le blog de dedalus

"Réprimer plus, Partager moins" : MERCI... mais NON !






JE TE VOIS


2009 en Sarkofrance



Il y a un an j'annonçais la mise en veille de ce blog. Elle fut relative puisqu'au long de cette année 2009 je me suis tout de même laissé aller à publier ici 45 billets supplémentaires. Soit en moyenne un peu moins d'un billet par semaine. Soit tout de même près de trois fois moins qu'en 2008.

Vous avez néanmoins été encore plutôt nombreux à échouer ici et si ce blog a été en 2009 deux fois moins visité que l'année précédente, ce sont encore près de 35 000 visites pour près de 50 000 pages vues, et peut-être même lues... Je vous en remercie.

Quelques billets ont particulièrement retenu votre attention, ou du moins ont connu un beau succès d'audience. Citons les cinq premiers :


Je ne le fais pas chaque mois comme il est d'usage, je vais un peu me racheter en citant dans ce billet les douze blogueurs qui m'ont apporté le plus de visites en 2009 - l'occasion de les en remercier chaudement :



RévolteIl reste qu'en cette fin d'année 2009 le bilan de Nicolas Sarkozy, de son gouvernement de pacotille et de sa majorité UMP godillot est en tout point désastreux.

Echec économique et social : la Sarkofrance c'est un état économiquement incompétent. L'économie du pays tourne au ralenti et, tandis que la dette explose - et que le banques prospèrent - , le nombre de chômeurs ne cesse de croître et la précarité de faire des ravages. Le capitalisme financier qu'il s'agissait de moraliser, l'on s'en souvient, fonctionne toujours de manière aussi scandaleusement amorale.

Echec moral : la Sarkofrance c'est un état moralement défaillant qui d'une main réespédit des réfugiés afghans dans leur pays où l'on s'en est allé faire la guerre, tandiq que de l'autre un petit président tevte outrageusement de favoriser l'ascension politique de son propre fils.

Echec politique : la Sarkofrance c'est un état politiquement incompétent qui de Hadopi à la taxe carbone brasse beaucoup de vent... pour rien. Au mieux. Parce que le vent brassé à l'occasion du débat sur l'identité nationale aura servi à réveiller tous les vieux démons xénophobes d'une Sarkofrance aigre et exsangue, qui de plus en plus joue avec le feu.

Je ne sais pas comment tout cela va se terminer. Je sais seulement que le pire n'étant jamais certain, il est plus que temps que ça se termine. C'est le voeu que j'aimerais pouvoir formuler pour 2010, mais cela ne se produira pas. Alors je nous souhaite à tous de savoir garder intact notre esprit de vigilance et de révolte.



Où l'on parle de : 2009 en Sarkofrance






Vincent Peillon et l'identité nationale

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Vincent Peillon inflige une leçon d'identité républicaine à Nicolas Sarkozy



Mercredi 9 décembre 2009 sur France Info : Vincent Peillon réagit à la tribune de Nicolas Sarkozy sur l'Identité Nationale, parue la veille dans Le Monde... et lui donne une petite leçon d'histoire sur la République Française.





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Quand Ségolène tente un dépassement par la droite

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Quand Ségolène tente un dépassement par la droite



Royal, la femme qui murmurait à l'oreille de BayrouVous le savez, je rechigne toujours à m'en prendre directement à Ségolène Royal. Mais peut-on se taire devant son dernier mauvais coup porté contre la gauche ?

Dans mes trois précédents billets j'ai évoqué successivement l'ambition dévorante de Ségolène Royal, un Parti Socialiste qui travaillait utilement à son ancrage à gauche et un Modem qu'il s'agissait d'ignorer.

Dans le premier billet, j'expliquais que Ségolène Royal avait parfaitement compris que tout ce qui renforce le Parti Socialiste affaiblit sa propre candidature pour 2012 [et que] afin de conserver ses chances pour 2012, il lui faut contribuer à affaiblir son propre camp.

Dans le billet suivant, évoquant le Parti Socialiste, je faisais remarquer que cela faisait longtemps que l'on n'avait pas entendu venir de là un discours remettant clairement en cause le capitalisme financier et le credo libéral, que c'était une excellente nouvelle pour l'ensemble de la gauche et d'abord pour les français qui ont le plus besoin d'elle et qu'il était seulement regrettable que les Verts via Europe Ecologie se précipite pour s'en aller occuper une place devenue vacante auprès du Modem.

Enfin, à propos justement du Modem, je notais dans le troisième que si toute alliance est une possibilité a posteriori (c'est une évidence politique), celle-ci ne saurait avoir lieu que sur la base d'un rapport de forces créé par les urnes et qu'il s'agissait donc d'abord du projet et de l'ancrage dans la gauche du Parti Socialiste.

Parce qu'à trop renoncer à une véritable ambition à gauche, à trop se compromettre avec les vieilles lunes libérales, à trop brouiller le jeu politique, au point qu'on donne l'illusion que droite et gauche finalement se serait la même politique, c'est la droite qui à la fin en profite – parce que se sont les gens qui souffrent qui désespèrent et se détournent, qui ne croient plus à la possibilité que la politique puisse changer les choses.

Mais Ségolène Royal, fidèle à sa stratégie personnelle, qu'elle sait donc passer par l'affaiblissement du Parti Socialiste, ce qu'elle appelle son dépassement, a choisi de le mettre en oeuvre et par la droite. Et la voilà donc qui a de nouveau endossé l'habit un peu usé de la femme qui murmurait à l'oreille de Bayrou.

Ce faisant, d'un seul coup d'un seul, elle replace le Modem au centre du grand jeu médiatico-politique et affaiblit la position de son propre parti, dont le message à gauche se trouve brouillé - faisant ainsi le jeu de tous ceux à gauche qui se plaisent à répéter que le Parti Socialiste est vendu au libéralisme.

Mais inutile d'accabler plus longtemps une Ségolène qui ne donne plus guère d'illusions à personne, et posons lui seulement deux questions : Le Modem a-t-il pour ambition politique une rupture radicale avec le modèle économique libéral ? Et puisque d'évidence la réponse est négative, comment mettre en oeuvre un projet de rupture en s'alliant a priori avec ce mouvement, certes humaniste et démocrate, mais qui défend une ligne politique largement incompatible avec un projet de gauche ambitieux ?

Ce qui est amusant, finalement, c'est de constater que s'additionne à la dérive droitière de Ségolène Royal, la propre ambition présidentielle de François Bayrou ; double mouvement qui les conduit l'un tout contre l'autre en un endroit politiquement en suspension mais où ils finiront par se marcher copieusement sur les pieds. En 2012, ils seront l'un et l'autre candidats pas de droite mais quand même pas de gauche non plus : typiquement le genre de candidats qui a toujours favorisé les victoires de la droite !

C'est pourquoi il s'agirait à l'occasion de ces élections régionales d'en finir une fois pour toute avec la tentation centriste, cette dérive nécessairement droitière qui est encore à l'oeuvre dans une minorité agissante du Parti Socialiste. Aux électeurs de sanctionner ceux qui, comme Ségolène Royal, s'y prêtent ou prêteront : au premier tour, il s'agit tout de même de pouvoir voter franchement à gauche.

Electeurs Picto-Charentais et néanmoins de gauche, nous comptons sur vous !



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Pour en finir avec le Modem

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Pour en finir avec le Modem



blogueur et censeurD'humeur badine ce matin, Nicolas a sorti son appeau à Gauchistes (*). A cette heure, ceux-ci ne semblent pas réveillés. En revanche les ségoboys ont rappliqué en remuant très fort le popotin, tout gais qu'ils étaient parce qu'ils croyaient tenir une éclatante victoire rhétorique.

Je vous explique : Nicolas décrit une situation électorale particulière dans laquelle au lendemain du premier tour la gauche pour l'emporter n'aurait qu'une solution possible : « Une seule. Regrouper les listes avec le Front de Gauche, Europe Ecologie et le Modem. »

Ha ha ! se sont empressés de clamer les ségoboys : On vous l'avait bien dit qu'il n'y avait pas d'autres solutions qu'une alliance avec le Modem. Et on vous l'avait bien dit que tous ceux qui disaient le contraire vous mentaient et en vérité ne sont que des fourbes qui veulent rien qu'à détruire Ségolène qui nous sauvera tous.

Le truc c'est qu'ils ne veulent pas assumer une bonne fois pour toutes qu'il y a deux stratégies électorales possibles qui produit un vrai désaccord de fond - lequel a été tranché voilà maintenant plus d'un an.

Pour les derniers mal-comprenants, résumons une dernière fois mais très rapidement ce désaccord de fond (et c'est pas grave) :

D'un côté, certains veulent parler d'alliances a priori, notamment avec le Modem, ce qui conduirait nécessairement d'une part à déplacer le centre de gravité du Parti Socialiste sur sa droite, d'autre part à faire cadeau au Modem d'une importance qu'il n'a pas - ou plus ou pas encore de nouveau...

Les autres défendent simplement l'idée que si toute alliance est une possibilité a posteriori (c'est une évidence politique), celle-ci ne saurait avoir lieu que sur la base d'un rapport de force créé par les urnes, fruit donc de la décision souveraine d'électeurs éclairés par une campagne électorale où des projets concurrents leur sont présentés. Ici, naturellement, il s'agit d'abord d'ancrer le PS à gauche et d'y créer une alternative ambitieuse, crédible et convaincante.

Heureusement - de mon point de vue -, c'est cette ligne à gauche qui est majoritaire au Parti Socialiste, à 70% !

On peut passer à autre chose ?


(*) Gauchistes : avec un G majuscule qui désigne les partisans du Front de Gauche, à ne pas confondre avec les gauchistes, terme qui englobe toute personne viscéralement et radicalement de gauche, comme moi. On peut être l'un ou l'autre, ou encore les deux... Et puis il y a aussi les illuminés du NPA, mais eux on comprend pas bien ce qu'ils veulent : ils veulent pas et puis c'est tout.


Image : Je ne savais pas par quoi illustrer ce billet jusqu'à me souvenir qu'aujourd'hui Olivier Bonnet doit faire face à son accusateur et que c'était certainement une bonne journée pour lui exprimer ma solidarité de blogueur comme de citoyen.



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Parti Socialiste décomplexé

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Quand Sarkozy s'en prend au Parti Socialiste décomplexé



la rose socialiste en boutonHier soir, Nicolas Sarkozy, président sans envergure de tous les français d'un clan, a lancé la campage des élections régionales pour le compte de l'UMP.

Beaucoup parmi les dirigeants de l'UMP redoutent qu'une campagne axée autour du bilan gouvernemental ne se transforme en vote sanction. On connait ledit bilan, on comprend le désarroi des dirigeants de l'UMP. Mais le chef du clan c'est Sarkozy, qui a décidé que le slogan serait « La France change, ma région doit changer autour ! »

Ça fait mal, parce qu'il va falloir aux militants de l'UMP aller expliquer aux français qu'ils ont l'intention à l'échelon régional de baisser les impôts des plus riches et d'augmenter les taxes pour les autres, de laisser filer dramatiquement les déficits et de dégrader la qualité des services publics, de faire cadeau fiscal sur cadeau fiscal aux entreprises et d'assister sans broncher à une hausse continue du chômage, d'échouer sur la question de la sécurité pour tous comme sur celle du logement social, sans parler du pouvoir d'achat... Bref, prenant exemple sur le petit chef, il va leur falloir parler parler et parler pour tenter de faire oublier la réalité têtue des faits, dont la somme énonce de manière criante que le bilan du sarkozysme est au mieux désastreux et très certainement catastrophique.

Alors Nicolas Sarkozy, chef du clan UMP, a montrè à son clan la voie : au delà du slogan, passer rapidement sur le bilan et s'en aller taper sur la gauche et d'abord sur le Parti Socialiste. C'est que Sarkozy en fin politique qu'il est a compris ce que beaucoup à gauche n'ont toujours pas compris ou refuse de comprendre : le Parti Socialiste revient progressivement à lui, c'est-à-dire à la gauche - et ça ! ça représente un vrai danger pour Nicolas Sarkozy, qui sait bien que depuis maintenant plus d'une décennie la droite doit ses victoires au fait que le Parti Socialiste a quitté ses bases pour s'en venir chipoter sur le terrain de la droite.

Certes, le PS a connu et connait encore de sérieux problèmes à être audible. Mais à mesure que s'éloigne à la fois le traumatisme que fut le Congrès de Reims et l'hypothèse Royal, le brouillard s'estompe et l'on voit peu à peu se lever le voile sur un Parti qui travaille à ancrer son projet à gauche, en cohérence d'ailleurs avec ce que furent - au-delà de l'insignifiante question des personnes - les débats d'abord, et puis les résultats des votes, lors de ce fameux congrès de Reims.

Pour se convaincre de ce qui se passe au PS, il ne suffit que d'écouter attentivement sa première secrétaire, Martine Aubry, ou son porte-parole, Benoit Hamon. Cela faisait longtemps que l'on n'avait pas entendu venir de là un discours remettant clairement en cause le capitalisme financier et le credo libéral, ni même un si naturel appel à une régularisation massive de personnes sans papiers.

Dans son dernier communiqué portant sur la hausse dramatique du chômage, nous entendons un Parti Socialiste réclamer un plan de relance de l'économie par la consommation, ainsi que des mesures telles que la prolongation de 6 mois de la durée d'indemnisation sur la base de 80 % du salaire ou l'augmentation du coût des licenciements pour les entreprises qui versent des dividendes ou rachètent leurs propres actions...

Et si l'on s'intéresse aux cinq communiqués qui précèdent celui-ci : l'un dénonce la remise en cause par le gouvernement de la politique à l'égard des patients en Affection de Longue Durée pour des raisons purement comptables et préconise des réformes structurelles comme la mise en avant de la prévention ou la rémunération forfaitaire des médecins ; un autre concerne l'immigration et la situation des travailleurs sans-papiers et fait des propositions claires, détaillées et généreuses ; le suivant annonce que le Parti socialiste se joint à l'appel à manifester du collectif « Unis contre l'immigration jetable » ; celui d'après demande qu'un coup d'arrêt soit porté à la casse de l'école publique et le dernier s'en prend au bilan de Nicolas Sarkozy sur la question de la sécurité.

Alors, et en dépit du temps de retard médiatique et des derniers soubresauts de l'expérience Royal, Nicolas Sarkozy a compris qu'il était temps d'agresser le PS, et de le mordre fort là où c'est censé lui faire le plus mal : la question de l'immigration. Alors il y va de son petit couplet éculé : « Lorsque je vois, qu'une personne pour qui j'ai du respect appelle à la régularisation massive des sans-papiers, est-ce que vous croyez que je n'ai pas compris la manœuvre ? », demande-t-il afin de mieux accuser Martine Aubry « d'agiter le chiffon rouge, à trois mois des élections régionales, pour faire remonter le Front national »

Mais voilà, simultanément nous prenons connaissance d'un sondage Ifop à paraître dans le Journal du Dimanche, où est révélé que pour 72% des Français le débat sur l'identité nationale lancé par Eric Besson et justifié par Nicolas Sarkozy est avant tout une stratégie pour gagner les élections régionales. Mais on la leur a tant fait qu'il n'est finalement guère étonnant que les français ne se laissent plus si facilement prendre au coup de la question de l'immigration et de l'insécurité qui surgit très opportunément à l'approche d'une élection. C'est tant mieux et le petit président risque d'en être pour ses frais.

Le fait est, donc, que le Parti Socialiste est de retour à gauche et que si c'est une mauvaise nouvelle pour Nicolas Sarkozy, c'est une excellente nouvelle pour l'ensemble de la gauche et d'abord pour les français qui ont le plus besoin d'elle. Il est seulement regrettable que les Verts via Europe Ecologie se précipite pour s'en aller occuper une place devenue vacante auprès du Modem. Quoi qu'il est sans doute préférable que ce soit les Verts qui s'occupent en définitive d'aller achever de siphoner le Modem, plutôt qu'un Parti Socialiste encore convalescent sur ses valeurs. Même si de toute évidence la question du Modem a en une année radicalement changé de nature, puisque c'est désormais sans ambiguïté à gauche que penche la balance et se situent les débats.



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Une ambition Royal

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Ségolène et l'ambition Royal



Ségolène RoyalJe vais être en manque de titre.

Sur le même thème, j'ai déjà commis Quand Royal désire Ségolène, Ségolène moi toute seule et L'envie du désir d'avenir de soi.

Mais il va bien falloir le répéter à chaque occasion, essayer d'ouvrir les yeux du plus grand nombre : Ségolène Royal n'a d'autre ambition qu'elle-même.

Ségolène Royal se prépare pour 2012, elle toute seule, envers et contre tous, méthodiquement, obsessionnellement. Et avec un mépris total pour le travail collectif : ce sera elle ou bien le chaos. Soit ça passe pour elle, soit ça casse pour la gauche - et donc pour le peuple français qu'on laissera entre les mains de Sarkozy. Cynisme d'une ambition démesurée.

Vincent Peillon était au travail. Depuis bientôt un an. Au lendemain du Congrès de Reims, il revenait à Ségolène Royal de rassembler et de structurer l'opposition interne du Parti Socialiste : cela ne servait pas ses intérêts, elle s'en est désintéressée. Vincent Peillon avec d'autres s'est chargé de mettre les mains dans le cambouis. Un courant s'est structuré et puis s'est mis au travail, collectivement, pendant que Ségolène continuait d'amuser la galerie médiatique, c'est-à-dire de cultiver son petit jardin d'ambitieuse indécrottable.

Et puis, Vincent Peillon a commencé à prendre la lumière, au point de pouvoir politiquement compter pour quelque chose dans la bataille pour 2012. Il devenait trop puissant par rapport à ce qu''on pouvait l'estimer fiable et Ségolène est venue à Dijon écraser Vincent à grands coups de talon. Qu'importe le travail qui s'accomplissait, qu'importe même le respect dû à ceux qui accomplissaient ce travail, qu'importe surtout l'image désastreuse pour un Parti Socialiste convalescent : rien ne saurait importer en regard de l'inexorable marche en avant d'une femme vers son destin rêvé.

Ce n'est pas la première fois que Ségolène Royal à sa dévorante ambition sacrifie et Vincent Peillon et l'intérêt du Parti Socialiste. Ceux qui n'ont pas la mémoire trop courte se souviennent qu'à l'issue du vote sur les motions, lors du Congrès de Reims, un schéma politique avait commencé de se dessiner autour de la constitution d'une majorité renouvelée, largement transversale et excluant les éléphants, et qui impliquait la candidature de Vincent Peillon au poste de premier secrétaire. C'est alors que Ségolène Royal décida de sortir du frigo. A ce Ségolène Sinon Rien trop évident répondit aussitôt un Tout Sauf Ségolène qui n'attendait que cela : la machine infernale était enclenchée, on connait quel fut le succès de l'opération...

Ségolène Sinon Rien. Voilà bien le credo unique qui guide Madame Royal. Et c'est ainsi qu'au fil des mois, les uns après les autres, tous ceux qui furent ses fidèles soutiens, et parmi les plus proches, prirent inéluctablement leurs distances. La liste des traitres à la diva est longue, de Julien Dray à Vincent Peillon, de Manuel Valls à Aurélie Filippetti, en passant par Jean-Pierre Mignard (son avocat) et Pierre Bergé (son mécène), sans même remonter jusqu'à Arnaud Montebourg, sans non plus évoquer François Rebsamen et Jean-Louis Bianco qu'on a pu sentir de plus en plus hésitants...

Je les vois venir tous ceux qui viendront hurler au ségobashing, ils ne comprennent pas que, bien au contraire, il ne s'agit là que de contester à Ségolène Royal une attitude irresponsable qui consiste, au motif que cela servirait ses intérêts, à choisir de semer la zizanie partout où l'on ne se met pas à son service exclusif, en particulier donc au sein du Parti Socialiste. C'est que Ségolène Royal a parfaitement compris que tout ce qui renforce le Parti Socialiste affaiblit sa propre candidature pour 2012. Et la voilà de fait enfermée dans un paradoxe aussi terrible que cruel : afin de conserver ses chances pour 2012, il lui faut contribuer à affaiblir son propre camp. Et pour s'assurer d'être la candidate, il lui faut réduire à néant ses chances d'être élue.

Ce n'est pas moi qui fait du ségobashing, c'est Ségolène Royal qui joue au snipper sur tout ce qui est susceptible de lui faire de l'ombre à gauche, et en particulier sur le Parti Socialiste - parce que ça lui va bien.



Pourtant, pendant ce temps-là, Nicolas Sarkozy a de plus en plus de mal à se maintenir la tête hors de l'eau :



graphique évolution popularité Sarkozy
cliquer sur le graphique pour l'afficher en grand
- mise à jour automatique -



Et pourtant, le SMIC... Et pourtant, le libéralisme...



Au moment de conclure ce billet, je lis celui de Juan, auquel répondre me permet de conclure : certes, l'ambition n'est pas à gauche l'apanage de Ségolène Royal, force est cependant de constater que chez elle cela surpasse tout, au point qu'elle serait prête à lui sacrifier sa famille politique, ses amis et ses convictions. En cela pour le moins elle ressemble étrangement à un certain Nicolas Sarkozy.



Où l'on parle de : Une ambition Royal






Quand Sarkozy fait des petits

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Quand Sarkozy fait des petits



Gérard Huet, maire de LoudeacNicolas Sarkozy est président et jour après jour les français, mais aussi le monde entier, constatent qu'il y a quelque chose de pourri dans le royaume de France, ainsi que le résume Courrier International en parodiant très judicieusement Shakespeare - Hamlet, la tragédie du fils de son père...

En France, aujourd'hui, un président se permet de traiter un français de pauvre con, un président s'autorise à pistonner son fils, un président charcute la carte électorale et avec elle la démocratie, un président fait systématiquement le contraire de ce qu'il dit, un président se permet d'intenter un procès à un ancien premier ministre afin de régler ses comptes politiques, un président semblerait impliqué dans un scandale de rétro-commissions ayant conduit à l'attentat mortel de Karachi, un président protège un ministre ayant proféré publiquement des propos racistes, un président défend une politique où l'on expulse des réfugiés vers un pays où ils sont menacés et où la France fait la guerre...

En France, aujourd'hui, un petit président sans envergure s'imagine que tout lui est permis, ressemblant en cela à n'importe quel médiocre parvenu.

On peut se rassurer en se disant que cela finira bien par passer. Sauf qu'en attendant, un peu partout en France, d'autres petits despotes se lâchent et font du Sarkozy à leur petit niveau. Les esprits sont pollués, les cons sont décomplexés et, ici ou là, partout, les petits chefs plus que jamais s'en donnent à coeur joie.

A Loudeac - quelque part dans ce beau pays de France - un maire s'est ennivré à ce tonneau-là. Voyez, à la lecture de cet extrait de la lettre du Maire du mois d'octobre, ce que ça peut donner :



Mariage de complaisance : le mariage qui dérange

Alors que nous traversons une grave crise économique, comment aurais-je pu marier sans m'y opposer, deux étrangers d'origine marocaine, plus préoccupés de profiter de notre système de protection sociale que de convoler en justes noces ?

En refusant de les marier, j'ai voulu dénoncer un système qui fait la part belle à l'assistanat plutôt que de protéger ceux qui se lèvent tôt le matin, pour gagner leur vie en toute honnêteté ! Rappelons en effet, que le mariage de ces deux étrangers, leur donne la possibilité de toucher le Revenu de Solidarité Active, des Allocations logement et de bénéficier de la Couverture Maladie Universelle. Enfin, soyons certains qu'ils ne manqueront pas de demander la nationalité française !

Aujourd'hui les factures que nous recevons en mairie semblent me donner raison : impayé de cantine scolaire, impayé sur leur consommation d'eau... Les Restos du Coeur les voient chaque semaine et pourtant le mari a trouvé du travail sur la zone industrielle. Alors où va l'argent ? Car pour l'instant, c'est la mairie qui paye, donc nous chers contribuables !

Alors, à tous les bien pensants qui ont cru bon de s'indigner verbalement sans apporter de soutien matériel à ces étrangers, je réponds : trouvez-vous normal que l'on oblige les maires à marier des étrangers, dont l'un d'entre eux a falsifié des papiers d'identité, a été reconduit à la frontière, est revenu et ose demander le mariage alors qu'il est sous le coup d'un arrêté d'expulsion ?

Après avoir dénoncé cette absurdité du droit, je compte maintenant sur notre député Marc LE FUR pour déposer une proposition de loi limitant ces abus. En effet, tant que la justice de notre pays continuera à défendre l'indéfendable, les étrangers en situation irrégulière, pourront dormir tranquilles !

Gérard Huet, maire de Loudeac



C'est à n'en pas douter du Sarkozy pur jus - et le jus est rance. Ligne après ligne, c'est le même galimatias pré-vomi où, en guise d'argumentation, les points d'exclamation succèdent aux points d'interrogation et s'enchaînent les contre-vérités minables et les sous-entendus malsains.

Il est important de noter que ce "refus de marier" a été déclaré illégal par le juge des référés qui avait été saisi de la question. Ce mépris de la loi n'est pas non plus anodin et relève tout autant de cet état d'esprit putride qui a gagné la Sarkofrance.

On savait Nicolas Sarkozy en lui-même dangereux pour l'idée que nous nous faisons de notre République. Nous comprenons désormais qu'en sus il fait des petits. Gérard Huet, petit Sarkozy à Loudeac, n'est que l'un d'entre eux. D'autres partout prolifèrent en cette République agonisante.

A ceux-là aussi, il est important de s'opposer. Très fermement. Aussi je vous invite à prendre connaissance de la réaction collective à la « Lettre du Maire de Loudéac » et à y donner toute suite utile.



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Les biens nés et les pauvres cons

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Les biens nés et les pauvres cons



Sarkozy, père et filsAujourd'hui, Nicolas Sarkozy a dévoilé sa non-réforme des lycées. A l'Elysée et devant des centaines de personnes – lycéens, professeurs, chefs d'établissement, inspecteurs, recteurs d'acdémie - le tout petit président a prononcé à cette occasion un discours, au cours duquel et comme à son habitude il a cru pouvoir nous payer de mots.

Ainsi, le petit père des pipoles a cru pouvoir resituer son action dans le cadre historique de la fin des privilèges, ayant sans doute oublié sa propre tendance au népotisme le plus outrancier - son fils, Jean, qui a vingt-trois ans éprouve toutes les peines du monde à boucler sa licence en droit, qui déjà cumule le poste de chef du groupe UMP des Hauts-de-Seine avec celui d'élu au Conseil général du même département, étant désormais miraculeusement pressenti pour devenir le prochain président de l'EPAD (Etablissement Public d'Aménagement de la Défense), soit en charge de la gestion du plus gros quartier d'affaires européen et responsable d'un chiffre d'affaire s'élevant au milliard d'euros - excusez du peu.

De toute évidence, Jean Sarkozy n'a d'autre mérite ici que celui d'être "bien né", ce qui se double de l'impressionnante capacité de son père à se foutre de la gueule des français et de les prendre tous autant qu'ils sont pour de pauvres cons :





Quand à tout juste 23 ans, Jean Sarkozy se fait payer l'EPAD par son petit papa président, d'autres travaillent dur - quand ils ont encore un travail - et sont heureux de pouvoir payer l'iPod à leurs enfants.

En fait, ça ne me fait pas rire.



EDIT : En revanche, quand la polémique enfle de partout et atteint les rivages de l'Afrique... Là où réside "l'homme africain qui n'est pas rentré dans l'histoire", je trouve avec Hypos que cela devient savoureux :

Et voilà que l'on reparle de l'ambition politique des fils de président ! Et, cette fois-ci, pas en Afrique, un continent qui semble avoir l'apanage de la chose, mais bien en France, patrie de la Liberté, de l'Egalité et de la Fraternité.

Être fils de président doit-il forcément apporter des avantages ou, au contraire, se révéler un handicap pour celui qui choisit de nourrir des ambitions politiques ? On le voit, la question est très délicate et il serait bien risqué d'oser la trancher au couteau.

Pour le cas de Jean Sarkozy, on peut quand même comprendre que l'on se pose de légitimes questions quant aux compétences et à l'expérience d'un jeune homme de 23 ans, étudiant de 2e année en droit (seulement) et qui aurait sur les épaules la charge de diriger le plus grand quartier d'affaires d'Europe"

Et l'homme africain de rajouter alors :

"On a beau croire qu'"aux âmes bien nées la valeur n'attend point le nombre des années" [interrogé sur la candidature du fils Sarkozy, Patrick Devedjian, le président sortant de l'EPAD, a cité ce vers de Corneille, extrait du Cid], tout de même il existe quelque part quelque chose qui vous suggère qu'à une autre âme bien née, mais descendant d'une souche différente de celle de Sarkozy, on demanderait peut-être de faire preuve d'un peu moins d'empressement."

Extrait de Courrier International, un article de Jean-Claude Kongo du journal burkinabé Le Pays.



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Charter pour Kaboul

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Charter pour Kaboul



Ou comment leur foutre la guerre pour qu'ils nous fichent la paix !



France terre d'exilAprès Calais, les autorités franco-britanniques préparent un charter pour Kaboul - Communiqué commun du 5 octobre 2009, 33 organisations signataires(*) :

Un « charter » franco-britannique serait prévu pour le 6 octobre à destination de Kaboul. Alors que les conditions humanitaires et de sécurité ne cessent de se dégrader en Afghanistan, que les ONG comme le Secrétaire général des Nations unies se déclarent particulièrement préoccupés par la situation, la France et la Grande-Bretagne tentent, comme au mois de novembre 2008, une opération conjointe. L'Afghanistan est un pays en guerre. Il est inacceptable d'y renvoyer ceux qui s'en sont enfuis à la recherche d'une protection en Europe.

En France, le ministère de l'Immigration se moque des décisions des tribunaux de différentes régions qui ont remis en liberté 130 des 138 Afghans qui avaient été interpellés le 22 septembre, en vue de leur éloignement, lors de la « fermeture » spectaculaire de la plus grande « jungle » de Calais. Ces juridictions ont mis en évidence l'inanité de cette opération médiatique et ont rappelé le respect du droit et des libertés fondamentales des personnes. Plusieurs tribunaux administratifs ont par ailleurs annulé des arrêtés de reconduite à la frontière au motif du non-respect du droit de demander l'asile.

Le gouvernement n'en a cure et reste enfermé dans sa rhétorique de l'« appel d'air », selon laquelle Afghans, Erythréens, Irakiens, Iraniens, Soudanais, etc. ne viendraient pas en Europe pour sauver leur vie et leurs libertés, mais pour des raisons d'agrément et de confort : les rafles actuelles seraient supposées porter des messages dissuasifs dans les pays d'origine. C'est ainsi que sont pris en otages des Afghans du Calaisis pour tenter de dissuader leurs compatriotes victimes des violences au pays.

Les « opérations de nettoyage » se poursuivent et plus d'une cinquantaine d'Afghans ont été à nouveau placés en rétention la semaine dernière. Les « charters conjoints », qui sont contraires au principe d'interdiction des expulsions collectives, conduisent à des pratiques arbitraires, discriminatoires et inhumaines, au mépris des droits fondamentaux des personnes.

Nous appelons instamment les autorités françaises et britanniques à renoncer à tout projet d'expulsion vers l'Afghanistan et insistons sur la nécessaire mobilisation de tous pour empêcher cette expulsion collective qui mettrait sérieusement en danger la vie de ces exilés.

Nous réaffirmons qu'il est urgent de rendre son sens au droit d'asile en Europe en prévoyant un mécanisme permettant à tout réfugié de solliciter une protection dans le pays de son choix. En l'attente, la France peut, et doit, suspendre l'application du règlement de Dublin afin d'accueillir sur son sol les personnes qui continueront à fuir les conflits pour trouver refuge en Europe.

(*)Organisations signataires :

ACAT France (Action des chrétiens contre la torture), ADDE (Avocats pour la défense des droits des étrangers), ANAFE (Association nationale d'assistance aux frontières pour les étrangers), APSR (Association d'Accueil aux médecins et Personnels de Santé Réfugiés en France), Association Primo Levi, Auberge des migrants (Calais), CAAR (Comité d'aide aux réfugiés – Bois-Colombes), Calais Migrant Solidarity, C'SUR (Calais), Cimade, Collectif Migrants (Dunkerque), Collectif Solidarité Migrants (Angres), Collectif de soutien des exilés (Paris), COMEDE (Comité médical d'aide aux exilés), ELENA (European Legal Network on Asylum), Emmaüs-France, Fédération de l'Entraide Protestante, Flandre Terre Solidaire, GAS (Groupe Accueil et Solidarité ), GISTI (Groupe d'information et de soutien des immigrés), Itinérance (Cherbourg), LDH (Ligue des droits de l'homme), MRAP (Mouvement contre la racisme et pour l'amitié entre les peuples), PCF (Parti communiste français), RESF (Réseau Education sans frontières), SAF (Syndicat des avocats de France), SALAM (Calais), SALAM (Dunkerque), Secours catholique, Syndicat de la magistrature (SM), Terre d'errance (Norrent- Fontes), Terre d'Errance (Steenvoorde), Toits du Monde (Orléans)



Où l'on parle de : Charter pour Kaboul






Martine au travail

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Martine au travail



boite de PandoreAu lendemain du vote des militants socialistes sur la question de la rénovation de leur parti, quelques enseignements peuvent être tirer.

Au PS au moins, on vote : Le grand mérite du Parti Socialiste est d'avoir depuis longtemps choisi de tenter l'aventure démocratique. Et avant toute analyse d'un scrutin socialiste, et même de sa sincérité, il est utile de rappeler qu'à droite comme au centre (c'est-à-dire à droite), on ne se risque jamais à organiser le débat démocratique, encore à moins à faire voter les militants - tout au plus leur demande-t-on, à l'occasion, de plébisciter le chef. A droite, et particulièrement à l'UMP, quand il y a vote, le résultat est nécessairement soviétique.

Au Parti Socialiste, les congrès sont de vrais congrès, où les débats sont de vrais débats - avec leurs lots de discussions, contradictions, fâcheries, gueulantes et coups donnés sous la ceinture. Au Parti Socialiste, les militants débattent donc, et puis tranchent leurs différences par le vote - avec ce qu'il y faut de tricheries et de contestations, aussi incontournables que marginales. Toujours trop, évidemment, mais répétons-le, au PS au moins, on vote !

La démocratie est un long chemin sur lequel il est toujours risqué de s'engager. A droite, on ne s'y engage pas - et notons-le en passant, pas d'avantage chez les donneurs de leçons de gauche du NPA. Au PS, on est sur le chemin, depuis longtemps, même si la route paraît encore bien longue ici ou là où les pratiques douteuses ont la vie dure. Au moins, partout, on avance et les mauvais élèves de la démocratie socialiste font de plus en plus figure d'exception.

Je sais de quoi je parle, je suis adhérent dans une section qui fut longtemps baronnisée, où tous les pouvoirs étaient détenus par un seul, où par exemple des cohortes de militants fantômes, dont les cotisations étaient payés par la trésorerie de la section, n'avaient d'existence militante que lors des scrutins internes, où ils apparaissaient comme par magie pour voter comme un seul homme afin de permettre la reconduction du chef et entériner sa parole. Le chef choisissait qui pouvait adhérer, le chef choisissait ses sous-chefs, le chef était le candidat aux municipales et aux législatives, bref le chef était la section, laquelle comptait alors moins d'une centaine de miltants presque tous aux ordres - et pour exister, la petite minorité en résistance était contrainte, car ainsi va la politique, d'user des mêmes sales méthodes...

Aujourd'hui, cette section compte plusieurs centaines de militants de toutes les sensibilités, qui travaillent, qui débattent, qui font campagne ensemble, et avant cela qui élisent leurs instances dirigeantes, qui choisissent les candidats aux scrutins municipaux, régionaux et nationaux, qui font vivre la démocratie interne. Tenez, même les partisans de Ségolène Royal s'y sentent bien, c'est vous dire.


Une forte participation : 200 000 militants socialistes étaient appelés à lancer le processus de rénovation en ce prononçant sur un questionnaire détaillé, abordant entre autres questions celle des primaires, celle du cumul des mandats, celle de la parité, celle de la représentation, celle de la sincérité des scrutins internes. Près de 100 000 d'entre eux se sont déplacés.

C'est une participation beaucoup plus forte qu'attendue, largement inespérée compte tenu du peu d'enjeu de ce scrutin, au sens où de toute évidence le OUI l'emporterait sur chacune des onze questions. Compte tenu également des petits calculs très polititiens de certains soutiens de Ségolène Royal qui estimaient qu'il ne fallait pas voter afin de ne pas donner l'avantage à Martine Aubry.

On notera en passant que pour ces derniers la rénovation du Parti Socialiste qu'ils réclamaient avec force piailleries depuis des mois, tout en prétendant être les seuls à réellement la vouloir, n'était en réalité importante que pour peu que cela n'entrave pas le destin présidentiel de leur égérie. Cela permet de grandement relativiser la volonté de rénovation de ces quelques-uns.


La rénovation plébiscitée : Cela faisait quinze ans qu'on en parlait. En 1993 déjà, après une cinglante défaite aux élections législatives, le Parti Socialiste bruissait des mêmes slogans : ouvrir portes et fenêtres, accueillir mieux les sympathisants, en finir avec le cumul, instaurer la parité, renforcer la démocratie interne... Ce sont désormais un peu plus que des slogans : les militants se sont massivement prononcés en faveur de la rénovation et, le point est essentiel, ont mandaté leurs instances dirigeantes pour la mettre en oeuvre.

Il fallait en passer par là. C'est fait. Enfin !

Ici je souligne, à destination de ceux qui répétaient que la volonté de rénovation avait perdu lors du congrès de Reims, que visiblement cette volonté était peut-être un peu plus partagée que cela.


Mais ce n'était qu'un préalable : Rénover n'est pas une fin en soi. Il ne s'agissait que de mettre en place des règles internes modernisées de telle manière que le Parti Socialiste devienne un parti de masse, capable d'entendre la société, d'échanger avec elle, et d'apporter les réponses de gauche qu'elle attend.

La rénovation n'était que le moyen du projet.


Martine Aubry, une méthode : Faire de la politique c'est d'abord consulter, réfléchir et travailler. Ensuite c'est proposer et convaincre. A la fin le peuple tranche. La politique ce n'est pas glamour, ça demande du temps et de la besogne. Il ne suffisait pas de sautiller tel un cabri en réclamant "Rénovation. Rénovation", pas plus qu'il n'est utile de continuer sans fin à piailler "Le projet. Le projet". Un travail politique sérieux, c'est d'abord un travail politique serein. Cela réclame de s'accorder le temps de la maturation, laquelle maturation ne saurait avoir lieu sous l'éclat pressant des projecteurs.

On avait pu craindre que le Parti Socialiste sombre et se perde dans la superficialité du temps médiatique. Le danger avait guetté les socialistes de céder devant la dictature des paillettes, quand il ne s'agit plus que d'attirer sur soi le tout puissant oeil médiatique, quand le temps politique cherchant à coller au temps médiatique la parole se met irrésistiblement à n'avoir d'autre motif qu'elle-même : aucune pensée ne la précède, aucun acte ne lui succède et la communication tient lieu d'action. Politique au coup par coup, politique de l'intuition et de l'improvisation, rien qui ressemblera jamais à une politique de gauche.

Or on ne saurait prétendre rompre avec le fond politique que Sarkozy fait subir aux français, si l'on commence par lui cèder sur la forme. Aussi faut-il aujourd'hui créditer Martine Aubry de ce qui est une très grande qualité : savoir résister à l'impératif médiatique afin de donner du temps au temps.

La route est encore longue, mais au moins y a-t-il encore une route. Avec une année de recul, c'est cela essentiellement qui s'est joué lors du dernier congrès des socialistes: l'espoir.



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Attentat Karachi : les familles des victimes insistent

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Attentat Karachi : les familles des victimes insistent



karachigateAu début de l'été, le collectif de familles de victimes décédées dans l'attentat de Karachi avait mis en ligne une pétition au titre aussi cinglant qu'évocateur : "Non au mépris du chef de l'Etat à l'égard des familles de victimes de l'attentat de Karachi !" - que je vous invite de nouveau à aller signer.

Aujourd'hui, les familles de victimes de l'attentat de Karachi désespèrent de Nicolas Sarkozy et lui adressent une lettre afin de le rappeler à la fois à ses engagements et à son devoir de président de la République.

Monsieur le Président de la République,

Depuis le début de votre mandat, vous êtes, à maintes reprises, intervenu dans divers dossiers touchant à la liberté comme la libération des infirmières bulgares ou celle d'une désormais célèbre otage des farc, la prise en charge des victimes de crashs d'avions, ou encore l'avenir socio-professionnel de nos compatriotes comme en ce moment avec l'affaire Molex pour laquelle l'Etat s'immisce dans la reprise d'une entreprise privée.

Ce type d'intervention est bien sûr indiscutable et le but de ce texte n'est absolument pas de les contester, mais lorsqu'il s'agit des familles de victimes de l'attentat de Karachi, morts en mission pour une entreprise à l'époque détenue à 100% par l'Etat et aujourd'hui société privée à capitaux publics pour près de 75% de son capital, le discours n'est plus le même et le soutien inexistant.

Nous nous permettons de vous rappeler que notre courrier daté du 8 mai 2009, peu de temps avant votre entretien avec Azif Ali Zardari, est aujourd'hui resté lettre morte... Vous prônez le besoin de sécurité, d'égalité et de justice, dans votre discours de politique étrangère. Vous avez d'ailleurs déclaré le 27 août 2007 : « [...] Je suis enfin de ceux qui pensent que la France demeure porteuse d'un message et de valeurs qui résonnent à travers le monde, ceux de la déclaration des droits de l'Homme et du citoyen, de l'humanisme [...] »

Monsieur le Président de la République, si ce discours était sincère, si vous ne souhaitez pas que les jolis messages humanistes français ne soient décrédibilisés par l'indifférence à l'égard de familles de victimes aux revendications légitimes, si les propos que vous avez tenus lors de votre discours à Bruxelles en juin dernier (*) n'étaient qu'une piètre erreur de communication, si vos promesses de justice et de respect des victimes ne sont pas que des promesses électorales, alors vous n'avez d'autre choix que de recevoir notre Collectif, afin de nous assurer de votre soutien indéfectible dans cette affaire.

Nous ne sommes pas des « trucs », nous sommes citoyens français et, à ce titre, l'Etat nous doit la vérité et le respect. Il y a peu, l'une d'entre nous a pensé « Apparemment, Monsieur Sarkozy préfère serrer la main de Kadhafi plutôt que celle d'une veuve de Karachi » … prouvez lui qu'elle se trompe...

Collectif des familles de victimes de l'attentat de Karachi


(*) pour mémoire: « Enfin, si y a un braquage à Bruxelles aujourd'hui, j'y étais… (rires dans le public) c'est incontestable. » Nicolas Sarkozy se met alors à rire avant de reprendre : « Non pardon, hein, je ris pas du tout parce que Karachi c'est la douleur de familles et de trucs comme ça… mais… qu'est-ce que vous voulez que j'aille répondre là-dessus. »



On lit dans ce courrier toute la détresse et toute la colère de familles de victimes qui ne souhaitent qu'obtenir la vérité sur ce qui a conduit à la mort de leurs proches ; et avant cela même, obtenir un minimum de considération et de respect de la part d'un président de la République, qui semble décidément bien incapable de cela, ce minimum requis de décence sinon de grandeur d'âme.



Petit rappel :

Il s'agit de la France en marchand d'armes, sous le gouvernement Balladur. De commissions versées à des intermédiaires pakistanais, c'est-à-dire en clair des pots-de-vin, alors que Nicolas Sarkozy était Ministre du Budget. Il s'agit de rétro-commissions, c'est-à-dire de rétro-pots-de-vin, alors que Edouard Balladur s'apprêtait à concourir aux élections présidentielles et que Nicolas Sarkozy endossait l'habit de directeur de campagne. Il s'agit de Jacques Chirac, trahi par Edouard Balladur et Nicolas Sarkozy mais devenu président, qui rompt la parole de la France et suspend le versement des commissions promises afin d'empêcher le versement des rétro-commissions. Il s'agit des représailles pakistanaises et de l'attentat de Karachi qui fit quatorze morts, des civils français (11) et pakistanais (3) dont les familles réclament aujourd'hui la vérité. Il s'agit de l'Etat français qui organisa une fausse-piste Al-Qaïda, aujourd'hui écartée par la justice. Et il s'agit du décidément tout petit président des français qui ne trouve rien d'autre à dire que juger tout ceci « ridicule » et « grotesque », au mépris même de ce qu'il appelle « la douleur des familles et des choses comme ça »...

Il s'agit également et encore une fois du silence quasi généralisé de médias complaisants. Et puis donc de nous, simples citoyens, qui ne pesons guère, qui ne pouvons espérer que peser nombreux pour peser un peu, qui avons la possibilité tout de même de relayer le cri de ces familles de victimes, détresse et colère, jusqu'au petit président que nous avons élu. Il s'agit de nous et de la possibilité que nous avons de répondre à l'appel à l'aide que nous ont adressé ces familles de victimes, victimes elles-mêmes, leur appel à signer une pétition.



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Pétition pour la démission de Brice Hortefeux

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Pétition pour la démission de Brice Hortefeux



A l'attention de Mr Nicolas Sarkozy, Président de la République


Les propos publics tenus par Mr Brice Hortefeux, Ministre de l'Intérieur et Ministre des Cultes, au cours d'une conversation qui s'est déroulée le samedi 5 septembre lors de l'université d'été de l'UMP, à Seignosse dans les Landes, et dont le verbatim est retranscrit ci-dessous en annexe, apparaissent comme indubitablement et insupportablement racistes, donc parfaitement contraires aux valeurs et à la tradition humaniste de la République Française.

Respecter la France, c'est-à-dire l'ensemble des citoyens qui la compose, rend inacceptable toute attitude qui indiquerait la moindre tolérance à l'égard de tels propos. Nier leur réalité, tenter de les affubler d'un sens qu'ils n'ont à l'évidence pas, essayer de les minimiser, parler de manipulation et attendre que l'orage passe ou user de tout artifice visant à maintenir un homme dans des fonctions aussi essentielles que celles qu'il occupe dans le gouvernement français, que ce soit par amitié ou intérêt politique, reviendrait à mettre sciemment en péril une cohésion nationale déjà bien fragile.

Ce serait là instiller le sentiment qu'il serait possible en France qu'un des plus hauts responsables de l'Etat puisse sans encourir de sanction distinguer parmi tous les français selon leurs origines ethniques et porter un jugement négatif sur une partie d'entre eux, préjugé qui de facto justifie toutes les discriminations et toutes les exclusions dont souffrent déjà de trop ce pays.

Ce serait également prendre la très grave responsabilité d'un engrenage où les violences répondent aux haines. L'histoire nous enseigne qu'on a toujours grand tort de se montrer en la matière conciliant.

Vous êtes, Monsieur le Président de la République, le garant à la fois des principes républicains et de la cohésion nationale. Il faut aimer la France, dites-vous souvent. Nous croyons qu'aimer la France, c'est d'abord lui rendre honneur et dignité, c'est ne pas lui faire l'affront de tolérer le comportement indigne et déshonorant de la part d'un de ses Ministres.

Aussi nous vous réclamons l'application d'une tolérance zéro vis à vis de toute expression empreinte de racisme, qu'il soit d'ailleurs conscient ou non, et en conséquence la démission de Mr Brice Hortefeux de ses fonctions de Ministre de l'Intérieur et Ministre des Cultes.



Signer la pétition



ANNEXE - retranscription des propos de Mr Brice Hortefeux dans leur contexte, réalisé par Le Monde :

Jean-François Copé : "N'oubliez jamais un truc, il est auvergnat."
Brice Hortefeux : "Je suis auvergnat."
Jean-François Copé : "Il est auvergnat, c'est un drame, c'est un drame."
Brice Hortefeux : "... enfin bon, je vais faire une exception."
Jeune militant (Amine) : "Mais je me mets entre les deux."
Brice Hortefeux : "Voilà, entre les deux."
Jean-François Copé : "Oui... il n'y a aucun problème."
Un participant : "Ah ça, Amine, c'est l'intégration, ça, c'est l'intégration."
Des participants : "Amine, Amine..."
Un participant : "Ah ça, Amine, c'est l'intégration, ça, c'est l'intégration."
Une participante : "Amine, franchement..."
Brice Hortefeux : "Il est beaucoup plus grand que nous en plus" [à propos du jeune homme]
Un autre participant : "Lui, il parle arabe".
[Rires de l'assemblée]
Jean-François Copé : "Ne vous laissez pas impressionner, ce sont des socialistes infiltrés"
Une participante : "Il est catholique, il mange du cochon et il boit de la bière."
Brice Hortefeux : "Ah mais ça ne va pas du tout, alors, il ne correspond pas du tout au prototype, alors. C'est pas du tout ça."
[Rires de l'assemblée]
Une participante : "C'est notre petit Arabe."
Brice Hortefeux : "Bon, tant mieux. Il en faut toujours un. Quand il y en a un, ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes. Allez, bon courage…"





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Brice Hortefeux dérape dans le racisme

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DEMISSION !!!



François Coppé et Brice Hortefeux devisent au milieu d'un groupe de militants UMP à propos de l'un d'entre eux qui semble avoir certaines origines du côté du Maghreb, c'est du moins ce que l'on croit devoir comprendre. Et puis d'un rire gras à un autre, le tout vire au poisseux dans la bouche du ministre de l'Intérieur, anciennement ministre de l'Immigration et de l'Identité Nationale :

« Il ne correspond pas du tout au prototype. C'est pas du tout ça. »

« Il en faut toujours un. Quand il y en a un, ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes. »

Si nous sommes un tant soit peu encore dans une République qui a le respect d'elle-même et de ses valeurs, cet inqualifiable dérapage verbal dans un racisme aussi ordinaire qu'insupportable de la part d'un des premiers personnages de l'Etat ne saurait être sanctionné autrement que par une pure et simple démission.





-click - Pétition pour la démission de Brice Hortefeux -click -



EDIT :

Les sceptiques et les mal-entendants pourront se référer au verbatim des propos échangés dans cette vidéo afin de vérifier qu'il n'y a aucun doute sur la nature xénophobe des propos tenus par Brice Hortefeux, en dépit des minables dénégations de ce dernier :

Un participant : "Ah ça, Amin, c'est l'intégration."

Brice Hortefeux : "Il est beaucoup plus grand que nous en plus" [à propos du jeune homme]

Un autre participant : "Lui, il parle arabe".

[ Rires de l'assemblée ]

Jean-François Copé : "Ne vous laissez pas impressionner, ce sont des socialistes infiltrés"

Une participante : "Il est catholique, il mange du cochon et il boit de la bière";

Brice Hortefeux : "Il ne correspond pas du tout au prototype"

[ Rires de l'assemblée dont Jean-François Copé ]

Une participante : "C'est notre petit arabe à nous"
[oui oui ! c'est à 42" sur la vidéo - tendez bien l'oreille, la petite dame en rouge avec des lunettes, sur la droite de l'écran face à Hortefeux]

Brice Hortefeux : "Il en faut toujours un. Quand il y en a un ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes. Allez, bon courage…"



Et aux mal-comprenants qui feinderaient de douter encore, Rue 89 rappelle que ce n'est pas la première fois que Brice Hortefeux franchit la ligne jaune de l'humour raciste :

Le 15 janvier 2009, devant des journalistes, Brice Hortefeux dit à propos de la chargée de la Politique de la Ville, Fadela Amara : « C'est une compatriote, même si ce n'est pas forcément évident, je le précise. »

Le 25 novembre 2007, quand on demande à BriceHortefeux sur le plateau de Capital, s'il y aura « toujours des sans-papiers sur le territoire français », le ministre de l'Immigration répond : « Ben si vous rêvez d'une société idéale dans laquelle il n'y aurait que des citoyens honnêtes, propres […], la vérité c'est que c'est un combat permanent. »

etc...



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Pas de vacances pour la chasse à l'enfant

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Pas de vacances pour la chasse à l'enfant



chasse à l'enfantD'abord, je suis tombé sur un article de la Provence, dans lequel, effaré, j'ai lu ceci : « Véa, 5 ans, au centre de rétention du Canet de Marseille depuis deux semaines : "Ses parents, des Philippins, étaient employés de maison à Cannes chez un particulier. Ils vivent en France depuis 9 ans, s'y sont mariés, Véa est née en France et est scolarisée. Elle est au centre avec sa mère, ne comprend pas pourquoi elle ne peut plus voir son père, isolé dans le quartier des hommes, et ne sait pas non plus ce qu'elle fait dans cette 'maison de la police'". »

Véa, 5 ans, au centre de rétention du Canet de Marseille depuis deux semaines !!!


Et aussitôt après, cette alerte RESF :


« Il y a quelques jours, le Président de la République de la Chasse à l’Enfant faisait expulser vers l’Albanie une fillette de 8 ans, Z et son père. La mère de l’enfant, totalement traumatisée par ce qu’on lui avait fait endurer était admise en psychiatrie à l’hôpital de Metz (au vu de son état, le commandant de bord a refusé de l’embarquer). Un bel exploit des services de Monsieur Besson dont, à n’en pas douter, le président a dû le féliciter. Personne ne peut croire que tous les policiers de France sont fiers du travail de leurs collègues.

« Flatté sans doute, Besson prévoit d’en rajouter dans l’horreur. Il envisage cette fois d’expulser la mère et l’enfant tandis que le père resterait en France.

« M. et Mme SANTOS vivent et travaillent à Cannes. Ils sont arrivés des Philippines il y a bientôt 10 ans. Leur petite fille, Véa (5 ans) née en France, est scolarisée. Quoi de plus banal ? Mais ils sont « Sans-Papiers »…

« Le 28 juillet 2009, leur vie bascule dans le cauchemar. A 7h du matin, ils sont arrêtés par la police à domicile sur ordre du préfet des Alpes Maritimes (qui s'était déjà illustré en 2006 en expulsant la famille Raba), puis placés en garde à vue et transférés au centre de rétention de Marseille.

« Seule difficulté du point de vue des chasseurs d’enfants : M. Santos n’a pas de passeport et ne peut pas être expulsé sans laissez-passer délivré par le consulat des Philippines. Or, toute la famille doit être présentée au Juge de Libertés vendredi, avec le « risque » que le JLD fasse libérer tout le monde. Pour MM. Besson et Sarkozy, c’est un risque qu’on ne peut pas courir, d'autant que la famille Paladar (dont un enfant de 3 ans) arrêtée à Nice deux jours après et dans les mêmes conditions que la famille Santos a elle été libérée sur décision de justice) ! Ils ont donc décidé de précipiter l’expulsion de Véa et de sa mère tandis que M. Santos sera présenté au juge et peut-être libéré au moment où sa femme et sa fille seront mises dans l’avion pour les Philippines.

« Il est hors de question que les choses se passent ainsi. L’expulsion est prévue pour vendredi. Il faut que d’ici là, la voix de la population se fasse entendre. On a 48 heures pour empêcher l’irréparable. Il fait se faire entendre, par tous les relais possibles. 48 heures pour sauver Vea, et ses parents , pour activer tous les réseaux , 48 heures pour faire intervenir où qu'ils se trouvent personnalités et élus de tous partis.

« Auprès du préfet et du ministre Besson pour le principe. Mais, à l’évidence, ils comptent pour du beurre et les véritables décisions se prennent à l’Elysée. C’est donc surtout là qu’il faut intervenir, poliment, bien sûr, sans diffamation, mais fermement. »


laissez-les grandir ici


Ci-après figurent les coordonnées de toutes les autorités auprès desquelles la force de notre indignation sera seule à même d'empêcher cette horreur et cette indignité. Téléphonez, écrivez, envoyez des courriels (et donc plus particulièrement en direction de l'Elysée où sont les vrais décideurs)... et diffusez autour de vous cette alerte.



Préfecture Alpes-Maritimes (il faut saluer spécialement le préfet Lamy qui il y a quelques années avait expulsé la famille Raba, revenue quelques mois plus tard, le ridiculisant, lui et ses mâitres) :
daci@alpes-maritimes
pftcabinet@alpes-maritimes.gouv.fr
florus.nestar@alpes-maritimes.pref.gouv.fr
francis.lamy@alpes-maritimes.pref.gouv.fr


Préfet des Bouches-du-Rhône :
Tel : 04 91 15 60 00
Fax : 04 91 15 62 10
cabinet@bouches-du-rhone.pref.gouv.fr

Ministère Besson
Fax ministère : 01 77 72 61 30 et 01 77 72 62 00
Standard 01 77 72 61 00
Ministre : eric.besson@iminidco.gouv.fr
Secrétaire général : secretariat.general@iminidco.gouv.fr
Directeur de cabinet : christian.decharriere@iminidco.gouv.fr
Directeur adjoint du Cabinet : frank.supplisson@iminidco.gouv.fr

Elysée
01 42 92 81 00 fax : 01 47 42 24 65
http://www.elysee.fr/ecrire/index.html
Claude GUEANT : claude.gueant@elysee.fr
Franck LOUVRIER : franck.louvrier@elysee.fr
Maxime Tandonnet (conseiller immigration) : maxime.tandonnet@elysee.fr



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Les bonus : que disait Sarkozy ?

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Les bonus : que disait Sarkozy ?



Ainsi, BNP-Paribas, qui bénéficiait il y a quelques mois d'une aide de l'Etat pour un montant total de 5,1 milliards d'euros, a aujourd'hui provisionné 1 milliards d'euros visant à couvrir les futurs bonus à distribuer en fin d'année à ses traders. Et les autres banques suivront.

« Je n'hésite d'ailleurs à dire que les modes de rémunération des dirigeants et des opérateurs doivent être encadrés. Il y a eu trop d'abus, il y a eu trop de scandales. Alors ou bien les professionnels se mettent d'accord sur des pratiques acceptables ou bien le gouvernement de la République réglera le problème par la loi avant la fin de l'année », tonnait Nicolas Sarkozy lors de son discours de Toulon, le 25 septembre 2008. « La seule loi du marché, c'est fini ; l'autorégulation, c'est fini ; les rémunérations excessives, c'est fini », insistait-il la main sur le coeur.

Au printemps dernier encore, le premier ministre François Fillon avait assuré que le gouvernement ne resterait pas inactif face à certaines pratiques bancaires. Après la rémunération des dirigeants d'entreprises aidées, un décret devait être pris « visant à interdire toute distribution de stock options, tous les bonus dans les entreprises aidées ». Un projet qui a été très vite oublié.

Oui, mais c'était il y a longtemps ?

Ecoutez donc ce que disait Nicolas Sarkozy, il y a seulement quelques jours, lors du sommet franco-britannique du 6 juillet, et mesurez combien cet homme se fout de notre gueule !





Ah oui, 1 millard d'euros, cela correspond à un bonus de 59 000 euros en moyenne pour chaque trader salarié par BNP-Paribas…



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Attentat de Karachi : la pétition

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Attentat de Karachi : pétition en soutien des familles de victimes



attentat de KarachiLe collectif de familles de victimes décédées dans l'attentat de Karachi a mis en ligne une pétition au titre aussi cinglant qu'évocateur : "Non au mépris du chef de l'Etat à l'égard des familles de victimes de l'attentat de Karachi !".

Je vous invite à aller la signer.

En voici le texte :



NON AU MEPRIS DU CHEF DE L’ETAT A L’EGARD DES FAMILLES DES VICTIMES DE L’ATTENTAT DE KARACHI !

En Avril 2008, l’ensemble des familles de victimes de l’attentat du 8 Mai 2002 à Karachi était reçu, par Le Président Nicolas SARKOZY alors qu’une instruction était en cours au Tribunal de Grande Instance de Paris depuis plusieurs années.

Il s’était alors engagé à nous informer des avancées de l’enquête et à nous recevoir chaque année pour nous assurer de la volonté de l’Etat français que toute la vérité et la lumière soient faites sur cet acte criminel odieux.

A la suite des révélations parues dans plusieurs grands quotidiens nationaux courant décembre 2008, nous avons souhaité être à nouveau reçu par le Président de la République à l’Elysée comme il s’y était engagé.

Le 20 Janvier 2009, Le Chef de l’Etat nous fit savoir de manière stupéfiante, par l’un de ses plus proches conseillers, qu’il ne pouvait faire droit à cette demande puisqu’« en application du principe constitutionnel de séparation des pouvoirs, le chef de l’Etat ne peut intervenir dans le cours d’une procédure judiciaire ».

C’est à se demander si ces mêmes principes n’étaient pas présents à l’esprit du Chef de l’Etat lorsqu’il nous avait reçus en Avril 2008.

Face à notre incompréhension, nous avons réitéré notre demande d’être reçu par le Chef de l’Etat le 8 mai 2009, cette requête est restée sans réponse à ce jour et pour cause….

En effet, le 18 Juin 2009, lors de notre rencontre à Cherbourg avec les Juges d’Instruction en charge de l’information, ceux-ci nous informaient notamment du fait que le mobile de l’attentat pouvait être lié à l’arrêt du versement de commissions du fait de l’existence de rétrocommissions illicites en relation avec la vente de sous-marins au Pakistan. Cette décision de ne plus honorer la parole de la France ayant été prise sous la Présidence de Monsieur Jacques Chirac.

Le lendemain, soit le 19 Juin 2009, Le Président Nicolas Sarkozy déclarait en réponse à une question d’un journaliste de l’AFP : « C’est ridicule […] C’est grotesque […] Qui peut croire à une fable pareille ? ».

Nous demandons instamment au Chef de l’Etat de tenir ses engagements à notre égard et de nous recevoir afin qu’il réitère la volonté solennelle de l’Etat français que rien ne viendra s’opposer à la recherche de la vérité et que le crime de nos proches ne restera pas impuni.

Soutenez nous en signant la pétition.



Où l'on parle de : Attentat de Karachi






De l'attentat de Karachi à Nicolas Sarkozy

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Affaire d'Etat : de l'attentat de Karachi à Nicolas Sarkozy



journalisme libreNous sommes en l'an 2 après Sarkozy ; toute la France est désertée par ses journalistes... Toute ? Non ! Car une toile peuplée d'irréductibles plumes de presse résiste encore et toujours à la compromission. Et la vie n'est pas facile pour les garnisons propagandistes des camps retranchés de TF1, du Figaro, d'Europe 1 et de France Télévision...

Pourquoi cette introduction ? Parce que le journalisme est un métier et parce que le simple bloggeur que je suis n'est pas équipé pour rendre compte avec tout le sérieux et tout le recul professionnel nécessaires d'un sujet aussi grave que cette affaire de l'attentat de Karachi et de ses derniers développements qui la font ressembler de plus en plus à une affaire d'Etat, à côté duquel le watergate américain pourrait passer pour du menu fretin.

Il s'agit de la France en marchand d'armes, sous le gouvernement Balladur. De commissions versées à des intermédiaires pakistanais, c'est-à-dire en clair des pots-de-vin, alors que Nicolas Sarkozy était Ministre du Budget. Il s'agit de rétro-commissions, c'est-à-dire de rétro-pots-de-vin, alors que Eouard Balladur s'apprêtait à concourir aux élections présidentielles et que Nicolas Sarkozy endossait l'habit de directeur de campagne. Il s'agit de Jacques Chirac, trahi par Edouard Balladur et Nicolas Sarkozy mais devenu président, qui rompt la parole de la France et suspend le versement des commissions promises afin d'empêcher le versement des rétro-commissions. Il s'agit des représailles pakistanaises et de l'attentat de Karachi qui fit quatorze morts, des civils français (11) et pakistanais (3) dont les familles réclament aujourd'hui la vérité. Il s'agit de l'Etat français qui organisa une fausse-piste Al-Qaïda, aujourd'hui écartée par la justice. Et il s'agit du décidément tout petit président des français qui ne trouve rien d'autre à dire que juger tout ceci « ridicule » et « grotesque », au mépris même de ce qu'il appelle « la douleur des familles et des choses comme ça »...

Il s'agit aussi de ces journalistes qui se contentent de ricanements complaisants quand Nicolas Sarkozy tente de tourner en ridicule le journaliste de l'AFP qui s'est permis de l'interroger à ce sujet - qu'il en soit donc remercié. Il s'agit de l'ensemble des médias nationaux traditionnels qui se contente du strict minimum d'analyse et de commentaires autour de cette affaire gravissime, où les plus hautes personnalités de l'état sont en cause. Il s'agit du fait que c'est un journal en ligne, Mediapart en l'occurrence, qui seul a fait le nécessaire travail d'enquête et d'information... et porte donc seul la dignité d'un métier.

Il s'agit enfin d'Olivier Bonnet, journaliste bloggeur, qui a pondu sur ce sujet un article dont la qualité me conduit à me contenter de vous inviter à vous en aller le lire :

Le Pakistan a-t-il fomenté l’attentat de Karachi en 2002, en représailles à l’arrêt du versement par Jacques Chirac des commissions occultes auquel Édouard Balladur, alors Premier ministre, s’était engagé ? Cet accord secret obligeait-il aussi au règlement de rétro-commissions qui ont servi à financer la campagne présidentielle du candidat Balladur en 1995 ? Son ministre du Budget de l’époque, Nicolas Sarkozy, pouvait-il ne pas être au courant ? Bonne nouvelle : les juges et les journalistes font leur travail. Mais mauvaise nouvelle : la nouvelle loi de programmation militaire, permettant de criminaliser la contestation des "intérêts économiques stratégiques" de la France, englobés dans la "sécurité nationale", et l’extension du secret-défense à de nombreux nouveaux domaines, rendra impossible toute investigation future dans des affaires de ce genre. Surtout si l’on ajoute la suppression du juge d’instruction planifiée par le Pouvoir. L’ensemble assurera l’impunité à nos gouvernants et à leurs partenaires économiques privés, définitivement à l’abri de la justice et de tout contrôle citoyen. Synthèse et mise en perspective de l’installation institutionnelle d’une République bananière.

Première partie : Attentat de Karachi, contrat Agosta, rapport Nautilus : Comment d’éminents dignitaires pakistanais ont perpétré l’attentat pour faire pression et se venger de Jacques Chirac, coupable d’avoir mis un terme à un mécanisme de corruption dont le grand bénéficiaire français était l’ancien Premier ministre Édouard Balladur. Vous avez dit affaire d’État ?

Deuxième partie : De Balladur à Sarkozy [...] Par conséquent, Sarkozy savait forcément que le financement de la campagne présidentielle dont il était le directeur provenait d’une caisse noire transitant par la société créée sous ses auspices de ministre du Budget.

Troisième partie : Vers l’inéluctable étouffement ? [...] Déjà, une dépêche d’hier de l’agence Reuters donne le ton des évolutions futures du dossier : « Le parquet de Paris a assuré lundi qu’il n’existait aucun élément objectif accréditant la piste militaire pakistanaise dans l’enquête sur l’attentat de mai 2002. (...) Le parquet va aussi plutôt dans le sens de Nicolas Sarkozy, qui avait qualifié vendredi l’hypothèse de "fable" ». Rendormez-vous, braves gens, le couvercle ferme bien hermétiquement la cocotte-minute des affaires d’État...


Un autre journaliste bloggeur nous raconte en dix points ce que l'on sait de l'affaire de Karachi. Oui, le journalisme est un beau métier, lorsque les patrons de presse ne sont pas soumis au pouvoir.



Et pour en savoir plus
Tout ce qu’en dit la blogosphère


KARACHI
- cliquez sur la perle… and “play” -



Où l'on parle de : De l'attentat de Karachi à Nicolas Sarkozy






Les vrais gens et les petits notables

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Réinventons le socialisme



Nouveau Parti SocialisteDans un courrier adressé à l'ensemble des militants socialistes, Martine Aubry écrit en particulier ceci :



« Chacun le sait, nous devrons répondre aux enjeux qui sont devant nous : l'explosion de la précarité et des injustices de toutes sortes entre individus et entre territoires, l'économie affaiblie par la concurrence mondialisée et la finance, l'école et l'ascenseur social en panne, les chocs écologiques, les déséquilibres du monde... C'est le modèle de société dans son entier qui doit être refondé.

« Nous devons d'abord nous poser la question essentielle de la société du bien-être. Faut-il continuer à accumuler des biens, lesquels, et pour quelle utilité ? Comment construire un système innovant, assurant l'emploi, préparant l'avenir et à même de distribuer justement les richesses ? Avec quelles conditions de travail et de respect de la planète et de ses ressources ? Quels services créer pour que la qualité de vie de chacun soit réelle ? Comment mieux vivre, échanger et travailler dans la société numérique ? Voilà des questions majeures qui s'inscrivent dans notre travail sur le nouveau modèle de développement économique, social et durable que nous préparons, et qui fera l'objet de notre première grande convention début 2010. »



Je veux comprendre que la Parti Socialiste est disposé à prendre le virage de la Sociale Ecologie.

Ce serait de bon augure...

Enfin !

Pendant ce temps, là d'autres socialistes en sont encore à rédiger et faire signer des pétitions, parce qu'ils ne sont pas d'accord avec les décisions prises par la direction actuelle du Parti Socialiste. La dernière en date propose de réinventer le PS. Outre qu'il est impossible de trouver quels sont les instigateurs de la chose - ce qui en dit assez long sur l'existence d'objectifs non avoués -, le texte proposé à la signature ne suggère en réalité qu'une et une seule chose : « faire de l’élection de notre leader, puis de celle de notre candidat à l’élection présidentielle, l’acte 1 de nos cycles politiques. »

D'abord se choisir un chef, celui qui sera le candidat ? Il est certain que c'est précisément cela que les français attendent des socialistes. Non ?... C'est pourtant et apparemment ce que certains ont crû comprendre. A moins qu'il ne s'agisse encore et toujours de se préoccuper surtout de comment choisir le candidat de sorte que le candidat soit mon favori pour la candidature, et donc soit... une candidate.

J'ai la faiblesse d'être convaincu pour ma part que les français attendent des socialistes qu'ils puissent d'abord leur proposer une politique alternative, nouvelle et ambitieuse, conforme aux valeurs de la gauche. Et je prétends qu'il est plus urgent de réinventer le socialisme que le Parti Socialiste - surtout s'il ne s'agit que de le caporaliser...

D'ailleurs Martine Aubry propose une méthode :



« C’est tout l’enjeu du travail que nous avons entrepris, que nous devons approfondir avec les intellectuels, les acteurs de la société mais aussi avec les Français. Je veux leur donner la parole à chaque étape. C’est ma conviction mais aussi la vôtre, je le sais : on n’élabore plus un projet en circuit fermé.

« Nous voulons une démarche innovante, énergique et féconde, hors les murs de Solférino. Pour discuter de l’ensemble de ces questions, mais aussi pour entendre les Français et débattre avec eux, nous organiserons dans chacune de nos fédérations des rencontres associant, au-delà des militants de notre parti et de nos élus, l’ensemble des forces de la transformation : les associations, les syndicats, les intellectuels, les citoyens engagés. Des camarades de la direction et moi-même serons à vos côtés dans un tour de France que nous entreprendrons à l’automne. »



Au boulot ! disions-nous au lendemain du Congrès de Reims. Au boulot ! avons-nous répété au lendemain des élections européennes. Aux militants socialistes, aux sympathisants de gauche, à chacun de se saisir de cette parole qu'on dit vouloir donner aux citoyens.

Il ne s'agit pas d'accorder une confiance aveugle à la direction du Parti Socialiste, il s'agit de reconnaître qu'elle est en place et de faire avec et au mieux. Il ne s'agit plus de dire qu'il faudrait ou aurait fallu faire autrement, il ne s'agit plus maintenant que de faire.

Bâtir ensemble un projet pour une société du bien-être via un nouveau modèle de développement économique, social et durable, voilà une ambition que nous partageons et qui devrait nous enthousiasmer. Non ? Faut d'abord se choisir un candidat ? Une candidate ? Vôtre candidate ? Ha bon...



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De l'attentat de Karachi à Nicolas Sarkozy

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Les vrais gens et les petits notables



Fernand LégerNicolas est fâché. Les parlementaires socialistes n'ont pas répondu favorablement à son appel au boycott du Congrès de Versailles. 115 sénateurs et 204 députés se sont concertés, ont discuté, débattu et pris la décision, à la quasi unanimité - 2 votes contre et 2 abstentions -, d'être présents à Versailles le 22 juin « parce que nous respectons l'institution », mais de ne pas participer au débat « en signe de protestation ».

Nicolas est donc très fâché et explique que leur décision c'est parce que ce sont tous des notables, accrochés à leurs postes, incapables de prendre le sens du vent et qui oublient de faire de la politique au quotidien. Et en conclusion, Nicolas enfonce le clou : « Ils sont tous identiques ».

Plus de 300 parlementaires socialistes, hommes et femmes, de tous âges, de formations différentes, avec des parcours différents, des sensibilités politiques différentes, venus de toutes les régions de France, élus à la ville ou à la campagne... Tous identiques ? Tous notables ?... Vraiment ?

Prenons un exemple, un seul : Aurélie Filippetti, 36 ans, élue en Moselle, proche de Ségolène Royal, ancienne membre des Verts, fille d'un mineur communiste, agrégée de lettres classiques, enseignante et écrivain, serait notablement identique à un Jack Lang ?

Soyons sérieux !

Je crois qu'il est toujours dangereux pour la démocratie de donner dans ce genre de généralités faciles sur la classe politique, façon "tous pourris" ou "tous notables", et laissant supposer que de manière générale tous manqueraient de convictions politiques, n'auraient finalement d'autre engagement que celui de faire carrière.

Les blogueurs de gauche - et même de droite - paraissaient plus nombreux à soutenir l'idée d'un boycott. Ils ont donné leurs arguments, lesquels sont tout à fait recevables. D'autres en ont donné de différents, tout à fait recevables également, pour se prononcer contre cette idée. Mais je me demande bien ce qui ferait qu'un blogueur politique serait davantage à même de sentir le sens du vent qu'un élu.

Cela rejoint là une petite discussion qui s'est tenue dans le cénacle des Left-Blogs à propos des "vrais gens" que les politiques seraient supposés ne pas connaître. J'avais fait remarqué que de manière générale, pour la plupart d'entre nous - les gens ordinaires -, quelle que soit notre profession et notre lieu de résidence, nous rencontrons essentiellement des gens qui nous ressemblent : ils sont de notre famille, ils travaillent avec nous, ils habitent la même commune que nous, le même quartier, fréquentent les mêmes bistros, ce sont nos potes de lycée, de fac... ou de blogging. Et aussi varié soit-il - quand il est varié et ce n'est pas toujours le cas... - notre panel de "vrais gens" est finalement assez réduit, représentatif que d'une partie du tout.

Les politiques, quant à eux, rencontrent toute l'année toutes sortes de "vrais gens", sur les marchés, dans leur permanence d'élu, à l'occasion de la visite d'une usine... Je ne suis pas certain qu'ils peuvent dire qu'ils connaissent les "vrais gens", mais sans doute pas moins que nous - les gens ordinaires, fussent-ils bloggeurs zinfluents....

Mais revenons à nos moutons notables.

Et si une large majorité de français était tout simplement, par ce légitimisme qu'on connait au peuple, opposée à l'idée d'un boycott du Congrès...
Et si dès lors que la Constitution a été très légitimement modifiée afin de permettre au président de venir s'y exprimer, les français trouvaient tout simplement légitime que Sarkozy se saisisse de cette opportunité et se seraient offusqués que des parlementaires, qui sont les représentants du peuple, décident de ne pas les y représenter...
Et si les parlementaires socialistes avaient tout simplement décidé d'assumer la charge du mandat qui leur a été confié par le peuple, aussi déplaisant soit cette charge en cette occasion...

On pourra se référer à ce sondage pour admettre cette éventualité - 70% des français pour la possibilité pour le Président de prendre la parole en Congrès...

Cela ne signifie pas que les parlementaires socialistes ont pris la bonne décision, ou qu'on ne puisse être en profond désaccord avec eux et l'exprimer fortement. Moi-même je pense que s'il leur fallait y aller, il leur faut également ne pas se sentir contraints par la solennité de l'exercice : dès lors que le président de la République a modifié la Constitution afin d'avoir la possibilité de descendre dans l'arène parlementaire, l'institution présidentielle a changé de nature et il devient légitime que les parlementaires puissent éventuellement chahuter politiquement le président. Et je serais navré que les élus de gauche ne se saisissent pas de cette opportunité de représenter la colère du peuple et ses aspirations.

Il reste que, quoi qu'il en soit, je ne crois pas utile de réduire plus de 300 parlementaires à de petits notables uniquement préoccupés par leur réélection, voire à des cons qui ne comprendraient pas que s'opposer trop passivement est précisément le meilleur moyen de ne pas être réélus.



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Boycotter n'est pas s'opposer

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Sarkozy au Congrès : boycotter n'est pas s'opposer



Crédit Enki BilalC’est une première dans l’histoire de la République. Le chef de l’Etat s’adressera lundi prochain, le 22 juin, au Parlement réuni en Congrès à Versailles. C'est une première, parce que c'est Nicolas Sarkozy lui-même, fidèle à ses méthodes monocratiques, qui a fait réviser la Constitution afin de pouvoir disposer aussi de cette tribune.

Nicolas Sarkozy a fait savoir qu'il compte exposer devant les élus de la Nation les orientations de la France sur la politique européenne et sur son projet économique et social. L'opposition de gauche quant à elle discute actuellement de l'opportunité de se rendre à Versailles pour écouter le roitelet faire son show, un discours qui ne sera suivi d’un débat qu'après le départ de ce dernier, et sans vote - le petit président ayant pris bien soin de n'avoir à subir l'affront d'une contestation frontale de la part d'une opposition qu'il n'a de cesse que de nier.

"Ce qui nous choque, c'est qu'une nouvelle fois le Parlement soit contraint à l'urgence pour un show présidentiel qui s'apparente à une opération de politique intérieure", a déclaré le président du groupe socialiste de l'Assemblée nationale, Jean-Marc Ayrault. "Pourquoi faudrait-il y aller ?", s'interroge le porte-parole des députés du PCF, Roland Muzeau, avant de préciser que "a réponse est contenue dans la question." Noël Mamère est quant à lui plus catégorique. "Je ne me rendrai pas à Versailles. Je suis pour le boycottage de cette opération médiatique, affirme le député (Verts) de la Gironde. Il n'est pas question de cautionner cette dérive monarchique du régime où le président agit selon son bon vouloir. Même si ça se passe à Versailles, il ne faut pas confondre le Congrès avec la cour du roi."

A droite aussi, ça grince un peu. Jean-Pierre Grand, député UMP de l'Hérault et proche de Dominique de Villepin fait remarqué que "c'est la consécration de la disparition du premier ministre. C'est le président de la République qui va faire une déclaration de politique générale, sans pour autant engager sa responsabilité." Bah, de la part d'un irresponsable, on ne pouvait s'attendre à autre chose.

Du côté des blogueurs, Nicolas et Juan, Mathieu, Olivier et Gaël, appellent les parlementaires de gauche à boycotter l'événement.

Je pense pour ma part que la gauche ferait une erreur supplémentaire en ne se rendant pas à Versailles. Alors que le principal reproche qui est fait à l'opposition est de n'avoir rien à proposer, cette absence serait tendre le bâton avec lequel on ne se privera pas de la battre. Nicolas Sarkozy ne se privera pas d'être le premier à s'en emparer et comme c'est lui qui aura le micro, on aura appris une fois de plus qui parvient à être audible et qui ne l'est toujours pas. La politique de la chaise vide est toujours - ou disons le plus souvent - une erreur politique.

Il y a à mon avis bien d'autres moyens de perturber la petite cérémonie organisé à la gloire du petit président, bien d'autres moyens de manifester son désaccord. Ainsi, s'il s'agit bien de Versailles, il ne s'agit pas de la cour du Roi et rien ne contraint les parlementaires à rester assis bien sagement et écouter dans un silence contrit les propos du monarque. Siffler et huer ne sauraient constituer des crimes de lèse-majesté. Arborer des brassards noirs en signe de deuil du parlementarisme n'est pas interdit. Crier à bon escient un Sarkozy, je te vois pourrait faire son petit effet. On pourrait tout à fait imaginer qu'en signe de contestation, les parlementaires soient bel et bien présents, mais tournent le dos au président, ou arborent un sparadrap sur la bouche pour signifier qu'on a muselé leur parole. Partir en bloc avant la fin, en réclamant l'abrogation du bouclier fiscal, est également une option qui saurait avoir une certaine saveur.

En bref, un peu d'imagination ne saurait nuire pour bien s'opposer. Le boycott ne me semble pas la bonne réponse, bien au contraire. Nicolas Sarkozy a voulu sa tribune, à l'opposition de la lui contester et de s'en emparer. Les représentants du peuple que sont les parlementaires se grandiraient à saisir l'occasion d'avoir le président en face à face pour lui signifier le mécontentement du peuple et ses aspirations.



Où l'on parle de : Boycotter n'est pas s'opposer






Sociale Ecologie

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Sociale Ecologie : Un autre socialisme est possible



Et Dieu créa la femmeSuite à une discussion entre les Left-Blogs, lancée via la proposition de Eric Mainville d'un Parti Socialiste qui deviendrait un Parti de la Sociale Ecologie, je me suis aperçu que si de 15 à 20% des français sont éventuellement prêts à mettre un bulletin écolo dans l'urne, beaucoup ignorent en réalité de quoi il s'agit quand on parle d'écologie politique.

C'est que les écologistes en général, et les Verts en particulier, se complaisent à ne mettre en avant que leurs atouts les plus séduisants. Ce serait cette femme tellement jolie, tellement sexy, qu'elle se contenterait de dire « Regardez-moi, dévorez-moi des yeux et vous saurez ce qu'est une femme ». Nous savons par expérience qu'une femme est un peu plus que cela, que c'est à définir à la fois un peu plus subtil et un peu plus complexe ... Nous le savons, n'est-ce pas ?... Et bien il en est de même pour l'écologie politique.

L'écologie politique n'est pas un mouvement associatif qui lutte pour la paix et contre la faim dans le monde. L'écologie politique, ce n'est pas davantage la protection des plantes vertes, des petites fleurs qui sentent bon et des animaux en voies de disparition, ni même la lutte acharnée contre toutes les pollutions environnementales. L'écologie politique est avant tout un projet... politique !

Faute d'avoir fait l'effort de comprendre de quoi parlent les écologistes, préférant en rester à leur caricature médiatique : une poignée d'illuminés qui adoptent des bébés phoques en fumant de l'herbe et annoncent des catastrophes en arborant des chemises à fleurs, le Parti Socialiste a été incapable de renouveler sa pensée politique pour l'adapter aux enjeux modernes.

J'ai quitté les Verts parce que les "environnementalistes" dont ceux-là, les défenseurs d'ours blancs en tongues sont la caricature, constituent tout de même un gros quart de ce parti, qui ne comprennent pas que l'écologie est l'essence même de la gauche, un autre gros quart étant composé d'anciens militants trotskistes, ou assimilés façon couteau entre les dents, qui ont trouvé chez les Verts un terrain de jeu à la mesure de leurs talents - qu'on a toujours tort de sous-estimés -, des "gauchistes" qui en réalité se contrefichent de l'écologie. Du coup, malgré la petite moitié restante, composée de militants sincères et qui savent de quoi il retourne quand ils parlent d'écologie, ce parti - où le bordel qui règne ferait passer le PS pour un village de schtroumpfs - m'est apparu incapable de grandir, d'irriguer la gauche, et d'assumer ce rôle d'avant-garde d'une gauche qui s'en trouverait enfin modernisée. Et le miracle Cohn-Bendit n'y changera rien, je peux vous le garantir.

Convaincu depuis longtemps que l'écologie politique est le prisme au travers duquel le socialisme pourra et devra se transcender, je suis aujourd'hui plus que jamais convaincu que c'est au Parti Socialiste que se fera ou ne se fera pas la mutation écologiste de la gauche, et si possible de toute la gauche.

Alors qu'est-ce que l'écologie politique ?

Pour bien comprendre de quoi on parle, il suffit de s'interroger sur ce qu'"environnement" signifie. La terre, la mer et l'air sont mon environnement. Les espèces animales également. Mais la société l'est tout autant, qui interagit avec moi. L'écologie politique c'est la conscience que toute décision politique doit s'intéresser à son impact sur son environnement, naturel ou social. Impact direct ou indirect. Impact de court, moyen ou long terme.

On comprend alors que l'écologie politique est ce qui s'oppose le plus frontalement au libéralisme, pour lequel toute décision est exclusivement tournée vers le profit immédiat et sa maximisation, au mépris des dégâts sur l'environnement, y compris donc sur le tissu social. Le credo libéral est qu'une main invisible s'occupera d'équilibrer les choses: il n'est qu'à observer l'état du monde pour comprendre que les choses ne s'équilibrent pas, que les pollutions augmentent, que les injustices sociales grandissent, que la terre s'essouffle et s'épuise, pendant que de plus en plus nombreux sont les hommes à ployer durement sous les coups qu'une main invisible assène avec constance...

Combien coûte à la société un chômeur ? Combien coûte à la société un enfant déscolarisé ? Combien coûte à la société un malade mal soigné ? Etc...

L'écologie politique, c'est alors, par exemple, une fiscalité pour les entreprises qui les contraigne à internaliser le coût de ce qui constituent pour elles des externalités, de ce qui ne constituent pas des coûts qu'elles ont à supporter mais que la société toute entière devra finalement payer, et au prix le plus fort. Dit autrement, c'est faire supporter à l'entreprise l'ensemble des dits coûts de telle manière qu'elle prenne des décisions pour elle-même qui soient optimales pour la société toute entière.

Ainsi, par exemple, le principe pollueur-payeur n'est pas - ou ne devrait pas être - un permis de polluer. Il est de faire en sorte que polluer devienne plus cher que de ne pas polluer. Il est de fournir une incitation sonnante et trébuchante à ne pas polluer - parce que l'entreprise aurait à supporter le coût de ses pollutions.

Ainsi, plutôt que de vouloir interdire administrativement les licenciements, la gauche devrait s'intéresser à faire qu'il devienne suffisamment cher de licencier que l'entreprise soit contrainte d'envisager si d'autres solutions ne lui seraient pas plus profitables, c'est-à-dire moins coûteuses - parce que l'entreprise aurait à supporter le coût social de ses licenciements.

Etc...

Se saisir de cette grille de lecture pour le Parti Socialiste serait, pour le coup, procéder à une véritable refondation idéologique... qui donnerait naissance à un projet moderne et ambitieux, profondément de gauche... et qui en effet justifierait un changement de nom comme un symbole positif de l'ampleur de la mutation. Parti de la Sociale Ecologie, ou Parti Ecolo-Socialiste, semblent convenir - même si, puisque vous avez tout bien suivi, il y aurait là une certaine redondance.

Mais puisqu'il s'agit de comprendre concrètement et de donner symboliquement à entendre qu'un autre socialisme est possible...



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En finir avec les divisions

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En finir avec les divisions, combattre ensemble à gauche



nouveau Parti SocialisteEn novembre dernier, alors que la bataille du congrès socialiste faisait rage, j'avais écrit cela sur ce blog :

« Une certitude que nous pouvons avoir est que si le prochain premier secrétaire du Parti Socialiste est Ségolène Royal ou Martine Aubry, la guerre des socialistes se poursuivra. Dans un cas comme dans l'autre, les perdants chercheront à obtenir leur revanche sur les gagnants en les faisant trébucher et ces derniers imputeront leurs difficultés et éventuellement leurs échecs aux divisions dont les premiers seront tenus pour responsables. Dans un cas comme dans l'autre, il nous faut en être bien conscient, nous n'en aurons pas fini avec la division. Tout au plus, cette guerre qui était ouverte ces derniers mois se transformera en une guerre de positions, une guerre de tranchées et menée largement dans l'ombre, par les uns comme par les autres.

En finir avec une querelle interminable, née de la guerre de succession post-mitterrandienne, c'est tout l'intérêt du saut générationnel en faveur duquel je plaide depuis plusieurs semaines sur ce blog - et en réalité depuis le lendemain des élections présidentielles et législatives de 2007. J'avais estimé pour ma part que la plus grande chance de parvenir à ce changement de génération résidait en Vincent Peillon. Malheureusement, celui-ci n'a pas souhaité assumer toutes ses responsabilités, cédant à la volonté intransigeante d'une Ségolène Royal incapable de s'effacer - de même qu'après avoir été tentée, Martine Aubry n'a pas non plus consenti à s'effacer derrière Benoit Hamon. »

Je continue de penser que les défaites du PS de 2002, 2007 et 2009 s'expliquent toutes par l'effet conjugué des divisions et d'un positionnement politique trop timidement à gauche.

Je continue de penser qu'il aurait mieux valu que ce ne soit pas Martine qui obtienne les rennes du PS - pas plus que Ségolène. Le fait est aujourd'hui que c'est elle et que les français se fichent que ce soit elle ou une autre : ils veulent du boulot, de l'unité et de la gauche.

Tenez, je vais même vous dire : les français se contrefichent de la rénovation structurelle du Parti Socialiste et des états d'âme de ses militants : du boulot, de l'unité et de la gauche.

Bien sûr, pour faire du bon boulot il faut une meilleure organisation ; pour s'irriguer de gauche il faut s'ouvrir à la société civile ; pour être uni il faut embarquer tout le monde. Mais les français se moquent bien du comment, il veulent entendre parler de résultats. Il est donc inutile, et en réalité destructeur, que chacun y aille de son petit couplet sur la rénovation du PS, il faut se taire et faire.

C'est Martine Aubry qui est à la tête du PS ?
Alors il faut faire avec Martine Aubry et non contre elle. Que ça plaise ou non !

Car ce dont les socialistes ont besoin, c'est avant tout d'un projet alternatif, ambitieux, crédibles et mobilisateurs, ainsi que la capacité de le donner à entendre aux français. Alors, la seule question qui se pose réellement, la seule qui intéresse véritablement les français, est la suivante : Le Parti Socialiste va-t-il ou non revisiter de fond en comble son offre politique en ancrant son projet à gauche ou bien va-t-il une nouvelle fois se contenter d'un replâtrage de son modèle social-démocrate ?

A ce titre, l'intervention de Vincent Peillon, via un entretien accordé hier au journal Le Monde, est très éclairante quant à ce qui se joue autour de cette question centrale et qui coupe le Parti Socialiste en deux parties probablement pas si égale qu'on voudrait nous le laisser entendre. Le Parti Socialiste et Martine Aubry ont et auront à faire face à de très fortes résistances dans sa volonté de ré-ancrer solidement le projet socialiste dans la gauche, résistances de la part de tous ceux qui se refusent à prendre le risque de se couper de l'électorat centriste, tous ceux qui n'ont pas retenu la double leçon de 2002 (avec un Jospin dont le projet n'était pas socialiste) et de 2007 (avec Royal qui chassait en terre de droite) : ce n'est que par la gauche que la gauche reviendra au pouvoir, parce que c'est d'une immense attente à gauche que désespère l'électorat, là que ce créera un véritable espoir de changement et donc une dynamique électorale.

Ce matin, petits et grands, tous les commentateurs de la vie politique française s'en donnent à coeur joie pour crier à la tartufferie d'un Parti Socialiste qui serait mort, qui serait autiste, qui aurait choisi de ne pas changer une équipe qui perd... Mais pour qui roulent-ils ? Qu'ont-ils à vendre ? Ceux-là ont-ils un profond désir de gauche ?

Qui a relevé qu'hier soir, lors du Conseil National du Parti Socialiste, Martine Aubry a prononcé un discours, que je trouve pour ma part chargé de bonnes questions... et de réponses qui invitent à l'espoir ? Oui, combien d'entre ses tant pertinents commentateurs ont même pris la peine de le lire ? Ou se sont contenter de lire le titre, Six mois pour changer de cap, pour en tirer les conclusions qu'ils leur plaisaient de faire ?

Je vous invite à cette lecture, et me contente ici de n'en retenir que quelques extraits clés :



[...]Nous avons le devoir de regarder en face la signification des résultats du scrutin de dimanche. Nous devons le faire avec lucidité et sang froid. Rien ne servirait de minimiser l’ampleur de notre défaite en se référant à d’autres périodes plus douloureuses de notre histoire. Rien ne servirait d’en relativiser l’importance. [...] Non, rien ne servirait de chercher ailleurs qu’en nous-mêmes. [...] Oui, nous avons un devoir d’analyser les vraies raisons de l’échec - mais je crois que nous les connaissons, nous les devinions, nous les vivions - et de réagir immédiatement pour entraîner un sursaut collectif.



Crise de la construction européenne, tout d’abord. [...] Crise de la sociale démocratie, ensuite. [...] Crise de notre Parti, enfin.
[...]



Notre prochain rendez-vous, c’est celui des régionales. Je le dis simplement, si certains ont l’intention de se replier sur leur terrain, en espérant ainsi se démarquer de notre Parti, ils se trompent. Certes, tel ou tel pourra sauver son siège au regard de ce qu’il a apporté à la population, mais soyons en sûrs, à moyen terme, tout cela ne sera que vain, si notre Parti n’est pas à la hauteur des enjeux.

Aussi, c’est à une profonde refondation de notre parti que j’appelle, refondation des idées, refondation à gauche, mais aussi profonde refondation de nos pratiques, de nos démarches personnelles et collectives. Ce sont trois refondations qui doivent répondre aux trois crises que je viens de rappeler.

Oui, je vous le dis, chers camarades, nous ne sortirons pas de cette situation par quelques replâtrages, par je ne sais quel recentrage ou réorientation ou par quelques artifices de communication. La ligne politique a été définie par les militants lors de notre Congrès, elle doit être suivie.
[...]
Ce dont nous avons besoin aujourd’hui, je vous le dis très solennellement, c’est d’un véritable sursaut de nature à refonder profondément notre Parti. C’est un état d’esprit. C’est une conviction profonde. Je vous ferai ce soir quelques propositions, nous en débattrons dans les jours qui viennent.

[...]



1- La refondation de nos idées
[...]
On n’élabore pas, on n’écrit plus un projet dans le huit-clos d’un parti, en circuit fermé. Bâtir un projet de société, c’est mettre en débat les questions qui se posent à nous. C’est le faire bien sûr avec notre cœur, avec la mémoire de nos luttes sociales, féministes, écologistes et avec la sincérité de nos valeurs de socialistes, à l’écoute de ce que nous disent les français. Pour notre parti, il y a urgence et obligation à entendre ce qui vient de toutes parts, non pas depuis hier, mais depuis trop longtemps. Les Français veulent être écoutés, et ils considèrent que les grands partis ne les écoutent plus. Les Français attendent du Parti socialiste un projet crédible, inscrit dans les valeurs de la gauche et adapté aux temps nouveaux. Ils sont lucides sur la panne que connait la France, mais ils ne nous font pas encore confiance pour conduire l’alternance.
[...]
C’est pourquoi nous écrirons ce projet de société en donnant à chaque étape la parole aux Français. Nous en débattrons, étape après étape, avec vous et avec eux et avec les intellectuels, les hommes et les femmes engagées dans la société qui nous ont rejoints notamment dans le Laboratoire des idées. J’en suis convaincue, c’est par un dialogue fécond entre les Français qui disent leurs difficultés et leurs attentes, les experts qui sont là pour les analyser et tracer chacun dans leur domaine les chemins du possible, et les politiques que nous réussirons.

Nous nous sommes déjà mis au travail en ce sens depuis plusieurs mois. Avec la création et la mise en route du Laboratoire des idées. Un premier travail a été fait également auprès des français pour mettre en exergue non pas leurs attentes à court terme, mais leurs aspirations les plus fondamentales à partir desquels nous devons je le crois déterminer les modes d’entrée, innovants, dans notre projet. Nous en débattrons le 7 juillet avec l’ensemble des membres du Bureau et du Secrétariat National.

Mais surtout, après ce cadre de juillet, je veux que nous engagions une démarche hors-les-murs de Solférino, innovante, enthousiaste et féconde. Nous irons, dans chaque fédération, avec les militants, et je le souhaite, ceux des autres partis de gauche, à la rencontre des Français. Nous devons nous démultiplier.
[...]
A chacune de ces étapes, notre projet s’enrichira des propositions des Français, s’approfondira par le dialogue avec des citoyens volontaires. Il se nourrira de l’expérience vécue et réussie des « innovateurs du quotidien », qui transforment notre société là où ils sont, dans des associations et des entreprises, des hôpitaux ou des écoles.
[...]
Ainsi, sur tout le territoire, nous nous déploierons, démultipliant cette démarche, irrigant le pays et le Parti.

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2- La refondation de la gauche
[...]
Aujourd’hui, faces aux grandes questions auxquelles nous avons à répondre, il faut une nouvelle démarche de rassemblement à gauche. Rassemblement des Partis politiques de gauche, mais aussi rassemblement de ceux qui, portant des valeurs démocrates et d’humanisme, je le sais, aspirent à nous retrouver. Car je vous le dis, il n’y aura pas de victoire à gauche sans une gauche solidaire et unie.
[...]
L’écologie, sans la gauche, restera une belle idée sans réalité.
L’écologie et le social iront de pair dans une gauche unie ou ne seront pas.
La gauche sera unie ou ne sera pas, qui peut aujourd’hui en douter ?

C’est la raison pour laquelle, je veux dès demain - j’ai déjà pris des contacts hier et aujourd’hui -, engager des discussions avec tous ceux qui à gauche, sans exclusive, veulent porter un autre modèle de société pour la France, battre Sarkozy en 2012 et gouverner ensemble ensuite. Je vous en demande le mandat ce soir.

Et je le dis clairement, il ne s’agit pas de retomber à nouveau dans les accords d’appareils que nous concoctons habituellement à la veille des élections. Nous devons bâtir une Maison commune fondée sur :
- un projet commun ;
- et une stratégie de candidatures la plus efficace possible pour porter ces idées au pouvoir, partout où nous le pouvons.

Je le dis dès maintenant aux partis de gauche : nous voulons rentrer dans cette démarche sans préalable, sans a priori et sans volonté hégémonique. La réussite nécessite que chacun trouve sa place, que nous soyons capables d’être ouverts aux idées des autres et que nous fassions ce travail avec les Français.

C’est dans cette démarche d’ouverture aux Français de nos Partis pour préparer le projet, et de rassemblement à gauche, que doit être portée la réflexion sur les primaires pour le choix de notre candidat à à l’élection présidentielle de 2012. Ce sujet ne peut être traité à la légère comme un gadget pour masquer nos insuffisances. Il doit être réfléchi et pensé dans une démarche politique et collective.

[...]



3- La refondation de notre Parti
[...]
Ne nous racontons pas d’histoires. Nous donnons l’impression et c’est parfois une réalité, de ne plus être heureux de vivre et travailler ensemble. De nous situer en concurrence et non en complémentarité. L’unité, ce n’est pas penser tous pareil ; c’est avoir le courage de porter à l’interne les débats nécessaires puis de défendre collectivement nos positions.
[...]
Je souhaite ce soir et dans les jours qui viennent que le mode de gouvernance que nous allons mettre en place nous assure une solidarité totale et une réaction immédiate en cas de non respect de nos règles communes.
[...]
Je vous appelle ce soir à des changements profonds de nos comportements mais aussi de nos règles internes.
[...]
Maintenant que l’ensemble des sensibilités est représenté au Secrétariat National, le Bureau National doit redevenir l’instance du débat politique où nous forgeons notre réflexion et nos décisions communes. J’y veillerai absolument.
[...]
Face à l’ampleur de la tâche qui est devant nous, il nous faut à la fois serrer les coudes, amplifier le mouvement de refondation et être à la hauteur des attentes sur le projet. C’est la raison pour laquelle il nous faut changer notre mode de gouvernance. Un Parti est un lieu de débat. Ces débats doivent avoir lieu en son sein et les positions prises défendues par tous.
[...]
Dans le contexte actuel, il est hautement souhaitable que tous les talents politiques soient présents dans nos instances de gouvernance. J’ai rencontré beaucoup de camarades ces dernières heures. Je continuerai dans les jours qui viennent pour annoncer le plus tôt possible ce nouveau dispositif.

Mes camarades, il s’agit d’une nouvelle étape. Non pas d’un rassemblement factice ou d’une unité de façade. Il s’agit pour chacun de prendre la responsabilité de mettre sa force politique, son imagination, ses propositions au service de tous.

Nous devons enfin [...] faire émerger la génération qui demain nous remplacera en veillant au respect des objectifs fondamentaux de diversité, de parité, d’égalité des chances pour faire un Parti qui ressemble à ceux qu’il veut représenter.

[...]



Avant de conclure, je vous propose d’inscrire notre feuille de route dans un calendrier que je vous soumets ce soir à grands traits :
- annonce de la nouvelle gouvernance dans les prochains jours,
- dans les jours qui viennent, engagement des discussions avec l’ensemble de la gauche,
- fin août, la Rochelle sera le premier élément du lancement de notre projet. Nous avons une université d’été conçue ouvert sur la société et les autres partis de gauche,
- dès le lendemain, lancement du tour de France du projet,
- avant la fin de l’année, les Assises, les Forums, Etats Généraux et les Conventions déjà envisagées sur la culture, l’éducation, la sécurité seront réunis et se tiendra la grande convention sur le nouveau modèle de développement social, économique et écologique.

Nous avons six mois pour changer de cap.

[...]



On pleurniche sur nos manquements, on se flagelle en se répétant combien nous sommes nuls, on assiste impuissant au triomphe d'une droite qui se marre des cadeaux qu'on lui fait... ou bien on relève un peu la tête et on se met au boulot, ensemble ?



Où l'on parle de : En finir avec les divisions






Peillon ne veut pas trop de gauche

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Peillon ne veut pas trop de gauche



Vincent PeillonDans un entretien au Monde, publié dans l'édition datée de mercredi, Vincent Peillon, député européen et dirigeant de l'Espoir à gauche, le principal courant au sein du PS (29 % des voix au congrès de Reims), dit attendre de Martine Aubry "des signes forts qui marquent la volonté d'ouvrir ensemble une page nouvelle de l'histoire de la gauche".

Bien !

Ce qu'il traduit sur la question de l'orientation politique par définir "une orientation politique qui corresponde aux attentes des Français et qui s'affirme nettement, en positif".

Bien !

Il note à ce propos que "les listes socialistes ont perdu moins de voix au bénéfice du Front de gauche de Jean-Luc Mélenchon et du Parti communiste qu'au profit des listes écologistes".

Aïe !!!

Ainsi donc le Parti Socialiste choisirait aux lendemains de son échec aux européennes d'ignorer l'appel à un ancrage plus profond dans la gauche. Comme il l'avait ignoré après 2002. Et encore après 2007.

Pourtant, Vincent Peillon ne peut ignorer qu'un sondage "sortie des urnes" indique que 37% des personnes interrogées considèrent que le Parti Socialiste n'est pas assez à gauche, chiffre qui monte à 52% parmi ses propres électeurs (détails ici). En novembre 2008, un autre sondage donnait les mêmes résultats. Et l'année d'avant. Et l'année d'avant...

Vincent Peillon ignore-t-il réellement la profondeur du mésamour entre le Parti Socialiste et les classes ouvrière et moyennes ?

69 % d'abstention chez chez les ouvriers et 66 % chez les employés, ces chiffres ne l'interpellent-ils pas ?

Et ignore-t-il également à ce point ce que l'écologie politique implique de rupture avec le libéralisme ?

Au fond du trou, on creuse encore...



Où l'on parle de : Peillon ne veut pas trop de gauche






Un mal pour un bien ?

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Européennes : un mal pour un bien ?



la fessée déculottéeAu commencement est une lecture des résultats assez simple : l'UMP est le premier parti de France, la droite pèse moins de 40% des voix, le Modem moins de 10% et l'hégémonie du PS sur la gauche a pris fin, au profit d'un rééquilibrage avec les Verts.

Si l'on veut affiner un peu, il est possible d'ajouter que la gauche radicale est à son niveau habituel d'une dizaine de % et que l'extrême droite pointe tout juste au-dessus des 5%.


Abstention de contestation... et piège à cons

On ne peut cependant s'affranchir, en premier lieu, de constater le niveau record de l'abstention (60%), ce qui devient une très mauvaise habitude lors des élections européennes - le score était assez similaire en 2004 et pas si éloigné en 1999...

Sur ce sujet, on a coutume d'épargner le bon peuple en pointant du doigt l'incapacité des hommes politiques à intéresser les citoyens à la chose politique. Je crois qu'on n'a pas raison. Certes, le personnel politique n'est pas toujours enthousiasmant, certes les médias ont pour fâcheuse tendance à considérer qu'il est plus vendeur d'insister sur la forme et les petites phrases assassines, plutôt que sur le fond. Mais les citoyens ne sont pas des enfants et ils sont pleinement responsables de leurs manquements . Ils sont nombreux à choisir la facilité, à se gargariser d'un "tous des incapables, tous des pourris, élections pièges à cons"... Ils ont tort - et au final ce sont eux d'ailleurs qui en paient les frais.

Il reste que cette abstention est en soi une contestation. C'est l'Europe qui est perçue comme trop peu démocratique - et le contournement du peuple français sur la question du Traité Constitutionnel a ici pesé lourd. C'est la manifestation d'un rejet du sarkozysme et d'une droite dure spécialisée dans la casse sociale, enfermée dans un dogme libéral agonisant. C'est le désespoir d'une gauche divisée, jusqu'au Parti Socialiste lui-même, incapable d'offrir une offre politique alternative. C'est la sanction d'un Modem sans autre projet que la contestation populiste de l'establishment et la stratégie personnelle de son président. Et c'est même la lassitude des électeurs d'un vote extrême trop évidemment stérile.

L'abstention est tout cela à la fois. Au résultat, de cette volonté de renvoyer tout ce monde dos à dos, de ce refus de choisir, il reste que les urnes ont choisi pour le peuple abstentionniste et ont donné la victoire... à Sarkozy. Le piège s'est refermé et nous voici collectivement les pauvres cons d'un petit président qui se marre et qui nous en remercie.

Mais aucun piège ne se referme définitivement, bien au contraire...


Victoire de l'UMP et défaite cinglante de la droite

Mais le rire sarkozyste est jaune. Car si l'UMP obtient 28% des suffrages qui se sont malgré tout exprimés, plaçant cette formation très largement en tête de ce scrutin, c'est une victoire en trompe-l'oeil. Le parti du président a si bien siphonné la droite qu'il se retrouve parfaitement isolé, sans recours, un peu merdeux pour tout dire.

Dans la meilleure hypothèse, on pourra vouloir lui agréger le score de Libertas et mesuer une droite dépouillée à 33%, flanqué d'un Front National exsangue à 6,5%. Mais c'est pis que cela. : Il n'a échappé à personne que l'ensemble des listes qui se sont présentées lors de ce scrutin se sont unanimement positionnées, exceptées donc celle de l'UMP, en opposition frontale à Nicolas Sarkozy et à sa politique. Lequel Nicolas sarkozy, deux après son élection, se retrouve à ne pouvoir compté sur le soutien que d'un tout petit 28% des suffrages exprimés... c'est-à-dire 11% du corps électoral.

Autre manière de regarder le résultat de l'UMP, soi-disant fort de ses 28% : en Angleterre comme en Italie, la droite obtient 36% des suffrages ; en Espagne, elle flirte avec les 45% ; et en Allemagne, le parti de la Chancelière, Angela Merckel, manque de peu la barre des 50%...

Sarkozy a finalement bien travaillé, parvenant en deux ans à mettre la droite à son plus bas niveau jamais atteint. Ce n'est en aucun cas une victoire pour la gauche française, mais ça ouvre des perspectives.


La baudruche dégonflée du Modem

Des perspectives d'autant plus intéressante que le Modem se retrouve aujourd'hui à 8,5%, quatrième force politique en France, très loin derrière les listes du Parti Socialiste et d'Europe Ecologie, qui pèse chacun près de deux fois plus lourd. Le constat est simple, un parti qui a pour ambition de se positionner sur l'électorat de centre gauche ne peut y parvenir avec un leader de droite.

Depuis hier soir jusqu'à ce matin, l'ensemble des personnalités du Modem qui se sont exprimées font porter le chapeau de la défaite au seul François Bayrou. Mais voilà, jusqu'à preuve du contraire, le Modem c'est François Bayrou et son obsession présidentielle : ils ne voudront ou ne pourront faire sans lui - et c'est regrettable car il y a très certainement un espace politique à occuper au centre gauche, un espace politique qui néanmoins ne saurait s'incarner en un homme de droite, libéral, autoritaire et dévoré par son ambition.

Les électeurs du Modem se sont détournés de François Bayrou, le Modem saura-t-il se détourner de son président pour se mettre en phase avec son électorat ? On peut en douter et le constat demeure d'un Modem isolé et à bout de force, sans autre perspective que le désastreux cavalier solitaire d'un homme qui ne saurait cesser de croire en son destin - car il ne faut pas s'y tromper, pour François Bayrou, après 2012, il y aura encore 2017...


La fin de l'hégémonie du Parti Socialiste sur la gauche

Si le Modem s'effondre de ne s'incarner qu'en un seul, le Parti Socialiste subit une autre sorte de revers, tout aussi cinglant, et qui est la rançon méritée de ses divisions internes. Pas plus qu'en 2007 Ségolène Royal n'avait été en mesure d'unir le Parti Socialiste derrière sa candidature, Martine Aubry n'a été de le faire à l'occasion de ce scrutin européen. Et de même qu'en 2007, il s'agissait d'une responsabilité collective que se devait d'assumer la candidate, il s'agit aujourd'hui encore d'une défaite collective dont Martine Aubry a la charge de tirer toutes les conséquences.

Il ne s'agit pas de donner dans le lynchage et de faire tomber dans les têtes, ainsi qu'en appellent ici ou quelques rares enragés revanchards. Il s'agit bien au contraire d'en appeler à la responsabilité de chacun et de faire en sorte que le Parti Socialiste dans son ensemble se refuse à jouer la belle. C'est à cette condition unique que le Parti Socialiste deviendra audible, et utile à la gauche en portant haut et fort un projet alternatif ambitieux.

Il est plus que temps que le Parti Socialiste se réinvente. Plus que temps que le Parti Socialiste occupe toute sa place à gauche, ancré au coeur même de la gauche.... et en finisse avec une sociale-démocratie trop timide et à bout de souffle partout en Europe. Plus que temps que la gauche s'ouvre à l'écologie politique, c'est-à-dire prenne le temps de comprendre de quoi il s'agit.


L'écologie politique, deuxième pilier de la gauche

Pour les Verts français, c'est la fin de la clarification : c'est en s'ancrant résolument dans la gauche qu'Europe Ecologie est parvenu à devenir cette seconde jambe dont la gauche à tant besoin - et il est important de noter à ce titre que le score désastreux de Modem est aussi l'échec cuisant de Corinne Lepage et de la tentation aberrante de promouvoir une écologie qui ne serait ni de droite ni de gauche, une écologie qui ne serait pas politique.

Les Verts sont aujourd'hui face à leur responsabilité. Et celle-ci est double. D'abord, responsabilité d'assumer enfin d'être une composante à part entière de la gauche, ce qui signifie d'accepter le Parti Socialiste comme son premier partenaire plutôt que de contribuer à une division qui n'a jamais fait le jeu que de la droite. Ensuite, responsabilité d'explication d'un projet assumé dans toutes ses dimensions et dans toute sa complexité - même si parler d'un amour partagé pour les petites fleurs, et qu'on peut mieux voir du ciel quand il n'est pas pollué, est électoralement plus porteur.

Pour l'écologie politique, urgence sociale et urgence écologique ne se distinguent pas, sont un seul et même cri qui s'oppose à un libéralisme économique structurellement incapable d'intégrer à la prise de décision, aussi bien micro que macro-économique, les coûts des externalités et les coûts de long terme, c'est-à-dire spécifiquement les coûts qui affectent directement ou indirectement l'humain : le social est un environnement, comme l'environnement est social. L'écologie est de gauche ou bien n'est pas !

De la même manière, il faut admettre que si les socialistes doivent réviser très profondément leur credo d'une croissance économiquement et socialement porteuse, les écologistes ne sont pas mieux inspirés lorsqu'ils parlent de décroissance. La réalité est que la croissance du PIB - ou sa décroissance - est un très mauvais instrument de mesure en ce qu'il ne nous dit rien de l'humain et de ses conditions de vie. C'est à cela, entre autres petites choses, qu'il nous faut désormais apprendre à travailler ensemble.

Aujourd'hui, socialistes et écologistes pèsent 33%, ce qui en fait potentiellement la première force politique française, pour peu qu'ils apprennent à se parler, qu'ils admettent avoir pour ambition commune l'invention de la gauche du XXIème siècle et de son projet.



Oui, il est plus que temps de réaliser qu'il ne saurait y avoir de socialisme moderne hors l'écologie politique ni d'écologie politique hors le socialisme. Plus que temps qu'émerge une gauche qui aurait enfin intégré dans sa pensée politique que l'urgence écologique et l'urgence sociale sont les deux faces de la même pièce ; que cette pièce a pour nom économie de marché régulée - parce que le libéralisme n'aura jamais d'autre vision que celle du profit à court terme ; qu'il s'agit donc pour la puissance publique - l'Etat mais pas seulement - d'internaliser dans les transactions marchandes et les investissements publics et privés le coût des externalités de moyen et long terme que sont les dégradations du tissu social et les dégâts causés à l'environnement ; que l'ambition d'une gauche moderne sera de rééquilibrer le marché - qui n'est qu'un instrument à façonner - au profit d'une meilleure prise en compte du bien-être des hommes dans leur environnement, c'est-à-dire de chaque homme et femme sur l'ensemble d'une planète qui est notre unique capital.

Alors, je veux me joindre à cet unique slogan : Au boulot, bordel !



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Socialiste et européen

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Le 7 juin, je vote socialiste et européen



Abstention, par SaTArrêt sur les Mots a lancé une chaîne qui me botte, à laquelle donc je vais répondre sans attendre d'y être invité - sinon je pourrais attendre longtemps, ce blog étant désormais connu pour son état végétatif.

[EDIT : afin de n'avoir pas trop l'air de taper l'incruste dans la chaîne, j'avais eu l'audace - je crois que ça ne se fait pas du tout - de réclamer à Nicolas 1er de bien vouloir me taguer. Ce qu'il a fait aussitôt et je peux désormais, après l'en avoir remercié, poursuivre le coeur léger la rédaction de ce billet.]

Ladite chaîne s'intitule donc Votez et faîtes voter pour votre Europe !... à laquelle il s'agit de répondre via trois petites questions : C’est quoi l’Europe pour toi ? Que peux-tu écrire à tes lecteurs pour les encourager à aller voter dimanche 7 juin ? Quelle liste représente les idées que tu veux voir défendre au Parlement européen ?


C’est quoi l’Europe pour moi ?

L'Europe, selon moi, c'est d'abord pour un homme de gauche une évidence, le sens naturel de l'histoire. C'est le chemin d'une abolition des frontières et de l'élargissement des communautés humaines. C'est l'Histoire en marche. L'Europe c'est la mise en place d'une organisation politique plus large que les vieilles petites nations européennes, un espace plus grand pour vivre mieux ensemble plus nombreux, et plus riches de nos différences.

Et si l'Europe est l'Histoire en marche, elle est aussi l'Histoire qui retrouve sa mémoire, toute sa mémoire. Car si quelques siècles de chrétienté ont tissé des fils le long d'un axe qui va de l'Espagne à la Pologne, en passant par le Nord, le berceau de notre civilisation prend sa place autour de la Méditerranée, et plus précisément sur ses rives orientales, cette partie de la Méditerranée où se sont épanouis les empires grec et romain, byzantin et ottoman, depuis Rome jusqu'à Jérusalem, en passant par Istanbul qui fut, un millénaire durant, Constantinople (appelée aussi la Nouvelle Rome).

Bon, ça c'était pour me faire un petit plaisir, parce que n'en déplaise à l'UMP qui n'est jamais à un populisme ni une contradiction près, ce n'est certainement pas le sujet de ces élections, ni de la prochaine décennie. J'en profite pour rappeler que le monde musulman est à peu près aussi divers que la chrétienté, au point qu'il y a autant de ressemblance entre un sunnite ottoman (dont les origines sont à rechercher dans les plaines de l'Asie centrale) et un chiite arabe,, qu'entre un orthodoxe grec et un catholique polonais (même plombier).

Mais l'Europe, c'est aussi, aujourd'hui, la dimension minimale qu'il faut avoir pour peser un peu sur la marche du monde et ses nécessaires régulations - politiques, économiques et sociales. Je suis de ceux qui pensent que depuis une bonne quinzaine d'années, la construction européenne a emprunté de biens mauvaises directions, de Maastricht au traité de Barcelone. Mais on a toujours tort d'être en retard d'un combat et se complaire dans le ressassement de ce qu'il aurait fallu faire, plutôt que de se contraindre à construire à partir d'une réalité qui nous est aujourd'hui imposée. Ainsi en est-il du débat entre ouiouistes et nonistes, inutile et contre-productif ; il s'agit de prendre l'Europe telle qu'elle est aujourd'hui pour la transformer, et d'abord l'arracher aux mains des apprentis sorciers de la dérégulation économique.

Bref, pour moi, l'Europe est un chemin à tracer.


Que puis-je écrire à mes lecteurs pour les encourager à aller voter dimanche 7 juin ?

Un mot : DEMOCRATIE !

L'Europe est trop peu démocratique, c'est un fait. Un autre est qu'elle n'est tournée que trop peu vers les hommes et les femmes qui la peuplent. S'abstenir n'aura jamais d'autre effet que de renforcer cette situation, pour le plus grand plaisir des puissants qui n'apprécient rien tant que les peuples ne se mêlent pas de leurs petites affaires, affaires qui consistent essentiellement à s'engraisser sur leur dos. A jouer les autruches, vous risquez tout simplement d'être les dindons de la farce européenne.

Avec un peu de talent, un dessin vaut bien mieux que de longs discours. Aussi je vous renvoie à l'illustration de ce billet - et en profite au passage pour saluer mon ami SaT. Vous noterez qu'il est rappelé que cette élection ne comporte qu'un seul tour : c'est le 7 juin; et seulement le 7 juin !...


Quelle liste représente les idées que je veux voir défendre au Parlement européen ?

Je vote à gauche et ne voterai jamais que pour des gens qui ont l'ambition de construire. Ça simplifie grandement la question en réduisant l'éventail des possibles de 28 listes (je vote dans la région Ile-de-France) à seulement 3 : la liste du Parti Socialiste, celle du Front de Gauche (le Parti de Gauche de Mélenchon et le PCF) et celle d'Europe Ecologie (les Verts et José Bové ).

Selon moi, si on se préoccupe de voter à gauche et d'avoir une ambition pour l'Europe, seules ces trois listes sont envisageables. Il est à ce propos heureux de constater que la poupée médiatique Besancenot semble en passe de se dégonfler.

Notons également, et en passant - parce que c'est important - que c'est la somme des scores de ces trois listes qu'il s'agira au soir du 7 juin de comparer au score de l'UMP afin d'avoir un aperçu des états respectifs de la gauche et de la droite sur la scène politique française.

Quant au Modem, il suffit de remarquer qu'une fois de plus celui-ci n'a rien à proposer que son éternelle et vaine posture centriste - et si Bayrou est au centre, c'est à mi-chemin entre Le Pen et Besancenot, au centre des candidats autoproclamés "anti-système". L'Europe ? Vous avez récemment entendu Bayrou parler d'Europe ?

Pour ce qui me concerne, je vais sans surprise voter pour la liste socialiste. Pour trois raisons :

1- Les candidats des listes socialistes s'inscrivent dans un projet résolument européen, commun aux 33 partis membres (socialistes, sociaux-démocrates, travaillistes et progressistes) du Parti Socialiste Européen. Un projet tourné vers les citoyens et pour une autre Europe. Un projet à la fois réaliste et ambitieux, tourné vers le XXIème siècle et qui met en avant 71 propositions concrètes et immédiatement applicables, qui constitue une vraie réponse à la crise économique actuelle.

2- Sans parler de l'aberrante cohabitation sur les listes d'Europe Ecologie de Daniel Cohn-Bendit et de José Bové, il n'est plus question pour moi de voter pour des partis qui, pour des raisons tactiques, se refusent à considérer le Parti Socialiste comme un partenaire au sein de la gauche ; une attitude qui revient à rejeter une bonne grosse moitié de la gauche, condamnant de facto celle-ci à demeurer éternellement dans l'opposition. Avec le PS, la gauche pèse autour de 45% et ce n'est déjà pas assez... mais sans, elle ne dépasse pas les 20 ou 25% !!! Or, n'en déplaise au PCF et aux Verts, et maintenant au Parti de Gauche de Mélenchon (qui était un cadre du PS il y a encore six mois), c'est bien du peuple de gauche que le Parti Socialiste obtient sa base électorale.

3- La situation politique française actuelle est largement exceptionnelle, au point que toute occasion de lutter contre le sarkozysme est à saisir avec un sentiment d'urgence. Or, tout le monde l'aura compris, Sarkozy tirera médiatiquement argument des situations respectives de l'UMP et du PS pour renforcer ses positions. Si l'écart entre ses deux partis s'avère important, au profit du premier, non seulement Sarkozy s'en prétendra légitimé pour aggraver la casse sociale, mais il se retrouvera également de facto en bonne position pour remettre ça en 2012. Je me refuse à prendre le risque, en contribuant à l'éparpillement des voix à gauche, de lui faire ce cadeau politique.



C'est une chaîne, il me faut donc y convier les prochains participants. Sont nommés : Rimbus, comme d'hab' ; Juan, parce que je suis curieux de sa réponse ; Hypos, pour voir ; Laure, pour changer ; et puis Ronald... parce qu'il le vaut bien.

[EDIT : Et puis aussi Eric bloggeur citoyen, parce qu'il commente plus vite qu'un octet lancé dans le cyberespace... et Le coucou de Claviers, parce que j'aime bien sa plume.]



Abstention, piège à cons
© La République des Fourmis par SaT - Reproduction interdite sans autorisation de l'auteur





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Ségolène

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Ségolène aura la place qu'elle souhaite avoir dans le Parti socialiste



Ségolène sur la croixInvitée du «Grand Rendez-Vous» d'Europe-1/Le Parisien/Aujourd'hui en France, Martine Aubry a déclaré que Ségolène Royal « aura la place qu'elle souhaite avoir dans le Parti socialiste ».

La question est de savoir si Ségolène Royal souhaite avoir une place dans le Parti Socialiste. A en croire Vincent Peillon, premier lieutenant de cette dernière, ceci ne semble pas évident : « Si elle veut un statut, elle aura un statut. Ça lui a été proposé dix fois, j'ai participé moi-même aux discussions avec Martine Aubry et elle ».

Dix fois ?!...

Martine Aubry s'est d'ailleurs félicitée de la présence de Ségolène Royal à ses côtés fin mai, lors du meeting du PS qui se tiendra a Rézé dans le cadre de la campagne des élections européennes. «Personne n'aurait compris qu'elle ne soit pas là», a commenté la première secrétaire du Parti Socialiste, alors que la présidente de la région Poitou-Charentes avait menacé de ne pas venir.

Je crois que Martine Aubry a tort. On aurait très bien compris pourquoi elle n'aurait pas été là... Trop bien compris en réalité, et c'est d'ailleurs bien ce qui explique que finalement elle ira. C'est qu'à l'image d'un François Bayrou, Ségolène Royal, le regard obsessionnellement fixé sur 2012, se contrefiche de ces élections européennes comme de sa première petite culotte... défaite aux présidentielles... elle s'en contrefiche. A la limite, le Parti Socialiste se retrouverait derrière l'UMP, elle ne manquerait pas de s'en réjouir, tant cela représenterait pour elle un pas supplémentaire vers la possibilité d'une nouvelle défaite candidature.

De là à penser que Ségolène Royal se contrefiche du fait qu'une telle éventualité serait aussi l'occasion pour l'UMP de crier victoire, pour Sarkozy de tirer une nouvelle légitimité à poursuivre une politique qui fait tant de mal à une majorité de français - et ils ne savent pas encore qu'ils n'ont pas fini de payer pour toutes les erreurs qui, par pure idéologie, sont commises actuellement. Bon, le penser... mais le dire serait sans doute par trop verser dans la caricature.





Cela étant dit, je prends date ici que le passage de Ségolène Royal au meeting socialiste de Rézé se fera au mieux en mode service minimum, afin de donner toute la matière aux journaux du lendemain de titrer sur une unité de façade. Elle évitera par exemple bien soigneusement de se prêter au petit jeu de la photo symbole façon main dans la main. Et une petite phrase bien placée sera en outre l'occasion pour les journalistes d'un travail prémâché : Ségolène : solidaire... mais du bout des lèvres, auront-ils écrit à l'avance. Gageons même que Ségolène arrivera en retard et/ou partira en avance : Un petit tour et puis s'en va, le titre est tout trouvé.



Où l'on parle de : Ségolène






Nouveau Front Populaire

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Nouveau Front Populaire et fièvre porcine



Tous unis pour un Nouveau Front PopulaireSignalée par Slovar, cette excellente initiative du Club Gauche Avenir mérite d'être relayée :

Communiqué du Club Gauche Avenir

Le club Gauche Avenir appelle les femmes et les hommes de gauche à participer aux manifestations du 1er Mai organisées dans toute la France. Cette année, pour la première fois depuis 62 ans, le 1er Mai sera unitaire. Ce fait exceptionnel témoigne de l’urgence sociale et du refus du monde du travail de payer les errances d’un système qui s’est développé contre lui, au profit du capital financier ! La participation doit être forte, pour imposer des décisions immédiates en faveur du pouvoir d’achat, de l’emploi, de l’interdiction des licenciements boursiers, de l’abrogation du bouclier fiscal …

Gauche Avenir estime qu’à côté de la mobilisation sociale impulsée par les syndicats, il faut préparer l’unité politique et appelle à un Nouveau Front Populaire. Même si le paysage, les enjeux, les pratiques politiques ont changé depuis les années 30, la dynamique du Front Populaire peut redevenir d’actualité, en proposant tout à la fois un débouché politique au mouvement social, un projet de société à nos concitoyens et une perspective de victoire à la gauche en 2012.

La dynamique du Front populaire avait aussi permis de dépasser les simples alliances entre les partis, en associant des organisations syndicales, des clubs, des associations. Aujourd’hui comme hier, devant les hésitations des appareils politiques, seule une large implication citoyenne fera naître une véritable alternative face à la crise et aux souffrances qu’elle engendre.

Le club « Gauche Avenir » a édité un autocollant : « tous ensemble dans un nouveau Front Populaire », qui sera diffusé et proposé aux manifestants du 1er Mai.

Club Gauche Avenir
Lundi, 27 Avril 2009



Et puis, si vous souhaitez en sus adresser un petit message personnel à Michèle Alliot-Marie, la ministre de l'Intérieur de la Sarkofrance qui souhaite "interdire le port de cagoule et de tout autre moyen de masquer le visage lors de manifestations ou attroupements", vous pouvez rejoindre les rangs des manifestants, vendredi 1er mai prochain, muni d'un masque médical qui ne saurait vous empêcher de gueuler à l'urgence sociale comme des porcins enfiévrés.

fièvre porcine unitaire

Une réalisation de CC.



Où l'on parle de : Nouveau Front Populaire






Le Manifeste du PSE

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Le Manifeste du Parti Socialiste Européen





Via son Manifeste, le Parti Socialiste Européen s’engage auprès des citoyens européens dans une démarche unitaire de ses 33 partis membres - socialistes, sociaux-démocrates, travaillistes et progressistes - avec pour objectif de créer une société plus juste et plus protectrice, prête à relever les défis qui sont devant nous, en disant : « Pour une autre Europe : les citoyens d’abord ! ».



En savoir plus pour voter informé, le 7 juin : Téléchargez le Manifeste



Ou bien lire une présentation du Manifeste du PSE : Demandez le programme



Où l'on parle de : Le Manifeste du Parti Socialiste Européen






Tripatouillage démocratique

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Découpage électoral et tripatouillage démocratique



charcutage électoralIl y a beaucoup à dire à propos du découpage électoral, mais la première chose qu'on omet trop souvent de dire est que c'est d'abord un problème mathématique avant d'être une question politique. Le problème du découpage électoral est un problème d'optimisation combinatoire sous contraintes.

Je ne vais pas faire long sur ce point - vous refuseriez de me suivre. Simplement dire qu'il s'agit simplement :

- dans un premier temps de répartir les 577 sièges de députés entre les départements français de manière optimale, c'est-à-dire afin que partout, autant que faire se peut, un député représente le même nombre d'habitants ;

- dans un second temps, de découper chaque département français en plusieurs circonscriptions - autant qu'il dispose de députés - de sorte que chaque circonscription couvre une population équivalente aux autres.

Pour cette dernière opération, il s'agit de fixer des contraintes supplémentaires d'homogénéité, c'est-à-dire qu'on cherchera à minimiser la concavité des circonscriptions - dans les schémas ci-dessous, on préférera la situation A à la situation B :

découpage électoral et convexité


Une fois qu'on entre en sus quelques éventuelles contraintes géographiques - ne pas franchir tel fleuve ou telle montagne, ne pas couper tel village en deux... -, le mathématicien fera tourner ses outils, et l'on obtiendra un découpage optimal, garanti sans charcutage.

Mais ce n'est pas le chemin choisi en Sarkofrance et toutes les suspicions en deviennent légitimes. On assiste déjà à un début de polémique entre l'opposition socialiste et le Alain Marleix, le secrétaire d'Etat aux collectivités territoriales, chargé du découpage électoral. Les premiers ayant fait remarqué que sur les 33 circonscriptions supprimées dans le projet gouvernemental, 23 sont actuellement détenues par la gauche et 10 par la droite, le second a rétorqué qu'en réalité les chiffres sont respectivement 18 et 15.

Je vous l'annonce ici, c'est le décompte de Alain Marleix qui est faux. Car voici comme il procède :

découpage électoral


Sur ce département, Mr Morlaix a décidé de supprimer la circonscription C. Tout naturellement, le voici donc qui décompte une circonscription UMP de supprimée. Certes, mais il faut donc bien maintenant répartir les électeurs correspondants dans les trois autres circonscriptions... Il ne suffit alors au charcutier Morlaix que de bien répartir les bureaux de vote pour obtenir la situation suivante :

découpage électoral et convexité


Où donc l'on constate qu'en supprimant une circonscription acquise à l'UMP, on se retrouve avec un département qui avait deux député PS et deux députés UMP et qui risque fort la prochaine fois d'avoir trois députés UMP contre aucun pour les socialistes. Et c'est donc bien en réalité deux circonscriptions socialistes qui ont été supprimées, tandis que l'UMP en gagnerait une.

Inutile d'en dire davantage pour comprendre à quoi nous sommes en train d'assister et qui consiste à rendre toute alternance de plus en plus difficile, le pouvoir étant de fait confisqué par Nicolas Sarkozy et sa horde de députés UMP - et ce dans une République où nous savons déjà que le Sénat ne saurait échappé à la droite tant le mode de scrutin lui est favorable, au mépris là encore de toute règle démocratique.

Pour ceux qui voudraient aller un peu plus loin, les articles sur Wikipedia sont relativement bien fichu - celui-ci et celui-là. Le mieux étant de se procurer le bouquin de Michel Balinski, Le suffrage Universel Inachevé.



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Sarkozy sans opposant

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Petit Sarkozy sans grand opposant



qui s'opposera à Nicolas SarkozyLorsque l'institut de sondages Opinionway, pour le compte du Figaro et de LCI, demande à un échantillon de 1002 français, interrogé en ligne, « Au cours du mois dernier, laquelle des 13 personnalités suivantes fut le meilleur opposant à Nicolas Sarkozy ? », 45% d'entre eux répondent « Aucune de ces personnalités ».

Il est amusant de constater que dans l'interprétation de ce sondage, les intérêts bien compris du Figaro et des ségolénistes semblent se rejoindre, qui simultanément choisissent de mettre l'accent sur le fait que Ségolène Royal apparaîtrait comme le meilleur opposant à Nicolas Sarkozy. C'est que de ce même échantillon et sur cette même question, Opinioway obtient que 14% désignent Ségolène Royal, 13% Olivier Besancenot et 9% Martine Aubry.

Avant de revenir vers nos 45%, seul résultat éventuellement significatif, faisons quelques remarques sur ce sondage :

Soulignons d'abord qu'il s'agit là d'Opinionway, nouveau venu parmi les instituts de sondages - depuis les dernières présidentielles - et dont on sait combien il est politiquement sujet à caution - lire ici et - et mes camarades ségolénistes le savent pourtant bien. Bref, inutile de revenir sur le fait que, contrairement à tout institut à peu près sérieux, Opinionway réalise ses enquêtes via Internet, ni même d'insister qu'il travaille quasi exclusivement avec le Figaro et LCI.

Remarquons ensuite comment la question est posée, c'est-à-dire à quel temps : « Au cours du mois dernier, laquelle des 13 personnalités suivantes fut le meilleur opposant à Nicolas Sarkozy ? » Non seulement, il s'agit du passé et d'un passé proche - en l'occurrence le mois dernier - mais c'est un passé simple - "fut" - plutôt qu'un passé composé - "a été". Or non seulement le passé simple a une dimension narrative que n'a pas le passé composé - on l'utilise pour raconter une histoire -, mais il exprime un fait qui a eu lieu dans un temps défini, sans aucune considération des conséquences qu'il peut avoir dans le présent, quand à l'inverse le passé composé est utilisé pour exprimer un fait qui a eu lieu dans une période de temps généralement récente et dont on considère les conséquences dans le présent. Ce n'est en rien innocent et ça limite considérablement la portée de la question... et le moins qu'on puisse faire est de s'interdire de conclure au fait que telle ou tel est le meilleur opposant à Nicolas Sarkozy, mais qu'il ou elle le fut.

Mais c'est pis que cela. Dans sa note de présentation, Opinionway - puisque malheureusement la loi l'exige - prend soin de rappeler que « les résultats de ce sondage doivent être lus en tenant compte des marges d'incertitude : 2 à 3 points au plus pour un échantillon de 1000 répondants. » Un rappel qui néanmoins ne dit pas toute la vérité. D'une part on ne sait pas combien parmi les 1006 personnes interrogées ont répondu, mais surtout la marge d'erreur devient d'autant plus importante qu'on se rapproche des petites valeurs. Ainsi, si nos 45% qui ne savent désigner un meilleur opposant à Sarkozy parmi les treize noms proposés sont effectivement affectés d'une incertitude de 2 ou 3 points (et en réalité probablement plus 3 que 2 !), cette incertitude est beaucoup plus importante dès lors qu'on se trouve autour des 10 ou 15% de réponses identiques - et autour de 5% (Villepin, Bayrou, Hamon et les autres), les chiffres ne sont même plus significatifs...

S'il fallait donc vraiment donner une conclusion "nomminative" à ce sondage, on ne pourrait dire mieux que seuls, Ségolène Royal, Olivier Besancenot et Martine Aubry apparaissent aux français comme avoir été des opposants à Nicolas Sarkozy au cours du mois de Mars 2009. Chacun étant cité comme le meilleur par environ un français sur dix. Ce qui est très peu.

Mais le réel enseignement de ce sondage - s'il était possible de lui accorder le moindre crédit - serait que dans une situation de profonde impopularité du président de la République auprès des français, ces derniers pour près de la moitié d'entre eux ne lui voient cependant aucun véritable opposant sur la scène politique nationale. Et là, vraiment, il n'y a du coup pas lieu de se réjouir.



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Hadopi... mais pas adoptée !

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Hadopi... mais pas adoptée !



Hadopi rejetée - la victoire des piratesCe jeudi devait avoir leu le vote définitif de la loi Création et Internet (ou loi Hadopi contre le téléchargement illégal). Un vote qui devait être une simple formalité puisque le texte avait déjà été adopté en première lecture par le Sénat et l'Assemblée Nationale.

Mais voilà, les choses ne se sont pas passées comme prévues - c'est-à-dire en procédure d'urgence pour simple formalité d'enregistrement des injonctions gouvernementales et présidentielles. Trop de parlementaires de l'UMP ont boudé l'hémicycle. Trop de parlementaires du centre (l'autre droite) ont procédé à un revirement de vote. Trop de parlementaires de l'opposition de gauche se sont mobilisés. Et au final, le projet de loi a été rejeté... et c'est le camp des pirates qui l'emporte.

C'est un énorme camouflet pour le gouvernement et pour sa ministre de la Culture Christine Albanel, c'est-à-dire, on le sait bien, pour Nicolas Sarkozy lui-même - qui ne manquera pas d'entre dans une colère noire, maudissant la terre entière et en particulier son propre camp dont il pourfendra l'incompétence (lui-même ne pouvant jamais être en cause). C'est que désormais, il faudra repartir de zéro : pondre un nouveau texte, le présenter à l'Assemblée, puis au Sénat, avant qu'une loi rétrograde (et inapplicable) puisse être enfin votée. Vu l'encombrement parlementaire actuel, autant dire qu'il est assez improbable qu'une telle loi puisse à court terme être promulguée.

Quoique. Il faut tout de même garder à l'esprit que notre tout petit président et son gouvernement fantoche ne se sont encore jamais illustré pour leur profond respect de la démocratie parlementaire. Afin de remédier à l'ire présidentielle, quelque conseiller pourrait trouver le moyen pour, d'un tour de passe-passe, corriger ce qui ne saurait être qu'une anomalie due à l'inconséquence des parlementaires, et dont les très puissants amis de la Sarkofrance pourraient bien s'offusquer.

Mais réjouissons-nous tout de même de lire déjà ici et là un enthousiasme à la mesure de la surprise que constitue ce rejet :

« C’est énorme ! »

« C’est hallucinant ! »

« Un texte rejeté comme cela, c’est incroyable ! »

« Un séisme ! »

« C’est rejeté, comme le PACS ou les OGM ! C’est arrivé deux fois dans la 5eme république ! »

« Sarkozy va piquer une crise de dingue, une colère noire, au groupe UMP, au Gouvernement. »

« Les députés socialistes, verts et communistes ont réussi un coup magistral pour montrer lors des débats la dangerosité de ce texte. La démocratie en sort grandie ! »

« Il faut espérer que le gouvernement n’aura pas l’indécence de représenter le texte en procédure normale, mais plutôt de suivre les recommandations des auteurs de la lettre ouverte pour réfléchir aux modèles économiques pour la Création et tenir compte de la liberté, des libertés ! »

« Après avoir beaucoup travaillé sur la DADVSI, aujourd’hui on est fier de notre travail et celui de la Quadrature et des députés qui ont dit non. »

...



Edit : Et déjà - mais je vous l'annonçais - Roger Karoutchi, le très zélé secrétaire d'Etat chargé des relations avec le Parlement, annonce que le texte (le même !) sera représenté par le gouvernement "à la rentrée des vacances parlementaires de Pâques"...



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Demandez le programme

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Elections européennes : demandez le programme



Pour une Europe SocialeLe dimanche 7 juin 2009, les citoyens européens des 27 pays membres de l'Union européenne sont appelés à voter pour désigner les 785 députés qui siégeront pour cinq ans au Parlement de l'Europe, situé à Strasbourg.

En France, ce sont 72 de ces 785 députés qui sont à désigner dans les 8 grandes circonscriptions : Nord-Ouest, Est, Ouest, Ile de France, Massif central-Centre, Sud-Est, Sud-Ouest et Outre-mer. Le scrutin est un scrutin proportionnel à un seul tour, où seules les listes ayant obtenu au moins 5% des voix peuvent prétendre à avoir des élus.

En France, cependant, on semble n'avoir toujours pas bien réalisé l'importance de cette élection, alors même que beaucoup du quotidien des européens, et donc des français, se décide au niveau européen, et notamment par un parlement qui obtient progressivement de plus en plus de pouvoirs. Or, et la crise actuelle en donne une illustration cruelle, nous avons plus que jamais besoin d'une autre Europe, autre que celle qui, traité après traité, se limite à ériger le libre-échangisme comme seul horizon économique. Nous avons besoin d'une Europe d'harmonisation fiscale et sociale afin que l'Europe se donne enfin les moyens d'agir politiquement pour les citoyens européens. Mais il n'y aura d'autre Europe que via un changement de majorité au parlement européen. Pour réorienter l’Europe, il faut d’abord envoyer au Parlement de Strasbourg une majorité de députés de gauche.

Nicolas s'étonne qu'à moins de deux mois maintenant de l'élection, on ne connaisse rien des programmes. Il a partiellement raison. La campagne n'a en effet pas commencé, du moins en France, et c'est regrettable tant les enjeux sont essentiels, cruciaux ! Et la droite - celle de l'UMP comme celle du Modem - ira cette fois encore au scrutin sans programme, sans même ouvrir de perspectives. Quant à l'extrême-gauche, elle se cantonnera à donner dans la récupération des protestations nationales, tant elle n'a rien à proposer, tant d'ailleurs elle n'a jamais cru en l'Europe.

Pourtant, le fait que les 33 partis membres (socialistes, sociaux-démocrates, travaillistes et progressistes) du Parti Socialiste Européen se soient mis d'accord sur une plateforme programmatique commune - le Manifesto - constitue un événement majeur, propre à nourrir quelques espoirs et à provoquer une certaine dynamique.

Cela s'appelle “Citoyens d’abord: un nouveau sens pour l’Europe” et ce sont 71 propositions détaillées et cohérentes, articulées entre elles par six grandes ambitions :

I- Relancer l’économie et éviter le retour des crises financières ;
II- Faire progresser la justice dans la nouvelle Europe sociale ;
III- Mettre l’Europe en tête de la lutte contre le changement climatique ;
IV- Parvenir à l’égalité des sexes en Europe ;
V- Donner à l’Europe une politique d’immigration pour le progrès ;
VI- Faire de l’Europe un partenaire fort pour la paix, la sécurité et le développement.

Par ailleurs, le 12 mars dernier, les socialistes français ont adopté - à la quasi-unanimité par le Bureau national et le Conseil national - un texte d’orientation "Donner une nouvelle direction à l'Europe", visant à enrichir le manifeste européen. Un texte organisé comme suit :

I- Nouveau monde, nouvelle Europe ;
II- Le bilan accablant de la droite ;
III- Le Manifeste des socialistes en faveur d’un autre modèle de développement ;
IV- Avec le vote socialiste, les européens peuvent changer l’Europe.

et qui évoque, en sus des propositions du Manifesto :

- L’augmentation du budget de l’Union [...] pour donner leur pleine efficacité aux politiques de solidarité et de préparation de l’avenir ;

- La reconnaissance pour l’UE du droit de lever des emprunts pour financer ses investissements lourds à long terme ;

- L’harmonisation des fiscalités, à commencer par celles des entreprises pour lutter contre le dumping fiscal et le dumping social, condition nécessaire à l’arrêt des délocalisations abusives à l’intérieur de l’Union Européenne ;

- La définition d’une politique de juste échange, par une politique commerciale européenne ajustée pour permettre à la fois à nos industries les plus exposées de préserver leurs emplois en se modernisant, aux pays les moins avancés de continuer à se développer, et aux normes internationales du travail et de l’environnement de s’appliquer dans les processus de production ;

- La coordination des politiques économiques [...] et la refonte encore insuffisante du pacte de stabilité ;

- Une Europe forte avec une vraie défense européenne et non cette subordination au commandement intégré de l’OTAN que Nicolas Sarkozy impose à la France.

Et ainsi, les socialistes français disposent-ils aujourd’hui de deux textes fondamentaux, et programmatiques, pour entamer la campagne des élections européennes. Ne manque plus qu'à rendre tout cela visible et audible. Et en particulier à surmonter l'habituelle frilosité médiatique vis à vis des campagnes électorales européennes - mais c'est sans doute parce que, fondamentalement, l'Europe est et demeure une idée de gauche. Et en réalité, d'une manière ou d'une autre, tout autre vote que le vote socialiste est un vote contre l'Europe - cette Europe démocratique et sociale qui est en définitive la seule Europe des citoyens.





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Pour un bouclier fiscal... progressif

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Pour un bouclier fiscal... progressif



vive les impôtsLe problème que pose le bouclier fiscal est dans cet argument maintes fois ressassé : « Il n'est pas normal que l'Etat puisse me prendre plus de 50% de ce que je gagne ».... et le français de regarder ses propres revenus et de se dire qu'en effet, ce ne serait pas du tout normal - on le comprend, sauf que cela ne risque généralement pas de lui arriver, il n'est pas assez riche pour avoir la chance de payer autant d'impôts.

Il y aurait cependant un moyen de contourner cet argument aussi populiste que fallacieux, qui prenant la droite à son propre jeu, proposerait un bouclier fiscal qui ne serait pas réservé qu'aux très riches.

C'est qu'on pourrait en effet se demander s'il est normal que l'Etat prenne 2 500 euros à quelqu'un dont le revenu annuel n'est que de 25 000 euros. Ou s'il est normal qu'on prenne 10 000 euros à cet autre qui gagne 50 000 euros annuellement...

Une telle réflexion permettrait de proposer un bouclier fiscal progressif, c'est-à-dire selon un barème tel que celui décrit par la courbe ci-dessous, donnée à seul à titre d'exemple de ce que progressivité veut dire :





Ainsi, si mon revenu annuel est de 18 000 euros (1 500 € par mois), l'Etat ne peut me prendre plus de 10% de mes impôts. S'il est de 25 000 (un peu plus de 2 000 € par mois), mon bouclier fiscal est de 14% - je ne peux payer plus de 3 500 euros d'impôts. A 50 000 euros de revenu par an (plus de 4 000 par mois), mon plafond d'imposition est de 14 000, soit 28% - ou dit autrement, il me reste au minimum 36 000 euros (soit 3 000 € par mois pour vivre).

En revanche, si on regarde les très hauts revenus : à 100 000 euros annuel, mon bouclier fiscal est de 54% et il me reste au minimum 54 000 euros ; à 150 000 euros (1 millions de francs) c'est 73%, etc... et jusqu'à progressive disparition de tout bouclier fiscal.

Ceci à titre d'exemple - et il ne suffit que d'ajuster la courbe pour obtenir la progressivité souhaitée, l'essentiel étant que cette progressivité existe. On peut être plus "gauchiste" que moi (si si !) et accentuer la pente afin que seuls les bas revenus profitent dans les faits d'un véritable bouclier fiscal, ou alors très libéral en adoucissant la progression afin que les très hauts revenus en gardent toujours un bon paquet dans les fouilles ; on peut même choisir une asymptote à 75%, plutôt qu'à 100% comme je l'ai fait ici...

Il est important de prendre conscience qu'une des propriétés de la progressivité est que non seulement il n'y a pas d'effet de seuil - au contraire de ce qu'on entend dire souvent -, mais qu'en sus on peut toujours continuer à gagner plus : l'Etat ne prend jamais tout - il ne fait que prendre une part plus important de ce qui dépasse... et qui continue donc de dépasser. Les adeptes du toujours plus seront donc toujours positivement incités à gagner plus... pour gagner plus.

Il faut d'ailleurs bien noter que ce n'est qu'un bouclier, une sorte d'assurance de ne pas dépasser un certain plafond d'imposition. De manière générale, il ne devrait jamais être atteint, pour peu que le système fiscal dans son ensemble soit bien calibré - et notamment donc en terme de progressivité, ce qui réclame une réforme fiscale qui déporte une bonne partie de l'imposition des ménages vers un impôt sur le revenu lui aussi réformé. Bref y a du boulot, mais il y a également des possibilités.



Se souvenir aussi qu'il y a encore un quart de siècle, Georges Marchais promettait : « Au-dessus d'un million, je prends tout. »... et il parlait en francs !



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Quand le grand Obama ignore le petit Sarkozy

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Quand le grand Obama ignore le petit Sarkozy



Lors du G20, au moment de la photo de famille, Nicolas Sarkozy espérait très fort serrer la main de Barack Obama devant les caméras. Mais le président américain l'a superbement ignoré. Deux fois !

Et en musique, s'il vous plaît !



Et Sarko rêvait d'un autre monde / Où il suffirait d'avoir une faconde.



Sur le G20 lui-même, rien à dire de plus ou de mieux que cette jolie métaphore de Jacques Attali : « Comme si des alcooliques anonymes s'étaient réunis dans un bar à vin et, tout heureux de leurs bonnes résolutions, avaient décidé au sortir de leur réunion de prendre un dernier verre. Pour la route. »

Un G vain. Le président français continue contre toute évidence de prétendre que la France n'a pas besoin d'un plan de relance d'envergure, incluant la mise en chantier de grands travaux ainsi qu'un soutien plus que sérieux du pouvoir d'achat des plus démunis. Les très riches continueront de percevoir des revenus délirants et indécents - en salaires, primes, stock-options et autres plan de retraite mirobolants. Tandis que les paradis fiscaux se réjouiront longtemps de s'en être tirés à si bon compte. Et tout cela pendant que la crise se mettra à durer et s'amplifier, que le chômage continuera à exploser et que les précarités ne cesseront de gagner du terrain.

Mais tout ce qui intéressait le petit président des français était de toucher la main du grand président américain - lequel continue d'appeler quant à lui à des plans de relance renforcés, en donnant lui-même l'exemple dans son propre pays. Qui croyez-vous ressortira de la crise en premier, et renforcé ?



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La proposition 5 du Manifeste socialiste européen

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La proposition 5 du Manifeste socialiste européen : un programme européen de développement des réseaux de transport d’énergie et de transport de données à large bande



PSELe 7 juin prochain, lors des prochaines élections européennes, les citoyens d’Europe auront à faire un choix politique fondamental. Chaque électeur aura à choisir entre la conception du Parti Socialiste Européen d’une Europe de progrès, dans laquelle les citoyens, les Etats et les pouvoirs européens travaillent ensemble pour répondre aux aspirations de tous ; et une Europe de droite, où l’avenir de nos pays et de nos concitoyens serait remis au jeu du marché.

En effet, à l'occasion de cette élection, le Parti Socialiste Européen s’est engagé auprès des citoyens européens dans une démarche unitaire visant à créer une société plus juste et plus protectrice, prête à relever les défis qui sont devant nous, en disant : « les citoyens d’abord ». Adopté à l’unanimité par les 33 partis membres - socialistes, sociaux-démocrates, travaillistes et progressistes -, le Manifeste du PSE constitue à cet effet un programme d’action commun, qui s'engage plus précisément à :

I- Relancer l’économie et éviter le retour des crises financières ;
II- Faire progresser la justice dans la nouvelle Europe sociale ;
III- Mettre l’Europe en tête de la lutte contre le changement climatique ;
IV- Parvenir à l’égalité des sexes en Europe ;
V- Donner à l’Europe une politique d’immigration pour le progrès ;
VI- Faire de l’Europe un partenaire fort pour la paix, la sécurité et le développement.

Ce programme est décliné en 71 propositions détaillées et cohérentes. Des blogueurs, engagés dans cette importante campagne électorale visant à proposer aux citoyens européens un nouveau sens pour l'Europe, se proposent de vous les présenter au long d'une chaîne dont ils seront donc les 71 maillons - et dont j'ai l'honneur d'être ici le cinquième.

Ainsi, dans le chapitre Relancer l’économie et éviter le retour des crises financières, un premier sous-chapitre se propose de Donner un cadre aux marchés financiers pour l’économie réelle, l’emploi et la croissance dans lequel :

1- Timothée a présenté la proposition : Relancer l’économie et éviter le retour des crises financières ;

2- Abadinte a présenté la proposition : Mettre fin aux paradis fiscaux ;

3- Maxime a présenté la proposition : Réformer l’architecture financière mondiale.


Le second sous-chapitre évoque pour sa part Une stratégie européenne pour une croissance écologique et innovante, créatrice d’emplois dans lequel :

4- Back2basics a présenté la proposition : Doter l’Europe du système de transports le plus efficace, le plus économique et le plus écologique ;

5- Je suis quant à moi chargé de vous présenter la proposition : Elaborer un programme européen de développement des réseaux de transport d’énergie et de transport de données à large bande :



Nous appelons à un programme européen de développement des réseaux de transport d’énergie et de transport de données à large bande, indispensables à l’économie européenne de demain. Les parcs à éoliennes en mer, par exemple, exigent de nouveaux réseaux de transport transfrontières. La vitalité économique des zones rurales, dans toute l’Europe, dépend de l’accès à la communication large bande. Des milliards d’euros d’investissements s’imposent donc dans tout le continent. La Banque Européenne d’Investissement, qui finance déjà les infrastructures énergétiques et de télécommunications, pourrait s’engager sur une plus grande échelle. L’injection de fonds structurels communautaires dans ces domaines d’avenir doit aussi être prévue.



La proposition a le mérite d'être tout à fait explicite, et est sans conteste très pertinente, en ce qu'elle est à la fois utile à la création d'un espace européen tourné vers les citoyens, efficace économiquement par la programmation d'investissements productifs d'avenir et écologiquement soutenable. Elle est donc parfaitement en phase avec cette ambition d'une croissance à la fois écologique et innovante, créatrice d’emplois, dont les citoyens européens - mais également les citoyens du monde - ont le plus grand besoin.

C'est qu'il s'agit bien de cela, au travers des 9 propositions de ce sous-chapitre, de la mise en place d'une stratégie européenne visant à créer 10 millions de nouveaux emplois à l’horizon 2020, dont 2 millions pour le seul secteur des énergies renouvelables, stratégie d'avenir qui donnera à l’Europe le leadership mondial de l’innovation et des nouveaux produits et nouvelles technologies durables.

De la même manière, l'efficacité énergétique contribuera à cette stratégie, tout en réduisant la facture énergétique des foyers européens, manière - pertinente là encore - d'améliorer leur pouvoir d'achat. Mais de cela, c'est mon ami Rimbus qui va se faire un plaisir de vous en parler, puisque le voilà présentement chargé de poursuivre cette chaîne de campagne.



J-67 pour Changer l'Europe !



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Elections Européennes

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Elections Européennes : tous ensemble !



PSEUn billet en forme de coup de gueule, suite à celui d'Antoine, qui s'énerve encore après Martine Aubry parce que dans une petite video de 7 secondes, où celle-ci est censé déclamer le slogan de la campagne européennes des socialistes européens - Manifeste du Parti Socialiste Européen, Citoyens d'abord, un nouveau sens pour l'Europe - la première secrétaire du Parti Socialiste français ne fait pas une prestation phénoménale - et c'est en effet le moins qu'on puisse dire.

Mais cela vaut-il d'en faire des tonnes, de l'accabler de tous les maux, de laisser entendre qu'elle n'y croirait pas, qu'elle irait à la bataille électorale sans enthousiasme, de donner dans le très lourd en écrivant que «là, on dirait que tu vends du poisson avarié sur le port de Boulogne, que t'as honte de ta marchandise, que tous les clients puent du bec, qu'en plus le poisson ça colle aux mains et ça laisse traîner des écailles partout. »

Une bien grosse colère pour sept petites secondes ! Au point qu'on pourrait se demander ce que ça cache, un tel acharnement. Parce qu'avec un peu de bonne foi, il était possible de mettre en avant du plus reluisant, du plus enthousiasmant, du plus positif pour un Parti Socialiste qui entre en campagne. Le chemin à faire n'était pas très long :





Je vais me garder de rappeler ici l'incapacité ségolienne à prononcer un discours en ayant un peu plus de charisme d'une huitre, ne pas laisser entendre qu'il ne s'agirait là, encore et toujours, que de cette aigreur post congrès de Reims, qu'il ne s'agit pas simplement d'espérer en une défaite électorale aux européennes un chemin favorable vers la présidentielles, taper dès aujourd'hui sur Martine pour mieux préparer Ségolène.

Je vais également m'abstenir de relever la présence d'un certain Michel Rocard sur la bannière du blog d'Antoine et ne pas raviver le souvenir d'un homme talentueux dont les mémorables incapacités médiatiques condamnèrent les ambitions - les rocardiens clamant alors que ce n'était pas là l'important, que c'était un mauvais procès...

Non, je vais me contenter de rappeler que les élections européennes se tiendront maintenant dans deux mois - le 7 juin. Rappeler aussi que ce sont des élections on ne peut plus importantes, que de la couleur du parlement européen dépendront beaucoup les orientations européennes des prochaines années - plus de libéralisme ou plus de régulations, plus de laisser-faire ou plus de protections sociales... Des orientations qui auront un impact certain sur la vie des européens et à commencer par les plus fragiles d'entre nous, laissés pour compte d'une Europe livrée aux puissances du marché.

Il ne s'agit ni de Martine ni de Ségolène. Il ne s'agit pas de politique franco-française et encore moins des bisbilles internes au Parti Socialiste. Il s'agit de faire gagner la gauche en Europe, et pour ce qui nous concerne, il s'agit de faire que le Parti Socialiste, porteur en France du Manifeste, fasse le meilleur score possible.

Et d'ailleurs, ne nous y trompons-pas, le seul effet d'un mauvais score des socialistes en France sera d'ouvrir un boulevard à Nicolas Sarkozy jusqu'à 2012 - et on se contrefichera alors de savoir si c'est Martine ou Ségolène, Dominique ou François qui prendra la claque : ce sont de toute façon les français, et d'abord les plus démunis, les précaires, qui la prendront pleine face.

Je ne résiste pas à rappeler une dernière chose. Il y a deux ans, à cette même date, j'avalais tous les jours des couleuvres, pestant par devers moi qu'il faille aller à la présidentielle avec une candidate que je jugeais proche de la nullité. Je n'en disais mot, pourtant. Au contraire, j'étais solidaire à 200%, sur ce blog comme sur les marchés, parce qu'il s'agissait avant toute chose de tenter de contribuer à la victoire de la gauche, malgré tout, malgré ce que je pensais de notre candidate, de son phrasé pompeux, de ses intuitions catastrophiques, de son programme timoré...

Alors oui, Antoine, tu as raison. Je crois que maintenant ça suffit ! Retroussons ensemble nos manches et faisons cette campagne. Déjà, certains d'entre nous se sont mis au boulot, via une chaîne visant à expliquer et défendre les 71 propositions du Manifeste. Ça me semble une démarche un brin plus positive que de discourir sur les qualités charismatiques de la poissonnière du port de Boulogne...



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Des primaires à gauche ?

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Des primaires à gauche ?



Afin de désigner le candidat de la gauche à l'élection présidentielle de 2012, il me semble évident qu'il faille en passer par des primaires ouvertes aux sympathisants. Evident parce qu'un candidat léfitimé par le vote d'une poignée de millions d'électeurs serait en meilleure position, mieux à même de créer une dynamique victorieuse, qu'un candidat désigné au sein de son propre parti par une ou deux centaines de milliers de militants.

Il est même évident qu'il devrait s'agir de désigner le candidat de la gauche, désignation à laquele serait convié l'ensemble du peuple gauche, plutôt que du seul candidat socialiste par les sympathisants socialistes, afin que la gauche se présente unie pour affronter le ou les candidats de la droite.

A ce stade, on peut toutefois fortement douter très fortement que les Verts et le Parti Communiste consentent à prendre part à cette aventure, ils considèreront avoir trop à perdre à n'être pas directement représentés à l'élection présidentielle - et je n'évoque pas même le cas Besancenot, dont le NPA n'a aucune intention de s'inscrire dans une démarche collective de toute la gauche et dont le seul objectif électoral est de scorer : à 10%, le facteur sera content et se contrefout de ce qu'il pourra advenir ensuite.

Il faudra pourtant essayer, tenter de convaincre l'ensemble des partis de la gauche de se mettre d'accord sur l'organisation de primaires ouvertes à tout le peuple de gauche et à l'issue desquelles un candidat unique serait désigné et une plateforme de gouvernement commune serait élaboré. On pourrait même imaginer que les résultats de telles primaires fourniraient une base pour la désignation des candidats aux législatives, qui suivront immédiatement les présidentielles.

Cependant, si une telle démarche collective s'avérait impossible - ce qui serait tout à fait regrettable - cela ne devra pas fournir prétexte aux socialistes à se replier sur eux-mêmes, et il faudra alors organiser des primaires ouvertes aux sympathisants socialistes pour la désignation du candidat socialiste - cela devrait d'ailleurs permettre à celui-ci de partir avec un surcroit de légitimité sur l'ensemble des autres candidats que les autres partis de gauche désigneront dans leur coin, et limiter donc la déperdition de voix lors du premier tour de la présidentielle.

Voilà pour le principe. Reste à déterminer quelques modalités, et en particulier ce qu'est un sympathisant socialiste. La réponse est là plutôt simple : il s'agit de toute personne de plus de 16 ans qui se déclarera comme tel, et à la seule condition qu'elle soit résidante en France depuis au moins cinq ans. 16 ans afin d'associer le plus largement possible une jeunesse à une campagne présidentielle qui la concerne et dont elle saurait être un moteur puissant. Résidant en France depuis au moins cinq ans parce que nous sommes de gauche.

Inutile de broder davantage. Ajouter seulement que sur ce point, comme sur tant d'autres, les socialistes auraient grand tort de se montrer frileux et timorés, recroquevillés autour d'eux-mêmes.



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Rien que des mots !

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Encore des mots toujours des mots



EDIT : Ne vous embarrassez pas à lire ce billet, celui de Plume de presse est bien meilleur - et c'est bien normal, c'est son métier Winking Cela dit, non seulement il est meilleur, mais pour le coup, il est aussi indispensable !





Si je suis élu président de la République, je ferai voter dès l'été 2007, une loi qui interdira la pratique détestable des golden parachutes, parce que c'est contraire aux valeurs qui sont les miennes... Eh oui !

Et non.

Souvenons-nous, dans son discours de prise de fonction, le tout nouveau président avait indiqué que son mandat serait guidé par douze exigences, sur lesquelles il s'engageait solennellement. Sur cette seule question, on peut considérer que ne sont pas respectés les exigences suivantes (sept d'un coup !) :

2- "Respecter la parole donnée" ;
3- "Tenir les engagements" ;
4- "Exigence morale" ;
5- "Réhabiliter les valeurs du travail, de l'effort, du mérite, du respect" ;
10- "Exigence de résultat" ;
11- "Exigence de justice" ;
12- "Exigence de rompre avec les comportements du passé".



Paroles, paroles :



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Sarkozy ou l'éthique en toc

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Sarkozy ou l'éthique en toc



sarkozy éthiqueHier soir, à Saint-Quentin, devant un parterre de beuglants de l'UMP, le tout petit président a plusieurs fois appelé au retour à une « éthique du capitalisme », qui serait une « éthique de l'effort, de la responsabilité, de l'honnêteté ».

« Percevoir une grosse rémunération en cas d'échec, [...] distribuer des bonus dans une entreprise qui met en oeuvre un plan social ou qui reçoit des aides de l'Etat [...], ce n'est pas responsable, ce n'est pas honnête », a martelé le chef de l'État, qui a réclamé un « devoir d'exemplarité ». Ainsi, enfonce-t-il le clou, « il ne doit plus y avoir de parachutes dorés. Il ne doit plus y avoir de bonus, de distribution d'actions gratuites ou de stock-options dans une entreprise qui reçoit une aide de l'Etat, qui met en œuvre un plan social d'ampleur ou qui recourt massivement au chômage partiel. »

On ne s'interrogera pas ici sur la cohérence entre éthique de l'effort et récompense à la France qui hérite, nous l'avons déjà fait.

Mais on relèvera que Nicolas Sarkozy n'a rien proposé de concret qui puisse donner un peu de poids à ses mots, les rendre un peu crédibles ; aucune mesure digne de ce nom qui puisse donner à penser que sera fait ce qui doit être fait pour en finir avec les décisions irresponsables et malhonnêtes du capitalisme et de ses plus fidèles thuriféraires. Nicolas Sarkozy fait mine de ne pas entendre qu'on peut sauter sur sa chaise comme un cabri en disant “L’Ethique ! L’Ethique ! L’Ethique !”, cela n’aboutit à rien et cela ne signifie rien.

Et puis, pour se foutre jusqu'au bout de notre gueule, le voici qui en remet une couche sur le paquet fiscal en faisant appel au « bon sens » pour justifier sa décision de plafonner à 50% les impôts prélevés sur les plus riches, arguant même qu'augmenter les impôts des riches « ça finit toujours par tomber sur les classes moyennes » - ce qui est d'une bêtise profonde, mais on ne va pas non plus attaquer le président sur ses lacunes neuronales...

Posons plutôt la question suivante : Dans un pays où il est possible de mourir de froid dans la rue, où des familles entières vivent dans des conditions insalubres, où des retraités doivent survivre avec quelques centaines d'euros par mois, où le chômage et la précarité sont le quotidien de millions de personnes, où une large partie de la jeunesse est sans perspective, et où le salaire mensuel moyen est de 2 500 euros brut, et le SMIC à 1320 euros brut, est-il responsable, est-il même honnête d'accepter que quelques-uns perçoivent dans le même temps des salaires qui avoisinent le million d'euros, accompagnés de bonus de toutes sortes qui leur permettent encore de multiplier ce chiffre par dix ?

La Chambre des représentants américaine a ce jeudi adopté (par 328 voix contre 93) un projet de loi visant à imposer à 90% les primes des salariés des entreprises qui ont reçu une aide publique et dont la rémunération annuelle dépasse les 250.000 dollars par an. C'est sans doute que les américains ont quant à eux compris que si l'on ne peut par la loi empêcher une entreprise privée de s'écarter de la bonne éthique capitaliste, l'Etat dispose via l'impôt de tous les moyens pour l'y inciter très fortement, et à défaut pour corriger très sensiblement les abus qui seraient commis.

Encore faut-il en avoir la volonté politique. Encore faut-il qu'un bouclier fiscal ne vienne pas priver l'Etat de toute marge de manoeuvre fiscale en direction des plus riches !

« Une société de liberté, c'est d'abord une société de respect », a également énoncé le petit président des « pôv' cons » et du bling-bling, ce même petit bonhomme qui se gargarise aussi du mot « exemplarité »...



Edit : Simultanément, Nicolas a pondu un billet qui prend d'autres chemins pour dire des choses très approchantes - si son titre est moins lumineux que le mien, allez tout de même le lire : L'éthique, la loi ou l'impôt ?



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Rétablir les droits de succession

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Rétablir les droits de succession



Collectif Sauvons les RichesLa loi TEPA et son gros paquet fiscal constituent la mesure emblématique du sarkozysme. Il n'est donc guère surprenant que le débat politique se cristallise autour de cette loi.

Aujourd'hui encore, la gauche enfonce le clou en réclamant la suppression du bouclier fiscal, tandis qu'une partie de la droite fait mine de s'interroger sur l'opportunité en ces temps de crise de suspendre l'application dudit bouclier - c'est-à-dire en réalité de le maintenir mais en le refaisant passer à 60% (contre les 50% actuels) durant une année ou deux. Ce qui donne l'occasion au gouvernement de donner de nouveaux gages à son électorat en faisant preuve de fermeté, Nicolas Sarkozy allant jusqu'à proclamer qu'il n'a pas été élu pour augmenter les impôts.

Notons au passage que cette fois, et contrairement à ses habitudes, le petit président a énoncé une vérité : il n'a pas en effet été élu pour augmenter les impôts. Et si l'on peut noter qu'il les a même diminués pour les plus riches d'entre nous, via justement le paquet fiscal, on pourrait également faire la liste des impôts et taxes qui ont pour leur part bel et bien augmenté - en dépit donc de ses engagements de campagne. Je ne le ferai pas, d'autres s'en étant chargé - il en est même qui ont fait la liste des certaines choses pour lesquelles il n'avait pas non plus été élu. En revanche, sur le pouvoir d'achat...

Mais passons. Ce qui en revanche est plus surprenant est la timidité avec laquelle la gauche aborde certain aspect du paquet fiscal. Elle dénonce le volet sur le bouclier fiscal, et elle a raison : cela relève de l'injustice fiscale au profit des plus riches (n'en déplaise à Gad Elmaleh) ; elle pointe du doigt la défiscalisation des heures supplémentaires, et elle a raison : cela contribue par effet d'aubaine à l'augmentation du chômage ; elle souligne l'inefficacité économique de l'ensemble du dispositif pour un coût tout à fait exorbitant, et elle a raison : voilà des milliards consacrés aux foyers les plus riches et aux entreprises quand on se serait attendu qu'on se préoccupe d'abord du pouvoir d'achat des foyers les plus modestes - mais il est vrai que c'est depuis devenu une habitude, une sorte de marque de fabrique du sarkozysme : la distribution par milliards de l'argent public à ceux qui... sont ses amis privés.

En revanche, donc, il règne à gauche un silence assourdissant sur la question des droits de succession, dont la quasi-suppression est pourtant une autre mesure phare de la loi TEPA, très étrange mesure venant d'un président qui n'a eu de cesse de répéter qu'il voulait « récompenser la France qui travaille » - quel est donc le grand mérite de cette France qui hérite, qu'il faille ainsi l'exonérer d'impôt ?

En 2007, la gauche avait dramatiquement perdu la bataille des idées, et donc l'élection présidentielle. Il semble désormais plus que temps de reprendre ce combat : parler d'égalité des chances, parler de solidarité, parler de redistribution des richesses, parler de justice sociale et fiscale... Or il est plutôt aisé de comprendre qu'au coeur de tout cela, il y a l'imposition des successions.

La mesure serait impopulaire ? Bien entendu, puisque la gauche est en situation de faiblesse dans l'opinion, puisque justement elle a perdu la bataille des idées et n'a pas encore repris le combat sur son terrain, celui des solidarités. Il ne s'agit pourtant que d'entreprendre un travail d'explication, faire preuve d'un peu de pédagogie, énoncer quelques vérités qui dissiperont bien des inquiétudes et des incompréhensions.

Rappeler par exemple quelle était la situation antérieure, avant la loi TEPA de 2007 : en 2002, un rapport du Sénat évaluait que « seul un petit quart des successions donne lieu à perception de droits de succession [les plus importantes] et que ce sont près de 90% des transmissions entre époux et 80% en ligne directe, qui ne donnent pas lieu à perception de droits ». Ainsi, la perception de droits de successions ne concernait déjà qu'une part très minoritaire des successions et, en particulier, seulement 20% des successions en ligne directe (de parents à enfants) et 10% de celles entre époux.

Suite à la loi TEPA, ce sont désormais 95% de toutes les successions qui sont exonérées. On voit aisément à quelle catégorie de français Nicolas Sarkozy a destiné son cadeau fiscal.

Aujourd'hui, la succession entre conjoints est totalement exonérée d'impôts. Aujourd'hui, un parent qui décède et laisse un actif net de 300 000 euros à deux enfants, laisse en héritage 150 000 euros non imposables à chacun d'entre eux. Aujourd'hui, un parent qui décède et laisse un actif net de 600 000 euros à trois enfants, laissent 200 000 euros à chacun, imposables à hauteur de 6 956 euros. Dit autrement, chaque enfant touche par naissance 200 000 euros imposés à 3,5% !

A titre de comparaison, un salarié vivant seul et gagnant mensuellement 1 500 euros est imposé à hauteur de 1 430 euros, soit 8% des 18 000 euros qu'il aura gagné dans l'année. En clair, un héritier touche sans travailler 200 000 euros imposé à 3,5%, quand un salarié travaillant toute une année pour à peine plus du SMIC est quant à lui imposé plus de deux fois plus sur une somme plus de dix fois moindre.

Un tel rappel de la réalité devrait permettre de poser le débat sur la nécessité de réformer l'impôt sur le revenu tout en rétablissant un impôt progressif sur les successions. Car il ne s'agit pas nécessairement d'augmenter les impôts en général, mais de les répartir mieux entre tous, dans un esprit de solidarité et de redistribution.

De même qu'il ne s'agit pas de rétablir l'impôt sur toutes les successions, mais bien d'en rétablir le caractère progressif, donc redistributif. Disons pour exemple et par héritier en ligne directe :

- jusqu'à 50 000 euros : 0%
- entre 50 000 et 100 000 euros : 5%
- entre 100 000 et 150 000 euros : 10%
- entre 150 000 et 200 000 euros : 15%
- entre 200 000 et 300 000 euros : 20%
- entre 300 000 et 400 000 euros : 30%
- entre 400 000 et 500 000 euros : 40 %
- entre 500 000 et 1 000 000 euros : 50 %
- au-delà de 1 000 000 euros : 60%

Dans cet exemple, un enfant qui hérite de 50 000 euros net de ses parents ne serait redevable d'aucun impôt, quand celui qui ci-dessus héritait de 200 000 euros serait redevable de 15 000 euros - ce qui est encore relativement peu puisque c'est un taux d'imposition de 7,5%, soit un peu moins encore que celui de notre salarié smicard qui devrait quant à lui travailler plus de dix ans pour toucher ce que l'héritier touche en une seule fois et sans rien faire.

La gauche serait particulièrement mal inspirée de faire une fois de plus l'impasse sur cette question plus que symboliquement centrale de la réforme de l'impôt : impôt sur le revenu et impôt sur les successions, impôt sur les revenus du patrimoine et ISF, mais aussi TVA dont il faut rappeler que, non progressif, il est l'impôt le plus injuste... à l'exception de l'impôt sur les successions qui n'existe même plus.



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Le gros mensonge de Nicolas Sarkozy

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Le gros mensonge de Nicolas Sarkozy



Sarkozy et le pot de confiture du mensonge«L'authenticité se lit sur mon visage (...) personne ne m'a pris le doigt dans le pot de confiture du mensonge » (Nicolas Sarkozy, conférence de presse du 8 janvier 2008).

C'était il y un peu plus d'un an et déjà on s'étonnait du culot et de l'arrogance de cet homme dont le mensonge et la trahison jalonnent sa vie d'homme politique.

Jeudi dernier, lors de son intervention télévisé "Face à la crise", il a récidivé en déclarant - face à 15 millions de français - la main sur le coeur et avec quelques trémolos dans la voix : «Je suis quelqu'un de très déterminé, et quand je prends un engagement, j'ai l'habitude de le tenir. On m'a fait beaucoup de reproches dans ma vie politique : pas de mentir. »

L'indispensable Torapamavoa récapitule dans une de ces petites vidéos bien senties, et dont il a le secret, quelques-uns des plus célèbres mensonges qui ont marqué la vie politique de Nicolas Sarkozy. C'est utile, mais il n'est pas nécessaire de remonter le temps, tant l'intervention télévisée du tout-petit-président, jeudi dernier, était elle-même jalonné de mensonges.

Passons d'abord sur ce glissement qui de 2007 où le candidat Sarkozy déclarait qu'il serait le candidat du pouvoir d'achat, l'a conduit en 2008 à déclarer qu'il ne pouvait tout de même pas « vider des caisses déjà vides » et que « réduire la vie politique française à la seule question du pouvoir d'achat [était] absurde », pour en 2009 - "Face à la crise", donc - parvenir à pérorer deux heures durant sans évoquer une seule fois le pouvoir d'achat, réussissant le tour de force de n'en pas même prononcer le nom.

Ne revenons pas non plus sur Gandrange, où les salariés du site d'Arcelor Mittal se souviennent très précisément et très amèrement des promesses faites par le président et dont ils savent aujourd'hui qu'elles ne seront pas tenues, salariés abandonnés à leur sort qui auront certainement apprécié les efforts de ce nouveau super-menteur pour prétendre le contraire avec un aplomb tout à fait délirant.

Tout au long de cette interminable émission, Nicolas Sarkozy s'est ainsi autorisé à tordre faits et chiffres selon son bon vouloir, persuadé qu'il est que la parole peut avantageusement se substituer à la réalité.

Certains ont par exemple relevé le mensonge proféré à propos du cadeau fait aux banques françaises - déjà près de 40 milliards d'euros, et non 25 comme annoncé jeudi soir -, quand le tout-petit-président a cru en sus pouvoir impunément énoncer qu'il ne s'agissait que d'un prêt consenti par l'Etat et qui de ce fait rapporterait à ce dernier « 1,4 milliards d'intérêt, pour financer des mesures sociales ».

En réalité, le sauvetage de Dexia, réalisé par un achat massif d'actions, a d'ores et déjà coûté 770 millions d'euros (en moins-value à réaliser) aux contribuables français ; surtout, l'Etat s'est lui-même endetté afin de pouvoir prêter aux banques, ce qui signifie que d'une part il paie lui-même des intérêts, et que d'autre part il affaiblit sa propre position sur les marchés, renchérissant d'autant les futurs emprunts de l'Etat.

D'autres se sont intéressés aux affirmations présidentielles à propos de la relance par la consommation pour laquelle a opté la Grande Bretagne. « Si les Anglais ont fait cela, répondit-il, c’est parce qu’ils n’ont plus d’industrie, à la différence de la France […]. Les services pèsent pour 15% du PIB anglais. Ils pèsent pour 3% du PIB français. […] Gordon Brown ne peut pas faire ce que j’ai fait avec […] un certain nombre d’industries parce qu’ils n’en ont plus. » s'est par exemple autorisé à dire Nicolas Sarkozy, quand la réalité est toute autre puisque selon l’OCDE, la part de l’industrie dans les PIB français et britanique est identique (12,6%). Quant aux services, ils occupent en France une part prépondérante du PIB : 77,3%... et non pas 3% !!!

Et super-menteur cependant de poursuivre : « Le jour où les Anglais ont décidé de réduire de deux points la TVA [c’est 2,5 point en fait, mais le président n’est pas à cela près], un certain nombre de responsables politiques se sont précipités pour dire : C’est ce qu’il faut faire. La consommation, depuis, en Angleterre, non seulement n’a pas repris mais elle continue à baisser. » C'est une nouvelle fois totalement faux : au Royaume Uni, la consommation des ménages en produits manufacturés s’est accrue de 2,6% entre novembre et décembre 2008. En France, au contraire, une baisse de la consommation de près de 1% est enregistrée sur la même période...

Mais, en terme de mensonge, le plus énorme est encore ailleurs - et il n'est pas anecdotique que Nicolas Sarkozy l'ait proféré afin de tenter de dissimuler sa tentation monarchique. Le chef de l’Etat a en effet chercher à réfuter l’idée que ce serait lui qui décide seul de la nomination des présidents de l’audiovisuel public : « C’est un mensonge », a-t-il affirmé sans aucune pudeur, expliquant que « le nom proposé part aux commissions des affaires culturelles de l’Assemblée nationale et du Sénat où il doit être accepté à la majorité des 3/5e, c’est-à-dire que l’opposition doit être d’accord avec la majorité ».

Mais voilà, c'est absolument faux. Réclamée par le Parti Socialiste, la nomination avec l’accord des 3/5e des commissions, c'est-à-dire dans un certain consensus républicain, n’était pas prévue dans le projet de loi du gouvernement... et n'a de fait pas été votée par le Parlement et sa majorité UMP. Pis même, selon le texte entériné la veille par le Parlement, le nom ne doit pas être accepté à la majorité des 3/5e - ce qui aurait rendu nécessaire l’approbation d’une partie de l’opposition - mais il peut être refusé à une majorité des 3/5e - ce qui signifie qu'il suffit qu'elle soit accepté par seulement les 2/5e... et c'est en réalité moins que la majorité qui suffira au président pour que sa volonté soit respectée.

Mardi, à l'Assemblée Nationale, Laurent Fabius a interrogé François Fillon à propos des déclarations de Nicolas Sarkozy sur la nomination du président de France télévisions, selon lesquelles il apparaîtrait que l’opposition serait finalement associée à cette nomination. Se demandant avec une fausse ingénuité si le président de la République avait vraiment pu « prononcer un énorme mensonge devant 15 millions de personnes », l’ancien premier ministre socialiste a demandé : « Est-ce un revirement ou un mensonge ? ».

Après avoir très maladroitement tenté de noyer le poisson, François Fillon a expliqué que ce n'était pas un revirement, confirmant implicitement que c'était un énorme mensonge - mais personne non plus ne pouvait en douter.





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Popularité de Nicolas Sarkozy

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Popularité de Nicolas Sarkozy : retour en eaux profondes



sarkozy impopularitéAprès quelques mois en eaux troubles, Nicolas Sarkozy s'enfonce à nouveau, et rapidement, dans les eaux profondes et noires de l'impopularité.

En ce début de semaine et à la veille de l'intervention télévisée du petit père des people, trois sondages viennent sonner le glas de la très relative embellie - le solde de confiance n'ayant jamais cessé d'être négatif - de l'impopularité présidentielle, que les études de ces derniers six mois laissaient entrevoir au profit d'une amélioration toute entière bâtie sur un trompe-l'oeil - il est difficile de continuer à baisser quant on est si proche du fond.

Commençons par le sondage CSA pour Le Parisien / Aujourd'hui en France : selon cet institut, ce ne sont plus que 39% des français qui accordent encore leur confiance à Nicolas Sarkozy « pour affronter efficacement les principaux problèmes qui se posent au pays », tandis que 55% ne lui font pas confiance. Ils étaient respectivement 44% et 50% le mois précédent, soit 10 points supplémentaires de déficit de confiance, portant son total à 16. On notera que Nicolas Sarkozy n'est plus qu'à 3 points de son niveau de confiance le plus bas (atteint en juillet dernier).

Le sondage IFOP pour Paris-Matchenregistre pour sa part « un recul spectaculaire du président » : les français ne sont plus que 41% à approuver "plutôt" ou "tout à fait" son action (contre 47% en janvier, soit une chute de 6 points), le président de la République retrouvant son niveau d'impopularité record. Ils sont à l'inverse 58% à exprimer leur désapprobation (contre 53% en janvier). Le déficit d'approbation atteint ici 17 points, avec une perte de 11 points en un seul mois, qualifiée par l'IFOP de « dégringolade ».

Enfin, le sondage TNS Sofres pour Le Figaro magazine enfonce le clou. Selon cet institut, 37% seulement des français font confiance « pour résoudre les problèmes qui se posent en France actuellement », soit une chute ici de 4 points, quand ils sont au contraire 60% à ne pas lui faire confiance (contre 56% en janvier). Ainsi, dans le Figaro Magasine, le déficit de confiance du président de la République est-il désormais de 23 points, pour un record à battre de 29 points...



graphique évolution popularité Sarkozy
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Ainsi, en moyenne pour ce mois de février, Nicolas Sarkozy dispose-t-il à cette heure de 39% d'opinions positives contre 58% d'opinions négatives, soit un solde déficitaire de près de 20 points - 23 étant le record à battre (réalisé en juillet 2008).

Rappelons qu'au lendemain de son élection, Nicolas Sarkozy possédait un solde positif de 36 points entre opinions positives et opinions négatives. On mesure ainsi le chemin parcouru par ce tout petit président...



A noter également que la période de très relative embellie a très précisément correspondu aux six mois de présidence française de l'Union Européenne, période au cours de laquelle Nicolas Sarkozy s'est considérablement moins impliqué dans les affaires franco-françaises, préférant aller faire le beau sur la scène internationale. A croire que les français ne parviennent à le supporter que de très loin. A la limite, il démissionnerait, on en viendrait presque à l'applaudir. Mais j'dis ça, j'dis rien...





Mais comment est composé cette moyenne ?

SOFRES pour le Figaro : Faites-vous confiance tout à fait ou plutôt, plutôt pas ou pas du tout, à Nicolas SARKOZY pour résoudre les problèmes qui se posent en France actuellement ?

IFOP pour Paris-Match : Approuvez-vous, tout à fait, plutôt, plutôt pas ou pas du tout, l'action de Nicolas Sarkozy comme président de la République ?

IFOP pour le JDD : Etes-vous satisfait (très ou plutôt) ou mécontent (plutôt ou très) de Nicolas Sarkozy comme président de la République ?

LH2 pour (Libération) NouvelObs : Concernant Nicolas Sarkozy en tant que président de la République, dites-moi si vous en avez une opinion trés positive, assez positive, assez négative ou très négative.

Viavoice pour Libération : Concernant Nicolas Sarkozy en tant que président de la République, dites-moi si vous en avez une opinion trés positive, assez positive, assez négative ou très négative.

CSA pour iTélé et Le Parisien : Faites-vous confiance ou pas confiance au président de la République, Nicolas SARKOZY, pour affronter efficacement les principaux problèmes qui se posent au pays ?

BVA pour Orange : Quelle opinion, très ou plutôt bonne, plutôt ou très mauvaise, avez-vous de Nicolas Sarkozy en tant que Président de la République ?

CSA pour Valeurs Actuelles : Estimez vous que l'action du Président de la République, Nicolas Sarkozy, va plutôt dans le bon sens ou plutôt dans le mauvais sens ?

IPSOS pour Le Point : Portez-vous sur l'action du Président de la République, Nicolas Sarkozy, un jugement plutôt favorable ou plutôt défavorable ?



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Tu la vois la grève, «Pauv' Con» ?

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Et là ?? Tu la vois la grève, «Pauv' Con» ?



grève : personne ne s'en aperçoit

Entre 500 000 et 1 millions de manifestants ont défilé ce jeudi 29 janvier à Paris, entre Bastille et Opéra en passant par République - selon les estimations expertes d'un habitué de longue date des manifestations parisiennes : une marée humaine couvrant en totalité la Place de la Bastille et les boulevards adjacents, une manifestation qui met une heure avant de s'ébranler, un cortège qui avance en rangs serrés, une foule particulièrement dense jusque sur les trottoirs, des cortèges secondaires un peu partout dans les rue adjacentes, une queue de manifestation qui piétine encore à Bastille, après 18h, dans le froid et malgré lui, quand la tête du cortège est déjà rendu à Opéra, et une présence policière quasi invisible - autant de signes qui ne trompent pas.

A noter, une participation considérable du secteur privé, comme cela n'était pas arrivé depuis longtemps.

Alors, il dit quoi maintenant l'expert «Pauv' Con» ?



Ailleurs aussi, « la mobilisation a été record et raccord avec le Pays : pour la première fois depuis bien longtemps, les cadres sont sortis du cadre, les gens de peu en ont fait beaucoup, les couches moyennes ont été au dessus de la moyenne, les postiers ont écrit leurs lettres de noblesse, les professeurs ont donné des leçons de civisme, les instituteurs ont retrouvé leurs couleurs bleu banc rouge, les travailleurs sociaux se sont mis du côté des usagers usagés. Les chiens eux aussi (pas les Chiens de Garde) ont aboyé de joie quand la Manif est passée.

« Ce que les Syndicats en première ligne ont fait, il faudrait que les Partis politiques le fassent : consolider le Courant unitaire, lancer des initiatives politiques, cesser ces regards nombrilistes et identitaires, stopper ces regards envieux sur la Penseurs libéraux, construire une Gauche digne de ce nom : offensive, réfléchie, positive et unie dans sa diversité. Autrement le désespoir, les penchants de cette Gauche qui se couche à droite, la non-traduction de la Grande Colère populaire au niveau des partis politiques redonneront le sourire à Qui-Vous-Savez.

« La Bataille du 29 est gagnée.. mais la Route est longue. »



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Appel des appels et Grève générale

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Blogueur en grève reconductible



grève générale et jeudi noir


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Appel des appels et Grève générale

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Appel des appels et Grève générale



grève générale le 29 janvier 2009Alors que leurs métiers respectifs - qu’il s’agisse de la santé, du soin, du travail social, de l’éducation, de la recherche, de la justice, de l’information et de la culture - subissent une attaque sans précédent de la part du gouvernement ;

Alors que des appels de réaction et de protestations sont lancés par dizaines dans le pays ;

Le temps est venu, leur a-t-il semblé, de coordonner ces différents mouvements et d’en tirer tout le sens politique.

L'Appel des appel était né :

« Nous, professionnels du soin, du travail social, de l’éducation, de la justice, de l’information et de la culture, attirons l’attention des Pouvoirs Publics et de l’opinion sur les conséquences sociales désastreuses des Réformes hâtivement mises en place ces derniers temps.

A l’Université, à l’École, dans les services de soins et de travail social, dans les milieux de la justice, de l’information et de la culture, la souffrance sociale ne cesse de s’accroître. Elle compromet nos métiers et nos missions.

Au nom d’une idéologie de "l’homme économique", le Pouvoir défait et recompose nos métiers et nos missions en exposant toujours plus les professionnels et les usagers aux lois "naturelles" du Marché. Cette idéologie s’est révélée catastrophique dans le milieu même des affaires dont elle est issue.

Nous, professionnels du soin, du travail social, de l’éducation, de la justice, de l’information et de la culture, refusons qu’une telle idéologie mette maintenant en "faillite" le soin, le travail social, l’éducation, la justice, l’information et la culture.

Nous appelons à une Coordination Nationale de tous ceux qui refusent cette fatalité à se retrouver le 31 janvier 2009 à Paris. »

Le 22 décembre 2008,

Roland Gori et Stefan Chedri



Chacun est appelé à soutenir cette initiative unificatrice en signant l'Appel des appels et en le relayant dans tous les cercles et réseaux auxquels chacun a accès ;

Mais aussi, et afin d’étendre le domaine de la lutte, en participant à la réunion de coordination du 31 janvier, qui aura lieu, de 10 h à 18 h, au "104" - 104 rue d’Aubervilliers, à Paris - assemblée au cours de laquelle le pays réel se fera entendre à travers les témoignages des professionnels en lutte et devrait faire émerger des propositions d’actions transversales pour l’avenir.

Signer l’Appel des appels (déjà près de 35 000 signatures !)

Plus d'infos sur l'Appel des appels.



Rappelons à cette occasion qu'un appel à la grève générale a été lancé par l'ensemble des organisations syndicales - CFDT, CFTC, CFE-CGC, CGT, FO, FSU, Solidaires, UNSA - pour jeudi prochain, 29 janvier 2009.

Lesquelles organisations syndicales, constituées en un front unitaire, ont adopté une déclaration commune, texte de revendications et de propositions, organisées autour de cinq points :

1- Donner la priorité au maintien des emplois dans un contexte de crise économique ;

2- Politiques salariales : améliorer le pouvoir d’achat, réduire les inégalités ;

3- Orienter la relance économique vers l’emploi et le pouvoir d’achat ;

4- Préserver et améliorer les garanties collectives ;

5- Réglementer la sphère financière internationale.



Des comités du 29 janvier ont vu le jour un peu partout. Ont rejoint cet appel, entre autres, l'intersyndicale de l'Education Nationale, les syndicats étudiants dont l'UNEF, le Mouvement national des chômeurs et précaires, Attac!, le Comité de Résistance Citoyenne...

Mieux encore, après le front syndical, un front politique a commencé de se constituer... autour d'un texte commun intitulé «Ce n'est pas à la population de payer la crise».



Ainsi, des manifestations auront lieu dans toute la France et il ne tient qu'à chacun d'entre nous de faire de cette journée un succès. La liste par département des lieux de rassemblement se trouve sur le site dédié à la journée d'action du 29 janvier 2009.



Et pour être plus complet encore, notons que la Coordination nationale des universités a annoncé appeler à une grève "illimitée" dans les universités à partir du 2 février si le gouvernement n'a pas retiré d'ici-là le projet modifiant le statut des enseignants-chercheurs et la réforme de la formation...



Nous avons tous subi depuis bientôt deux ans les atteintes au pouvoir d'achat, les atteintes au code du travail, les atteintes aux libertés publiques, les atteintes aux droits, les atteintes à la démocratie, par la mise en place partout et sans concertation, décidée par un seul, d'une politique outrancière, anti-sociale et sécuritaire, qui donne le nom de réforme à ce qui n'est que régression.

Il est désormais temps que le citoyen reprenne la parole et fasse valoir haut et fort son droit à la contestation. C'est ensemble et solidaires que nous saurons nous faire entendre.



Faites tourner : Appel des appels et Grève générale



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