le fassent par amour ou par proximité politique, comme il importe peu que ceux qui le placent en queue des leurs le fassent par haine ou par éloignement politique. Le fait est qu'ils forment les uns comme les autres le corps électoral et que la démocratie impose qu'on respecte leurs souhaits.

Autant dire qu'à ce stade, parler de la victoire de Ségolène Royal est plus que prématuré, démontre en vérité une incompréhension totale de ce qu'est la démocratie, de ce qu'est un processus électoral qui permet de s'assurer d'une décision autant que faire se peut démocratique. Un mode de scrutin est un ensemble de règles supposé favoriser la décision démocratique, un processus connu au préalable de tous et dont le respect doit être une exigence pour chacun.

Et si l'on estime que les règles sont mauvaises, qu'à l'usage on constate qu'elles fonctionnent mal, qu'elles ne remplissent pas leur rôle et ne garantissent pas suffisamment la démocratie, on les change - mais ensuite seulement, pour le prochain coup, en s'abstenant de crier au scandale durant un processus qui est en cours et dont on connaissait au préalable parfaitement des règles que l'on a d'ailleurs acceptées.

Les règles qui président à un congrès du PS ne disent en aucune manière que la motion arrivée en tête du vote des militants devient de facto centrale et partie prenante de la nouvelle majorité. Ces règles disent qu'à l'issue du vote, des synthèses partielles ou totale sont possibles entre les motions et sont soumises à l'approbation des délégués au congrès, eux-mêmes élus à la proportionnelle des votes des militants sur les motions. La synthèse qui reçoit l'approbation d'une majorité de délégués devient la ligne politique du parti. Ensuite, un secrétaire national est élu au suffrage direct des militants, avec un second tour si aucun candidat n'obtient la majorité absolue à l'issue du premier. Il ne s'agit en aucun cas de faire dire aux règles ce qu'on préfère leur entendre dire.

Le fait est que dans mon exemple ci-dessus, qui pour n'être qu'un exemple est une hypothèse non moins crédible qu'une autre, la volonté des électeurs exige que le candidat E soit battu.



Où l'on parle de : Tout Sauf Ségolène et Condorcet






Génération Hamon Peillon

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Parti Socialiste : Hamon, Peillon et changement de génération - analyses des résultats du vote sur les motions et perspectives



Hamon, Peillon et changement de générationD'abord les résultats : avec une abstention d'un militant socialiste sur deux, Ségolène Royal arrive en tête avec 29% des suffrages, Bertrand Delanoë et Martine Aubry plafonnent à près de 25%, et Benoit Hamon atteint à peu de chose les 20%.

A ce stade, et parce qu'aucune motion n'a atteint la barre des 50% lui permettant d'être majoritaire seule, il est impossible de déclarer qui que ce soit vainqueur. En revanche, il est dors et déjà possible de parler des perdants. En premier lieu, il s'agit de la participation : le moins qu'on puisse dire est que ce scrutin n'a pas mobilisé les militants socialistes et c'est une défaite pour le Parti Socialiste dans son ensemble, du moins pour celui qu'il est encore aujourd'hui et c'est en soit une exigence de changement que cela nous impose collectivement.

Le deuxième perdant est Bertrand Delanoë qui n'a pas su insuffler une dynamique à sa campagne et dont le score est au strict minimum de ce qu'il pouvait attendre. Avec lui, tant le maire de Paris est apparu comme son représentant, c'est la direction sortante qui est sanctionnée. Et Martine Aubry elle non plus n'a pas décollé et peut à ce titre être relégué dans le camp des perdants.

Sortent donc renforcés de ce premier tour, Ségolène Royal qui contrairement aux deux autres poids lourds a réussi à s'arracher à l'étiage des 25% - sans pour autant atteindre la barre des 30% et se retrouvant très en deçà des primaires de 2006 où elle avait obtenu près de 65% des suffrages des mêmes militants - et surtout Benoit Hamon qui fait une percée remarquable en flirtant avec le cap des 20%, d'autant plus remarquable que lui seul ne bénéficiait pas du soutien ni de l'appareil ni d'une ou plusieurs grosses fédérations.

Mais plus notablement encore, c'est en réalité l'ancrage à gauche du Parti Socialiste qui sort gagnant de ce premier tour de scrutin. D'abord parce que le score de la motion Hamon est un succès, mais aussi parce que la campagne interne s'est largement déroulée autour des thèmes défendus par sa motion, Ségolène Royal et Martine Aubry rivalisant pour conquérir ce terrain-là d'une gauche qui se rapproche d'elle-même et s'éloigne de ses renoncements. C'est une bonne nouvelle.

Et maintenant ?

La première chose qu'il faut souligner est que non seulement aucune motion n'est majoritaire à elle seule, mais aucune combinaison de seulement deux motions ne peut l'être non plus, ou du moins de manière stable et incontestable.

La deuxième chose est qu'une synthèse qui se ferait entre les motions de Ségolène Royal, Bertrand Delanoë et Martine Aubry constituerait le pire des scénari en ce qu'il correspondrait à reconduire à la direction du PS les vieilles alliances : cela réduirait à néant la volonté de changement, et de changement à gauche, qui s'est clairement exprimé à l'occasion de ce premier tour de scrutin. Ainsi, chacune de ces trois motions, si elle veut sortir du congrès dans la majorité, a besoin de Benoit Hamon - ce qui place ce dernier en position centrale dans le grand jeu des alliances qui débute à présent (et qui n'est pas sale, pour peu qu'il se fasse autant que faire se peut au grand jour).

La troisième chose qu'il faut noter est que Ségolène Royal n'est parvenue à enclencher une dynamique, relative mais réelle, que dès lors qu'elle a placé sa candidature au poste de premier secrétaire au frigidaire. Elle serait bien inspirée de l'y conserver afin de respecter les militants nombreux pour lesquels cette réfrigération a permis qu'ils s'expriment en faveur de la motion dont elle était signataire, et qui donc lui ont donné de s'extraire de l'étiage des 25%.

La quatrième chose, enfin, est que le résultat de Ségolène Royal et de sa motion, pour positif qu'il apparaisse, ne lui procure pas - et très loin de là - un avantage décisif, tant elle apparaît encore isolée. C'est que si des 30% de militants qui ont voté pour sa motion on peut estimer que 25% sont disposés à la voir redevenir la candidate des socialistes aux présidentielles de 2012, on peut de la même manière gager qu'une très forte proportion des 70% qui ont choisi de voter ailleurs est pour l'heure fermement opposée à cette hypothèse. Ce serait une grave erreur de sa part de vouloir ignorer plus longtemps la réalité d'un rejet aussi réel pourtant que l'enthousiasme qu'elle suscite par ailleurs.

De tout cela, outre la volonté des militants d'ancrer le Parti Socialiste à gauche, il semble impératif de conclure à une volonté tout aussi forte d'un renouvellement de génération à la tête du Parti Socialiste : non seulement Bertrand Delanoë et Martine Aubry, et avec eux François Hollande, Laurent Fabius et même Dominique Strauss-Kahn, n'ont pas été suivi par les militants, mais c'est une motion E avec une Ségolène Royal réfrigérée et une motion C dont le premier signataire Benoit Hamon appartient à la nouvelle génération qui sont parvenus à séduire les militants.

Ainsi, on peut formuler trois hypothèses pour une synthèse :

Le scénario de la continuité : Les trois motions de tête s'entendent et forment une majorité et c'est la redite de 2002 et 2007 qui se profilera, où un PS coupé de sa gauche, et donc de sa base électorale, ne parviendra pas à proposer un projet alternatif suffisamment ambitieux et rénové pour emporter l'adhésion des français : on prend les mêmes, on recommence et c'est Nicolas Sarkozy qui l'emporte à la fin.

Le scénario TSS : Ségolène Royal se focalise sur sa pseudo-victoire et cherche à réchauffer sa candidature à la tête du PS, réactivant par la même occasion la crispation autour de ses ambitions présidentielles, et ce sont alors les motions Delanoë, Aubry et Hamon qui font front commun et constituent une majorité par défaut : une occasion manquée !

Le scénario du changement : Ségolène Royale maintient son retrait, laisse Vincent Peillon venir au premier plan et construire autour de lui et de Benoit Hamon une synthèse impliquant ancrage à gauche et changement de génération, option qui sera en mesure de rassembler largement au-delà de leurs deux motions : un congrès de rénovation réussi, un Parti Socialiste tourné vers l'avenir, un signe fort d'espoir adressé aux français.

La capacité de Ségolène Royal à s'effacer, la capacité de Vincent Peillon à prendre ses responsabilités, la capacité de Benoit Hamon a ne pas céder sur l'essentiel, voilà les clefs du congrès.

Réponse, fin de semaine prochaine...



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Socialistes, osez le changement

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Socialistes, osez le changement



Socialistes : Osez la motion C
Enfin !

Ce soir, les militants socialistes sont appelés à voter pour l'une des six motions qui sont proposées à leur sagacité politique. Et demain matin, nous sauront s'ils se sont mobilisés et s'ils ont osé le changement à gauche?


Socialistes, Mobilisez-vous ! Cette élection est cruciale, en ce qu'elle constitue le premier pas dans une marche en avant qui, en 2012, aura conduit la gauche à la victoire, enfin la victoire, ou bien à une nouvelle défaite cuisante. Un premier pas ce soir qui détermine une direction pour demain.

C'est que le résultat des votes des militants ce soir sera déterminant quant à la tonalité que prendra le congrès qui se tiendra à Reims les 14, 15 et 16 novembre prochains et à l'issue duquel le PS se sera doté d'une ligne politique, synthèse partielle ou totale entre les différentes motions (puisqu'aucune ne semble seule être en mesure dépasser la barre des 50%). Ensuite, et seulement ensuite, il s'agira d'élire un premier secrétaire - et en réalité une équipe de direction, un secrétariat national, lequel sera alors en charge d'organiser la refondation politique du PS, de conduire les socialistes dans la rédaction d'un projet nouveau et ambitieux, à même de séduire les français en leur offrant l'espoir d'une alternative crédible au libéralisme destructeur de la sarkofrance, et de préparer les élections à venir - européennes, régionales et présidentielles.


Socialistes, Osez le changement de projet ! Il ne s'agit pas de jouer avec les mots, mais de regarder la réalité : c'est la même inspiration sociale-démocrate qui a présidé à l'élaboration des projets de Jospin en 2002 et de Ségolène Royal en 2007 et dont les français n'ont pas voulu. Et c'est encore la même inspiration sociale-démocrate que l'on retrouve dans les motions de Martine Aubry, Bertrand Delanoë et Ségolène Royal. Faut-il réellement persister dans l'erreur ?

Il ne s'agit pas de dire, par exemple et parce que c'est ce mois-ci dans l'air du temps, que le modèle social-démocrate est périmé, tout en rédigeant et signant une motion sociale-démocrate avec les plus sociaux-démocrates des sociaux-démocrates du PS - ce que sont les Collomb, Guérini et Valls, au point même qu'ils se réclament plus volontiers d'un social-libéralisme éventuellement sarko-compatible. Il s'agit de constater que la sociale-démocratie ne suffit pas, n'a jamais suffit à endiguer le rouleau-compresseur du libéralisme, et d'en tirer les conséquences en en proposant son dépassement.

C'est que la sociale-démocratie est en réalité le mal d'un socialisme complexé, qui devant la pensée dominante libérale choisit de reculer plutôt que de chercher à se réinventer, à adapter sa pensée et ses propositions aux exigences d'un monde qui a considérablement changé. La sociale-démocratie était la réponse en-dedans à l'absence criante d'un socialisme moderne, elle était à gauche l'alternative à un socialisme archaïque. La sociale-démocratie était le pis-aller crédible de la gauche. Elle ne suffisait pas, ne pouvait suffire et elle a donc échoué : avec ou sans elle, la vague libérale a continué de déferler sur les économies - et de plus en plus souvent sans elle parce qu'elle a fini par d'abord échouer électoralement, parce que les électeurs avaient compris qu'elle ne suffirait pas.


Socialistes, Osez la gauche ! Pendant longtemps, donc, il s'agissait d'hésiter entre une gauche complexée, sociale-libérale, et une gauche archaïque, inapte. On pouvait soit fermer les yeux sur les archaïsmes et voter avec son coeur, mais en vain, ou bien choisir la raison et voter la mort dans l'âme, sans illusion. Nous ne sommes plus dans cette situation. Aujourd'hui, le socialisme est en position de pouvoir se réinventer, de redevenir une idée d'avenir, de proposer une alternative réellement ambitieuse et cohérente, en phase à la fois avec son époque et avec son idéal.

Il ne s'agit pas de dire que la motion C de Benoit Hamon est la réponse, tout ne s'y trouve pas et loin s'en faut, mais ce texte est le seul à ouvrir sur cette possibilité d'une gauche enfin réinventée ; des pistes y sont ouvertes, des propositions y sont faites et qui s'articulent avec cohérence ; un souffle et une ambition la traverse qui permettraient aux socialistes d'avancer dans la bonne direction et d'espérer aboutir à un projet enfin apte à répondre aux crises sociales et environnementales que nous traversons et qui sont les fruits des crises économiques et financières auxquelles ont conduit un libéralisme moribond.

Du poids qu'aura obtenu la motion C, et exclusivement du poids de celle-ci - tout le monde s'en rend bien compte -, dépend la tonalité future des travaux de reconstruction du PS et de son projet. Qu'elle obtienne un score faible et il ne s'agira que de replâtrer encore une fois, un peu ici et un peu là, le projet social-démocrate, et alors la gauche pourra s'attendre à subir un nouveau revers dont les français les plus en difficultés seront les premières victimes. Qu'à l'inverse les socialistes osent bousculer l'ordre établi et accordent massivement leurs suffrages au changement, à la volonté d'un changement radical - non, ce n'est pas un gros mot - qui s'exprime dans la motion C, et alors l'espoir à gauche d'une alternative utile pourra enfin renaître. Et nous savons tous, tant le monde va mal, que c'est pour nous et pour tous une exigence.


Socialistes, Osez le changement de génération ! Une des forces de la démocratie américaine réside dans ce qui est aussi un de leurs grand défaut, le culte du vainqueur et la déchéance des vaincus. C'est parce qu'il est là-bas quasi impossible à celui qui a perdu une élection de se représenter à nouveau, qu'un Clinton ou un Obama ont eu la possibilité d'émerger. Ils n'ont pas besoin d'oser le renouvellement du personnel politique, ils y sont contraints.

Dans une certaine mesure, nous avons en France le problème inverse : une prime considérable est accordé aux anciens, auxquels nous rivons nos regards, au point que de nouveaux talents ont toutes les peines à émerger et que notre personnel politique semble aujourd'hui largement figé; et nous avons ce sentiment d'avoir depuis des décennies sous les yeux toujours les mêmes têtes, ce sentiment d'une vie politique verrouillée, sclérosée - sentiments peu propices à susciter l'enthousiasme ou même, a minima, l'envie.

L'image du PS est aujourd'hui dans l'opinion française tout à fait déplorable. Les français attendent d'abord de nous - si même ils attendent encore quelque chose - du changement, la preuve que nous avons finalement pris conscience de nos errements passés - et il ne serait que temps ! Car il serait à ce titre désastreux qu'à l'issue de ce congrès l'on retrouve les mêmes aux commandes du Parti Socialiste. A l'inverse, il faut imaginer la force symbolique - et nous en avons besoin - qu'aurait dans l'opinion une situation où les vieilles motions des barons socialistes - les Hollande, Collomb, Fabius, Royal, Delanoë, Aubry... - seraient concurrencées sinon devancées par la motion portée par Benoit Hamon, une situation qui permettrait, au travers d'une synthèse heureuse, l'émergence d'une nouvelle génération de dirigeants, une situation propre à l'éclosion de nouveaux talents et donc à la résurgence d'une nouvelle espérance à gauche.

Il ne s'agit pas seulement que de Benoit Hamon ou de sa jeune équipe. J'ai déjà dit, par exemple, que l'avènement d'un Vincent Peillon au poste de premier secrétaire serait à même de participer au changement que les français attendent de nous, et qu'exige de nous les crises économiques et financières, sociales et environnementales, qui secouent durement la planète et ses habitants. Mais il se trouve que, pas tout à fait paradoxalement, la possibilité Peillon, toujours par exemple, ne saurait passer que par un score important de la motion C - et a contrario, pour cet exemple mais il en est d'autres, un score important de la motion E ne pourrait que laisser Vincent Peillon dans l'ombre de Ségolène Royal et entre les mains des barons de la sociale-démocratie avec qui elle a choisi de faire alliance.

Ce dont il s'agit, ce soir, c'est de créer une situation nouvelle, un rapport de forces différent qui permette que se cristallise une synthèse qui respire le changement et le renouveau. Et de toute évidence, cela passe par la motion C. Socialistes, oser est désormais une exigence et en même temps une possibilité, une chance que nous avons le devoir de saisir. Et c'est ce soir !





Où l'on parle de : Socialistes, osez le changement






Et hope, Obama !

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Aubry, Royal, Delanoë : Un monde de retard



Un monde d'avanceC'est tous les jours qu'ils s'affrontent, chaque jour un coup bas et une nouvelle polémique. Aujourd'hui, ce sont les ségolénistes et autres soutiens de la motion Collomb(Royal) qui font buzzer une vidéo, montage affligeant où l'on assiste à la prestation de Sylviane Agacinski chez Laurent Ruquier à propos de tout le mal qu'elle pense de Ségolène Royal, avec commentaires ségolénistes en surimpression pour bien forcer le trait - et notamment baliser le chemin qui de Mme Agacinski traversera Lionel Jospin pour atteindre Bertrand Delanoë.

Je ne vais pas entrer dans le débat, juste souligner que se complaire ainsi à la rebaptiser en Sylviane Jospin, ainsi que ne s'appelle pas Mme Agacinski , est réduire une femme à son mari et constitue déjà d'un machisme sévère, le même dont Mme Royal avait été en son temps la victime lorsqu'on usait contre elle des déclarations de celui qui était alors son compagnon. Procédé indigne hier, procédé indigne aujourd'hui.

Je préfère très simplement noter que le niveau du débat entre les motions soeurs de la social-démocratie à la papa descend là encore d'un cran. On n'aurait pas cru cela possible. C'est pourtant ce qui arrive chaque fois : quand le débat ne peut se tenir au niveau des idées parce qu'on professe au fond les mêmes, il descend au niveau d'un affrontement brutal, et souvent médiocre, entre des individualités qui en sus des idées partagent la même ambition personnelle autour de laquelle elles s'affrontent depuis bientôt une décennie, et davantage pour certains. Chaque fois, on ressort donc les grosses ficelles et renaissent les vieilles rancoeurs stériles.

Or, sur le fond, ils ont ensemble attendu que la crise éclate pour faire enfin mine de comprendre que c'est le système tout entier qui est en fin de vie. C'est au point que certains voudraient aujourd'hui reporter le congrès afin d'avoir le loisir de réécrire leurs motions et les adapter à l'actualité. C'est dire si eux-mêmes ont compris que la social-démocratie façon XXème et dont leurs motions se faisaient hier encore l'écho, n'était pas à la hauteur des enjeux de la crise systémique que nous vivons et dont pourtant les dégâts sociaux et écologiques ne datent pas de ce mois de septembre. C'est dire en réalité si ils ont un monde de retard !

Ils ont perdu en 2002 avec Lionel Jospin dont le programme n'était pas socialiste.

Ils ont perdu en 2007 avec Ségolène Royal qui s'est présenté devant les français avec le même programme sans souffle.

Virons-les en 2008, lors de ce congrès de la dernière chance, pour gagner en 2012 sur un projet socialiste refondé et ambitieux.

Rénovons enfin le PS, finissons-en avec les querelles de personnes, votons et faisons voter pour la seule motion qui présente une ligne politique résolument tournée vers le XXIème siècle dans un dépassement d'une social-démocratie aussi timide que désuète, une ligne politique traversée par la régulation écologique et sociale du marché. Votons massivement pour la motion C : « Un monde d'avance - une gauche décomplexée ».



Edit du 15 octobre : Je tiens ce matin à remercier les ségolénistes qui s'en prennent à Aubry qui déclare que Paris est une ville bourgeoise afin de mieux s'en prendre à Delanoë. Tout cela valide un peu plus encore, si besoin était, ce que j'écrivais il y a quelques jours, ci-dessus, quant au niveau exécrable du débat lorsqu'on peine à se démarquer sur le fond.

Vivement que ce congrès se termine ! Et espérons que les militants sauront majoritairement tirer les conséquences d'une campagne où preuve aura été une nouvelle fois apportée que la guerre des chefs ne saurait terminer : la sociale-démocratie a besoin d'être dépassée, le Parti Socialiste a besoin que ceux qui en sont les derniers représentants laissent la place... et que rénovation enfin se fasse.



Où l'on parle de : Un monde de retard






Retour sur l'assistanat

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La motion «Un Monde d'Avance » en 79 propositions



Un Monde d'Avance - la gauche décomplexée

Le monde se métamorphose : le néo-libéralisme plonge la planète toute entière dans la crise. Un monde s’éteint et le neuf hésite encore à naitre. Le congrès du Parti Socialiste se déroule dans ce clair obscur, cet intervalle entre deux cycles dont peuvent émerger le meilleur, un monde régulé et plus juste, ou le pire, le nationalisme ou la renaissance d’un capitalisme financiarisé.

Le Parti Socialiste n’a pas la faveur des Français qui jugent son action timorée et souvent illisible. Il n’est seul. La social-démocratie européenne a subi 13 défaites sur les 15 derniers scrutins. Est-ce, dans chacun de ces treize partis, faute de leaders ou de discipline ? Ou bien est-ce le résultat de la défaillance du projet social démocrate ? Cette seconde hypothèse paraît tout de même plus vraisemblable ! Ce qui est essentiel pour un parti, ce qui entraîne l’adhésion ou motive la critique, c’est son orientation politique.

La motion Un Monde d'Avance - la gauche décomplexée propose de clarifier une ligne politique sur 9 points : Sortir du libre échange généralisé, répondre à l’urgence écologique, redistribuer les richesses, affirmer le retour de la puissance publique, changer le cours de la construction européenne, aller à la reconquête de la démocratie, promouvoir une société de progression des droits et libertés, aller vers une société d’émancipation plutôt qu’une société d’ordre, définir une politique étrangère progressiste.

Il s'agit pour le Parti Socialiste d'affirmer une orientation à gauche. La Gauche est victorieuse lorsqu’elle est la Gauche, comme en 1981 ou en 1997. Elle est défaite lorsque les électeurs ne savent plus qui elle est, comme en 2002 ou 2007.

Il s'agit de vouloir un changement réel par rapport à la direction sortante du PS dont sont issues les 3 autres principales motions. Faire le choix du renouveau et de la rénovation : le PS a besoin d’un nouveau souffle, d’un sursaut.

Il s'agit enfin d'offrir aux Français les raisons d’espérer et donner à la Gauche les meilleures chances de gagner en 2012 sur un projet de transformation sociale ambitieux et crédible : décomplexée !



Les propositions d'une gauche décomplexée

Sortir du libre-échange généralisé

1. Activer le tarif extérieur commun, pour rétablir la préférence communautaire voulue par les pères fondateurs de l’Union européenne et lutter contre le dumping fiscal et social

2. Baisser les taux d’intérêt européens, pour ramener la parité euro/dollar à un niveau acceptable pour nos exportations

3. Relocaliser la production, selon le principe qu’il ne peut y avoir accès à un marché s’il n’y a pas production de tout ou partie des marchandises sur ce même marché. La relocalisation concourra aussi à la lutte contre la pollution générée par les transports de marchandises

4. Contre l’OMC, choisir la coopération plutôt que la compétition, pour obtenir entre nations une convergence sociale et écologique, et pas seulement commerciale.

Répondre à l’urgence écologique

5. Etendre le champ du service public, car les ressources comme l’air, l’eau et les espaces naturels ne doivent pas être jetés en pâture au marché

6. Mobiliser les collectivités locales de gauche pour remettre l’eau en gestion municipale directe

7. Employer les bénéfices de la gestion directe de l’eau pour restaurer la propreté des eaux et des rivières françaises à horizon 2015

8. Accorder aux ménages modestes et aux bailleurs sociaux des aides substantielles pour améliorer le bilan énergétique des bâtiments

9. Inventer une fiscalité écologique selon le principe du pollueur-payeur, en mettant notamment en place une taxe-carbone universelle avec l’aide de l’Europe, qui pourra l’imposer sur les importations

10. Promouvoir un autre modèle de développement agricole, qui protège les agricultures vivrières locales et qui taxe les importations destructrices pour l’environnement

11. Accélérer les progrès de l’agriculture biologique en France, en subventionnant davantage la recherche publique française pour obtenir des produits bio à la portée de toutes les bourses

12. Introduire des critères environnementaux dans le Code des Marchés publics, notamment pour favoriser l’utilisation de denrées produites à proximité des collectivités publiques

Pour lutter contre les inégalités, redistribuer les richesses

- Augmenter les salaires

13. Augmenter les salaires de la Fonction publique, qui emploie un salarié sur 5 en France

14. Porter le SMIC à 1500 €

15. Appliquer à toutes les branches le principe de minimas conventionnels au moins égaux au SMIC

16. Organiser une Conférence sur les Salaires, où sera fixée une norme de progression des salaires en fonction des gains de productivité. En cas d’échec de cette Conférence, l’Etat prélèvera davantage de cotisations sociales sur les branches réfractaires

- De nouveaux financements pour les retraites

17. Maintien du droit à la retraite à 60 ans et du système par répartition

18. Faire cotiser les stock-options à la retraite, instaurer une « CSG-Entreprises » pour faire cotiser les profits

19. Permettre aux salariés des métiers pénibles de partir en retraite avant d’avoir atteint 40 annuités de cotisations

Pour une protection sociale de haut niveau

20. Améliorer l’offre publique de soins, tant sur le plan technique que territorial

21. Mieux rembourser les soins dentaires et d’optique

22. Instaurer des enveloppes forfaitaires de rémunération pour les professionnels de santé

23. En finir avec le mythe du « trou de la Sécu » : revoir tous les mécanismes de niches fiscales, d’exonérations de cotisations patronales qui pèsent si lourd dans le manque de recettes de l’Assurance Maladie

Logement : l’action publique plutôt que le laisser faire

24. Bloquer les loyers en 2009 et encadrer leur évolution lors des relocations

25. Réquisitionner les logements vides, soit par la procédure d’attribution d’office laissée au Préfet, soit par l’activation du pouvoir de réquisition du maire

26. Relancer la construction de logements à loyers modérés, en mobilisant les ressources du Livret A et en abandonnant les exonérations fiscales accordées sans contrepartie

Renforcer la justice fiscale

27. Créer un grand impôt progressif sur le revenu, assis sur une assiette large, en fusionnant l’actuel IRPP et la CSG et en abandonnant les niches fiscales

28. Instaurer un abattement d’impôt au bénéfice de tous les ménages modestes

29. Créer une « CSG-Entreprises » en remplacement des cotisations patronales actuelles, pour favoriser l’emploi et les PME

30. Réformer la fiscalité locale et mettre en place une véritable péréquation fiscale entre collectivités territoriales

Affirmer le retour de la puissance publique, reconstituer nos marges de manœuvres

31. Supprimer le bouclier fiscal et réorienter le paquet fiscal vers des dépenses d’avenir : innovation, recherche, santé, éducation et développement durable

32. Soutenir l’investissement en faisant davantage intervenir l’Etat dans l’économie, par des prises de participation au capital et un « fonds souverain français », qui investirait dans les entreprises socialement et écologiquement responsables

33. Bâtir un pôle public de l’énergie, reposant sur un pilier électro-gazier (EDF, GDF et Suez), un pilier nucléaire (Areva, dont il faut stopper la privatisation) et un pilier pétrolier (Total)

34. Créer de nouveaux services publics : petite enfance, logement et habitat

35. Maintenir les tarifs réglementés dans certains secteurs clé (énergie… )

36. Restauration de la législation protectrice du droit du travail, notamment sur la durée du travail (35 heures), sur le salaire minimum, la santé et la sécurité au travail, etc.

Changer le cours de la construction européenne

37. Une autre politique monétaire, en obligeant la BCE à soutenir d’abord la croissance et l’emploi

38. Une autre politique budgétaire, en révisant le Pacte de stabilité et en dotant l’Union d’un budget digne de ce nom, pour financer la solidarité avec les Etats membres moins riches

39. Création d’un impôt européen sur les sociétés

40. Pour un « New Deal » européen, financé par l’emprunt, en faveur de l’innovation industrielle : remplacement énergétique, biotechnologies, nouveaux procédés industriels, nouvelles infrastructures (classiques et numériques)

41. Création d’une Communauté Européenne de la Recherche et de l’Industrie (CERI), sur le modèle de la CECA (Charbon et Acier)

42. Moratoire sur les libéralisations dans les services publics (poste et chemins de fer) puis vote d’une directive cadre définissant les principes communs à tous les services publics

43. Création d’un salaire minimum européen

44. Harmonisation des taux de l’impôt sur les sociétés

La reconquête de la démocratie

45. Pour une 6ème République, où le Premier ministre est le véritable chef de l’Exécutif

46. Inscrire un statut de l’élu dans la Constitution

47. Accorder le droit de vote et d’éligibilité aux élections locales aux résidents non communautaires

48. Instaurer la parité hommes / femmes dans tous les Exécutifs (locaux, intercommunaux, régionaux, gouvernemental)

49. Donner un second souffle à la démocratie sociale, en rétablissant la hiérarchie des normes sociales, en faisant négocier des accords majoritaires par des syndicats représentatifs sur la base des élections professionnelles, en organisant un financement public des syndicats

50. Assurer le pluralisme médiatique, en faisant voter une loi anti-concentration en France et une directive sur la liberté d’expression et d’information en Europe

51. Interdire aux entreprises vivant de la commande publique de détenir des actions dans le secteur des médias

Une société de progression des droits et libertés

52. Rétablissement de la police de proximité

53. Suppression de la rétention de sûreté et des peines plancher

54. Privilégier les peines alternatives à l’emprisonnement

55. Une nouvelle politique d’immigration, via un plan de régularisation et d’obtention de visas de travail, ainsi que par une lutte sans merci contre le travail au noir

56. Lutter contre les discriminations, en mobilisant collectivités publiques et entreprises, en étendant les droits attachés au PACS, en autorisant le mariage et l’adoption pour les couples de même sexe

57. Lutter pour l’égalité réelle des salaires entre hommes et femmes

58. Repenser la politique familiale, pour qu’elle prenne mieux en compte les disparités de revenus et privilégie les modes de garde collectifs

Une société d’émancipation

- Un nouveau pacte éducatif national

59. Augmentation, et non réduction, du nombre de jours de présence effective à l’école, en allégeant le contenu de chaque journée

60. Une nouvelle politique périscolaire, favorisant activités artistiques, culturelles et sportives

61. Développer la scolarité dès 2 ans et généraliser les modes de gardes collectifs avant 3 ans

62. Annuler les suppressions de postes, pour renforcer le soutien scolaire et le travail en petits groupes

63. Instaurer un véritable droit à la qualification pour tous les jeunes, en supprimant notamment l’apprentissage à 14 ans et en redonnant la priorité à l’enseignement professionnel

64. Restaurer la mixité scolaire, par la sectorisation et une aide accrue aux établissements scolaires des quartiers populaires (classes à effectifs allégés, professeurs expérimentés, réseaux d’aide renforcés)

- Pour la jeunesse : insertion et émancipation

65. Créer un statut social pour tous les jeunes en formation et en insertion

66. Mettre en place une allocation d’autonomie, conditionnée aux ressources propres du bénéficiaire, ouvrant des droits en matière de santé, transports, etc.

67. Créer une Aide au Départ en Vacances (ADV), d’un montant minimum de 200 euros, versée sous condition de ressources et directement affectée aux séjours organisés par les centres de vacances agréés

- Pour un nouveau projet culturel

68. Valoriser les arts et cultures populaires, en favorisant les pratiques amateurs et en structurant l’offre de formation professionnelle

69. Mettre en place un aménagement culturel du territoire, en conditionnant le versement des subventions publiques à l’amélioration de l’offre culturel dans les territoires délaissés

70. Reconnaître les échanges d’œuvres artistiques sur internet, à condition que ces échanges soient non commerciaux et qu’ils donnent lieu à une forme de rémunération des artistes, par exemple sous la forme de la « licence globale »

Pour une politique étrangère progressiste

71. Adoption d’un calendrier de retrait des troupes françaises d’Afghanistan

72. Refuser la réintégration de la France au commandement militaire de l’OTAN

73. Promouvoir de nouveaux droits mondiaux, tels que les droits sociaux dans le cadre de l’OIT, l’accès aux biens publics mondiaux (santé, éducation… )

74. Créer une taxe mondiale sur les transactions financières pour financer un fonds pour l’accès aux biens publics mondiaux

75. Réformer l’ensemble des organisations internationales : FMI, Banque mondiale, création d’un Conseil de Sécurité Economique et Sociale et d’une Organisation Mondiale de l’Environnement

76. Garantir la primauté des normes sociales et environnementales sur les impératifs commerciaux et financiers

77. Augmenter l’aide publique française au développement, pour qu’elle franchisse le seuil de 0,7% du PIB

78. En finir avec la « Françafrique » et poser les bases d’un nouveau partenariat avec les pays concernés

79. Refuser les accords actuels de partenariat Union Européenne / Afrique – Caraïbes – Pacifique, et donner la priorité aux exigences de développement sur les exigences commerciales



Où l'on parle de : La motion «Un Monde d'Avance » en 79 propositions






L'argent et les banques pour les nuls

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Quand Vincent Peillon invite les socialistes à voter pour la motion de Benoit Hamon



Vincent Peillon a une nouvelle fois, fait la preuve de tout son talent, a justifié tous les espoirs que nombre d'entre nous, à gauche, peuvent placer en cet homme d'envergure.

Interrogé en fin de semaine dernière sur I-Télé au sujet l'intervention de Nicolas Sarkozy à propos de la crise financière, il a été à la fois clair et pugnace, et pour tout dire brillant. Il a dénoncé avec une grande fermeté « une dramatisation incroyable, qui relève de la démagogie » et « un président inconséquent et démagogue » qui prend « les français pour des imbéciles », un président qui est aussi « l'homme qui a vidé les caisses de l'Etat », qui il y a un an encore « voulait favoriser les subprimes en France » et qui aujourd'hui ne propose en réaction à la crise que « des mesurettes » et du « symbolique », qui ne propose en réalité rien d'autre que la poursuite « d'une politique économique qui va dans le mur », laquelle est d'ailleurs « la même depuis 2002 ».

Il a proclamé notamment, très justement, et avec force conviction, que « le problème profond d'un système financier totalement dérégulé qui est en train d'appauvrir l'économie[...] c'est le système lui-même ». Une magnifique prestation, un réquisitoire d'une dizaine de minutes que je vous invite à suivre attentivement :


Vincent Peillon sur I>Télé
envoyé par dagrouik

Au passage, on entend Ségolène Royal qui réclame « qu'on passe des discours aux actes ». Elle a raison et c'est là toute la question. Quels actes forts poser pour répondre à la faillite globale d'un système ? Quelle politique alternative mettre en place qui soit à la hauteur des enjeux d'une crise qui ira s'aggravant tant qu'on aura pas transformé le système lui-même ? Quelle sera demain la ligne politique qui permettra aux socialistes de définir dans les mois qui suivront un projet à la fois crédible et ambitieux, qui posera les actes nécessaires à une transformation d'un système en fin de vie ?

C'est là bien tout l'enjeu du Congrès de Reims, en novembre prochain, où les socialistes se choisiront une ligne politique et une nouvelle direction. Les médias ne cessent de vouloir donner à croire qu'un tel congrès ne serait qu'un petit cirque minable totalement déconnecté des réalités, un sujet tout à fait mineur en regard de la crise qui frappe de plein fouet la France et les français. C'est tout le contraire et à ce titre on ne peut que regretter que certains des responsables socialistes semblent accréditer cette idée que le débat politique ne serait rien d'autre que superfétatoire, se limiterait à un bal des egos et des ambitions personnels. C'est tout le contraire parce que le travail des politiques, au-delà de se préoccuper du présent - gouverner pour ceux qui sont dans la majorité, s'opposer et faire vivre la démocratie pour les autres -, est de préparer l'avenir - et la période actuelle de faillite du système libéral rend plus cruciale encore l'exigence d'une alternative politique.

Il ne peut donc suffire de faire un constat, fut-il brillant, de la faillite du système. Encore faudra-t-il être en mesure d'apporter des réponses. C'est là tout le problème de Vincent Peillon, car à lire la motion Collomb(Royal) qu'il a signée, on comprend aussitôt que le ralliement des barons du PS (Collomb, Guérini et Valls, entre autres...) a été très chèrement payé par une Ségolène Royal qui se retrouvait menacée d'isolement. On croyait qu'il ne s'agissait que de mettre au frigidaire sa candidature au poste de premier secrétaire (c'est-à-dire en langage moins politique d'y renoncer totalement) et de renoncer d'abord à être la première signataire de ce qu'elle aurait voulu être « la motion Royal », ce qui était déjà beaucoup. Mais en réalité, devant la surprenante vacuité de cette motion, on comprend que les ségolénistes ont en réalité mangé leur chapeau et se retrouvent à soutenir une motion dont la ligne politique pourrait se définir comme social-libérale à la papa. Rien qui soit à la hauteur de la nécessaire transformation systémique qu'exige la crise financière et économique, écologique et sociale.

Ainsi, même le sujet pour le moins emblématique de la démocratie participative a fait les frais de cette alliance avec la droite du parti et ne fait désormais plus l'objet que de cinq lignes et autant de phrases inconsistantes. C'est dire ce à quoi il a fallu consentir pour obtenir de rompre un isolement qui aurait sans aucun doute signifié une trop cuisante défaite pour une Ségolène Royal qui souhaite avant tout préserver ses chances pour 2012. Il lui fallait avant tout limiter les dégâts, fut-ce donc à un coût politique exorbitant

Et c'est à peu près le même syndrome qui a tout autant frappé de paralysie un Bertrand Delanoë, lequel pourtant, il y a peu encore, nous invitait à l'audace. A lire sa motion, on se demande où se trouve le « courage » et la «créativité» éponymes, tandis que ce qui néanmoins apparaît avec « clarté » est qu'être présidentiable invite par trop à la prudence pour s'aventurer en une ligne politique réellement audacieuse, qui puisse aboutir à un projet politique réellement alternatif et apte à transformer une organisation économique et sociale à bout de souffle.

Lisez la motion de Martine Aubry, vous y découvrirez les mêmes frilosités : quelques propositions intéressantes, aucune vision politique globale. On a d'ailleurs beaucoup de mal à distinguer ce qui sur le fond sépare ces trois motions très social-démocrates fin de siècle où il s'agit essentiellement de corriger un peu ici et réguler un peu là un marché qui resterait livré à un libéralisme aussi triomphant qu'arrogant et destructeur. Bref, une gauche un peu molle que l'on ne connaît que trop bien !

Pour ce qui me concerne, je suis en vérité relativement peu intéressé par les propositions précises des uns ou des autres, beaucoup moins qu'à l'articulation de celles-ci autour d'une vision politique d'ensemble. J'attends d'une motion qu'elle trace une ligne, indique une direction, propose un socle, une base de travail pour construire un projet politique global cohérent et ambitieux, qui soit davantage en rupture qu'en continuité avec un socialisme lacunaire et qui depuis trop longtemps ne parvient plus à donner un espoir à l'électorat français (pas plus que cette social-démocratie à la papa qui partout en Europe va d'échec cuisant en échec cuisant). Notons par ailleurs que nombre des propositions des uns et des autres ne seront de toute façon plus d'actualité en 2012, seront partiellement ou en totalité à revoir, sont de fait aujourd'hui assez inutiles - sauf à s'imaginer que Nicolas Sarkozy reprendrait à son compte l'une ou l'autre (et on sait que cela n'arrivera pas).

Seule la motion de Benoit Hamon me semble proposer une vision globale. Ce n'est d'ailleurs pas nouveau à la gauche du parti. Ce qui en revanche est nouveau de ce côté-là, c'est que le socle idéologique a été considérablement dépoussiéré. On est loin aujourd'hui des archaïsmes marxisants, loin des postures dogmatiques à l'utopie si réjouissante (et il en faut aussi !) mais tellement déconnectée des réalités modernes. Au contraire, nous avons là une gauche réformiste et résolument tournée vers le XXIème siècle, une gauche qui notamment a assez largement compris qu'il ne saurait y avoir de socialisme moderne hors l'écologie politique ; une gauche qui a enfin intégré dans sa pensée politique que l'urgence écologique et l'urgence sociale sont les deux faces de la même pièce ; et que cette pièce a pour nom économie de marché régulée - parce que le libéralisme n'aura jamais d'autre vision que celle du profit à court terme et qu'il s'agit donc pour la puissance publique, l'Etat, d'internaliser dans les transactions marchandes et les investissements privés le coût des externalités de moyen et long terme que sont les dégradations du tissu social et les dégâts causés à l'environnement, l'objectif étant de rééquilibrer le marché au profit d'une meilleure prise en compte du bien-être des hommes dans leur environnement, c'est-à-dire de chaque homme et femme sur l'ensemble de la planète. parce que comme dirait l'autre, tou se tient, mais là encore il ne suffit pas que de le dire...

Je ne prétends pas que la motion de Benoit Hamon est parfaite de ce point de vue. Du moins va-t-elle dans la bonne direction. Du moins propose-t-elle une démarche globale et cohérente. Du moins la ligne proposée est-elle à la hauteur des enjeux. Du moins nous invite-t-elle à être en rupture avec nous-mêmes plutôt qu'à la continuité de ce qui nous a fait échouer et qui a mis la France entre les mains d'une droite ultra-libérale qui sert les plus riches et paient tous les autres de très hypothétiques promesses de retombées, cependant que toute notre économie s'effondre. Du moins la motion Hamon est-elle en vérité la seule qui répond au besoin de rénovation du Parti Socialiste, c'est-à-dire d'abord de ce projet qu'il nous reste encore à construire et que nous espérons tous.

Cette spécificité de la motion Hamon et qui en fait la qualité n'est pas un hasard : nous le savons désormais, nous ne pouvons attendre d'audace sur le champ des idées dans un contexte d'affrontement d'ambitions qui depuis trop longtemps se neutralisent. Le Parti Socialiste a vécu cette même paralysie avec Laurent Fabius, Dominique Strauss-Khan et Lionel Jospin, il s'y exposera de la même manière, et s'y expose déjà, avec François Hollande, Martine Aubry, Bertrand Delanoë et Ségolène Royal qui depuis des mois sont principalement occupés à creuser des tranchées et tenir leurs positions. Il est plus que temps de sortir de l'interminable guerre de succession qui se poursuit depuis la fin de l'ère mitterrandienne, plus que temps de tirer un trait sur des ambitions dont aucune ne parviendra à prendre le pas sur les autres - parce que dans le cas contraire celui ou celle-là aurait déjà et depuis longtemps pris l'ascendant sur tous les autres.

Et Vincent Peillon, donc, puisque c'est avec lui que cet article a débuté ? Je crois que celui-ci est aujourd'hui enfermé dans une fidélité qu'il ne peut s'agir de lui reprocher. Il a choisi de suivre Ségolène Royal plutôt que de jouer trop tôt sa propre partition. Or Ségolène Royal a opté pour une stratégie personnelle qui, bon an mal an, l'a conduit à s'allier avec la droite du parti. Quand on se souvient qu'il n'y a pas si longtemps - il y a deux ans encore ! - Vincent Peillon était au côté de Benoit Hamon dans le NPS dont il fut l'un des artisans, on comprend jusqu'où l'a mené sa fidélité et surtout que le chemin ne serait pas long à parcourir dans l'autre sens pourvu qu'il consente à se libérer de cette chaîne qu'il n'a pas voulu briser au lendemain de la défaite des présidentielles. Aussi je ne m'interdis pas d'espérer que le poids de la motion Hamon d'un côté, et la neutralisation des trois égos (plus un) de l'autre, puissent au final conduire à une synthèse ancrée à gauche... et dans laquelle la candidature de Vincent Peillon au poste de premier secrétaire apparaîtrait comme la meilleure garantie de l'unité des socialistes et de leur aspiration à une rénovation profonde et ambitieuse.



Nota Bene : Il va sans dire que je ne réclame de personne de croire sur parole les constats que je fais. C'est bien pourquoi je vous invite à lire à votre tour très attentivement, et avec l'oeil le plus neuf possible, les différentes motions dont j'ai au cours de l'article fourni les liens. Cela prend du temps, mais je demeure persuadé que l'indispensable rénovation du Parti Socialiste et de son projet politique passe d'abord par la volonté des militants de s'affranchir de leurs chapelles respectives. D'abord s'ouvrir soi-même. Ce qui me permet de terminer sur cette confidence : la gauche du PS n'avait jusqu'à présent jamais été ma tasse de thé, la préjugeant certes sympathique mais archaïque et dogmatique, datée pour tout dire... Je suis le premier surpris de sa métamorphose. J'ose dire que c'est une excellente nouvelle pour la gauche.



Où l'on parle de : Quand Vincent Peillon invite à voter pour Benoit Hamon






Sarkozy ou le fou libéral

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Congrès du PS : 6 motions et 1 mode d'emploi



Congrès de ReimsDepuis hier, nous connaissons les motions qui seront soumises au vote des militants dans la perspective du congrès de Reims. L'heure est donc venue d'une petite revue d'effectifs, ainsi que de quelques explications dont j'ai cru lire qu'elles pouvaient être nécessaires - concernant l'organisation du congrès du Parti Socialiste et quelques questions que vous vous posez sans doute.

Les motions déposées et proposées au vote des militants sont donc au nombre de six :


1. la motion Utopia : "Socialistes, Altermondialistes, Ecologistes"
premier signataire : Franck Pupunat ;
autres personnalités signataires : ? ;
présentation : comme son nom l'indique ;
qualité : la dimension écologiste, indispensable à un socialisme du XXIème siècle ;
défaut : isolée ;
mon estimation : 1% ;
téléchargez la motion F


2. la motion du pôle écolo : "Pour un socialisme résolument écologique"
premier signataire : Christophe Caresche ;
autres personnalités signataires : ? ;
présentation : comme son nom l'indique ;
qualité : la dimension écologiste, indispensable à un socialisme du XXIème siècle ;
défaut : isolée ;
mon estimation : 3% ;
téléchargez la motion B


3. la motion ségo-libérale : "L'espoir à gauche, fier(e)s d'être socialistes"
premier signataire : Gérard Collomb ;
autres personnalités signataires : Ségolène Royale - Manuel Valls - Jean-noël Guerini - Julien Dray - Vincent Peillon ;
présentation : ... ;
qualité : l'hypothèse Vincent Peillon et l'espoir d'un dépassement par le haut des divisions ;
défaut : proximité avec le Modem + Ségolène Royale est une part du problème socialiste : ambitions égotistes, luttes intestines, divisions insolubles, inaudibilité ;
mon estimation : 26% ;
téléchargez la motion E


4. la motion delano-démocrate : "Clarté, Courage, Créativité : Une gauche conquérante pour redonner un espoir à la France"
premier signataire : Bertrand Delanoë ;
autres personnalités signataires : François Hollande - Jean-Marc Ayrault - Lionel Jospin - Pierre Moscovici ;
présentation : ... ;
qualité : politiquement très solide ;
défaut : continuité + Bertrand Delanoë est une part du problème socialiste : ambitions égotistes , luttes intestines, divisions insolubles, inaudibilité ;
mon estimation : 30% ;
téléchargez la motion A


5. la motion social-aubryiste : "Changer la gauche pour changer la France"
premier signataire : Martine Aubry ;
autres personnalités signataires : Jean-Christophe Cambadélis - Claude Barolone - Marylise Lebranchu - Laurent Fabius ;
présentation : ... ;
qualité : tonalité sociale ;
défaut : patchwork instable + Martine Aubry est une part du problème socialiste : ambitions égotistes , luttes intestines, divisions insolubles, inaudibilité ;
mon estimation : 18% ;
téléchargez la motion D


6. la motion hamo-réformiste : "Un monde d’avance"
premier signataire : Benoit Hamon ;
autres personnalités signataires : Jean-Luc Mélenchon - Henri Emmanuelli - Pierre Larrouturou - Marie-Noëlle Lienemann - Gérard Filoche ;
présentation : ... ;
qualité : ancrage à gauche sur une ligne audacieuse et réformiste ;
défaut : dépoussiérage encore incomplet ;
mon estimation : 22% ;
téléchargez la motion C



Mode d'emploi du Congrès du PS :

Les motions déterminent six courants. Elles seront soumises au vote des quelque 200 000 militants du PS, le 6 novembre prochain - dans leurs sections et à bulletin secret.

Ce vote permet de désigner à la proportionnelle et dans chaque section les délégués au Congrès fédéral qui lui même votera en respectant la proportionnelle au niveau fédéral pour les délégués au congrès national. Les Congrès fédéraux sont programmés simultanément pour le 11 novembre.

Le congrès se tiendra à Reims les 14, 15 et 16 novembre. Une synthèse peut se faire entre les délégués de plusieurs motions (synthèse partielle) ou de toutes les motions (synthèse générale). En absence de synthèse générale, la ligne politique du PS est déterminée par la motion de synthèse partielle qui détiendra la majorité des délégués. Cette ligne est dès lors celle qui vaudra pour les 3 années suivantes.

Le premier signataire d'une motion est généralement le chef de file du courant qui en est issu, mais il n'est pas pour autant nécessairement candidat au poste de premier secrétaire. Les aspirants à ce poste ont jusqu'au 14 novembre pour déposer leur candidature. Le vote des militants sur le nom du premier secrétaire du PS aura lieu en section le 20 novembre, et éventuellement lors d'un second tour le 21 novembre. Le successeur de François Hollande aura ainsi été élu à la majorité absolue des voix des militants socialistes.



Mon choix :

Benoît Hamon entend porter quatre orientations politiques :

- retour de la puissance publique dans le champ économique ;

- restrictions indispensables au libre-échange là où il met à mal la protection de l'environnement et les droits des salariés et des citoyens ;

- exigence d'une nouvelle répartition des revenus entre le travail et le capital ;

- vraie réorientation de la construction européenne.

C'est pour moi une excellente base pour un projet enfin audacieux et résolument ancré à gauche, une réelle alternative crédible à la politique libérale, économiquement catastrophique et dramatiquement anti-sociale, menée par Nicolas Sarkozy et qui jour après jour s'enfonce et persiste dans son échec. Il n'y manque selon moi (mais je n'ai pas encore lue la motion) qu'une prise de conscience plus soutenue de la dimension écologique qui doit impérativement traverser tout projet politique d'une gauche moderne. En dépit de ce bémol de première importance (et qui peut aussi bien s'appliquer à chacune des quatre grandes motions), je suis aujourd'hui persuadé que la refondation du Parti Socialiste passe par un soutien massif à la motion "Un monde d’avance", dont Benoit Hamon est le premier signataire.

Je reste en outre résolument convaincu que le succès du congrès des socialistes implique que les militants se libèrent de leurs chapelles et renvoient dos à dos Ségolène Royal, Bertrand Delanoë et Martine Aubry dont les querelles aussi insolubles que stériles, largement héritées de la course à la succession mitterrandienne que se livrèrent avant eux les Jospin, DSK et Fabius, minent et paralysent depuis trop longtemps le Parti Socialiste. Il est temps d'en finir avec ses inimitiés d'un autre siècle et réunir tous les socialistes autour d'une équipe renouvelée, où il sera enfin tenu compte du fait majeur de l'histoire actuel du PS et que sont pourtant parvenus à éclipser la bataille des égos : les socialistes n'ont jamais été à ce point proches les uns des autres sur le fond - ils sont réformistes et de gauche !

Ainsi donc, et pas tout à fait paradoxalement, du poids que donneront les militants à la motion Hamon dépendra, en rendant cette dernière incontournable, la possibilité que - les trois autres motions se neutralisant - il soit nécessaire de faire émerger un candidat de synthèse qui ne soit pas l'un de ceux-là... et qui serait alors, et plus que probablement, Vincent Peillon dont un peu partout le nom est de plus en plus cité.

Et si donc les militants osaient l'audace d'un saut de génération... pour en finir avec celle qui n'en finira jamais de s'entredéchirer sur la dépouille d'un autre siècle.

Et si les militants socialistes osaient la gauche !



Lire aussi : Congrès du PS : le cas Hamon et l'hypothèse Peillon



Où l'on parle de : Congrès du PS : 6 motions et 1 mode d'emploi






Congrès du PS : le cas Hamon et l'hypothèse Peillon

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Congrès du PS : le cas Hamon et l'hypothèse Peillon



Congrès de ReimsAinsi, à quelques jours du dépôt des motions, une première clarification a eu lieu au sein du Parti Socialiste. Inutile de gloser à l'infini sur les tractations de couloirs qui ont permis cette clarification, il s'agit de politique et donc de l'art de passer des alliances et de faire des compromis. Il ne sert à rien en la matière de jouer les vierges effarouchées : en politique, on n'a jamais raison tout(e) seul(e).

Constatons donc seulement que quatre axes principaux se sont dégagés parmi lesquels les militants auront à faire un premier tri. Notons également que du poids respectifs qu'auront donné les militants à ces quatre forces dépendra en grande partie la deuxième phase de clarification qui déterminera, à l'issue du vote sur les motions, un pôle majoritaire et un voir deux pôle(s) minoritaire(s), ainsi que le nom du prochain premier secrétaire.

Passons en revue les quatre forces principales en présence :

1. L'aile ségo-libérale
Ségolène Royal a finalement noué une alliance avec les animateurs de "La ligne claire", les barons de province du socialisme, comme le maire de Lyon Gérard Collomb et le patron des Bouches-du-Rhône Jean-Noël Guérini, mais aussi le député de l'Essonne Manuel Valls, le très "libéral compatible" et qui plaide pour le renoncement du Parti Socialiste à sa référence au socialisme. Nous trouvons là tous ceux qui au PS penche vers une redéfinition de la stratégie d'alliance du Parti Socialiste en la déportant vers le Modem. De Royal à Valls et de Valls à Bayrou, il y a là en effet une certaine cohérence politique social-libéral ;

2. Le centre delano-démocrate
Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, s'est allié à l'actuel premier secrétaire, François Hollande, dont le poids reste fort dans les fédérations socialistes, et vient d'enregistrer un soutien de poids en la personne de Jean-Marc Ayrault, le patron des députés socialistes à l'Assemblée nationale et qui fut très proche de Ségolène Royal durant la campagne des présidentielles. Ce dernier souhaite d'ailleurs que Delanoë "tende la main à Ségolène Royal et à ses amis". Ils sont la première partie du pôle social-démocrate.

3. Le centre social-aubryiste
La maire de Lille, Martine Aubry, est quant à elle à la tête d'une coalition qui réunit des strauss-kahniens (comme Jean-Christophe Cambadélis), Arnaud Montebourg, Laurent Fabius et ses amis, ainsi que de nombreux cadres du Nord-Pas-de-Calais. Eux aussi sont des sociaux-démocrates avec une coloration sociale légèrement plus marquée.

4. L'aile hamo-réformiste
Benoit Hamon est parvenu à réunir la gauche du Parti Socialiste : Henri Emmanuelli, les anciens ministres Marie-Noëlle Lienemann et Paul Quilès, et enfin Gérard Filoche. Si la social-démocratie n'est pas une appellation en laquelle ils se reconnaissent, on note dans leurs différentes contributions l'émergence d'un socialisme moderne, adepte de la réforme, à la fois ambitieux et ancré dans les réalités du XXIème siècle, très européen.

Manque Moscovici qui après avoir longtemps tenu la corde aura finalement fait les frais de ce petit jeu des alliances. Il se déterminera sans doute bientôt, sans que cela puisse sensiblement changer la donne. Nous possédons donc à cette heure de toutes les cartes qui nous permettent de nous lancer dans un petit jeu de prospective politique :

Première hypothèse : La motion delano-démocrate arrive en tête - Le maire de Paris est en position de maintenir sa candidature à la tête du PS et l'hypothèse d'un rapprochement avec la branche ségo-libérale devient envisageable. A moins que Bertrand Delanoë ne préfère faire l'union des sociaux-démocrates en privilégiant une alliance avec Martine Aubry. S'il ne faisait pas ce choix, cette dernière pourrait alors décider soit de rejoindre l'axe qui se serait constitué à la droite du PS, soit de s'allier avec Benoit Hamon et constituer un pôle minoritaire qui plus conséquent aurait d'autant plus les moyens de peser. En tout état de cause, Delanoë deviendrait premier secrétaire du PS.

Deuxième hypothèse : La motion ségo-libérale arrive en tête - En ce cas, il est fort probable que ni Delanoë ni Aubry ne consente à faire l'appoint et qu'ils décident en conséquence de se rapprocher, faisant candidat au poste de premier secrétaire celui des deux qui serait devant l'autre. Le reste dépendrait alors très fortement du poids du pôle hamo-réformiste tel qu'il serait ressorti du vote des militants, lequel pôle - quoi qu'en espère depuis longtemps les ségolénistes - ne devrait pas consentir à s'allier par-dessus les centres avec l'aile ségo-libérale. Ainsi, si Benoit Hamon réussit son pari de fédérer les forces de gauche de ce parti et à peser suffisamment lourd, il serait en position d'entrer dans la constitution d'une majorité qui, penchant clairement à gauche (c'est-à-dire en particulier assez loin du Modem) n'aurait d'autre choix que de s'atteler à l'élaboration de ce projet ambitieux, innovant et cohérent dont a fini par désespérer la gauche.

Cette deuxième hypothèse est selon moi la plus probable, qui donnerait quelque 25 à 30% aux motions delano-démocrate et ségo-libérale, 20 à 25% à la motion social-aubryiste et 15 à 20% à l'aile gauche du PS. Quelques points en plus ou en moins ici ou là conduiraient soit à une majorité étriquée qui verrait le Parti Socialiste continuer dans l'immobilisme où chacun des présidentiables s'efforceraient de miner l'avènement de tous les autres, soit à une majorité conséquente et contrainte cette fois de produire ce projet moderne et de gauche qu'on attend depuis trop longtemps et qui consacrerait l'émergence d'un véritable Nouveau Parti Socialiste.

On l'aura compris - et même si j'attends encore de me plonger dans la lecture des motions - je penche pour ma part pour apporter mon soutien à la motion portée par Benoit Hamon et ses amis, avec l'espoir que ceux-ci pèsent suffisamment pour entrer dans une synthèse majoritaire qui orienterait vers l'action et l'audace l'ensemble du Parti Socialiste.



A moins que...

L'hypothèse Vincent Peillon - Je l'ai dit depuis longtemps, un congrès de reconstruction aurait été un congrès qui pour en finir avec les vieilles querelles stériles aurait mis sur la touche les vieux querelleurs, c'est-à-dire cette génération de responsables issue du mitterandisme et qui s'entre-déchirent depuis une à deux décennies, les Delanoë, Royal, Hollande et Aubry rejoignant sur les lignes arrières les DSK, Fabius et Jospin. On aurait eu alors un congrès qui aurait fait la part belle à un débat de fond et qui se serait articulé autour de nouvelles personnalités et en particulier celles de Vincent Peillon et Benoit Hamon. Le moins qu'on puisse dire est qu'on refusa de s'engager dans une telle direction de rupture.

Néanmoins, paradoxalement, en se neutralisant les uns les autres, les barons du mitterandisme pourraient n'avoir en définitive d'autre porte de sortie que de se mettre d'accord autour d'un autre que l'un d'entre eux. Or il apparaît de plus en plus clairement et à de plus en plus de socialistes que Vincent Peillon puisse être celui-là.

La solution Peillon aurait un double avantage, dont le deuxième est un handicap : non seulement le PS sortirait par le haut de son congrès et dans une certaine unité, un parti socialiste suffisamment solide pour se mettre enfin sérieusement à son travail d'opposition au sarkozysme et de proposition d'une alternative innovante à gauche. Mais, en sus, il ne faudrait alors pas six mois à Vincent Peillon, premier secrétaire du parti socialiste, pour acquérir auprès des français aussi bien notoriété que popularité. Ce qui de facto en ferait rapidement le meilleur des présidentiables - fait qui constitue en réalité le frein majeur à la concrétisation d'une telle hypothèse, tant les vieux présidentiables auront à coeur d'étouffer dans l'oeuf une menace qui pèserait trop lourdement sur leurs ambitions personnelles.

Aussi, cette hypothèse Peillon, ne pourra surgir que d'une pression exercée très fortement depuis les militants, qui siffleraient la fin de la récréation des egos.



Nota Bene : Aux nombreux ségolénistes qui continuent d'espérer en une possible alliance avec Benoit Hamon qui ferait l'appoint nécessaire à Ségolène Royal, je voudrais suggérer de visionner très attentivement la déclaration limpide de ce dernier et qu'il fit à l'issue de l'université d'été de la Rochelle. Ils comprendront alors combien une telle alliance relève du fantasme, combien les bras dans lesquelles s'est désormais précipitée Ségolène Royal ne sauraient pouvoir ni même vouloir remplir les cinq conditions posées par Benoit Hamon et ses amis et qui concernent en effet le fond des débats :

1- sur le rôle de l'investissement publique dans la régulation du marché ;

2- sur les restrictions au libre-échangisme ;

3- sur la question de l'augmentation des salaires ;

4- sur la refondation du pacte européen ;

5- sur le rassemblement de la gauche : soccialistes-écologistes-communistes et hors alliance nationale avec le Modem.







Crédit illustration : SaT - Reproduction interdite sans autorisation de l'auteur



Lire aussi : Congrès du PS : 6 motions et 1 mode d'emploi



Où l'on parle de : Congrès du PS : le cas Hamon et l'hypothèse Peillon






Candidature au frais, Ségolène prépare son show

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Candidature au frais, Ségolène prépare son show



Il y a deux jours, je commettais un petit billet sous le titre Quand Ségolène danse la Valls. Déjà, le titre m'avait dangereusement fait vaciller au bord du gouffre de l'autosatisfaction.

Et voilà que ce soir, après avoir reçu un n-ième courriel en provenance de Désir d'Avenir concernant le prochain Zénith de Ségolène Royal - dans le dernier, on cherche même à me faire acheter des badges et des T-shirts pour financer l'opération -, ce soir, donc, c'est ce titre qui me vient à l'esprit et que d'ailleurs je rappelle aux étourdis : Candidature au frais, Ségolène prépare son show - et à ceux ceux qui ne suivent décidément pas, je me passe de rappeler la référence frigorifique.

Bref, vous, je ne sais pas, mais moi je me trouve plutôt en forme question titres. Celui-ci est d'ailleurs tellement réussi, vous dis-je depuis le fond de mon gouffre, qu'il se suffit à lui-même.


Ségolène Royal fait son Zenith



Où l'on parle de : Candidature au frais, Ségolène prépare son show






Benoit et Nicolas : un mariage laïque

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Ségolène à la Rochelle : Aimez-vous les uns les autres



D'abord, elle a dit : "Aimez-vous les uns les autres ou disparaissez !"

Ensuite, elle est partie pour l'Italie...

Envolée.

Disparue !

...

Sans doute qu'elle n'aime finalement ni les uns ni les autres.



EDIT : Il n'y a rien de pire que de n'être pas le premier à pondre une blagounette. Rhaaa, ça m'énerve ça !



Où l'on parle de : Ségolène à la Rochelle





Billet précédent : JO de Pékin : déjà une médaille en Or pour la France

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Le dernier pavé de Daniel Cohn-Bendit


Nicolas Sarkozy se rendra à Pékin pour la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques. Le coprésident des Verts européens, Daniel Cohn-Bendit, a estimé, mercredi 9 juillet, que cela relevait de "l'immonde" et que cette décision ne visait qu'à vendre des "centrales nucléaires et des TGV" aux Chinois.



Sarkozy veut liquider mai 68Le jeudi matin, Nicolas Sarkozy était présent à la réunion plénière du Parlement Européen et Daniel Cohn-Bendit lui a dit son fait sans nuances. Dans un virulent discours, la voix blanche d'émotion, il lui a notamment reproché sa décision de se rendre aux Jeux-Olympiques de Pékin, estimant que c'était "minable".

"Vous allez manger avec des baguettes avec le président chinois Hu Jintao. Je vous souhaite bon appétit", a commencé Daniel Cohn-Bendit qui pour l'occasion portait le T-Shirt de Reporter Sans frontières montrant les anneaux olympiques menottés.

"Quand vous rédigerez votre autobiographie, vous regretterez ce que vous avez fait", a-t-il ajouté, estimant que Nicolas Sarkozy avait "une occasion en or" de dire : "Je ne participerai pas à la mascarade du Parti communiste chinois".

"C'est une honte, c'est minable d'aller à l'ouverture des Jeux Olympiques", a conclu l'ancien leader de Mai 68.

Ne vous demandez plus pourquoi le petit candidat, pas encore petit président, clamait qu'il voulait "liquider l'héritage de Mai 68 une bonne fois pour toutes". Voyez plutôt : cette liberté de parole, ce ton irrévérencieux, c'est tout de même insupportable !...





Nota Bene : Robert Ménard, le président de l'association Reporters sans Frontières, avait auparavant déclaré sur RTL: "Nicolas Sarkozy nous avait dit : 'je ne prendrai pas de décision avant d'en parler aux autres pays européens'. Il y a un certain nombre de pays européens qui ne veulent pas y aller (...) Il leur a demandé leur avis à eux ? Il nous avait dit : 'J'irai ou j'irai pas, selon l'avancée des discussions entre les autorités chinoises et les proches du Dalaï-lama'. Mais où elles en sont ces discussions ? Y a pas l'ombre d'une avancée. Sur la Chine, il nous avait expliqué à longueur de temps, quand il était candidat : 'C'en est fini avec la realpolitik. C'est pas en faisant des affaires qu'on recadrera les droits de l'homme'. C'est exactement ce qu'il fait. Il a trahi tous ses engagements dans cette affaire là. Je suis furieux car c'est un coup de poignard dans le dos des dissidents chinois. A quelque semaines des JO, c'est un blanc-seing pour la répression. Voilà ce que c'est cette position [de Nicolas Sarkozy, ndlr]".



Bonus Track :



Crédit dessin : Maëster



Source : Le dernier pavé de Daniel Cohn-Bendit





Billet précédent : L'UMP toute nue

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Ségolène moi toute seule


Le Tout sauf Ségo, la (mauvaise) réponse au Ségolène Sinon Rien... et petite revue des contributions pour le Congrès du PS.

Où l’on découvre que quoi qu’en disent Ségolène Royal, les médias et la droite, les socialistes ont quelques idées.



le poing et la roseQuand je lis que dans la contribution "Une vision pour espérer, une volonté pour transformer" est évoqué l'individualisation des parcours scolaires, l'instauration d'un bouclier logement, des mesures concernant les sécurités et le vivre ensemble, une stratégie de relocalisation économique, le développement du micro-crédit, la mise en place d'une CSG patronale, entre autres...

Quand je lis que dans la contribution "Besoin de Gauche" le développement durable apparaît comme principe de base de l'action politique et économique et sont proposés sept conventions nationales pour la période 2009-2010 comme chemin pour l'émergence d'un projet alternatif ambitieux, cohérent et crédible...

Quand je lis dans la contribution "Utopia" la volonté qu'émerge une gauche d'avant-garde fondée sur une identité écologiste, altermondialiste et antiproductiviste et sont évoqués les ruptures avec la rentabilité du capital comme unique objectif, avec la religion de la croissance, avec le culte de la consommation, avec la valeur aliénante du travail...

Quand je lis dans la contribution "Urgence Sociale" les dix questions fondatrices que soumet Pierre Larrouturou aux rédacteurs de motions et qui sont autant de propositions de innovantes et ambitieuses...

Quand je lis que dans la contribution "Reconstruire à gauche" sont évoquées le conditionnement des exonérations sociales aux accords salariaux, la modulation du taux d'imposition sur les sociétés, la revalorisation de la fonction enseignante, entre autres...

Quand je lis que dans sa contribution, Marylise Lebranchu aborde les thèmes de la question alimentaire, des solidarités territoriales, des conditions de travail et de la responsabilité des employeurs, du développement durable de l'industrie, de la démocratisation de l'enseignement supérieur, de l'impôt européen sur le capital...

Quand je lis que dans la contribution "Réinventer la Gauche" on parle du relèvement de l'impôt sur les bénéfices, d'imposition des revenus financiers, de VIème République parlementaire, de planification écologique...

Quand je lis que dans la contribution "D'abord, Redistribuer les richesses" on parle très concrètement de fiscalité redistributive et de construction de l'unité de la gauche...

Quand je lis que dans la contribution "Changer !" est proposé un retour à une intervention publique vertueuse et l'instauration d'un salaire minimum universel...

Quand je lis toutes ces contributions et que je m'aperçois que les idées foisonnent dans chacune d'elle et souvent se rejoignent, je me dis qu'il faut faire preuve d'une prétention assez exceptionnelle pour choisir ce moment précis pour titrer un livre "Si la Gauche veut des idées" et laisser penser que sans son auteur la gauche serait démunie, incapable de proposer une alternative crédible, faisant en cela le jeu de la droite qui ne perd pas une occasion de rabâcher ce qui de toute évidence est une contre-vérité, pour ne pas dire un mensonge éhonté.

Surtout que lorsque je lis la contribution "Combattre et proposer" de cette même Ségolène Royal (vous aviez deviné que c'était elle dont il s'agissait), je n'y trouve rien qui ne se trouve aussi dans les autres contributions, sinon la cérémonie républicaine - proposition qui si même elle n'était pas aussi imbécile qu'impraticable ne pourrait suffire à prétendre faire de son auteur le messie de la Gauche. Cette façon de tirer en permanence la couverture à soi, cette manie d'avoir toujours l'air de dire "Moi Ségo toute seule Je...", invitant implicitement ses soutiens à bêler à l'unisson l'idolâtre rengaine du Ségo Sinon Rien, explique probablement pour une bonne part la tentation épidermique du Tout Sauf Ségo.

Et je m'empresse de préciser que pour ce qui me concerne le TSS est une autre imbécillité. Etant fortement concentré sur les possibilité de victoire de la Gauche en 2012 et sa capacité alors de réellement transformer la société, étant par ailleurs de plus en plus convaincu que le positionnement politique et la stratégie de conquête de Ségolène Royal sont inévitablement perdants, et parce qu'en outre je continue de penser que ses piètres qualités oratoires sont pour elle un handicap majeur, j'en suis pour ma part à un très simple PE : Pas Elle !

La bonne nouvelle est que, hormis la contribution de Manuel Valls qui me semble d'une pauvreté assez sidérante, l'ensemble des contributions que j'ai pu lire (je crois qu'il manque encore Benoit Hamon et Bertrand Delanoë à l'appel, peut-être François Hollande ?...) permet de nourrir de réels espoirs quant à la tenue d'un vrai débat de fond. La cerise sur le gâteau étant qu'il y a dans tout ça de la bonne vraie gauche avec des vrais morceaux dedans.



La surprise : sur le fond des propositions, et si l'on écarte la question de la présidentialisation du Parti Socialiste, les motions Aubry, Royal et... Fabius sont étrangement similaires.



Source : Ségolène moi toute seule Je



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Parti Socialiste : la guerre des roses



PS : la bataille commence...
© La République des Fourmis par SaT - Reproduction interdite sans autorisation de l'auteur



Et, pendant ce temps là...



Source : La guerre des roses



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Ségolène remet le couvert - Sarkozy est déjà à table


"Ségolène m'a fâcher !"



Ségolène RoyalSégolène Royal publiera début juillet un livre de dialogue dont le titre est " Si la Gauche veut des idées ". Cet ouvrage de dialogue avec le sociologue Alain Touraine, à qui revient le titre de l'ouvrage, sera "publié le 8 juillet", a indiqué Mme Royal lors d'une rencontre avec la presse écrite régionale. En attendant (pour ceux qui attendraient), Le Monde en publie dès aujourd'hui les bonnes feuilles.

On y lira notamment ceci, à propos de ce qu'elle appelle "la France métissée" : "Je propose, pour renforcer le sentiment d'appartenance à la nation, de créer une cérémonie républicaine pour tous les jeunes, quelle que soit leur origine, pour le passage à la majorité à 18 ans, l'âge du droit de vote."

Bah voyons ! Et puis lors de cette cérémonie, une partie de la matinée serait consacrée à lire la lettre de Guy Moquet ; à midi les jeunes se mettraient en rang pour chanter la Marseillaise ; dans l'après-midi, chacun d'entre eux ferait un compte-rendu à propos de la mémoire de cet enfant juif qu'on leur a attribué en primaire ; et le soir chacun repartirait avec un drapeau français tatoué sur la fesse gauche.

Sûr que la Gauche veut des idées - elle n'en est pas totalement dépourvue d'ailleurs - mais peut-être pas de vôtres, Madame Royal. Pas de ces idées "coup de com' " qui ne règleront jamais le moindre des problèmes que connaissent les français dans leur vie quotidienne... et qui déjà, vous vous en souvenez peut-être, vous nous ont fait perdre une élection présidentielle ; et ce pour le plus grand profit d'un Sarkozy qui est et restera toujours bien plus fort que vous dans le domaine des idées à la con !



J'ai l'air fâché ? Mais non... Je suis tout simplement dans une colère noire. C'est que, voyez-vous, tout ce vide, à la fin, ça me gonfle !



C'est que, surtout, et si on prend la peine de réfléchir deux minutes - avant par exemple de faire une confiance aveugle à ses intuitions -, en France, lorsque l'on atteint sa majorité, on obtient une carte d'électeur, signe d'appartenance à la communauté nationale... pourvu qu'on soit français. Pourvu qu'on soit français ?!

Mais oui, bon sang, il ne suffisait que d'y penser : pour marquer la citoyenneté, l'appartenance à la cité, à la communauté nationale, on pourrait commencer par accorder le droit de vote à tous ceux dont on réclame un comportement citoyen, accorder le droit de vote des résidents étrangers aux élections locales. Ça aurait été un poil plus ambitieux, non ? Un poil moins symbolique, aussi. Et d'ailleurs, si l'on veut la faire cérémonie citoyenne, rite de passage à l'âge adulte de la citoyenneté, il ne devrait y avoir rien de plus enthousiasmant que d'aller pour la première fois exercer son droit de vote, son devoir civique, comme on dit...

Parce que voilà, tout de même, organiser une cérémonie républicaine pour tous les jeunes français... ce serait de facto en exclure leurs potes qui ne le seraient pas, français, et avec lesquels pourtant ils ont grandi - voire avec lesquels a grandi en eux le sentiment commun d'être refoulés, abandonnés en marge de la communauté nationale, justement...

Alors, dites-nous, Madame Royal, puisque le sujet de l'appartenance nationale vous tient tant à coeur, ce projet d'une France métissée réconciliée, ne pensez-vous pas qu'il passe d'abord par un droit de vote élargi, un droit de vote qui n'exclurait pas, qui ne créerait pas des citoyens de seconde zone ? Ne pensez-vous pas que l'exercice du droit de vote serait en réalité la plus belle des cérémonie républicaine pour la jeunesse de France - qui n'est pas tout à fait exclusivement une jeunesse française -, ne pensez-vous pas ?



Source : Ségolène m'a fâcher !



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Pour Ségolène Royal, l'essentiel est de participer


Démocratie participative façon Corse



Astérix en CorseSur le site à la gloire de Ségolène Royal, notre chef Désirs d'Avenir, Ségolène Royal "invite à une grande réunion de présentation de la contribution que nous soumettrons très prochainement aux militants du Parti socialiste. [...] Notre contribution, notamment alimentée par les 2 500 textes que vous avez envoyés sur le site « Congrès utile et serein »...".

Or, dès l'annonce de l'initiative "participative" pour un congrès "utile et serein", j'écrivais que ce qui ne l'est pas [posé] et qui aurait dû l'être est : à quoi ça va servir ? - et on se doute en réalité que la vraie question est "à qui ?". Car est-il possible d'envisager qu'à l'issue de la méthode participative proposée à tous les militants par Madame Royal, il se dégage en réponse des positions largement contraire aux positions de Ségolène ? Et qu'adviendrait-il alors de la rédaction de la motion Royale ? On peut même élargir : puisque le machin s'adresse à l'ensemble des militants, comment est assurée la transparence du bidule ? Qui gère la modération ? Quels en sont les critères ? Le dépouillement des réponses sera-t-il également participatif ? Qui décidera de ce qui est à retenir et ce qui est à rejeter ? Bref, le bidule, en réalité, il appartient à qui ? Ou encore, et en corolaire : le machin participatif n'inclut-il pas nécessairement la transparence et la mutualisation de l'accès au bidule ?

Force est de constater qu'aucune réponse n'a été par la suite apportée afin de garantir la transparence du processus, condition impérative de la démocratie. Aussi bien j'écrivais à la suite du précédent extrait que en l'absence d'une telle transparence - et donc de la réponse à ces questions de fonctionnement qui sont tout sauf accessoires -un militant qui ne se sentirait pas franchement politiquement proche de Ségolène Royal ne peut véritablement espérer que ses réponses éventuelles soient prise en compte, puisque ce qui va en ressortir est annoncé "motion Ségo". Ce qu'il sait en revanche, c'est qu'en participant il sera compté dans ces "X milliers de participants au débat interne suscité par Ségolène Royal" qui seront inévitablement annoncés à l'issu de l'opération pour preuve de l'engouement des militants et sympathisants vis à vis de ladite démarche participative. Et voilà donc notre ami pas si bisounours piégé entre dire, être compté mais sans pouvoir espérer qu'on tienne compte de ses réponses et ne pas répondre et laisser dire la vérité des vrais bisounours.

Cela reste cruellement vrai et la seule nouveauté est que ce que j'avais annoncé comme inévitable s'est bel et bien produit... et qu'à présent l'on sait donc que X=2,5 - ce qui en sus n'est pas beaucoup, sans doute que nombre de militants ont finalement préféré n'être pas compté dans les "participants" que de participer avec le risque de ne compter pour rien dans le texte final.

Car tout de même, quant on lit les "synthèses" des contributions - voir par exemple la synthèse de la question 2 -, le doute n'est plus permis : tout cela, le "participatif", n'était qu'un habillage, une vaste opération de communication et d'enfumage... et la contribution de Ségolène Royal sera la contribution de Ségolène Royal et de ses conseillers politiques soumises à l'appréciation des militants - ce qui en soit ne me pose aucun problème, pour peu que cela soit assumé plutôt qu'enfumé.

Bref, la démocratie participative à la sauce Royal, ça fait furieusement penser à Astérix en Corse :



démocratie participative Corse



Source : Pour Ségolène Royal, l'essentiel est de participer



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François Mitterrand et Jean-Michel Aphatie sur les planches du grand théâtre médiatique


Comédie tragi-comique inachevée en trois actes



François Mitterrand et Jean-Michel Aphatie : théâtre



Acte 1- Querelle avec arrière goût de chiottes

  • Scène 1 - Le blogueur François Mitterrand 2007 (FM2007) évoque sur son blog d'outre-tombe une histoire dont quinze ans plus tôt l'acteur principal aurait été Laurent Fabius, avec Jean-Michel Aphatie dans le rôle du témoin privilégié, et qui aurait eu pour cadre les toilettes du Conseil Régional de Haute-Normandie ;
  • Scène 2 - Jean-Michel Aphatie (JMA000) déclare sur son propre blog non moins obscur qu'il ne se souvient de rien ;
  • Scène 3 - Le choeur des blogueurs plus ou moins influents s'empare de l'affaire et enquête ;
  • Scène 4 - FM2007 et JMA000 se livrent, par blog interposé, au petit jeu du c'est toi qui l'a dit c'est toi qui y est, jusqu'à écoeurement du choeur ;
  • Scène 5 - L'Esprit retourne au silence des limbes et JMA joue vainement à en avoir (de l'esprit).


Acte 2 - Querelle autour d'une poubelle

  • Scène 1- FM2007 annonce son prochain retour parmi les vivants ;
  • Scène 2 - Le coryphée (FM2008) ouvre un blog apocryphe et se plaint des atermoiements de l'original ;
  • Scène 3 - FM2007 publie le livre François Mitterrand 2008 - Il revient ;
  • Scène 4 - FM2007 et JMA000 se livrent, par blog interposé, au petit jeu du c'est toi qui l'a dit c'est toi qui y est, avec la participation active de Guy Birenbaum et Paul Amar aux côtés de l'Esprit ;
  • Scène 5 - JMA000 se sent seul. Devant les caméras de sa télévision (le Grand Journal de Canal +), ulcéré par l'anonymat de l'auteur, il propulse le livre de FM2007 dans une poubelle et démontre par ce geste imbécile qu'il n'en a toujours pas (de l'esprit) ;
  • Scène 6 - FM2007 souhaite obtenir réparation de qu'il estime être un affront à l'intelligence (il n'a pas tort) et déclare être disposé à troquer son anonymat contre un face à face avec JMA devant les mêmes caméras de télévision et accompagnés des comparses Guy Birenbaum et Paul Amar ;


Acte 3 - Le dénouement

  • Scène 1 - Le coryphée parait à son tour écoeuré (lui aussi voudrait bien exister un peu, sans doute) - et quant au choeur, il s'en fout.
  • Scène 2 et suivantes - (restent encore à écrire...)


Bonus Track

L'intégrale de la scène première de l'acte trois et final est disponible sur le blog apocryphe. Elle se termine par ses mots :


En vérité, je vous le dis, Jean-Michel Aphatie n'a d'importance que pour lui-même. Il a placé un livre dans une poubelle, la belle affaire ! Il lui faut bien se donner le sentiment d'exister, de n'avoir rien perdu de ses vingt ans rebelles. Les livres, d'autres qui sont en charge de la destinée d'un pays les détestent parce qu'ils en ont peur et les méprisent parce qu'ils y devinent une puissance qui les dépassent et à laquelle ils n'ont pas accès. Ceux-là ne se contentent pas de destructions symboliques, ceux-là sont réellement dangereux. Et ceux-là ont placé à leur tête le pire d'entre eux.

S'en prendre à Jean-Michel Aphatie revient à chasser la mouche quand c'est le coche qu'il faut abattre.



... Bouffonnerie, farce ou comédie de boulevard ?



On parle de : François Mitterrand et Jean-Michel Aphatie - le grand théâtre médiatique



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Désirs d'Avenir : un nouveau site


Quand Royal désire Ségolène (et réciproquement)


cliquer pour afficher en grand
Royal jusqu'à l'overdoseLe nouveau site de Désirs d'Avenir, l'association de Ségolène Royal, vient d'ouvrir... et ça pour sûr, ces gens-là n'ont pas de problème avec le culte du chef !

Rien que sur la page d'accueil, je compte pas moins de dix fois le nom de Ségolène Royal, neuf photos de la dame et quinze videos rendant hommage à ses interventions ici ou là. Ségolène Royal est ainsi plus de trente fois présente sur la page d'accueil du site de Ségolène Royal, ça donne légèrement le ton.

Par comparaison, le mot socialiste apparait... une fois, plus le poing et la rose tout là haut dans le bleu des nuages - qui soit-dit en passant fait très UMP, en tout cas considérablement plus que le rose, qui est totalement et dramatiquement absent de la page. Comment mieux dire que dans les désirs d'avenir de Ségolène Royal il y a assez peu de désir de socialisme et beaucoup de désir d'elle-même ?...



Source : Désirs d'Avenir : un nouveau site



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Dix questions pour dix champions socialistes


A propos de création de richesses, d'impôts et de redistribution...


questionsSi les mots ont leur importance, parce qu'il s'agit de leur donner un sens, la confrontation des mots ne saurait tenir lieu de confrontation des idées. Socialisme, social-libéralisme, social-démocratie ou social-écologie, il s'agit d'abord de se distinguer sur le fond d'une orientation politique. La gauche se préoccupe de justice sociale, c'est-à-dire du cycle création / redistribution des richesses. Soit. A la veille d'un très important congrès du Parti Socialiste, pour l'heure assez mal engagé, il serait alors intéressant, sinon indispensable, de connaître la position de chacun sur certaines questions très concrètes - pour s'occuper seulement ensuite de l'habillage sémantique.

Voici donc les questions que je pose à qui voudra bien y répondre, à chacun d'entre vous et plus spécifiquement à Benoit Hamon et Vincent Peillon, à Ségolène Royal et Bertrand Delanoë, à Martine Aubry et Manuel Valls, à Julien Dray et Pierre Moscovici, à François Hollande et Laurent Fabius, chacun d'entre ces dix là étant potentiellement le prochain premier secrétaire du Parti Socialiste et/ou le futur candidat des socialistes à l'élection présidentielle - et je le sais bien qu'il n'y a que deux femmes, et même aucune parmi la jeune garde, mais ce n'est pas à moi qu'il faut s'en prendre...

1- Impôt sur le Revenu : Faut-il revoir la redistributivité de l'impôt sur le revenu et dans quel sens ?

2- Allocations Familiales : Faut-il continuer d'exonérer les allocations familiales de l'impôt sur le revenu ? Doivent-elle à l'avenir être accorder et niveler sous conditions de ressources ?

3- Stock-options : Considérant que les stock-options sont une composante du revenu de ceux qui en bénéficient, doivent-elles continuer à être exonérées de cotisations sociales sur la plus-value d’acquisition ? (pour plus d'explications, lire ici)

4- Droits de succession : Un héritage étant un revenu pour son bénéficiaire, faut-il rétablir l'impôt sur les successions ? Faut-il prévoir un plafond d'exonération et à quel niveau ?

5- TVA : La TVA étant l'impôt le moins redistributif, faut-il aller vers une réduction des taux de la TVA ?

6- Charges Sociales : Faut-il changer l'assiette des charges sociales depuis la masse salariale vers la valeur ajoutée - en prenant soin de revenir sur l'ensemble des exonérations ?

7- ISF : Faut-il revoir l'Impôt sur la Fortune et dans quel sens ?

8- Taxe sur les transactions financières : Êtes vous favorable à ce que la France plaide pour l'instauration en Europe d'une taxe type Tobbin sur les transactions financières spéculatives ?

9- Le temps de travail : Pensez-vous que la réduction du temps de travail est un processus historique qui va dans le sens du progrès social ?

10- La croissance du PIB : Compte-tenu de la raréfaction de la ressource, pensez-vous que les socialistes doivent continuer de considérer la croissance du PIB comme un objectif économique source de progrès social ?

Les dix auxquels je m'adresse plus spécifiquement ne répondront peut-pêtre pas, et sans doute pas ici, mais vous ? Il serait très intéressant de savoir enfin ce qui nous sépare sur le fond de ces questions... de sortir une bonne fois de ce positionnement pro-untel ou pro-unetelle que quant à moi je présume largement artificiel, pour ne pas dire instinctif.

Ne soyez donc pas timides...



Source : 10 questions pour 10 champions socialistes



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«François Mitterrand 2008 - il revient...»


Je crois aux forces de l'esprit, Tonton ne nous a pas quittés !


François Mitterrand 2008 - il revient...Je ne le nierai pas, j'étais réticent (euphémisme). Toute la mise en scène, ou qui paraissait en être une, qui depuis la rentrée 2007 a précédé la sortie du livre, me faisait craindre le mauvais remake commercial d'un premier opus particulièrement réussi. Au point que j'avais résolu de ne pas tomber dans le panneau en achetant l'opus 2008...

C'est alors que les forces de l'esprit se sont manifestés à moi, par l'intermédiaire de leur messager le plus zélé, Guy Birenbaum qui se proposa de m'adresser gracieusement l'ouvrage. La proposition était honnête, j'acquiesçai. Le livre me parvint, je le lu. Et l'esprit était encore là, je dois bien y consentir...

Faisons de suite une digression qui a son importance : rien n'importe moins que l'identité du porteur de plume. Cela pourrait être Christophe Willem ou Laure Manaudou, Jacques Chirac ou Guy Birenbaum, Nicolas Sarkozy ou moi même, que cela ne changerait pas une ligne à ce qui est écrit. Ce qui compte est en ce qui a produit cette étrange alchimie, l'an passé, où l'espace de quelques semaines le lien que l'on croyait rompu par la force des choses, entre François Mitterrand et le peuple de gauche, se renoua par la force de son esprit qui en effet ne nous avait pas quittés. Quelques aigres jaloux hurlèrent, comme à leur habitude, à l'usurpation et à l'escroquerie. Ils n'entendent pas, ces esprits petits et mesquins, que pour qu'il y ait escroc il faut aussi qu'il y ait des escroqués. Il se dit que quelque 100 000 visiteurs en moyenne fréquentaient quotidiennement le blog de François Mitterrand. Néanmoins, l'évidence est que pas un de ceux-là - si l'on excepte Catherine Nay qui, on me l'a dit, en frémit encore un an plus tard - a pu croire, même un instant, que Tonton était réellement, charnellement revenu d'entre les morts pour s'en aller chatouiller les grands pieds du petit Nicolas. Ce qui comptait est qu'il s'agissait bien de sa plume et de son esprit, le porteur de plume n'en était que l'instrument. Cela reste vrai - n'en déplaise aux journalistes de 20 minutes qui, aboyant bien fort comme il est d'usage dans les rédactions, sont parvenus à se couvrir de ridicule en lançant une chasse à l'homme qui n'a pas lieu d'être, puisque c'est l'esprit qui importe : évidemment, ils rentrèrent bredouilles.

Or donc, il apparaît à la lecture de ce François Mitterrand 2008 - il revient... (et le titre en est certes assez mauvais) que tous les éléments qui avaient permis que se produise l'alchimie sont à nouveau réunis. Le style est élégant et le verbe est assassin. On retrouve à chaque ligne la grande et belle érudition d'un fin connaisseur de l'histoire politique, jusque dans certains de ses détails délicieux, mise au service d'une méchanceté lucide et toute en finesse, jamais gratuite car toujours esthétique. Quel contraste avec la vulgarité barbare de son "lointain successeur", ainsi qu'il se refuse à le nommer ! Sarkozy est en réalité nommé une fois, une seule et unique fois au long de ces 250 pages savoureuses : dans la note du 10 septembre, jour où d'aucuns décidèrent de célébrer une journée sans Sarkozy, François Mitterrand écrit : "Je ne peux m'associer à cette initiative, car je ne veux point causer du tort à la santé de mon lointain successeur que je soupçonne d'hypocondrie. S'il ne se voit pas à la télévision durant toute une journée, il est capable de croire qu'il est devenu aveugle. 

Dans le même ordre d'idée, et puisque j'en étais à évoquer le tranchant acéré de ses mots, si au fil des jours et des pages bien des personnalités sont évoqués, d'un trait d'un seul ou plus longuement, une seule d'entre elles pourrait se targuer - mais elle ne le fera pas - de trouver pleinement grâce auprès de l'esprit qui fait d'elle une évocation d'une pudeur toute mitterrandienne en ce qu'elle est une invitation à la lecture.

Pour les autres, à commencer par son lointain successeur, que Tonton se délecte à comparer à un Concino Concini réincarné ("Tout y est : la petite noblesse d'origine étrangère, l'argent, la clientèle, l'encombrante épouse, l'irrésistible ascension, le pouvoir par l'intimidation et la corruption des moeurs..."), mais aussi Guaino et Fillon, Hortefeux et Dati, mais encore Royal et Delanoe, Hollande et Montebourg, sans oublier Bayrou (qualifié de "Georges Marchais du centrisme") ou Dray (bien que ce dernier soit relativement épargné, notons-le), et d'autres encore..., pour ce qui concerne tous ceux-là, beaucoup est dit de ce qui doit être dit ou redit - l'essentiel du festin étant bien entendu en ce que cela soit dit avec cet humour tranquille et acéré qui permet de prendre de la hauteur et découvrir d'autres perspectives, habilement tracées à travers les champs de l'Histoire.

On ne s'étonnera pas, en outre, qu'en dépit de son indéniable qualité, le livre reçoive si peu d'échos à travers la presse. Celle-ci n'est pas épargnée (litote) et nombre de journalistes sont nommément et tout simplement assassinés - et, non, pas uniquement Jean-Michel Apathie...

Vous l'aurez donc compris, et s'il demeure vrai en général que "tout n'est pas pour autant, ou pour aussi peu, à acheter", ainsi que nous invitait à en prendre la mesure un esprit vraisemblablement apocryphe mais qui, bien qu'avec un talent indéniablement moindre, eut aussi probablement un rôle à jouer en cette affaire de forces et d'esprit, je vous invite en ce cas particulier à faire l'acquisition de ce livre qui, d'un point de vue aussi bien littéraire que politique, relève d'un exercice de style remarquablement réussi. En ces temps troublés pour les âmes encore terrestres, dans cette France du "sarkozysme présidentiel", c'est une lecture qui fait ici et maintenant beaucoup de bien. Accessoirement, et en vue d'un congrès à venir, elle pourrait être d'un grand profit pour nombre de responsables socialistes...

"Je ne vous quitterai pas", avait-il été écrit. La promesse engageait l'esprit autant que son (talentueux) porte plume. Elle est aujourd'hui tenue.



Source : «François Mitterrand 2008 - il revient...»



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Consultation Participative : des chiffres utiles et sereins


Un mois après le lancement de l'initiative de Ségolène Royal,
les chiffres de la participation


Le jour même où Ségolène Royal annonce vouloir prendre la tête du parti, une première synthèse de la consultation participative - mais presque - pour un Congrès Utile et Serein est livré à la sagacité des militants.

Or, depuis le lancement de cette initiative, il y a un mois, on glose beaucoup sur le caractère participatif de la méthode Royale. Le principe est contesté par les uns et considéré comme l'achèvement ultime de la démocratie par les autres, mais de quoi parle-t-on au juste ? Ou, autrement dit, qui participe ? "L'ensemble des militants et des sympathisants, nous avait-on dit. Bien bien.... Combien d'adhérents au Parti Socialiste ? Toujours difficile à dire, mais on s'accorde aujourd'hui pour en dénombrer quelques 200 000. Bien... et combien de sympathisants socialistes ? Impossible à dire, évidemment. Alors, combien de militants à Désirs d'Avenir ? Beaucoup, entend-on dire souvent...

Allez, je ne vous fais pas languir plus longtemps : à ce jour, la consultation participative pour un congrès utile et serein compte 1604 messages qui ont été délivré sur 697 sujets de discussion ouverts et répartis sur les 10 questions posées. Nombre de blogueurs ayant posté plusieurs messages, on peut estimer que ce sont en réalité moins de 1500 participants qui ont répondu à l'appel à contributions lancé début avril par Ségolène Royal.

Tout ça pour ça ?!... Oui, et sans parler sur le fond de la vacuité des premiers résultats. Au moins est-on maintenant certain d'une chose, c'est que la contribution de Ségolène Royal pour le prochain congrès des socialistes ne sera ni plus ni moins qu'une autre classique dans son élaboration, ni plus ni moins participative que n'importe quelle autre - ce qui, soulignons-le également, ne préjuge en rien du fond.



consultation classique



Consultation Participative : des chiffres utiles et sereins



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Consultation sereine, certes. Mais utile ?


L'essentiel est de participer


Ça y est, les premières synthèses sont arrivées ! La question 2 m'intéresse, me paraît centrale, un bon moyen de prendre le poul : Le socialisme ne peut pas se contenter d’aménager le capitalisme financier à la marge : comment produire et répartir autrement la richesse ? Je télécharge donc aussitôt le pdf. C'est rapide. Normal, le tout tient sur deux pages. Et en plus c'est écrit gros ! Et voici, hors les encarts de citations de quelques contributeurs flattés, l'intégralité de ce qu'on peut y lire :

Congrès de Bisounours

Le capitalisme : repenser sa définition et son fonctionnement

L’échec du modèle actuel : Les contributeurs jugent que le capitalisme, dans sa forme actuelle, est porteur de menaces sur le plan humain, et également financier, puisque le système contient en lui-même le ferment de ses propres dérives. Le modèle profite à un petit groupe et coûte beaucoup à tous. Il faut redéfinir les bases sur lesquelles il doit fonctionner.
Redéfinir les notions de richesse et de croissance : Le développement de la richesse ne doit pas être confié à une minorité qui décide pour les autres. L’opacité des marchés financiers dérange les contributeurs. Le contenu de la notion de croissance doit comprendre des indices de qualité.
Les fondements du nouveau capitalisme : Le capitalisme moderne doit se fonder sur le développement durable : social, économique, environnemental.

Favoriser le développement de l’entreprise

Une nouvelle organisation de l’entreprise : Il faut recentrer l’entreprise sur l’humain. Revoir ses modes de production et de management. Son développement devra être encouragé. L’État peut intervenir pour diversifier son financement, sa composition, ses organes de décision et le rapport de force entre patrons et salariés.
Favoriser le développement de l’entreprise : Les contributeurs suggèrent de favoriser la croissance de l’entreprise par la modularité de l’impôt et de la TVA, d’en rendre le financement accessible à tous, d’intégrer le handicap au monde du travail. La lutte contre les inégalités (femmes, origines) doit être pensée par la direction de l’entreprise.

L’intervention de l’État

L’intervention publique ne doit plus être passive (éponger les catastrophes, intervenir en « pompier » sur les dégâts du capitalisme) mais au contraire jouer un rôle actif qui permette, par des réformes de fonds, de d’orienter et de catalyser le capitalisme. La création d’un fond souverain est vue par plusieurs contributeurs comme un moyen, pour l’État, de reprendre la main.

Une gauche qui sait parler aux entreprises

S’adresser aux entreprises, c’est aussi parler aux classes moyennes, qui, sont en majorité constituées de salariés ou de petits entrepreneurs. Les contributeurs évoquent également la responsabilité sociale et environnementale des entreprises, sujets qui comptent aux yeux de l’électorat socialiste.


Franchement, c'est un peu court... et largement creux. Bon, me dis-je, c'est que nous, les contributeurs, n'avons pas été à la hauteur. Voulant en avoir le coeur net, j'ai été lire ce que nous avions écrit. J'ouvre le premier sujet de discussion de la liste - qui à cette heure en compte 80 pour 182 messages -, ça s'appelle Une crise du capitalisme financier... et voici ce qu'on peut y lire :

Comme cela n'a du échapper à personne, le capitalisme financier débridé, celui de la crise des subprime, n'est plus souhaitable. Il conduit le monde, l'Humanité à la dérive. L'Homme est écrasé par le capital. Le capital l'étouffe. Ses conditions de vie en pâtissent. Cette crise financière qui a touché l'ensemble du monde n'est ni la première, ni la dernière. Et l'ampleur que les crises futures prendront ne peut être qu'énorme, aussi énorme qu'imprévisible. L'Humanité peut aller à sa fin. Le capitalisme tel qu'il est conçu est cette arme d'auto-destruction dont nous nous sommes magnifiquement doté. Nous croyons à un monde meilleur, plus juste. Ce capitalisme ne nous l'apporte plus.

C'est donc à partir de ce contsat qu'il s'agit de raisonner. Il faut changer de modèle économique. Le PS ne doit plus se contenter d'aménager à la marge, il doit attaquer au cœur cette terrifiante machine qu'est le capitalisme financier tel qu'il s'est constitué aujourd'hui. Cela pose un problème majeur. En effet, comment le changer ? Certainement que les solutions sont multiples. Chaque rouage de notre société doit être modifié.

Tout d'abord, une Réforme des Banques est souhaitable. Cette dernière exploite réellement les gens, les faisant littéralement suer quand, avec leur argent, ils font des bénéfices considérables. Les taux de remboursement pour les surrendettés sont usuriers. Usuriers, il n'y pas d'autre mots pour décrire ces Harpagon modernes. Harpagon à grande échelle. A trop grande échelle. On peut ici nationaliser les banques. Néanmoins, l'Etat ne semble plus avoir ce pouvoir. Il lui faut donc imposer des lois aux banques. A savoir ni plus ni moins que la gratuité des services proposés aux clients, la baisse des taux de remboursement de dettes, et la limitation des salaires de leurs dirigeants. Ce qui est vrai pour toute la classe patronale par ailleurs.

Par la suite, il faut envisager une Réforme de la fiscalité. En effet, la France est un pays où le contribuable le plus riche est celui qui paie le moins d'impôts. Niches fiscales, bouclier fiscal... La suppression de ces deux calamités pour notre pays, le rétablissement de l'ISF, presque supprimé parle gouvernement, sa hausse, la hausse de l'impôt sur le revenu, ainsi que la baisse de la TVA, sont des options povant ici changer la société. Il faut aussi, cela constituerait un tournant majeur dans notre modèle de société, taxer le capital, autant que l'est le travail. Cela sauverait le système des retraites actuel. C'est donc on ne peut plus nécessaire à la société.

Un autre point, ce sera le dernier, est capital. Les fonds de pension. En effet, ces derniers s'emparent de notre économie et sont l'exemple même de la dérive ultra-capitaliste de notre société. Il faut tout simplement interdire le rachat des entreprises françaises par ces monstres, permettre ce rachat avec des fonds publics, du moins partiellement. Car si on ne le fait pas, considérant que cela coute trop à l'Etat, ce pourra poser problème à l'avenir, avec une gérance politique des entreprises françaises, et un moyen de pression terrible d'Etats comme la Chine qui possède le plus grand fonds de pension mondial.

Ainsi, c'est en entraînant, en engageant des réformes de fonds, qui feraient, en partie, basculer l'ordre capitaliste, que le PS sera fort et reconnu comme le premier parti de gauche européen. Car c'est là l'impératif du PS. Rester à gauche. Et cela en sapant les fondations établies par l'oligarchie financière qui dirige notre société. Pour une société meilleure, pour une civilisation intelligente et constructrice, le cap doit être mis à gauche. Le peuple doit vaincre, le peuple doit pouvoir s'émanciper, ne plus être pris au piège d'une économie destructrice !


Dites... On pourrait peut-être demander à ce cher Pierre-Yves d'écrire lui-même la contribution Royal. En sus de sérénité, on y gagnerait sans doute beaucoup en utilité.

Et encore, je n'ai pas lu les 181 autres messages traitant de la question 2. Bon, l'essentiel est de participer, n'est-ce pas ?



On parle de : Consultation sereine, certes. Mais utile ?



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de Bastille à République en photos



Ci-après quelques photos que j'aime bien de mon 15 mai à Paris, entre Bastille et République (j'étais à la bourre pour Place d'Italie). Pour ce qui concerne le texte, je vous invite à lire cet excellent papier sur politique.net : Education nationale : les manipulations du ministère pour supprimer des postes de profs.



Bastille

- cliquer les images pour les agrandir -


un flic à la Bastille deux flics à la Bastille

les p'tits papiers

papiers slogans



République

- cliquer les images pour les agrandir -


trahison républicaine

désert social



de Bastille à République en 16/9

- cliquer l'image pour les voir toutes ! -


face à face



Et on n'oublie pas d'aller lire Education nationale : les manipulations du ministère pour supprimer des postes de profs.



On parle de : de Bastille à République en photos



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Mitterrand 2008, il revient (chez Ramsay !)


Du blog de l'esprit... à son porte-monnaie


LCCCela faisait depuis de long mois qu'on le sentait venir. Le teasing était même un peu lourd, trop évident. Cela avait commencé le 13.09.2007 avec une note non titrée et qui très énigmatiquement disait "Et si, plus que jamais, il était temps de croire aux forces de l'esprit...".

Et ils furent alors quelques-uns à croire, après ce long silence de tout un été, qu'Il allait revenir, qu'il revenait déjà. Ils furent bien déçu, le silence se refit aussitôt, entrecoupé de loin en loin par d'autres billets tout aussi énigmatiques... et tous sans aucun intérêt.

Puis, début décembre, il se produisit enfin quelque chose de nouveau. Le blog François Mitterrand 2008 ouvrait ses portes et François Mitterrand 2007 n'était pas content. Cela donna lieu à une brève joute à distance entre les deux tontons, potentiellement excitante mais finalement assez fade, décevante pour tout dire.

Mais plus instructif, Guy Birenbaum, dont on sait qu'il est éditeur chez Ramsay et friand de bons coups éditoriaux, s'était mêlé de l'affaire. L'on savait donc cette fois avec certitude qu'il ne s'agissait en réalité là de rien d'autre que de capitaliser sur un succès et de faire encore un peu d'argent sur un sujet qu'on avait cru avoir usé jusqu'à la corde. Certains esprits falsificateurs flanqués de quelques acolytes gourmands avaient résolu de tirer encore un peu de jus de la dépouille du grand homme de la gauche. Soit, nous verrons si le succès sera cette fois encore au rendez-vous...

On le subodorait fortement, Tonton 2007 était en réalité un collectif. On se doutait également que Tonton 2008 avait pu en être, qu'il s'en était désolidarisé. Le titre du bouquin(*) est aujourd'hui la confirmation de ce qu'on pourrait nommer la scission des tontons. On imagine d'ailleurs assez bien l'ire des partisans de la capitalisation lorsqu'ils virent apparaître sur la toile un blog portant justement le nom qu'ils avaient retenu pour leur livre. C'était là de toute évidence un sabotage, l'oeuvre du (ou des) dissident(s), partisan pour sa part de ne pas transformer l'aventure en un trivial petit business. Bref, des comptes durent se régler bruyamment dans certains salons parisiens... et, pour le coup, c'est François Mitterrand, le vrai, le mort, qui à regarder la guéguerre entre les bons et mauvais (mais tous faux) esprits, doit se gondoler dans sa tombe.

C'est que celui-là au moins en avait, de l'esprit !


(*) Oui, j'ai oublié de le mentionner, un bouquin paraît donc chez Ramsay (tiens tiens...), ouvrage anonyme et revendiqué comme une oeuvre collective qui se place dans les traces du blog version 2007, et titré... "Mitterrand 2008, il revient".

Notons encore que sur le blog version 2008, on peut lire au sujet de la sortie de ce livre un billet, titré Esprit mercantile, qui pose la question suivante : Tout est-il à acheter ?

C'est pour le moins une bonne question...



On parle de : Mitterrand 2008, il revient !



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Congrès Utile et Serein : une démarche participative... mais presque


Participatif mais presque


congrès bisounoursA propos de l'initiative de Ségolène Royal pour un Congrès Utile et Serein en dix questions, Marianne2.fr a commis aujourd'hui un "Royal veut bien débattre. Surtout avec les Bisounours" qui, je l'avoue, m'a fait doucement marrer. Le ton est caustique, limite méchant, mais sur le fond, en effet, cette initiative "participative" a de quoi interroger.

D'abord, en effet, vous je sais pas, mais moi je trouve que "congrès utile et serein" ça fait un peu campagne de com' pour un congrès des bisounours... Dans le même ordre d'idées, on pourrait tout aussi bien faire porter un badge à nos sportifs "pour des JO joyeux et victorieux", Sarkozy lancerait un appel "utile et serein" aux FARCS, Xavier Darcos supprimerait des milliers de postes d'enseignants pour une "Ecole de la république qu'elle sera plus belle demain" et Patrick Sabatier s'enverrait de nouveau une bouteille de Contrex en affirmant "Moi, ça va fort !".

Mais on me dira que ça c'est du détail. Soit. Parlons de l'initiative qui soulève en elle-même bien des questions - et ce avant même d'aborder les dix questions officielles. On peut ?...

Disons-le tout net, l'initiative de consulter directement les militants - du moins ceux qui ont accès à internet - est tout à fait louable. Elle aurait même mérité qu'on prenne la peine de la situer dans le cadre des structures d'un parti qui existe encore et qui, quoi qu'on en pense par ailleurs, demeure légitime. Du coup, en s'affranchissant (une nouvelle fois) du collectif - façon "je m'adresse directement à la base" (meilleure façon de la caresser dans le sens du poil) -, l'initiative perd aussitôt de sa portée et de sa force. C'est dommage... et bien regrettable.

Il demeure, et je le répète, que tout cela à le mérite d'être posé. Ce qui ne l'est pas et qui aurait dû l'être est : à quoi ça va servir ? - et on se doute en réalité que la vraie question est "à qui ?". Car est-il possible d'envisager qu'à l'issue de la méthode participative proposée à tous les militants par Madame Royal, il se dégage en réponse des positions largement contraire aux positions de Ségolène ? Et qu'adviendrait-il alors de la rédaction de la motion Royale ?

On peut même élargir : puisque le machin s'adresse à l'ensemble des militants, comment est assurée la transparence du bidule ? Qui gère la modération ? Quels en sont les critères ? Le dépouillement des réponses sera-t-il également participatif ? Qui décidera de ce qui est à retenir et ce qui est à rejeter ? Bref, le bidule, en réalité, il appartient à qui ? Ou encore, et en corolaire : le machin participatif n'inclut-il pas nécessairement la transparence et la mutualisation de l'accès au bidule ?

En vérité, en l'absence d'une telle transparence - et donc de la réponse à ces questions de fonctionnement qui sont tout sauf accessoires -un militant qui ne se sentirait pas franchement politiquement proche de Ségolène Royal ne peut véritablement espérer que ses réponses éventuelles soient prise en compte, puisque ce qui va en ressortir est annoncé "motion Ségo". Ce qu'il sait en revanche, c'est qu'en participant il sera compté dans ces "X milliers de participants au débat interne suscité par Ségolène Royal" qui seront inévitablement annoncés à l'issu de l'opération pour preuve de l'engouement des militants et sympathisants vis à vis de ladite démarche participative. Et voilà donc notre ami pas si bisounours piégé entre dire, être compté mais sans pouvoir espérer qu'on tienne compte de ses réponses et ne pas répondre et laisser dire la vérité des vrais bisounours.

De facto, il devient évident que les questions ne s'adressent pas véritablement à l'ensemble des militants, comme il est très habilement prétendu. Et il est bien dommage d'avoir ainsi diminué la portée d'une excellente idée en privilégiant la manœuvre au collectif - comme il est d'ailleurs extrêmement regrettable, et plus encore, que les dirigeants actuels du PS n'aient pas pris eux, puisque c'était là évidemment leur rôle, la peine d'être eux-mêmes les initiateurs d'une telle démarche.

Mais puisqu'on m'opposera nécessairement que je serais moi-même dans la manoeuvre en écrivant ce petit billet, et que je ferais bien mieux de répondre aux questions que me pose la dame, je précise que j'ai déjà commencé à participer et je le prouve :


Question 1 : Il faut sortir du fossé entre un discours pseudo révolutionnaire dans l'opposition et un conformisme économique au pouvoir : de quelle façon ?

Pour ma part, je n'entends pas au PS de discours pseudo révolutionnaire... pas plus que le conformisme économique serait la règle de la gauche au pouvoir - c'est là tirer un trait bien rapide sur le RMI ou la CSG, sur les 35h ou la cinquième semaine de congés payés, sur les indéniables succès économiques des années Jospin (même s'il y eut également des timidités coupables).

Donc j'ai déjà un peu de mal à comprendre la question, sinon à la poser ainsi : Les socialistes ont la charge de proposer aux français un projet économique réellement alternatif et ambitieux, tout en s'assurant de sa cohérence avec les réalités du monde, lequel ? Voilà comment je formulerais cette première question. En résumé, finalement :

Quel projet socialiste gagnant pour 2012 ?

Pas sûr qu'on puisse y répondre aussi rapidement, dans le cadre qui nous est proposé. Ou alors je n'ai pas compris la question et en ce cas, je veux bien qu'on m'explique...

Pour l'heure, il semble que le message auquel elle nous invite à souscrire serait que les socialistes ont en effet dans leur ensemble un discours pseudo-révolutionnaire lorsqu'ils sont dans l'opposition (des exemples ?) et tombent dans le conformisme économique aussitôt qu'ils sont au pouvoir (ça peut se discuter, non ?). Le postulat parait bien rapide et affirmer sans nuance, asséner, n'a jamais fait une vérité collective - mais est-ce bien à tous les socialistes qu'on s'adresse ici ?


Question 2 : Le socialisme ne peut pas se contenter d'aménager le capitalisme financier à la marge : comment produire et répartir autrement la richesse ?

Là encore, j'ai du mal à comprendre la question.

Pourquoi parler de richesse puisqu'il s'agit, ici en particulier, de la répartition des profits des grandes entreprises cotées en bourse et donc soumis au capitalisme financier dont on parle dans le cadrage de la question ?

Et que veut dire produire autrement la richesse ? Autrement qu'en levant des capitaux en bourse ? Soit et on serait alors là dans une réelle et ambitieuse rupture... mais je doute que cela soit de cela qu'il s'agit ici. Je devine qu'on parle plutôt de s'affranchir des critères de gestion des entreprises purement financiers, de cette recherche obsessionnelle de rentabilité financière, dictat fait aux entreprises par les grands actionnaires au mépris d'un développement harmonieux et respectueux de la valeur humaine des entreprises et du cout social des licenciements, le dictat notamment d'une politique salariale ultra restrictive.

Aussi posons cette question 2 de la manière suivante : Le socialisme ne peut pas se contenter d'aménager le capitalisme financier à la marge : comment rompre avec des critères de rentabilité purement financiers dictés par les gros actionnaires et répartir plus justement les profits des grandes entreprises ?


Question 3 : Que reprendre des modèles progressistes des autres pays et que rejeter ?

Alors là, le flou devient artistique. Essayez juste de faire un début de réponse à la question... C'est en réalité le type même d'une problématique transversal et qui ne peut être distinguer du tout. Pour élaborer un modèle progressiste français cohérent, il sera nécessaire, sur l'ensemble des sujets, de recourir à une veille internationale afin de s'inspirer de ce qui a été mis en place ailleurs, de ce qui a réussi et de cce qui a échoué.

Aussi, je proposerais bien de supprimer la question 3... voire de reformuler toutes les questions afin d'en tenir compte. Pour les questions 1 et 2 (mais l'opération pourra très probablement s'appliquer aux autres questions) cela donnerait, en tenant compte de mes reformulations déjà proposées par ailleurs :

1- Les socialistes ont la charge de proposer aux français un projet économiques réellement alternatif et ambitieux, tout en s'assurant de sa cohérence avec les réalités du monde, lequel ? Que reprendre des modèles économiques des autres pays et que rejeter ?

2- Le socialisme ne peut pas se contenter d'aménager le capitalisme financier à la marge : comment rompre avec des critères de rentabilité purement financiers dictés par les gros actionnaires et répartir plus justement les profits des grandes entreprises ? Que reprendre des modèles financiers des autres pays et que rejeter ?


Question 6 : Comment rompre avec la redistribution passive et bureaucratique comme principal moyen de s’attaquer aux injustices sociales ?

Ecrire "rompre avec la redistribution passive et bureaucratique" est déjà une manière d'orienter le débat, de ne pas laisser la question ouverte.

C'est là un postulat socialiste, la redistribution serait par essence passive et bureaucratique ? L'impôt - principale source de redistribution - serait passif et bureaucratique ?

Comment peut-on laisser supposer qu'une aide apportée, une allocation distribuée à un foyer modeste serait passive ? Par le fait même qu'elle produit un supplément de pouvoir d'achat, aussitôt dépensé, elle contribue activement à faire tourner la grande machine "économie".

Est-ce le rôle de la gauche de donner du grain à moudre au sarkozisme triomphant en contribuant à laisser penser que l'abus d'allocations et la fraude est la règle ?

On voit bien ce qui transparait derrière cette question : la solidarité à la sauce donnant-donnant - si la société consent à t'aider, comment l'aideras-tu en retour ? Autre manière de dire qu'il serait possible d'être socialement inutile. Autre manière de laisser penser qu'on pourrait vivre suffisamment bien des allocations pour s'en contenter et ne pas chercher un travail.

Ainsi, il serait utile de reprendre les choses plus en amont - s'il s'agit bien ici de faire contribuer l'ensemble des socialistes - en portant la réflexion sur notre conception collective de la solidarité nationale et de la redistribution.




L’initiative en dix questions de Ségolène Royal soulève, d'abord, de vraies questions de forme, notamment concernant celle de la transparence, auxquelles des réponses concrètes permettraient aux socialistes d’aborder leur congrès sur le terrain du débat de fond et des idées, donc de réaliser un congrès à même de donner enfin une consistance au Parti Socialiste, à son rôle d’opposant et à son ambition de conquête du pouvoir sur la base d’un projet de transformation sociale ambitieux, réaliste et innovant. Faute de cela, ne resterait de cette initiative qu’une manœuvre politicienne de plus.



On parle de : Congrès Utile et Serein : participatif... mais presque



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Ni "Tout sauf Ségolène", ni "Royal sinon rien"


Sur la Plage du Village - un lieu que je vous recommande car il y fait bon vivre et débattre -, le maître des lieux a commis un excellent billet, tout en finesse et en pertinence. Si à ce billet il fallait adjoindre une morale sur laquelle bien des socialistes pourraient méditer, elle serait selon moi la suivante :


Il ne s'agit pas d'écarter Ségolène Royal.

Il s'agit de ne pas s'empresser d'écarter tous les autres !


Je ne résiste pas au plaisir de reproduire ici le billet de cet ami de là-bas, le héron Gris :



Et maintenant ...


La victoire en pleurant.

Après la défaite en chantant, voici la victoire en pleurant. Faut-il avoir peur d’une victoire électorale, obtenue par une gauche presque authentique, au motif qu’elle ne s’inscrit pas dans la ligne prophétique de la gauche dite moderne ? Certes, maintenant que l’œuvre est accomplie, d’aucuns ne se priveront pas pour attribuer cette réussite à l’heureuse conjonction du Ségo-tour-opérator, dont la tournée s’acheva à Aix-en-Provence, avec les frasques élyséennes. En somme, après le sourire de la défaite, la grimace d’une victoire aux redoutables effets pervers. Pour mieux comprendre, il faut se souvenir d’un fameux Conseil National du PS où il fut décidé, par un collège d’abominables apparatchiks incompétents, de traiter séquentiellement les élections locales et le Congrès. A l’époque, on entendit parler de déni de démocratie et de stupidité politique par les fondus de la refonte pour qui le PS ne pourrait plus gagner une seule élection avant de s’être équipé d’un leader, ou plus précisément d’une « leadeure ». Aujourd’hui, les choses ont un peu changé car le premier objectif du futur chef n’est plus de préparer la victoire mais de la récupérer, ce qui est tout de même plus facile.


Une élection qui retombe en pluie fine.

Trêve de polémique stérile, venons-en aux retombées positives des ces élections municipales et cantonales. Tout d’abord, il convient de resituer le contexte. La droite dure, après avoir gagné largement la présidentielle et les législatives a entrepris la démolition, pour ne pas dire l’éradication, de la gauche. Ainsi, l’opération « vide grenier » du PS visait à laisser croire au bon peuple de France que les clivages politiques étaient archaïques et qu’en installant un homme providentiel à l’Elysée, toute idée d’alternance devenait obsolète tant l’esprit d’ouverture du Président appelait une nouvelle pratique politique où tout est dans tout et réciproquement. De maroquins en commissions, l’école bessonnière connut alors son heure de gloire au point que les rapports furent écrits en Attalique, cette écriture qui penche singulièrement à droite. Aux dires des médias et des nouveaux apparatchiks de la gauche moderne, le PS était à l’agonie, au bord de l’explosion implosive, incapable d’aller au combat. Dans un tel contexte, avec un PS archaïque, sans leader, sans projet et sans vision, seule une victoire aux élections locales, suffisamment ample pour revêtir une signification nationale, pouvait induire un peu de réalisme et d’équité dans un discours ambiant qui mêlait bizarrement les intérêts de la droite avec ceux d’une certaine gauche. Aussi, si la vague rose a eu pour premier effet de noyer l’utopie dangereuse de la pseudo ouverture, elle a également causé quelques dommages collatéraux auprès des nouveaux visionnaires qui, à gauche, se tenaient tellement près de la droite qu’ils n’ont pas vu arriver la vague.


La métamorphose des godillots.

La remise aux normes du paysage politique français devrait quelque peu changer la donne dans le processus dit de rénovation du PS, non pas en le ralentissant, mais en replaçant les différents acteurs au plus près de la vie politique réelle du pays. En France, la présidentialisation du régime résultant de la mise en œuvre du quinquennat aggravée par la synchronisation des scrutins présidentiel et législatif dans un paquet électoral de type « deux en un », a provoqué la transformation des partis politiques en une sorte de « fan club » entièrement dévoués à la gloire de leur star. Ainsi, l’UMP et l’UDF/modem succombèrent à cette tendance, avec des fortunes diverses, pendant que le PS, sous l’impulsion de quelques éléphants indociles, résistait tant bien que mal au phénomène de mode. Or, dans un parti politique, si les sympathisants aspirent rarement à exercer une quelconque responsabilité politique, il n’en va pas de même pour les militants qui souhaitent généralement s’impliquer, non seulement dans la vie du parti, mais également dans des fonctions électives. De ce point de vue, la décentralisation a permis de créer un nombre considérable de mandats dans les différentes collectivités locales notamment aux niveaux des régions, des départements, des communes et de l’inter-communalité. De fait, c’est cet ensemble de mandats électifs qui innerve, en profondeur, la vie politique française au plus près des citoyens et des réalités. Finalement, dans un parti politique, la proportion des adhérents motivés par l’attrait d’un destin national, voire un maroquin ou, pourquoi pas, l’Elysée est relativement faible au regard de ceux qui préfèrent limiter leur ambition aux confins de leur département. Qui plus est, l’accès aux responsabilités nationales requiert, le plus souvent, une bonne implantation locale en guise de tremplin. En conséquence, il ne faut pas minimiser les retombées indirectes que pourraient avoir les dernières élections locales au niveau du fonctionnement des partis politiques. En effet, les milliers d’élus UMP qui vont se retrouver sur le carreau alors qu’ils pensaient être les maîtres du pays par la grâce d’un Dieu omnipotent, auront de quoi méditer sur la métamorphose des godillots en groupies. A l’inverse, les heureux élus d’une gauche « ringarde » que l’on disait exsangue et sans avenir seront peut être moins disposés à adhérer, sans la moindre réserve, au discours convenu d’une rénovation opportuniste et creuse mise au service exclusif d’un improbable destin personnel.


Rien de neuf dans la rénovation.

La question de la rénovation du PS est réglée depuis 1983 après que François Mitterrand eut compris qu’un programme de gouvernement n’était pas forcément soluble dans la doctrine du Parti. Aujourd’hui, l’évolution du capitalisme, la mondialisation et le libéralisme débridé constituent autant de défis que la gauche devra affronter si elle revient aux affaires au plan national. Le rabougrissement des prérogatives du pouvoir politique national au profit des pouvoirs économique, financier et européen, pose d’emblée le problème de la marge de manœuvre d’un gouvernement de gauche. Dès lors, la seule question qui se pose vraiment est celle du découplage entre la doctrine et le programme de gouvernement. Sauf, bien évidemment, à penser que la doctrine est un concept obsolète en réduisant le rôle d’un parti politique de gauche à l’élaboration d’un programme, ou d’un pacte, présidentiel. Si d’aventure le PS tombait dans ce travers, il s’en trouverait alors réduit à exercer une fonction d’écurie (s) présidentielle (s).


Il est urgent de désigner un maillot jaune.

La question récurrente du leadership s’inscrit également dans la démarche de désintégration d’une pensée politique qui deviendrait un obstacle dans le processus de conquête du pouvoir pour le pouvoir. Du reste, au même titre que la rénovation, la question du leadership au PS, même si elle est incontournable du fait de nos institutions, demeure superfétatoire dans la mesure où personne aujourd’hui n’est apte à assumer ce rôle faute de consensus. De toute façon, par définition, un leader ne se désigne pas, il doit s’imposer de lui-même. Force est de constater que nul n’y est encore parvenu au PS et l’idée même de substituer une procédure de désignation à l’émergence naturelle d’une personnalité porte en elle le germe de l’échec. Pour preuve, c’est précisément ce qu’a connu le PS à deux reprises dans un passé récent. Tout d’abord à l’occasion du référendum sur le TCE, pour lequel François Hollande a cru naïvement qu’il suffisait d’obtenir un vote majoritaire des adhérents, en l’occurrence à hauteur de 60%, pour entraîner le parti, comme un seul homme, sur la voie qu’il jugeait être la bonne avec le résultat que l’on sait. Ensuite, il y eu la désignation de la candidate à l’élection présidentielle, là aussi avec un score de 60% des adhérents, qui n’a pourtant pas permis d’entraîner l’ensemble du Parti, comme une seule femme, sur la voie de la victoire. Jamais deux sans trois ?


Impatience et longueur de temps.

Est-il vraiment bien raisonnable de vouloir mettre 2012 en musique dès aujourd’hui en proposant aux français un programme, qui sera forcément dépassé dans quatre ans, assorti d’une candidate qui n’a pas encore réussi à convaincre son propre camp, alors que ce dernier l’avait mise en situation très favorable pour le faire, quoi que puissent en dire les nouveaux apparatchiks du PS ? Alors, pour évacuer la redoutable question du chef, certains avancent une thèse, que l’on pourrait présenter à la manière de Brassens, selon laquelle : « tout est bon chez elle, y a rien à jeter … sur l’île déserte il faut tout emporter ». Voici une bien curieuse façon d’apprécier les qualités d’une postulante en évaluant son profil par comparaison au néant. Tout d’abord, si il est indéniable qu’il y a du bon chez elle, tout est loin d’être parfait et il reste encore bien des choses à jeter ou, pour le moins, à améliorer. Quant au néant, si tel était le cas, cela serait dramatique pour celle qui ne parviendrait même pas à s’imposer dans un univers exempt de toute concurrence. Par ailleurs, décrire le PS comme une île déserte, n’est certainement pas la meilleure manière de promouvoir la gauche et de préparer son retour à la tête du pays. Les talents et les compétences existent à gauche, ne les méprisons pas en cédant, un fois encore, à la dictature des sondages. Du reste, selon une récente mouture sondagière, Ségolène Royal recueillerait 45% d’avis favorables de la part des sympathisants du PS pour le poste de Première Secrétaire du Parti. Quand on sait que les 60% de l’investiture pour la présidentielle ne permirent pas de créer l’osmose, qu’en serait-t-il d’une désignation de type « deux en un » puisqu’elle cumulerait, de fait, la direction du PS et l’investiture pour 2012, sur la base d’une majorité on ne peut plus relative ? Enfin, alors que le pays vient d’offrir une superbe veste au locataire de l’Elysée qui s’était fait tailler un costume sur mesure dans un tissu d’omnipotence et de people, pourquoi le PS devrait-il, par mimétisme ou par cupidité, reproduire un modèle similaire en confectionnant, à son tour, une opposition monothéiste couchée sur papier glacé ?


Le plus dur est avenir.

En votant majoritairement à gauche à l’occasion des dernières élections municipales et cantonales, les Français ont fait savoir qu’ils pouvaient encore faire confiance à des femmes et à des hommes de gauche pour gérer les affaires de la cité. Le principal mérite en revient, bien évidemment, à celles et à ceux qui, partout en France, ont dépensé sans compter leur énergie et leur talent pour conquérir les mairies et les cantons. Pour autant, si cette victoire montre que tout reste possible, elle ne doit pas constituer une invitation à l’immobilisme et à l’auto satisfaction. Il reste à la Gauche beaucoup à faire pour convaincre les Français qu’une autre politique est possible pour le pays. Si un tel travail exige un minimum d’ordre et de rigueur, sa réalisation ne saurait passer par la voie hiérarchique ou divine, pas plus que par le centralisme démocratique. Il convient d’engager, du moins dans un premier temps, une démarche collective élargie associant tous les talents et toutes les énergies disponibles pour définir, sans dogmatisme mais non sans pensée politique, un projet réaliste adossé, dans la mesure du possible, à une vision alternative du monde qui ne céderait pas à cette lancinante pensée unique qui tend à faire croire que nous serions arrivés à la fin de l’histoire.


Billet du héron Gris, sur la Plage du Village



En se donnant à Ségolène Royal, le PS s'enfermerait dans une "candidature naturelle" et la jolie geolière aurait alors beau jeu de ne laisser s'épanouir aucune autre possibilité. Or 2012 est loin encore, beaucoup peut se passer d'ici là et nul aujourd'hui ne peut prétendre avoir de certitude objective quant à la bonne candidature socialiste en 2012. Les talents sont nombreux au PS que la lumière médiatique n'inonde pas encore. La vie démocratique a pour objet de leur permettre de s'épanouir et de devenir, plutôt que de les étouffer.

Rappelons qu'un an avant les présidentielles de 2007, Ségolène Royal était elle-même de ses personnalités d'arrière-plan médiatique, c'est-à-dire qu'elle n'était pas alors en situation de présidentiable (pas plus que ne l'était Barack Obama, il y a un an aux Etats-Unis). C'est précisément la non présidentialisation des structures du PS, cette absence d'une figure écrasante, candidat naturel supposé, qui a permis l'avènement de sa candidature. Avoir soi-même passé une porte pour aussitôt s'évertuer à la la verrouiller derrière soi relèverait de la manœuvre politicienne au service d'une ambition exclusivement personnelle. Car, que l'on se rassure, quoi qu'il advienne Ségolène Royal est et restera sur le devant de la scène politique française - telle est désormais la place que lui accorde son statut d'ancienne candidate.

Or donc, c'est une évidence, tel est pourtant l'objet aujourd'hui de la candidature de Ségolène Royal à la tête du Parti Socialiste : ne pas avoir partager le devant de la scène, s'empresser donc d'écarter tous les autres et interdire la potentialité de l'avènement de l'un quelconque d'entre eux, rival pour elle indésirable mais qui pourrait bien s'avérer salvateur pour la gauche. Les militants socialistes feraient fausse route s'il venait à verser dans cette facilité qui correspondrait à insulter inutilement l'avenir.



On parle de : Ni "Tout sauf Ségolène", ni "Royal sinon rien"



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Journée sans Sarkozy : regardons François Hollande


François Hollande répond à Nicolas Sarkozy





Quoi, vous voudriez tout de même savoir ce qu'il a dit, le Petit Président ? A propos de l'accès de violence à Villiers-le-Bel, à propos du pouvoir d'achat ?...

Soit, je vous l'accorde. Le Petit Père des People a dit à peu près ceci :



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Sarkozy : payer plus pour gagner moins


Le PS fait des propositions concrètes en faveur du pouvoir d'achat



travailler plus pour gagner moinsLe Bureau national du PS a adopté mardi dix propositions pour soutenir le pouvoir d'achat des Français, tentant ainsi de mettre sous pression la majorité sur un sujet que doit aborder jeudi Nicolas Sarkozy et que l'opinion juge prioritaire, selon tous les sondages.

Le numéro deux du PS François Rebsamen a énoncé les quatre directions dans lesquelles il faut agir : "augmenter les salaires, baisser les prix des produits alimentaires, diminuer le coût du logement, maîtriser le prix de l'énergie".

D'un coût de six milliards d'euros, ces mesures seraient financées pour moitié par "une taxation des super-profits pétroliers" et pour l'autre par "une taxation des stock-options", a précisé le maire de Dijon.

Une campagne sera menée la semaine prochaine par les militants et responsables PS pour populariser ces mesures, grâce à la diffusion d'un tract (3 millions d'exemplaires) et d'une affiche (500.000 exemplaires), et mettre en évidence qu'"avec Nicolas Sarkozy, c'est gagner moins et payer plus".

Par ailleurs, les députés PS défendront jeudi une proposition de loi comprenant onze mesures en faveur du pouvoir d'achat, dont la plus importante est une majoration de 50% de la prime pour l'emploi, ont-ils annoncé séparément par le biais de leur porte-parole Aurélie Filipetti.

La majorité UMP à la commission des Finances a décidé de ne pas discuter des articles de ce texte, ce qui équivaut à un rejet.

Au chapitre des salaires, les socialistes préconisent "une conférence pour augmenter le SMIC et les rémunérations" et qui aurait pour objet de consentir des exonérations de charges sociales aux entreprises qui "augmentent effectivement les salaires", selon M. Rebsamen.

Sont aussi prônés "un plan de rattrapage des traitements dans la Fonction publique" et "une revalorisation des petites retraites", alors que la loi sur la sécurité sociale tout juste votée au parlement limite cette hausse à 1,1%.

Pour faire baisser les prix alimentaires, le PS propose notamment une réduction d'un demi-point de la TVA (qui serait ramenée à 5%) sur les produits de première nécessité.

Le parti de François Hollande réclame aussi "l'encadrement des loyers pour l'année 2008" qui seraient "indexés sur le coût de la vie", une diminution des taxes sur l'essence par le biais du rétablissement de la TIPP flottante, ou encore "la généralisation du chèque transport" pour aider à financer les déplacements des salariés.

Cette dernière mesure, jamais vraiment entrée en vigueur, avait été créée par l'ex-Premier ministre Dominique de Villepin et son successeur François Fillon la considère comme un échec

Secrétaire national du PS à l'Economie, Michel Sapin a affirmé que non seulement le paquet fiscal de 15 milliards d'euros de juillet n'avait "eu aucun effet sur le pouvoir d'achat", mais qu'en plus le gouvernement avait "pris des décisions qui diminuent le pouvoir d'achat" (franchises médicales, paiement de la redevance audiovisuelle par les personnes âgées, sauf les plus démunies).

PARIS (AFP) - 27/11/2007 19h49

© 2007 AFP


On aura noté en passant que la majorité UMP à la commission des Finances a décidé de ne pas même discuter des articles de la proposition de loi avancée par l'opposition socialiste et comprenant ces onze mesures en faveur du pouvoir d'achat. Discuter devant la représentation nationale, émanation démocratique du peuple, et trouver des solutions pour le pouvoir d'achat des français, ça ne les intéresse donc pas ?


travailler plus pour gagner moins
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Appel du Comité National pour un Référendum



Infantilisation du peuple ou exigence démocratique

traité européen : pas sans nous !D'abord, ce dont il ne s'agit pas : il ne s'agit pas ici de l'opportunité pour la France de ratifier on non le Traité de Lisbonne, et encore moins du clivage OUI/NON du référendum de 2005. il s'agit bien de se prononcer sur la voie démocratique à emprunter pour prendre cette décision.

Ce dont il s'agit, donc : de démocratie, ou plutôt du déni de démocratie que constituerait la ratification par le parlement de tout ou partie de ce que le peuple a refusé par référendum - et ce, quoi qu'on pense par ailleurs de ce refus, ou même quoiqu'on aie pensé à l'époque de l'opportunité du référendum. 

La parole avait alors été donnée au peuple français, il est insupportable qu'on puisse vouloir la lui reprendre parce qu'il n'en aurait pas usé conformément aux souhaits de la classe dirigeante. Si l'on considère qu'il est nécessaire de ratifier le Traité de Lisbonne, il y a alors exigence d'en convaincre les français, plutôt que de les infantiliser en passant outre un avis légitimement exprimé. 

L'exigence est d'aller au bout du processus démocratique qui a été engagé lors du choix de la procédure référendaire. C'est une question de principe. C'est une exigence démocratique avec laquelle nous avons le devoir de ne jamais transiger, qui ne peut être surpassée par un quelconque "intérêt supérieur".

La tenue d'un référendum sur le traité de Lisbonne est une ardente nécessité démocratique. C'est pourquoi des personnalités diverses, dont certaines avaient déjà pris l'initiative d'appels et de pétitions en faveur de cette consultation populaire, ont décidé de rassembler leurs efforts dans un Comité national pour le référendum. Le CNR s'adresse à tous ceux, quelle que soit leur opinion sur le nouveau traité, qui affirment la nécessité que le suffrage universel se prononce sur ce traité. 

Vous aussi, exigez que la décision revienne aux citoyens, soutenez la démarche du Comité National pour un Référendum,  signez l'appel pour un référendum ...et faites-le circulez :


Appel du Comité National pour un Référendum

Un nouveau traité - dit traité de Lisbonne - vient d’être approuvé par les dirigeants européens suite au rejet du projet de traité constitutionnel refusé majoritairement par les Français et les Néerlandais lors des référendums de mai et juin 2005.

C’est donc à nouveau le suffrage universel qui doit trancher par référendum.

Sur un sujet qui a tant d’influence sur la vie de chacun et l’avenir de la France, l’organisation d’un nouveau référendum est une exigence démocratique majeure pour notre pays. C’est aussi une nécessité pour la construction européenne qui doit être fondée sur l’adhésion des peuples et la souveraineté populaire.

Seule une mobilisation sans précédent des citoyens peut obliger le président de la République à organiser un référendum. Il y sera contraint s’il n’obtient pas, début 2008, 3/5 des suffrages exprimés des parlementaires pour la modification préalable de la Constitution française, nécessaire à la ratification du nouveau traité européen. Ainsi les députés et les sénateurs ont le pouvoir d’imposer le référendum, en votant contre cette révision de notre Constitution.

C’est pourquoi des personnalités diverses, les signataires de différents appels déjà lancés sur ce sujet, ont décidé de rassembler leurs efforts au sein d’un Comité National pour un Référendum.

Nous appelons en urgence toutes celles et tous ceux qui sont attachés à la démocratie et à une Europe fondée sur l’adhésion des peuples, qu’ils soient pour ou contre ce nouveau traité, à nous rejoindre pour empêcher un déni de démocratie et exiger la tenue d’un référendum.

--- votre signature ici ---



sarkozy petit pere des people



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Tonton, le retour 2



Le "Teasing" des forces de l'Esprit

article pompé sur avoodware.com

portrait François MitterrandSouvenez-vous, c'était lors de la campagne électorale des dernières présidentielles, une voix d'outre-tombe s'était faite entendre. Le 10 mars 2007, elle s'exprimait pour la première fois et disait ceci :

J'avais dit en son temps que je croyais aux forces de l'esprit et que je ne vous quitterai pas. Il est temps d'honorer ce rendez-vous.
[...]
D'ici, je le répète, je vois tout, j'entends tout, je lis tout; bref, je sais tout. Les mauvaises langues (de droite, mais aussi hélas, de gauche...) qui me liront dans les semaines qui viennent diront sans doute que pour une fois, je n'ai pas besoin des écoutes de mon fidèle Prouteau pour y parvenir. Qu'elles se méfient. Je vais tout dire, tout écrire, y compris sur elles...

Le blog de François Mitterrand venait de s'ouvrir : François-Mitterrand-2007, avec en exergue cette phrase prononcée par feu le président, lors de ses derniers voeux aux français : Je crois aux forces de l'esprit, je ne vous quitte pas...

Cela avait fait quelque bruit sur la toile, avait dans une certaine mesure bousculé le petit train-train médiatico-politique de la campagne électorale. Le blog avait très rapidement obtenu un réel succès d'audience. Le président postait chaque jour un nouveau billet et on débattait longuement de l'actualité politique au fil des commentaires. Cela en avait ravi certains, nombreux, et exaspéré beaucoup d'autres. Et puis, l'on s'était finalement souvenu qu'on ne croyait pas aux forces de l'esprit, que quelqu'un devait tenir la plume. Une chasse à l'auteur apocryphe s'était engagé. D'une telle ampleur que, finalement, sous la pression et cédant à l'hystérie, le blog se referme sur ces mots : Je vous le répète encore une fois, en guise de conclusion : Etre en accord avec soi-même, je ne connais pas de meilleur bulletin de santé. Je crois aux forces de l’esprit, je ne vous quitterai pas.. On était le 10 juin 2007, dimanche de premier tour des législatives.

Le silence s'était fait. On avait presque oublié. Pourtant, le 13 septembre 2007, on entendait ceci : " Et si, plus que jamais, il était temps de croire aux forces de l'esprit.... Etait-ce un ultime soupir, le dernier hoquet d'un esprit en décomposition ? Ou l'annonce d'un retour prochain, l'évocation d'un désir qu'on voudrait mutuel ? La réponse tombe ce jour où, sous le titre, Revenir..., on peut lire : Je sens qu'un nouvel esprit m'habite et je m'interroge. Puis-je vraiment laisser les choses en l'état, voyant ce que je vois, entendant ce que j'entends? Les forces de l'Esprit m'ont fait un bien beau cadeau encore. Dois-je en user?

Ouais, si ça c'est pas du "teasing" ! ...

Mais arrêtons-nous un instant et consultons Wikipedia :

Teasing est un mot anglais signifiant « taquinerie » mais il est plus correct de le traduire par « aguicher » pour sa connotation d'excitation (provoquer la curiosité, on le retrouve dans le mot strip-tease).

Le mot désigne une technique de vente attirant le spectateur par un message publicitaire en plusieurs étapes. Dans la première étape, un message court et accrocheur interpelle et invite à voir la suite. La deuxième étape apporte une réponse et incite à la consommation.

Le 'teasing' est arrivé en France en 1981 avec une triple publicité (affichage) pour l'afficheur Avenir, mise en scène par l'agence CLM/BBDO.

Sur une plage bleu azur...

1. Une jeune femme en bikini, mains sur les hanches, dit: « [Demain], j'enlève le haut » ;
2. quelques jours plus tard, seins nus, elle dit: « [Demain], j'enlève le bas » ;
3. quelques jours plus tard, nue mais montrée de dos, elle dit: « Avenir, l'afficheur qui tient ses promesses ».

Le 'teasing' a été utilisé en politique en France, avec la double publicité visuelle de Jacques Chirac de 1986: "Vivement demain..." suivie de "...avec le RPR".


Allez, Tonton, point de chichi [sic], reviens... et dis-nous donc quel est ce "bien beau cadeau" que t'ont fait les forces de l'esprit.



On parle de : Tonton, le retour 2



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"Jean Jaurès et la religion du socialisme", par Vincent Peillon


Interview accordée à L'Hebdo des socialistes, parue le 26 mai 2000



Jean Jaurès et la religion du socialisme, Vincent PeillonPourquoi cet essai sur Jaurès ?
Pour deux raisons. La première concerne notre engagementsocialiste. Notre tradition a été dominée par Jules Guesde et par le marxisme. A ce titre, la pensée de Jean Jaurès a été refoulée, et avec elle notre tradition.
La seconde concerne le sens accordé aujourd'hui à la politique. Celle-ci est devenu une technique, un professionnalisme réservé à quelques-uns et surtout séparé des autres manifestations de notre humanité. Jaurès est exemplaire car pour lui la politique n'a véritablement son sens que lorsqu'elle s'inscrit dans la totalité de l'existence.
On a surtout tendance à croire qu'il fut d'abord philosophe et ensuite politique. Or ses thèses de philosophie, par exemple, sont postérieures à son élection comme député. Il y a chez lui un aller et retour permanent entre l'action et la pensée. Il dit d'ailleurs qu'il ne faut jamais séparer les deux, que le courage est d'être à la fois un praticien et un philosophe.

Pourquoi Jaurès prône-t-il l'individualisme ?
Il y a tout un courant de tradition politique, depuis la philosophie antique jusqu'au marxisme, qui considère que le collectif vaut davantage que l'individuel. Et donc que l'on doit sacrifier les individus à la collectivité. Un autre courant, qui s'est incarné dans la Révolution française, à travers la Déclaration des droits de l'homme, qui considère que la communauté doit respecter l'individu. Que donc l'individu est au-dessus de la communauté, que celle-ci doit le servir plutôt que l'utiliser. Jaurès appartient à cette deuxième tradition. L'individu est la " fin suprême ". Et le socialisme est un individualisme, c'est-à-dire que la finalité de l'organisation collective, c'est la liberté de l'individu. Le socialisme de Jaurès est donc l'inverse du collectivisme, de l'étatisme et du marxisme-léninisme. Il n'est pas atteint par leur faillite.

En quoi consiste la religion du socialisme de Jaurès ?
Jaurès pense que tout homme est naturellement habité par une aspiration religieuse, une aspiration à l'infini. Étymologiquement, la religion c'est le lien. Comment assurer un lien entre les hommes ? Telle est la question politique majeure. Jaurès considère que le christianisme, qu'il a hérité de sa mère, a trahi l'essence du religieux, c'est-à-dire la possibilité de vivre en communauté et de s'épanouir en tant qu'homme et que seul le socialisme permettra de réaliser cette essence du religieux, parce qu'il donnera à tout homme la faculté de se réaliser et d'aller vers la justice. Le socialisme n'est donc pas une religion parmi d'autres, c'est l'essence même du religieux. une religion qui s'appuie sur la liberté et la justice.
D'autre part, Jaurès considère que le socialisme n'est pas une rupture avec le passé, mais que, comme doctrine et comme mouvement politique, il est l'héritier d'une très longue tradition : prophétisme juif, rationalisme grec, idéologie des Lumières, etc. Cet héritage contient l'" invincible espoir " que tout ce qui empêche le socialisme d'advenir va progressivement être surmonté. La pensée de Jaurès est d'un optimisme fondamental. Il ne méconnaît aucune des noirceurs de l'humanité, mais il a cette espérance d'un avenir où tout ce qui mutile l'homme, par exemple les différences de classes sociales, sera supprimé. Et la réalisation, après l'égalité politique, de l'égalité économique et sociale, permettra d'accomplir l'œuvre de Dieu.

Que dit sa thèse sur " La réalité du monde sensible " ?
Philosophiquement, Jaurès est très moderne, parce qu'il échappe à une double difficulté : d'une part à la négation du monde sensible comme le font la plupart des philosophes qui considèrent qu'une équation est plus réelle qu'une sensation, d'autre part à la négation de l'esprit par ceux qui réduisent le monde à la matière et aux seules données du sens. Jaurès surmonte cette antinomie car il soutient que le monde sensible existe, tout en lui reconnaissant de l'intelligence, de l'esprit. Sa force, c'est d'unir la nature et l'esprit, le temporel et le spirituel, l'âme et le corps, le philosophe et l'homme ordinaire.

Existe-t-il une actualité de Jaurès ?
Il y a depuis plusieurs dizaines d'années une crise du sens et, liée à elle, une crise de l'engagement politique. L'inspiration que l'on trouve chez Jaurès nous permet, je crois, de les surmonter, parce qu'il fonde son engagement politique sur une métaphysique et une morale. Il possède une intelligence de la place de l'homme dans la nature et de la nature de l'homme qui lui permet d'affirmer avec force un certain nombre de valeurs et de fonder un projet historique. Il redonne cohérence aux valeurs qu'on a aujourd'hui un peu tendance à perdre de vue et qui guident notre engagement.
Oublié pendant un siècle ou ignoré parce que cela arrangeait beaucoup de gens, on le redécouvre aujourd'hui parce que ses interrogations nous poussent vers l'avenir. C'est à partir de nos préoccupations présentes, comme socialistes engagés dans la construction de l'avenir, que nous pouvons retrouver Jaurès. Il nous devance encore.



On parle de : "Jean Jaurès et la religion du socialisme", par Vincent Peillon



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Re-fondation


Mais au fait, c’est quoi « la gauche » ?



La gauche a perdu la bataille des présidentielles 2007. Il semble d’ailleurs que ce soit aujourd’hui le seul constat que nous sommes à même de tous partager. Ce simple fait suffit amplement à illustrer l’état de décomposition avancée dans lequel se trouve aujourd’hui la gauche. Il en est un autre pourtant, sur lequel nous devrions tous être d’accord, c’est qu’il s’agira de l’emporter en 2012, qu’il nous faut dès maintenant nous mobiliser pour y parvenir, choisir un chemin, une méthode, donc d’abord comprendre ce qu’il s’est passé.

Avançons pas à pas, et pour commencer posons cette évidence : la gauche a perdu parce qu’une majorité d’électeurs a préféré Nicolas Sarkozy à Ségolène Royal, parce qu’une minorité seulement a préféré notre candidate au candidat de l’UMP. Laissons de côté les raisons de la victoire de Sarkozy (peu importe la force de l’adversaire, il ne s’agit que d’être plus fort que lui) et envisageons les raisons de la défaite de Ségolène Royal et de la gauche.

D’abord le premier tour – parce qu’une élection se joue sur deux tours. La gauche s’est présentée devant les électeurs français avec sept candidats et a totalisé un gros tiers des voix (36%). Voici une bonne mesure de l’état de délabrement de la gauche. La candidate socialiste ayant à elle seule recueilli 26% des suffrages, il apparaît clairement que les raisons de la défaite sont à chercher aussi ailleurs qu’au PS – sauf à penser qu’il lui faudrait gagner seul. Mais le PS ne doit pas non plus se voiler la face : les 9 millions d’électeurs qui se sont portés sur Ségolène Royal ne sont pas uniquement constitués de français dont l’enthousiasme pour la candidate serait sans nuance. C’est une évidence, beaucoup parmi eux auraient préféré avoir à voter pour un Strauss-Kahn, d’autres pour un Fabius. Surtout, l’exigence de ne pas voir se renouveler un 21 avril de sinistre mémoire aura convaincu un nombre significatif de français de voter socialiste afin d’assurer une présence de la gauche au second tour.

Et il y eut donc un second tour - et ce fut donc plus un soulagement, plus un retour à la normale surtout, qu’une victoire à mettre au crédit de Ségolène Royal, même si l’on ne peut lui enlever d’avoir au moins réussi ça. Mais à quel prix ? Si l’honneur de la gauche fut rétabli, le second tour se solda par une défaite, Ségolène Royal ne réunissant en son nom que 47% des suffrages et 17 millions d’électeurs. Disons-le ici tout net, personne ne peut prétendre qu’un autre candidat socialiste aurait été à même de faire mieux ou moins bien. Il ne sert d’ailleurs à rien qui soit constructif de poser cette question, on ne doit analyser une défaite qu’à partir de ce qui a été, en aucun cas en envisageant très hypothétiquement ce qui aurait pu être.

Il s’agissait de Ségolène Royal, de son pacte présidentiel – c’est-à-dire quelque chose de très proche du projet élaboré par le parti socialiste quelques mois plus tôt –, d’un discours pour porter le projet et d’un collectif pour relayer le discours. Pour ce qui me concerne, si Ségolène Royal a probablement pâti d’être une femme – il s’agit en particulier du procès en incompétence qu’on n’a cessé insidieusement, et odieusement, de lui intenter tout au long de la campagne –, je considère qu’elle réunissait en sa personne bien des atouts : féminité et compétence, mais aussi nouveauté, séduction, caractère, autorité, indépendance d’esprit, et même charisme. Bien qu’en matière de charisme, je ne sois pas tout à fait convaincu tant il lui manque les qualités de tribun : son débit n’est guère à même d’emporter à lui seul l’enthousiasme des foules.

Pour ce qui est du pacte présidentiel, je ne pense pas qu’on puisse là non plus trouver les raisons profondes d’une défaite. Il y avait dans ce projet de l’ambition, une cohérence et, surtout, un véritable ancrage à gauche. Ceci dit sans prétendre à sa perfection, assez loin de là en réalité, mais il y avait là de quoi rassembler le peuple de gauche et au-delà. Non, pour moi, le fond du problème est à chercher dans le discours et dans le collectif.

Ségolène Royal, reprenant à son compte une stratégie de campagne devenue monnaie courante dans les pays anglo-saxons et qui a montré son efficacité, a fait le choix de coller au plus près au discours de la droite afin de réduire à la portion congrue l’espace politique de celle-ci. Les thématiques de la valeur travail, de l’identité nationale et de l’ordre juste que Ségolène Royale a abondamment développées sont en la matière tout à fait illustratives. Ce fut un échec et ce pour deux raisons majeures.

En premier lieu Sarkozy n’a cessé durant la campagne de premier tour d’élargir son espace politique sur sa propre droite, ce qui au final a donné le très désagréable sentiment d’une Ségolène Royal courant après Nicolas Sarkozy, lui-même courant après Jean-Marie Le Pen. De toute évidence, la course de la première était dès lors tout à fait vaine.

En second lieu, une telle stratégie n’a de chance d’être gagnante que si l’on est par ailleurs assuré de ses propres fondements. Il n’est envisageable d’aller défier l’adversaire sur ce qui est a priori son propre terrain que si l’on a des attaches solides sur son propre sol. Or la gauche, faute d’avoir pris le temps nécessaire pour réfléchir à elle-même, est bien incapable de dire qui elle est, ou ce qui la fonde. Ainsi, si le travail ou le drapeau sont des thématiques politiques que la gauche a raison de contester à la droite, cela ne peut se faire au cours des quelques mois d’une campagne électorale. Il faudrait avoir eu la volonté de mûrir une réflexion de fond qui puisse être à même de nourrir le discours. Il aurait fallu un corpus idéologique fort et aux contours parfaitement définis afin de pouvoir s’y référer. Faute d’avoir fait cela, il apparaissait que la gauche se définissait par le simple fait de ne pas être la droite. Non seulement c’était un peu court, et assez flou, mais cela rendait suspectes les incursions de Ségolène Royal sur ce qui apparaissait être le domaine réservé de la droite.

Pour ce qui est du collectif, là encore c’est le flou qui a dominé. Ce fut tout au long des mois qui ont précédé les élections, la grande foire de la gauche et le règne tout puissant de l’amateurisme. Non seulement la gauche est apparue divisée, non seulement le parti socialiste était incapable de se rassembler et de faire corps derrière sa candidate, mais l’équipe même de Ségolène Royal semblait également naviguer à vue. Plutôt que de chercher à personnaliser les responsabilités de la division, de stigmatiser tel ou tel, il m’apparaît que ce qui explique ce climat délétère au sein de la gauche est à rechercher là encore en ce que la gauche est aujourd’hui une coquille vidée de sa substance, de son liant. Nous ne savons même plus ce qui est susceptible de nous rassembler, donc de nous accepter mutuellement au-delà de nos divergences. Il y a la droite de la gauche, la gauche de la gauche, la gauche de la droite de la gauche, la gauche libérale et la gauche gauchisante, l’alter gauche et la gauche caviar, la gauche sociale et la gauche sociétale, la gauche coco et la gauche caca (vous savez, les socio traîtres… ), mais la gauche, elle, n’existe plus, ou semble ne plus exister en tant que telle et par elle-même.

Pourtant, il existe bel et bien, lui, le peuple de gauche. Peuple orphelin et errant, en quête de sens, toujours prêt cependant à faire corps et à se dresser puissamment devant les plus mauvais coups que cherche à porter la droite. Choisissez dans ce peuple deux individus au hasard et placez les face à face : ils se flaireront deux minutes l’arrière-train, puis se reconnaîtront. Faites-les parler de leur vision du monde, de leurs aspirations et de leurs espérances,de leurs colères et de leurs inquiétudes, ils se reconnaîtront encore, et s’aimeront sans doute. Demandez-leur d’évoquer leurs options politiques et toute cette cordialité tournera bien vite au pugilat. Ce sera un socialiste et un communiste, dont deux traîtres. Ce sera un Vert et un alter-mondialiste, dont deux traîtres. L’un LCR et l’autre LO : deux traîtres. L’un Voynet et l’autre Lipietz : deux traîtres. L’un DSK et l’autre Fabius : deux traîtres. L’un Royal et l’autre Hollande : deux traîtres… la gauche ne sait plus se parler ni s’écouter, parce que ce qui divise est devenu plus fort que ce qui rassemble, parce qu’elle a oublié ce qui rassemble, parce qu’elle ne sait plus qui elle est.

Voilà pourquoi, avant toute chose, la gauche a besoin de retrouver ses fondations et probablement de les renouveler. Elle a besoin de bases solides, sans quoi il sera impossible de construire quoi que ce soit de solide et de durablement solide. Qu'est-ce que la gauche française aujourd'hui ? Comment la définir ? Quel est son socle, son fondement, son essence ? Quelles sont ses objectifs, aussi ? Voilà ce qui doit constituer nos préoccupations, pour l'heure, exclusivement et hors toute considération de personnes, sans en exclure a priori aucune et dans le respect des divergences.

Et d’ailleurs, si l’on s’y arrête un instant, est-ce si difficile de tomber d’accord sur le fait que la gauche est quelque part dans l’ambition de redistribuer la richesse économique, de produire de la justice sociale, de favoriser l'égalité des chances, de permettre à chacun son épanouissement personnel dans un vivre ensemble harmonieux ? Encore faut-il donc prendre le temps de s’y arrêter, ensemble. Prendre le temps de vivre la gauche.



Et puis, il y a aussi Gilles Deleuze qui donnait un excellent point de départ : "Etre de gauche, c'est percevoir le monde d'abord" - lire ici et voir ...



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Petite fable animalière

Une petite présentation des protagonistes s'impose :

- les lions... de l'UMP
- les crocodiles... du FN
- le troupeau de buffles... le peuple
- au milieu, la proie qu'on se dispute ou bien qu'on défend... la République

Maintenant, observez ce qu'il se passe :




On parle de : Petite fable animalière



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Elections législatives et présidentialisme


Sortir des lamentations, Entrer en résistance, Voter



naboleon photo officielleLa caisse de résonance médiatique se plaît à le marteler, nous nous complaisons à l'accréditer, le Parti Socialiste n'est pas à la hauteur. Il est hagard, divisé, se perd en d'incessantes luttes intestines. Deux ou trois pachydermes survivants - mais si peu, en vérité - barrissent à qui mieux mieux pour empêcher l'inéluctable. Quelques éléphanteaux hésitent entre l'exigence de fidélité et le désir de monter en première ligne. Au coeur du vacarme, une princesse nubienne et son valet turbulent tentent tant bien que mal de cornaquer l'ensemble. etc... Lieu commun que cette manière de raconter l'histoire, et surtout de s'en émouvoir.

Il y a seulement une nasse institutionnelle dans laquelle tout ce beau monde se retrouve enfermé, un gouffre effarant dans lequel le camp des perdants à l'élection présidentielle ne peut manquer d'être collectivement précipité, un piège qui a beaucoup à voir avec l'excessive présidentialisation de la cinquième République et dont la machine médiatique fait ses choux gras en l'amplifiant encore. Le raccourcissement de la durée du mandat présidentiel et la mise en place de ce calendrier court, faisant précéder l'élection des députés par celle du président de la République, ont renforcé la prééminence institutionnelle de ce dernier, l'ont révélée surtout, plus qu'ils n'en sont les responsables - ainsi qu'on l'entend trop souvent dire.

La cinquième République n'a pas eu besoin de Lionel Jospin pour, accordant en réalité tous les pouvoirs - ou peut-être seulement trop - au président de la République, réduire le pouvoir législatif à pas beaucoup plus qu'une simple chambre d'enregistrement. Le président de la République est censé avoir un projet, une vision pour la France, les députés sont supposés être porteurs d'un programme de gouvernement, mis en oeuvre par un premier ministre nommé par le président en tenant compte de la majorité parlementaire. la réalité, on le voit bien, est devenue toute autre : les candidats à la présidence - et Sarkozy consacre cette dérive naturelle de nos institutions - se présentent avec un programme de gouvernement. Elu, il ne reste plus au vainqueur qu'à en appeler à la cohérence du peuple afin qu'on lui donne Sa majorité présidentielle, transformant les législatives en une simple formalité, les électeurs se trouvant devant l'alternative confirmer ou bien se dédire. Le système majoritaire et sa vocation amplificatrice font le reste.

Ainsi, le camp des perdants à la présidentielle se retrouve dans la situation suivante : ils ont jeté toutes leurs forces dans la bataille présidentielle, présentant un programme de gouvernement qui a finalement été rejeté par le peuple. Non seulement alors ils savent que la pente naturelle les conduit à redoubler leur défaite, mais c'est avec ce même programme que chaque candidat à la députation se présente devant les électeurs. Quelle signification ont alors ces élections législatives ? Aucune et, de fait, l'électorat s'en trouve démobilisé et résigné. De même, les députés ne sont, de fait, plus porteurs de rien : 400 d'entre eux seront élus pour être les bénis oui-oui du président, les autres feront de la figuration.

Alors quoi ? Que faire ? D'abord comprendre que face à des institutions cul par-dessus tête, les leaders politiques de la gauche en général, et du Parti Socialiste en particulier, n'ont guère d'espace politique pour se montrer reluisants, pris qu'ils sont dans un étau où d'un côté on leur reproche leurs divisions et où de l'autre on leur reprocherait davantage encore de se taire sur les raisons de la défaite - lesquelles sont nécessairement multiples autant qu'incertaines, et en lesquelles s'entrecroisent de nombreuses responsabilités à la fois collectives et individuelles. Inutile donc de gloser avec les médias sur leurs barrissements désordonnés.

Ensuite, il s'agit de continuer partout à parler du fond et à convaincre. Certes Ségolène Royal et son pacte présidentiel ne sont pas parvenus à emporter l'adhésion d'une majorité, ce n'est pas pour autant qu'il faille renier la personnalité de l'une ou le contenu de l'autre. Il sera temps bientôt de repenser tout cela, mais aujourd'hui des propositions fortes existent qui permettent de s'adresser aux français. Chaque parti en France va à la rencontre des électeurs avec un programme, tant l'UMP que le PS, tant le Modem que les Verts ou le PCF. L'unité des socialistes, pour ne parler que d'eux - c'est sans doute que beaucoup dépend d'eux -, l'unité des socialistes elle est là : 577 candidats porteurs chacun du même programme et des mêmes propositions.

Que faire avec ça ? En revenir à l'esprit des institutions et appeler les français à se les réapproprier. Ils ont élu un Président, soit. Au soir du 17 juin, celui-ci aura pour mission de nommer un premier ministre qui définira et mettra en oeuvre une politique pour la France cohérente avec la majorité que les français auront installée à l'Assemblée Nationale. Les français doivent entrer en rébellion, ne pas se laisser voler les élections législatives par un président qui voudrait un parlement godillot. Il faut en appeler à l'esprit de résistance démocratique d'un peuple qu'on cherche à déposséder de son pouvoir. Sa re-mobilisation en passe par là : le respect de nos institutions républicaines, qu'il sera par ailleurs nécessaire, on le comprend bien, de moderniser, la résistance à l'excès de présidentialisation, l'opposition démocratique aux tendances bonapartistes du nouveau président.



En complément, et sur le même thème, je vous suggère cette video réalisée par latelelibre.fr, extraits du discours de François Hollande au Zenith, le mardi 29 mai 2007 :


latelelibre.fr

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Plus jamais ça


Par Thomas PIKETTY
Libération - jeudi 10 mai 2007



Quelles leçons la gauche peut-elle tirer de la défaite de dimanche ? Pour certains, la cause était entendue depuis longtemps : la France s'est droitisée et s'est mise à rêver de Sarkozy, rien ne pouvait y résister. Argument peu persuasif : toutes les études montrent qu'une majorité de Français a toujours eu peur de Sarkozy et de ses dérives. Le vote Bayrou exprime clairement les craintes suscitées par le nouveau président, y compris à droite.

Pour d'autres, la défaite s'expliquerait par une erreur de casting : pas assez expérimentée, pas assez crédible, en particulier sur les sujets économiques, Ségolène Royal ne faisait pas le poids. L'argument ne tient pas : la candidate socialiste a démontré qu'elle avait les capacités et surtout la volonté de renouveler le logiciel économique de la gauche, en développant un discours positif sur la priorité donnée à l'investissement dans la formation et la recherche, en insistant avec force sur la responsabilisation des acteurs, la décentralisation et le refus du tout-Etat, les nécessaires contreparties entre droits et devoirs. Il est probable que seule Ségolène Royal, grâce à son extériorité par rapport au PS et à la légitimité conférée par le vote des militants, était en capacité de lancer l'appel au dialogue à Bayrou entre les deux tours, impératif politique et démocratique évident qui conditionne les victoires futures (comment prétendre prendre en compte les aspirations populaires en feignant d'ignorer que Buffet a rassemblé 1,9 % des voix et Bayrou 19 % ).

En vérité, la gauche a, avant tout, souffert d'un problème de timing. Il aurait fallu bien plus que quelques mois pour construire un programme présidentiel suffisamment charpenté. Pour développer des positions sociales-démocrates fortes et convaincantes sur les grandes questions économiques et sociales (enseignement supérieur et recherche, retraites, santé, fiscalité, marché du travail,...) qui, toutes, exigeront de douloureux ajustements intellectuels chez nombre de militants et sympathisants de gauche, plusieurs années de débats et de patient travail de conviction sont nécessaires. Désignée en novembre, et quels que soient son pragmatisme et son énergie, il était tout simplement impossible pour Ségolène Royal de réaliser ce travail d'ici au mois de mars, surtout après que ses sympathiques compétiteurs internes lui avaient savonné la planche en lui instruisant un procès en incompétence économique.

L'erreur fondamentale commise par le PS entre 2002 et 2007 est d'avoir cru, ou d'avoir feint de croire (car en réalité personne n'était dupe), qu'il était possible de repousser le choix du candidat après la rédaction du programme. Le résultat objectif est que pendant quatre ans, de 2002 à 2006, les socialistes n'ont parlé de rien. Pour une raison simple : il était impossible pour qui que ce soit de prendre une position forte sur un sujet difficile, de peur de se faire canarder dès le lendemain matin par les petits camarades présidentiables. Résultat des courses : le programme adopté par le PS en 2006 est une fontaine d'eau tiède, dans laquelle toutes les questions qui fâchent ont été soigneusement évitées. Les nouvelles couleurs données à ce programme par Ségolène ne pouvaient suffire à le rendre crédible aux yeux des Français.

Exemple évident illustrant ce point : la terrible séquence du débat télévisé portant sur les retraites, dans laquelle Sarkozy a conduit la candidate socialiste à proposer une taxe sur les revenus boursiers. Non pas qu'une telle taxe soit, en tant que telle, inenvisageable : le fonds de réserve pour les retraites est déjà en partie alimenté par une (modeste) contribution sociale sur les revenus de placement, et rien n'interdit de la relever dans le cadre du nécessaire rééquilibrage travail-capital de notre système fiscal. Mais cette réponse tout de même un peu courte rappelait à des millions de Français que pendant des années les socialistes se sont contentés de célébrer l'abrogation future de la loi Fillon. Alors même que l'immense majorité de l'opinion sait depuis des années que la pérennité de notre système de retraites exige des réformes précises et courageuses.

La priorité aujourd'hui est de tout faire pour éviter cette erreur en 2007-2012. Il faut qu'avant la fin de l'année 2007 ait lieu, sous une forme ou sous une autre, un vote des militants (éventuellement élargi aux sympathisants), auquel se soumettront tous ceux qui aspirent à mener le projet socialiste, et qui permettra de désigner un leader incontesté jusqu'en 2012. On entend déjà les arguments fallacieux expliquant qu'une telle personnalisation serait contraire à l'identité collective du parti, etc. En vérité, c'est exactement le contraire : c'est justement parce que les questions de personnes sont totalement secondaires par rapport aux questions de programmes et aux débats d'idées (contrairement à une idée répandue, de très nombreuses personnes ont les qualités pour être président de la République, même Sarkozy) qu'il faut s'empresser de trancher les premières pour pouvoir vite passer aux secondes. Pour sortir au plus vite du combat des chefs et éviter que la catastrophe ne se reproduise, il est urgent aujourd'hui que les militants et sympathisants se mobilisent fortement.



Thomas Piketty est directeur d'études à l'EHESS et professeur à l'Ecole d'économie de Paris.


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Jacques Delors à Lille


Ecoutez... et puis décidez !





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Appel à la révolte


Aux Urnes, Citoyens !



Nicolas Sarkozy vous trompe.

Nicolas Sarkozy est l'homme de l'UMP, l'homme du MEDEF et l'homme du bilan.

Nicolas Sarkozy n'est pas l'homme providentiel. L'homme providentiel n'existe pas.

Nicolas Sarkozy ne propose rien de plus que de poursuivre et d'amplifier ce qui est en oeuvre depuis cinq années en France et dont vous savez les résultats calamiteux : économie en panne, précarité en hausse, violences partout.

Nicolas Sarkozy vous trompe et ne vous paiera jamais que de mots.

Nicolas Sarkozy n'a d'autre projet que d'obtenir le pouvoir pour lui-même et pour ceux qui le finance, et qu'il rétribuera en retour.

Nicolas Sarkozy, son projet, c'est lui. Vous n'êtes que le moyen de son projet.

Les grands médias vous mentent et vous manipulent. Vous savez bien de qui leurs patrons sont les amis...

Les sondages vous mentent et vous manipulent. Vous savez bien de qui leurs patrons sont les amis...

Les puissants veulent vous voler l'élection. Ils voudraient parler avant vous, parler pour vous, parler à votre place. Ils voudraient vous faire taire et confisquer cette élection.

Ne vous laissez pas faire ! Révoltez-vous !

Ne nous laissez pas voler l'élection ! Révoltez-vous, révoltons-nous ensemble !

Révoltons-nous ! Votons contre les puissants et contre les manipulateurs d'opinion. Ne soyons pas les veaux qu'ils imaginent.

Révoltons-nous ! Votons pour la démocratie. Votons pour la République. Votons pour la Liberté, pour l'Egalité et pour la Fraternité.

Choisissons librement et votons. Votons et faisons de notre vote une révolte. Car ils riront de nous ou bien nous rirons d'eux. Car c'est de cela qu'il s'agit : eux ou nous !

La démocratie, c'est nous. Montrons-leur que nous sommes libres. Révoltons-nous dimanche, dans les urnes et refusons de tomber dans leur pièges à cons. Votons en hommes et en femmes libres !


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La victoire est en chacun d'entre nous


"Allez-vous vraiment faire ça ? " - par Ariane Mnouchkine



Alors, vous allez vraiment faire ça ? Vous les plus purs que d’autres, les plus intelligents que d’autres, vous les plus subtils, vous les cohérents, vous les fins stratèges, vous allez faire ça ? Vous, les à qui on ne la fait plus, les durs du cuir, vous allez vraiment, en ne votant pas pour elle, voter pour lui ? Vous allez vraiment faire ça ? Vous allez le faire ? Vous, les vrais de vrais de la gauche vraie, vous allez faire ça ? Pour cinq ans ! Pour cinq ans, peut-être dix, vous allez faire ça ? Vous, les toujours déçus de tout, vous les amers, les indécis décidés, les lave plus blancs que blanc, vous allez faire ça ? Mais pourquoi ? Parce que quoi ? Parce que jupe ? Parce que talons hauts? Parce que voix ? Parce que sourire, cheveux, boucles d’oreilles ? Parce que vraie ?

Il n’y a rien qui vous aille dans son programme à elle, rien ? Pas cinquante propositions sur les cent ? Pas vingt ? Pas dix ? Pas une ? Vraiment, rien du tout ? Trop de quoi ? Pas assez de quoi ? Pas assez à gauche ? On voudrait, quitte à tout perdre, une campagne à gauche toute ? Mais même l’extrême gauche, cette fois-ci, au deuxième tour, ne joue plus à ce jeu-là. Peu importe, vous, vous allez y jouer ? Le résultat du 21 avril 2002 ne suffit pas ? Non. On le refait en 2007, mais en mieux. Pas au premier tour, non, carrément au deuxième. C’est plus chic.

Que ceux qui ressemblent à Nicolas Sarkozy, ou qui croient qu’il leur ressemble, que ceux-là votent pour lui, quoi de plus normal. Que ceux qui lui font sincèrement confiance pour améliorer leurs dures vies, que ceux-là l’acclament et votent pour lui, quoi de plus normal. C’est même estimable. Que les grands patrons votent Nicolas Sarkozy, pas tous d’ailleurs, loin s’en faut, non, mais par exemple les grands patrons de presse, qu’on a vu si nombreux, si heureux, à Bercy dimanche, qu’ils votent pour leur copain, qui va vraiment améliorer leurs belles vies, c’est moins estimable, mais quoi de plus normal ?

Mais vous, une respiration possible, un air nouveau, un espace de travail politique, une chance espiègle, ça ne vous dit rien ? Vraiment rien ? Mais qu’est-ce qui vous fait si peur ? Les Italiens ont enfin chassé Berlusconi, les Espagnols, après une grande douleur révélatrice, se sont débarrassés d’Aznar, et voilà que nous, à quelques milliers de voix près, nous allons repasser le plat de la droite dure ?

Il y a un pari audacieux à prendre contre une certitude sombre, et vous ne pariez pas ? Quels désirs obscurs allez-vous satisfaire ? De qui donc, de quoi êtes-vous secrètement solidaires. Ce ne peut-être du bien de ceux qui ont besoin, vitalement, de mieux être. Vitalement. Maintenant.

Supporterez-vous dimanche soir d’apprendre qu’il a manqué une voix ? Une seule. La vôtre.

Je vous en supplie.

Ariane Mnouchkine
3 mai 2007
Théâtre du Soleil


sarkozy le pen
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Le débat




Royal Sarkozy : le débatHier soir, lors du tant attendu débat d'entre deux tours, nous avons assisté à l'affrontement de deux stratégies tout à fait opposées et tout à fait révélatrices. Pour Ségolène Royal, il s'agissait de montrer qui elle était réellement - compétente et volontaire, pugnace et souriante, à la hauteur du poste - et le moins qu'on puisse dire est qu'elle a atteint son objectif. Pour Nicolas Sarkozy, il s'agissait au contraire de dissimuler qui il est vraiment - surtout ne pas s'emporter, faire profil-bas, jouer la victime chaque fois que l'occasion se présentait - et le moins qu'on puisse dire là aussi est qu'il a également parfaitement atteint son objectif.

Et l'ensemble des observateurs de se précipiter pour en conclure qu'il y a match nul, que personne ne sort victorieux de cette confrontation. Les plus audacieux disent que si éventuellement Ségolène Royal l'a emporté, Nicolas Sarkozy n'a pas perdu. C'est qu'ils confondent le débat et l'élection elle-même. Ils disent "match nul" parce qu'ils supposent, ou s'efforcent de supposer, que les "points marqués" par Ségolène Royal hier soir ne seront pas suffisant pour rattraper son "retard". Ils le supposent, de même qu'ils supposent ce retard à la lecture des sondages, et nous verrons bien ce qu'il en sera. La seule réalité qui n'est pas supposée ce sont les points marqués par Ségolène Royal lors de ce débat, et donc son incontestable victoire. Car que cela suffise ou non pour emporter l'élection, Ségolène Royal a hier soir été incontestablement meilleure que Nicolas Sarkosy.

Il y a d'abord le fait que nombreux s'attendaient à voir la candidate de la gauche et du centre être laminée par celui de l'UMP et de la droite extrême. M. Sarkozy était celui qui maîtrisait les dossiers et le champion incontesté du débat - tellement incontesté qu'il n'a d'ailleurs cessé de refuser d'être confronté à des contradicteurs tout au long de la campagne. Quant à Mme Royal, elle était tout simplement incompétente. Au résultat, le fait même qu'aucun commentateurs n'osent tout de même parler ce matin d'une victoire de Nicolas Sarkozy est une victoire pour Ségolène Royal. L'espace du seul débat que lui a consenti son concurrent, elle a effacé l'ardoise du procès en incompétence orchestré par celui-ci tout au long de la campagne et est parvenu à convaincre de sa capacité à occuper le poste de présidente de la République - ce que plus personne ce matin ne s'avise de lui contester.

Sur le fond, non seulement donc elle s'est montré compétente, mais elle s'est montré plus compétente que son adversaire. Ce fut vrai sur l'ensemble des sujets abordés, économie, social, société, international, et ce fut criant sur le dossier de l'écologie, dossier majeur s'il en est. Rappelant que son projet a sur ce point été noté 16/20 par un organisme indépendant, contre 8/20 à celui de M. Sarkozy, elle a confronté ce dernier à son incompétence en la matière, le reprenant sur la part du nucléaire dans la consommation totale d'énergie en France - 17% et non 50% comme l'a prétendu le candidat de l'UMP* - et le corrigeant lorsque celui-ci a évoqué l'EPR comme une centrale de 4ème génération - il s'agit de la 3ème génération et d'un prototype.

Mais elle l'a également emporté dans le domaine de la sincérité et de la force de conviction. On a pu constater tout au long du débat une Ségolène Royal qui regardait dans les yeux son contradicteurs, tandis que celui-ci semblait de plus en plus l'éviter, cherchant constamment du regard celui des journalistes, comme y trouver un soutien dans sa tentative de dissimulation de sa propre personnalité. L'une cherchait le dialogue, le débat frontal projet contre projet, tandis que l'autre aurait voulu une succession de monologues au cours desquels il aurait eu l'opportunité confortable de dérouler son habituelle rhétorique, enchaînant les mots sans qu'on puisse lui apporter la contradiction. Et puis il y eut le choc sur la question du handicap, cette "colère saine" de Ségolène Royal dénonçant l'"immoralité politique" d'un homme faisant des promesses en totale contradiction avec ses actes. Les commentateurs pourront gloser autant qu'ils le souhaitent, le point est que Nicolas Sarkozy fut là démasqué.

De même, Nicolas Sarkozy eut à subir un rappel sur ce bilan qu'il voudrait tant ne pas avoir à assumer, alors même que son projet s'inscrit dans la droite ligne de la politique menée depuis cinq années, période durant laquelle Nicolas Sarkozy était au gouvernement et chef du parti majoritaire au parlement. Ce bilan, il peut être utile de le rappeler, ce sont la dette qui s'est accrue de 300 Milliards d'euros, la croissance qui a été la plus faible de la zone euros, le déficit commercial qui a atteint les 30 Milliards d'euros annuel (du jamais vu !), le déficit cumulé de la sécurité sociale qui se monte à 90 Milliards d'euros, les prélèvements obligatoires qui ont augmentés sur l'ensemble de la période, le pouvoir d'achat des français qui est en berne, les précarités qui sont en hausse et les chiffres du chômage que l'on a cru nécessaire de trafiquer, au point que les agents chargés d'élaborer les statistiques se sont mis en grève pour protester. Pis pour Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal l'a confronté à son propre bilan en matière de sécurité en lui rappelant l'augmentation constante des violences physiques et la montée des violences dans les établissements scolaires, se permettant de souligner au passage que "la morale politique (...) demande que les responsables politiques rendent des comptes par rapport à ce qu'ils ont fait".

Terminons ce rapide survol du débat par cet échange autour de la question de la dette. Ségolène Royal, après un exposé solide au cours duquel elle a en particulier annoncé son intention d'affecter l'intégralité des fruits d'une croissance supérieure à 2,5% au remboursement de la dette, a dénoncé l'accumulation de dépenses qui figure dans le projet de son adversaire, la baisse irréaliste de 4 points de PIB des impôts - rappelons que Mme Tatcher est parvenu sur dix ans a faire deux points en saignant à blanc l'ensemble des services publics -, ainsi que l'engagement tout aussi irréaliste de supprimer un poste de fonctionnaires sur deux, sans préciser dans quelle administration. Nicolas Sarkozy eut alors l'intention de contester à Mme Royal la possibilité de redéployer l'argent public entre l'Etat, les collectivités territoriales et l'assurance maladie, ce qui lui valut en retour cette réplique : "Si vous ne pouvez pas faire, pourquoi voulez-vous accéder aux responsabilités? Et bien moi, je le pourrai. "

Aussi, il ne s'agit pas de prétendre au match nul au prétexte que la prestation comparée des candidats pourraient ne pas suffire à créer les conditions de la victoire pour Ségolène Royal. Il s'agit simplement de constater que l'espace de ce débat, Ségolène Royal est apparue comme une meilleure candidate que Nicolas Sarkozy. Tandis que ce dernier s'évertuait avant toute autre chose à se maîtriser afin de ne pas commettre de faux-pas, elle s'est révélée compétence et sincère, a apporté la preuve qu'elle a l'envergure d'une femme d'Etat et la volonté de répondre à l'aspiration au changement que revendiquent les français, une femme dont la capacité d'indignation et de révolte contre les injustices et l'immoralité en politique demeure intacte. Cela pourrait bien éclairer le choix des français qui, dimanche soir, auront finalement tranché entre aigreur et repli sur soi d'une part, ouverture d'esprit et volonté d'aller de l'avant de l'autre, deux visages différents pour la France.



* l'UMP a aujourd'hui beau jeu de se gausser parce que Ségolène Royal a commis un lapsus en parlant de la part du nucléaire dans la consommation totale d'électricité, plutôt que d'énergie, il reste qu'elle connaissait le chiffre exact, tandis que Nicolas Sarkozy n'avait pas même idée de l'ordre de grandeur. Un lapsus ne fait pas une incompétence, l'incapacité à produire un ordre de grandeur, oui !



On parle de : Le débat



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"Ma Lettre aux Français", par Ségolène Royal


"Ma lettre aux Français"



Nous voici dans la dernière ligne droite d’un grand et beau combat démocratique qui va décider de l’avenir et des valeurs de la France pour cinq ans et en réalité plus longtemps encore. Aujourd’hui, le choix se clarifie et c’est très bien ainsi. C’est un choix entre deux conceptions différentes de l’exercice du pouvoir, deux conceptions du redressement économique, social et écologique du pays, deux approches de l’Europe et du rôle de la France dans le monde.

Le désir de changement est vif et très largement partagé. Face à un système dépassé, injuste et inefficace, inefficace parce qu’injuste, une majorité de Françaises et les Français n’en peuvent plus et n’en veulent plus. L’exaspération est là, palpable, mais l’espérance aussi. Je veux y répondre en réformant profondément le pays mais sans brutalité et en rassemblant largement, au-delà des partis et des blocs, tous ceux qui veulent une France plus fraternelle et en même temps en prise sur son époque, capable d’en relever les défis, forte d’une confiance retrouvée et qui réconcilie l’efficacité économique et sociale. Trop de temps a été perdu, trop de cartes gâchées, trop d’inégalités creusées, trop d’inefficacité économique, trop de dette : il y a urgence. A chacun de prendre ses responsabilités.

La France a choisi pour devise des valeurs universelles. La France n’est jamais aussi forte, aussi respectée, aussi aimée que quand elle porte haut et fort ce message de justice et quand elle en donne l’exemple chez elle. Quand ces valeurs sont malmenées, la France ne se reconnaît plus.

Je veux une France de liberté. Et la première des libertés, c’est celle de choisir et de conduire sa vie. Parce qu’on a un bon bagage éducatif de départ. Parce qu’on a un emploi qui permet de vivre dignement et de faire des projets. Parce qu’on conserve sa vie durant le goût d’apprendre et la possibilité de se former. Parce que les solidarités sont au service de cette liberté et de cette responsabilité individuelle. Je sais que nous sommes nombreux, très nombreux, à ne pas vouloir que notre pays soit transformé en laboratoire d’un berlusconisme tardif qui va s’aligner sur les postures de Georges Bush. Je sais que nous sommes nombreux, très nombreux à rejeter la confusion des pouvoirs, la mise au pas des contre-pouvoirs, la soumission au pouvoir de l’argent. Voilà pourquoi j’appelle au rassemblement de tous ceux qui ne veulent pas d’un Etat de droit au plus bas et d’un recul des libertés publiques.

Je veux une France de l’égalité des possibles, pas simplement formelle mais réelle. L’égalité républicaine, ce n’est pas tout le monde sous la toise, ce n’est pas l’uniformité. C’est le droit égal garanti à chacun qu’il pourra aller au bout de ses possibilités, grâce à la priorité donnée à l’Education, qu’il sera aidé quand il en aura besoin, qu’il lui faudra donner s’il a reçu car l’égalité des droits suppose l’égalité des devoirs. L’égalité républicaine, c’est l’assurance donnée à tous d’un traitement impartial, indifférent à la naissance, à l’origine, à la fortune, au carnet d’adresses. Ce n’est pas l’exonération des droits de succession pour les patrimoines les plus riches, cette restauration des privilèges héréditaires de la rente contre lesquels, jadis, le peuple français fit une Révolution. Ce n’est pas la promotion de quelques uns sous prétexte de discrimination positive, qui assigne à l’origine et masque mal l’abandon du plus grand nombre. Ce n’est pas la remise en cause de la loi de 1905 pour mettre les religions dans la politique et la politique dans les religions, ce n’est pas l’instrumentation des communautarismes et des clientélismes. Ce qui menace notre identité nationale, ce n’est pas l’immigration régulière, c’est la destruction de notre pacte républicain. Car il en va ainsi chez nous : quand la République s’affaisse, la France s’abaisse.

Je ne veux pas d’une France en proie au doute, tentée par le repli, s’abandonnant à la peur, affaiblie par ses divisions et impuissante à maîtriser son destin. Je veux une France de la fraternité, une France unie qui reprenne la main. Une France capable de changer sans se perdre. Une France capable de se réformer parce qu’au clair sur ses valeurs et forte de tous les siens. Sans la fraternité, la liberté et l’égalité se désaccordent. Voilà pourquoi j’appelle au rassemblement de tous les Républicains de progrès qui veulent, eux aussi, que la loi du plus juste l’emporte sur la loi du plus fort. Voilà pourquoi j’appelle au rassemblement de tous ceux qui ne veulent pas d’un pouvoir confisqué par un seul parti et soumis aux puissances de l’argent et aux injonctions du Medef et du CAC40.

L’Etat, spécialement en France où sa formation est ancienne, a préexisté à la démocratie. Il s’est construit dans des siècles où l’arbitraire était la règle et le droit l’exception. Depuis 1789, et malgré des retours en arrière, l’Etat a dû se plier au respect de la loi : le citoyen a peu à peu conquis des droits, l’anonymat et la brutalité de l’action publique ont dû laisser place à plus de transparence et de dialogue.

Mais notre Etat porte encore les stigmates des conditions de sa naissance et des habitudes d’un pouvoir sans frein. Qui ne voit que l’autorité judiciaire ne jouit pas encore de la pleine indépendance imaginée par Aristote et élaborée par Montesquieu ? Qui ne voit que les citoyens sont ravalés souvent encore à la condition subalterne d’administrés et ne parviennent ni à comprendre la logique des décisions qu’on leur impose, ni à faire valoir leur droit légitime dans les arcanes d’une administration qui les traite parfois en importuns ? Qui ne voit que la collusion des pouvoirs politiques et économiques bride l’indépendance de la presse et favorise les abus dans les nominations et les rémunérations comme on l’a vu à Airbus ? La droite porte la lourde responsabilité d’avoir aggravé la subordination de la justice, ignoré les citoyens et confondu l’intérêt public avec les intérêts privés.

Les Français veulent un Etat impartial et je veux le construire avec eux. Aujourd’hui, l’Etat n’est pas assez présent là où on a besoin de lui mais il est envahissant là où il multiplie sans raison les procédures et la bureaucratie, le maquis des aides et des démarches. Il est trop timide là où il devrait jouer son rôle d’entrainement et trop lointain là où il devrait être proche, à l’écoute, réactif. Il se trompe souvent quand il décide seul. Voilà pourquoi j’appelle au rassemblement de tous ceux qui veulent un Etat réformé avec des services publics efficaces, un Etat qui enraye la vertigineuse croissance d’une dette qui l’étouffe.

Je veux une France capable de vérité. Une France lucide sur ses points faibles, énergique sur ses points forts, capable d’anticiper les mutations nécessaires, de se mobiliser pour réinventer son avenir, d’investir dans l’éducation, la recherche et l’innovation, aujourd’hui paupérisées et sinistrées, dans la qualification et les emplois de qualité. Car c’est la seule réponse vraiment moderne aux transformations de l’économie mondialisée et de la compétition planétaire. Le projet coercitif de Nicolas Sarkozy se trompe d’époque et tire la France du mauvais côté de la nouvelle division internationale du travail. Il ne comprend pas l’efficacité économique du travail pour tous et du bien-être au travail. En disant aux uns de « travailler plus pour gagner plus » et en faisant peser sur les autres, ceux qui n’ont pas d’emploi, le soupçon de paresse et de fraude, il empêche la France de tirer parti de son principal atout, de son avantage concurrentiel le plus durable : son capital humain. Quel est ce projet de société où l’on ne pourrait pas s’en sortir dans le cadre de la durée légale du travail ? Ce qu’une vision archaïque ne cesse de disjoindre et d’opposer – la performance économique, la performance sociale, la performance écologique – je veux au contraire le lier solidement ensemble car c’est ainsi que la France se relèvera, misera sur les activités et les emplois de demain. L’économique d’un côté, le social de l’autre, l’écologique à part, cela ne marche pas, cela ne marche plus. Personne n’a jamais réussi à restaurer la compétitivité française, stimuler la créativité, l’inventivité, la réactivité économiques dont nous avons besoin en écrasant, en méprisant, en traitant mal les salariés producteurs de richesses. Ce modèle est inefficace, comme le prouve la situation actuelle, car l’avenir de la France, ce sont des productions à forte valeur ajoutée, des services de qualité donc des salariés qualifiés, motivés, engagés dans leur travail. Je veux, avec les PME construire une nouvelle donne qui leur permettra de réussir, de se développer, de conquérir les marchés. En un mot, de réconcilier la France avec les entreprises.

Il faut un regard neuf sur l’économie du XXIème siècle et, pour tirer parti de nos atouts, de nouvelles règles du jeu. Il nous faut inventer et mettre en place les nouvelles sécurités qui ne seront pas l’ennemie mais la condition de la prise de risque et de l’agilité nécessaire dans la « grande transformation » du temps qui est le nôtre. L’Etat sera garant de ce nouveau compromis social et du nouveau dialogue qui, arrachant la France à l’archaïsme de ses relations de travail, fondera enfin dans notre pays une démocratie sociale facteur de réussite économique.

Le pays a besoin d’oxygène. Voilà pourquoi la nouvelle République que je veux bâtir avec tous repose sur quatre piliers à mes yeux indissociables : une démocratie représentative rééquilibrée, une démocratie participative vivante, une démocratie sociale forte d’un syndicalisme de masse et une démocratie territoriale où chaque échelon de la puissance publique sait, sans doublons, ce qu’il a à faire.

La voix de la France dans le monde a faibli. Sa place en Europe, comme inspiratrice de sa construction et garante d’un juste équilibre entre développement économique et progrès social, est contestée. Avec moi, elle retrouvera son rang et son influence, elle défendra ses intérêts sans crispation ni arrogance, en recherchant toujours des compromis dynamiques et les solutions les meilleures pour elle comme pour nos partenaires.

L’Europe est en panne institutionnelle et en panne d’idéal, en mal de projet. Où va l’Europe ? A quoi sert la construction européenne ? C’est parce que depuis trop longtemps nous n’avons pas su répondre à ces questions, qu’une majorité de nos concitoyens ont dit non il y a deux ans. Je ramènerai la France à la table de l’Europe, parce que c’est ensemble, avec tous nos partenaires, anciens et récents, que nous préparerons le plus efficacement l’avenir. Je veux une Europe de la connaissance, où les étudiants et les chercheurs échangent, travaillent ensemble, voyagent, coopèrent. Je veux une Europe de l’excellence écologique. Je veux une Europe qui comprenne que l’efficacité économique et le respect des salariés ne vont pas l’une sans l’autre. Je veux une Europe qui protège ses emplois, non pas de façon conservatrice et statique, mais en innovant, en se projetant dans l’avenir, en construisant les industries et les services de demain. Je veux une Europe où les salariés seront sécurisés, mieux formés, mieux rémunérés. Je veux enfin une Europe qui pèse dans la mondialisation, une Europe qui porte par ses actes un message de développement économique et humain, d’égalité entre les hommes et de paix entre les peuples. L’Europe doit se tourner vers l’Afrique pour l’aider à s’arracher à la pauvreté, vers l’Amérique latine où elle est attendue, vers l’Asie où sont les nouvelles grandes puissances économiques et politiques. Elle doit trouver un juste équilibre dans ses relations avec les Etats-Unis, pays ami et allié, et l’amener à renoncer à l’unilatéralisme et à accepter la nécessité du développement durable.

Cette France neuve, ce vote d’audace pour un changement serein mais garanti, c’est celui d’une France Présidente qui avance parce que chacun et chacune est appelé à donner le meilleur de lui- même."



Ségolène Royal



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L'essentiel pour voter bien informé


Convaincre sur le fond des projets



Deux liens de base pour cette dernière semaine de campagne :

Sur le Pacte Présidentiel : une présentation claire

Sur le projet de Nicolas Sarkozy : la vérité

En complément, pour le cas où vous auriez raté hier soir l'émission France Europe Express, où l'on a débattu au fond des programmes, avec d'un coté Jean-François Copé et de l'autre Vincent Peillon, et sur les questions économiques d'un côté Nicolas Baverez et de l'autre Thomas Piketty, et sur les questions européennes d'un côté Alain Lamassoure et de l'autre Elisabeth Guigou, voici le lien pour visionner tout ou partie de ce moment important de la campagne : France Europe Express - et si vous n'avez pas le temps de tout visionner, je vous invite à vous limiter à la partie économique et l'excellent exposé de Thomas Piketty (ça se situe à peu près à mi parcours).

On pourra également lire les "15 raisons de battre Sarkozy", en version courte ou en version longue.

Enfin, il peut être utile de revoir cet échange entre Nicolas Sarkozy et Dominique Strauss-Khan sur la question centrale du "travailler plus pour gagner plus" :




Il s'agira le 6 mai de choisir un nouveau visage pour la France, choisir entre :

l'homme du monologue et la femme de dialogue
l'homme du régressif et la femme de progrès
l'homme du répressif et la femme de l'ordre juste
l'homme du sécuritaire et la femme du solidaire
l'homme de la division et la femme du rassemblement
l'homme de la tension et la femme de l'apaisement
l'homme du bilan et la femme du changement
l'homme d'un clan et la femme libre
l'homme de paille et la femme de velours
l'homme à genoux et la femme debout
l'homme du "je" et la femme du "nous"
l'homme de la droite et la femme de gauche
l'homme de l'inné et et la femme des acquis
l'homme d'hier et la France de demain
l'homme de la revanche et la France présidente
l'homme du passé et le désir d'avenir

... l'homme hargneux ou l'harmonie ?



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Deuxième tour : l'affiche


Royal au palais - Le nain au jardin


Royal au palais - Le nain au jardin



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Lettre ouverte d’un homme de gauche à ses concitoyens


Ma part de vérité


dedalus autoportraitA quelques jours du 22 avril, je ressens comme beaucoup l’importance de ce qui va s’y dérouler et le besoin de dire quelques dernières petites choses pour tenter de convaincre, de convaincre encore, c’est-à-dire de faire partager, ou du moins entendre cette conviction qui est la mienne.

Dimanche prochain, chacun d’entre nous sera appelé à se rendre aux urnes pour, au terme d’une longue campagne, exprimer son choix et faire entendre sa voix. Ce jour-là, le pouvoir sera effectivement entre les mains du peuple et il nous faut, chacun, avoir conscience de cette part de pouvoir que nous détiendrons alors et dont nous aurons le devoir citoyen d’user en conscience, c’est-à-dire conscient de la responsabilité qui nous incombe.

A quelques poignées d’heure de ce moment important dans la vie de notre démocratie, voici ce que signifie, pour ma part, cette responsabilité :

En premier lieu, je n’oublie pas que s’il y a deux tours de scrutin, il n’y a qu’une élection. Il s’agira dimanche prochain autant que deux semaine plus tard d’élire le Président de la République Française. Dès le 22 avril, il s’agira de cela et uniquement de cela. De quoi d’autre ?

Parmi les trois candidats susceptibles de l’emporter, ma préférence d’homme de gauche va sans l’ombre d’un doute à Ségolène Royal - mais n’entre pas dans le cadre de cet article de dire pourquoi. Il s’agira pour moi d’user de ma part de ce pouvoir électoral afin de favoriser son élection. Pourquoi sinon mettre un bulletin dans l’urne ? Dans quel objectif ?

Or je sais la chose suivante : c’est au premier tour, aussi au premier tour, que se gagne ou se perd une élection. Dimanche prochain, il ne s’agira donc pas seulement que Ségolène Royal soit au second tour, il faudra encore qu’elle y parvienne dans les meilleures conditions afin d’amorcer une dynamique qui puisse être victorieuse.

J’irai donc voter pour Ségolène Royal dès le 22 avril parce que j’ai conscience que Sarkozy à 26% et Royal à 22% n’est pas du tout équivalent à Sarkozy à 26% et Royal à 26%, même dans l’hypothèse où dans les deux cas ces deux-là arriveraient en tête.

J’irai voter pour Ségolène Royal dès le 22 avril parce que j’ai conscience qu’au soir du 6 mai, soit la droite sera au pouvoir pour les cinq ans qui viennent, soit ce sera la gauche, et que ça fait une sacré différence. Et j’ai conscience qu’une bonne part de ce résultat se jouera le 22 avril.

J’irai voter pour Ségolène Royal dès le 22 avril parce que j’ai également conscience que des élections législatives se dérouleront à l’issue de ces présidentielles. Si Ségolène Royal l’emporte, ce pourra alors avoir un sens de voter Verts ou PC ou ailleurs... afin de peser sur le gouvernement que la Présidente aura mis en place et orienter la politique qu’elle devra mettre en oeuvre. Sarkozy président, non seulement mon vote du 22 avril aurait été vain, mais celui des législatives le serait tout autant.

J’irai voter pour Ségolène Royal dès le 22 avril parce que j’ai conscience que, si en sport l’important est de participer, voire de se faire plaisir, lors d’une élection - et surtout à l’occasion de celle-ci - l’essentiel est d’abord de ne pas perdre, ensuite de gagner.

J’irai voter pour Ségolène Royal dès le 22 avril parce que j’ai conscience qu’on ne vote pas pour ses idées, mais qu’on vote pour que ses idées puissent progresser, afin qu’une orientation politique soit prise plutôt qu’une autre, afin qu’on puisse aller de l’avant - et ce même si ce n’est pas y aller aussi vite que l’on voudrait. Et donc, oui, et quoi qu’on en dise, et même si ce n’est pas satisfaisant, un vote aura été utile à la victoire ou bien il ne l’aura pas été.

Je vais voter pour Ségolène Royal et ce dès le 22 avril... et si ce n’est pas elle qui l’emporte le 6 mai, mon vote aura été inutile parce que je pense que les français les plus défavorisés le seront alors encore davantage. Or c’est bien de cela qu’il s’agit. Oui, en réalité, uniquement de cela élire un(e) président(e) avec l’espoir que cela aille mieux pour ceux pour qui cela va mal.

Le 22 avril, j’irai voter pour Ségolène Royal parce que je refuse de renoncer à espérer en la gauche et en ce qu’elle porte d’espérance. Et la gauche ce n’est pas le PS ou le PC, ce n’est pas les Verts ou les trotskistes, et ce n’est pas non plus davantage les uns que les autres. La gauche ce sont avant tout les hommes et les femmes qui composent ce peuple de gauche, des hommes et des femmes héritiers d’une histoire et porteurs de valeurs et d’espérance en un monde meilleur. La gauche, c’est cette longue marche en avant à travers l’Histoire vers le progrès social et le désir d’un vivre mieux ensemble - désir d’égalité et de liberté, désir de fraternité et de solidarité, et désir de lutter pour y parvenir. On ne doit jamais renoncer à cela, et certainement pas au moment de voter.

Alors je vais apporter ma voix à Ségolène Royal parce que la réalité est qu’à cette élection elle et nul autre qu’elle est en position de nous faire reprendre cette marche en avant après cinq années où déjà beaucoup de chemin a été perdu, ouvrant sous nos pieds un gouffre social où les plus fragiles d’entre nous n’ont cessé de s’enfoncer. Nos libertés ont reculé. L’égalité des chances a été baffouée. Les solidarités ont été démolies. Et il n’y a plus guère d’espace non plus pour fraterniser quand la droite n’a de cesse que de nous diviser, d’opposer les uns aux autres et d’exacerber les tensions.

Et puis, enfin, je vais voter Ségolène Royal, et ce dès le 22 avril, parce que je perçois en Nicolas Sarkozy une menace bien plus importante que celle que représente habituellement la droite, parce que je vois avec lui venir ce quelque chose d’inimaginable et dont on préfère toujours penser que cela n’arrivera pas... Et c’est justement pour cette raison que chaque fois c’est arrivé, et pour cette raison que cela arrivera encore.

Je perçois ce qui pourrait survenir, je sens le danger qu’il y aurait à confier le destin d’un pays à un homme tel que lui, qui semble réinventer la démagogie en chaque mot qu’il prononce, un homme en lequel on devine une faille effroyable, une folie contenue, si difficilement contenue... et dissimulée avec tant d’habileté qu’elle en devient d’autant plus effrayante. Et si même j’étais dans l’erreur, ce doute suffit à m’effrayer et à me mobiliser tout entier. Et à me mobiliser maintenant, afin d’éviter d’avoir à le faire trop tard. L’Histoire de la démocratie nous apprend qu’il est des diables à ne pas tenter, et qu’il vaut mieux parfois miser pour ne pas voir.

Voilà ce que j’avais envie de partager avec vous, en toute sincérité. Ce que j’avais sur le coeur à la veille d’une élection où les enjeux sont sans doute plus importants et plus graves que l’on ne voudrait le penser. Mais peut-être aussi plus chargés d’espoir.

Cela ne dépend que de nous.


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Quelques brèves


La gauchiste et le gaulliste


Deux textes de soutien à lire absolument :


Ariane Mnouchkine a mis en ligne un texte de soutien intitulé sobrement "Pour Ségolène Royal". Elle y dit notamment ceci : "Donc, contre la pauvreté, contre le communautarisme, pour la laïcité, pour la rénovation de nos institutions, contre l’échec scolaire, et donc pour la culture, pour l’éducation et donc pour la culture, pour les universités, pour la recherche, et donc pour la culture, pour la préservation de la seule planète vivante connue jusqu’à ce jour, pour une gestion plus vertueuse, plus humaine, donc plus efficace des entreprises, pour l’Europe, pour une solidarité vraie, qu’on pourrait enfin nommer fraternité et qui ne s’arrêterait pas à une misérable frontière mais s’étendrait bien au-delà de la mer, bref, pour une nouvelle pratique de la politique, c’est un immense chantier que cette femme, eh oui, cette femme, nous invite à mettre en œuvre. Et moi, je vote pour ce chantier, donc je vote pour Ségolène Royal." ...


Jean-Marcel Jeanneney, le dernier ministre survivant, avec Pierre Messmer, du général de Gaulle, a adressée une "Lettre ouverte à Ségolène Royal" qui commence par ses mots : ""MADAME, je ne vous ai entendue et vue qu’à la télévision. Mais vos propos, votre manière d’être, ont fait que, depuis plusieurs mois déjà, j’étais enclin à voter pour vous le 22 avril. Ayant lu attentivement votre livre, "Maintenant", je ne doute plus de le faire. Je suis un très vieux monsieur. Ministre du Général de Gaulle à trois reprises, je fus un des rares qui eurent l’honneur d’être reçu par lui à Colombey, après qu’il eut, en parfait démocrate, démissionné de la présidence de la République parce que désavoué lors du référendum qu’il avait décidé." ...



François Hollande pour le plaisir, mais pas seulement


Au meeting de Ségolène Royal du 11 février, François Hollande évoque les propositions du candidat de l'UMP en faveur des droits opposables : une leçon magistrale d'humour pince-sans-rire :




Nicolas susurre la proportionnelle à l'oreille de Jean-Marie


Il ne se passe plus un jour sans que nous n'ayons a assisté au petit jeu du "je te tiens, tu me tiens" auquel se livrent sans plus aucune vergogne Sarkozy et Le Pen - lire à ce sujet "Sarkozy, une ambition qui passe par le Front National". Aujourd'hui, c'est Brice Hortefeux, ministre délégué aux Collectivités territoriales et bras droit de Nicolas Sarkozy, qui se prononce dans un entretien accordé au Figaro, pour l'instauration d'une "dose" de proportionnelle aux législatives : "Cela permettrait aux extrêmes, notamment au FN, d'être représentés au Parlement", va-t-il jusqu'à préciser au cas où l'on aurait pas compris ! Rappelons que l'introduction de la proportionnelle est l'une des revendications prioritaires du Front national, et que M. Hortefeux comme M. Sarkozy s'étaient jusqu'à présent déclarés à maintes reprises tout à fait opposés à l'introduction d'une dose de proportionnelle aux législatives. Hortefeux souligne désormais que "le scrutin majoritaire n'est pas un dogme intangible". On n'a aucun doute sur les motivations d'un tel revirement à moins de 10 jours du premier tour des présidentielles. Cette fois c'est très clair et ce ne sont plus les électeurs du FN que drague le candidat de l'UMP, c'est le FN lui-même... auquel il en est à promettre des sièges !



Un signe


Je profite de ce billet pour vous informer des statistiques de fréquentation de ce site. En ligne depuis la mi-février, sarkononmmerci.fr a reçu 8500 visiteurs qui ont fait 10 000 visites et consulté plus de 17 000 pages. Depuis une semaine, le rythme s'est notablement accéléré et ce sont maintenant quotidiennement quelques 1000 pages qui sont visités par 500 visiteurs, en moyenne - j'ai d'ailleurs été contraint hier de racheter du trafic à mon hébergeur qui menaçait de fermer le site pour cause de trop grande affluence. Je veux y voir un signe, le présage d'une victoire. Mobilisons-nous jusqu'au bout.



Remerciement


Ce billet est également l'opportunité pour moi de remercier à SaT qui a bien voulu que je pioche parmi ses dessins afin d'illustrer quelques-uns de mes articles. Je vous invite à consulter l'ensemble de sa production sur La République des Fourmis. C'est un régal : finesse du trait et finesse de l'esprit, moi j'aime beaucoup. Ci-dessous sa dernière livraison :

les gènes de sarko
© La République des Fourmis par SaT - Reproduction interdite sans autorisation de l'auteur



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Appel pour une dynamique à gauche au premier tour...


... pour une victoire à gauche au second tour !


On le sait, mais on évite de le dire. On le sait, mais on n'ose y croire. On le sait, mais l'ensemble des médias s'efforcent à grands coups de sondages de laisser penser le contraire. On le sait : AU SOIR DU PREMIER TOUR, C'EST UNE NOUVELLE CAMPAGNE QUI COMMENCE. On le sait : LE SECOND TOUR SE GAGNE SUR LA DYNAMIQUE CREEE LORS DU PREMIER TOUR.

On voudrait casser à l'avance toute dynamique à gauche qu'on ne s'y prendrait pas autrement. En distillant jour après jour l'idée que la présence de François Bayrou au second tour n'est pas impossible, en laissant entendre, jour après jour, que seul Bayrou serait à même de l'emporter face à Nicolas Sarkozy, en brandissant, sondage après sondage, l'épouvantail d'une défaite annoncée de Ségolène Royal face à ce même Nicolas Sarkozy, on sème le doute dans l'esprit des électeurs et on fait pression sur eux afin qu'ils soient nombreux à renoncer par anticipation, le plus nombreux possible à glisser dès le premier tour un bulletin Bayrou dans l'urne ce bulletin plutôt qu'un autre !

A l'occasion de cette élection, on a insidieusement réinventé le concept de vote utile, une sorte de vote utile à trois bandes - bien dangereux en vérité - et on a perverti le mode de scrutin majoritaire à deux tours en le renversant cul par-dessus tête. Plutôt que de choisir au premier tour les deux candidats qui s'affronteront au second, tout se passe en effet comme si l'on jouait d'abord le second - par sondages interposés, lesquels persistent à prétendre qu'ils ne sont en rien prédictifs - afin d'éliminer au premier tour les perdants annoncés du second. C'est Madame Irma qui s'en va voter en regardant dans sa boule de cristal !

C'est pis que cela : on assiste à une formidable manipulation de l'opinion. La commission des sondages à beau avoir - très timidement - rappelé que les sondages portant sur un second tour réalisés avant que le premier n'aie livré ses résultats n'ont aucune signification, les instituts de sondages ne cessent de produire des sondages de second tour et les médias de les commenter. Et l'on va jusqu'à même tester des hypothèses de second tour qui en regard des intentions de vote mesurées pour le premier tour n'ont pas lieu d'être. En résumé : ON TESTE DES HYPOTHESES IMPROBABLES AVEC DES OUTILS ABSURDES !

Et ce n'est pas une manipulation innocente. La preuve en est dans la constatation suivante, laquelle est irréfutable : un sondage est un instrument de mesures statistiques qui possède, comme tout autre instrument de mesure, une marge d'erreur irréductible, un biais qui est intrinsèque à la mesure et qu'on ne peut gommer - pour un sondage, on s'accorde pour dire que celle-ci est peu ou prou de 4%, en sus ou en moins ; et pourtant, l'hypothèse d'un second tour Sarkozy-Royal a été testé près d'une centaine de fois depuis janvier, donnant chaque fois Sarkozy vainqueur avec entre 51 et 54% des suffrages, CE QUI EST STATISTIQUEMENT IMPROBABLE, C'EST-A-DIRE DANS LES FAITS IMPOSSIBLE ! IL EST IMPOSSIBLE QUE PAS UNE FOIS SEGOLENE ROYAL NE SOIT APPARUE COMME VAINQUEUR DE CE DUEL. On voudrait dissimuler cette éventualité qu'on ne s'y prendrait pas autrement.

Tout est organisé afin que cette opinion dont on prétend mesurer les intentions en vienne à penser qu'une victoire de Ségolène Royal sur Nicolas Sarkozy lors d'un second tour ne serait pas une éventualité crédible. L'objectif est clair, et il n'est pas tant de favoriser l'accès au second tour de François Bayrou, ce qui reste tout à fait improbable, que de casser par avance cette dynamique en faveur de Ségolène Royal qui, si elle s'enclenchait, conduirait en réalité à la victoire de celle-ci sur Nicolas Sarkozy. On cherche à disperser les voix de la gauche, semer le doute et obtenir qu'un certain nombre de ces voix se retrouve ailleurs, c'est-à-dire sur François Bayrou, dans le but de tasser autant faire se peut le score de Ségolène Royal. On tente en particulier d'éviter le probable coup d'arrêt à la stratégie de Nicolas Sarkozy que serait un premier tour plaçant Ségolène Royal devant le candidat de l'UMP.

La cerise sur le gâteau de cette tentative de dilution des voix serait qu'on soit parvenu tant et si bien à tasser le score de la candidate socialiste qu'on permette en définitive à Jean-Marie Le Pen de rééditer son "exploit" du 21 avril 2002. C'est que Nicolas Sarkozy a retenu sa leçon : le candidat de la droite n'est jamais autant assurer d'emporter le morceau, pardon l'élection, que s'il se retrouve opposé à l'extrême-droite.

Mais voilà, il vient d'y avoir un petit accroc dans la belle mécanique médiatico-sondagière, une sorte de lapsus qui pourrait bien faire grain de sable et qui a été commis par Le Monde, lui-même, sous la plume de Jean-Baptiste de Monvalon, lequel dans un article intitulé Mme Royal menacée au premier tour, M. Sarkozy au second, paru dans l'édition de ce 12 avril, souhaitait visiblement enfoncer le clou en pronostiquant la défaite de Mme Royal dès le premier tour. Mais voilà, donc, ce qu'il laisse échapper :

"Les responsables d'instituts de sondage s'accordent en effet à relativiser fortement la signification des sondages de second tour, qui donnent tous M. Sarkozy vainqueur d'un duel avec Mme Royal. "La qualification de Ségolène Royal provoquerait un choc positif majeur pour la gauche et ouvrirait un contexte nouveau", note M. Giacometti.

"Une fois passé le premier tour commencera une seconde campagne", souligne aussi Stéphane Rozès (CSA). Selon lui, le premier tour se joue sur "la compétence, la capacité à résoudre les problèmes" - domaine qu'aurait privilégié M. Sarkozy -, alors que le second accorde plus de place à "la dimension d'incarnation et de rassemblement", à laquelle serait davantage identifiée Mme Royal. En suivant cette analyse, on pourrait en conclure que la candidate socialiste aurait paradoxalement plus de chances de l'emporter au second tour que de se qualifier à l'issue du premier.

Tout est dit et tout est maintenant bien clair : gardons-nous du défaitisme qu'on tente d'instiller, gardons-nous de nous disperser en des stratégies mortifères, gardons-nous des égarements auxquels on voudrait nous voir céder, et concentrons-nous sur l'essentiel : la victoire de Ségolène Royal... et le moyen d'y parvenir : CREER DES LE PREMIER TOUR LA DYNAMIQUE DE CETTE VICTOIRE.

Car - et nous l'avons peut-être un peu oublié à force de craindre le pire - il ne s'agit pas QUE de battre Nicolas Sarkozy, il s'agit également d'offrir à la France et aux français des raisons d'espérer. Or voter Bayrou pour éviter Sarkozy revient à choisir de se précipiter dans le vide pour échapper aux flammes. On veut nous faire croire que toutes les issues sont condamnées : rassemblons-nous pour enfoncer la porte !

CAR CE SERAIT LE PIRE DES RENONCEMENT QUE DE SACRIFIER L'ESPERANCE AU NOM DE LA CRAINTE LEGITIME QUE LE PIRE NE SURVIENNE !



Et si cet appel à l'heur de vous plaire, faites-le donc circuler...


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On parle de : Appel pour une dynamique à gauche au premier tour



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La jeunesse n'a pas d'âge !


De 7 à 87 ans, les jeunes ne voteront pas Sarkozy !


Un reportage que les médias traditionnels se seraient bien gardés de diffuser, n'auraient pas eu l'idée de réaliser... et qui pourtant, plein de sagesse et d'une lucide sincérité, pourraient contribuer au choix auxquels devront faire face les français dans maintenant moins de trois semaines. Six minutes qui font du bien à l'espoir :








latelelibre.fr



On parle de : La jeunesse n'a pas d'âge



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De François Mitterrand à Ségolène Royal


L'Esprit Tranquille


François Mitterrand s'est enfin décidé à entrer dans la campagne, et ce afin d'"aider Ségolène Royal à gagner cette élection présidentielle" ainsi qu'il le confesse lui-même dans son blog, prenant également soin de préciser ceci :

"Certes, je ne vous cache pas que la voir ainsi représenter le Parti Socialiste constitue pour moi une sorte d'étonnement. Mais que voulez-vous! Les socialistes sont incorrigibles. Je plains Laurent Fabius qui avait presque toutes les qualités pour y arriver. Mais bon... Tant qu'il n'aura pas convaincu que son humanité n'est pas feinte, rien ne sera possible. Cela dit, laissons là les regrets. L'heure est au combat. Si vous saviez comme je suis agacé de voir de quelle façon cette campagne se déroule"...

J'ai passé une bonne partie de la journée à me délecter de chacun des articles au cours desquels M. Mitterrand livre quotidiennement, et ce donc depuis le 10 mars, son sentiment sur la campagne présidentielle, ne craignant pas au passage d'égratigner méchamment l'un ou l'autre de ses protagonistes - de droite comme de gauche, qu'ils viennent du monde politique ou de la sphère journalistique... -, livrant également à notre gourmandise quelques informations croustillantes, tant il semble en effet que de là où il se trouve, il voit tout, entend tout et lit tout. Un régal ! Et je ne résiste pas à vous en livrer encore un extrait :

"Pour finir, je félicite le directeur du Point pour la photo de une qui orne la couverture de son journal cette semaine. Il s'agit d'un portrait de Ségolène Royal choisi avec soin, on le devine aisément. Moi aussi en mon temps, j’ai eu droit à ces amabilités photographiques de la part de la presse aux ordres. Moi aussi, je me suis retrouvé, plus souvent qu’à mon tour, à la une de magazines, l’air défait, la mine hâve, le regard hagard et l’air tellement absent que je finissais moi-même par me demander si le cliché en question n’avait pas été pris à mon insu, à la fin d’une garde à vue de quatre jours. Soumise à un traitement identique, Ségolène Royal a, malgré tout, un petit avantage sur moi, et qui la préserve du pire. Ils ne pourront jamais la photographier mal rasée."

Le blog de François Mitterrand



On parle de : De François Mitterrand à Ségolène Royal



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