L'homme de droite sous le vernis centriste
Où François
Bayrou découvre que la gauche et les préoccupations sociales ne
sauraient se réduire à un vernis "compassionnel".
La scène se passe lundi dernier, 1er février. La fondation Abbé Pierre réunissait à la Grande Halle de la Villette à Paris des personnalités politiques de diverses sensibilités pour débattre de l'urgence du logement social. Soudain, François Bayrou prend le micro et, sous le coup de ce qu'il prend probablement pour une lumineuse intuition, voilà notre ami centriste de remettre en cause les normes de salubrité immobilière, au prétexte qu'il vaut mieux habiter dans un taudis insalubre que dormir dans la rue et le froid.
Simplisme crasseux que ne renierait pas un Sarkozy, et qui vaut immédiatement au petit François les sifflets unanimes de la salle, qui semble elle savoir de quoi il est question : d'une dignité humaine avec laquelle on ne transige pas.
Monsieur Bayrou, qui est un homme de droite, ne semble pas comprendre qu'on ne troque pas une vie humaine contre sa dignité. Aucune indignité, aucune atteinte à la dignité humaine, ne saurait être justifiée par l'urgence qu'il y aurait à remédier à une autre. On ne transige pas avec la dignité d'un homme. Jamais.
Monsieur Bayrou aura ainsi appris qu'à vouloir à toute force sortir de la pensée unique, on entre de plain-pied dans la pensée inique.
La vidéo dure moins de 5 petites minutes. Elle vaut le détour tant elle fait définitivement tomber le masque sous lequel l'homme de droite voudrait opportunément se dissimuler. Voilà, une bonne fois pour toute, le visage du Modem :
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Le vrai coût de l'avion de Sarkozy
Le vrai coût de l'avion de Sarkozy
On
l'appelle déjà Air Beauf One.
La semaine dernière, la révélation, non confirmée, que Nicolas Sarkozy souhaitait le faire équiper d'un "four à pizza" a amusé et énervé les internautes. Ce n'est pas tout. L'important est ailleurs.
1. L'achat et l'aménagement de l'Airbus A330, ainsi que l'acquisition d'un second Falcon 7XL pour les besoins de la flotte présidentielle, ont été budgétés à 185 millions d'euros. Les seuls aménagements intérieurs sont évalués à 28,5 millions d'euros. Outre le récent "four à pizza", l'avion sera doté d'une baignoire... Un dispositif rarissime et très coûteux, habituellement réservé à quelques émirs.
2. A cause de cet avion, l'aéroport de Villacoublay, en banlieue parisienne, a dû aussi faire l'objet de travaux. La piste a été mise hors service pour plus de 6 mois. Elle ne pouvait supporter le futur Airbus du président. Surtout, il se murmure que le président français ne supportait plus devoir descendre sur le tarmac. Il lui faut un couloir protégé. Les aménagements sont conséquents, comme le rapportait Le Point en octobre dernier : "réfection complète de la piste et allongement de 1.850 à 2.000 mètres, réfection et élargissement des pistes de roulage (taxiways), mise aux normes de la loi sur l'eau (bassins de rétention), nouvel éclairage, etc."
C'est , entre autres petites choses, ce qu'on apprend à la lecture du dernier billet de l'indispensable Sarkofrance, que nous devrions tous lire régulièrement.
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J'ai lu le projet de Jean-Paul Huchon pour l'Ile-de-France
C'est
hier que Jean-Paul Huchon a révélé son projet pour
la région Ile-de-France lors de la prochaine mandature.
Face à une droite qui pour tout projet propose une politique qui « sert les plus riches et défend les intérêts d'un clan », Jean-Paul Huchon propose de « conjuguer trois exigences : la justice sociale, l'impératif écologique, l'ambition économique » pour « une région qui protège, une région qui avance ».
Quand la droite met en place au niveau
national un bouclier fiscal qui protège les plus favorisés et
augmentent les taxes pour tous les autres, Jean-Paul Huchon déclare
l'ambition de « faire de la région un bouclier social »
:
- en soutenant les filières créatrices d'emplois et les PME en
difficulté ;
- en investissant massivement dans les transports et le logement
;
- en donnant à chacun les moyens d'accéder à une écologie de chaque
jour : mieux se chauffer, mieux manger, moins polluer.
Cette ambition est ensuite déclinée selon six axes clés :
1- Démocratie - « Gouverner, pour tous et non pour quelques-uns, avec tous et non en imposant. » Avec des élus qui rendent compte de l'évaluation de leurs actions et une région où sera instauré un droit de pétition régional. Une région où, par exemple, l'engagement de ne pas augmenter les impôts sera tenu.
2 - Transports - En trois ans, la région Ile-de-France a déjà fait pour les transports plus que l'Etat en trente ans. Cette politique doit être poursuivie, toujours de manière prioritaire, parce que « le transport c'est le lien qui unit les Franciliens. »Cela signifie moins de camions sur les routes (en utilisant plus intensément le fleuve et le rail), plus de véhicules électriques (en favorisant l'expérimentation et les usages), promotion du covoiturage, développer les complémentarité auto, vélo, train, bus, métro... sur un réseau de transport plus efficace et mieux développé, à la qualité de service renforcée. Est proposé en outre la gratuité pour tous les jeunes de moins de 26 ans non salariés.
3 - Justice Sociale - Il s'agit là du
logement (de la mise à disposition gratuite de terrains pour la
construction de logements sociaux au Pacte avec les maires
batisseurs, afin de parvenir à la construction de 60 à 70 000
nouveaux logements par an), de la santé (d'un plan de rénovation
des urgences hospitalières à un Pass contraception délivré à tous
les jeunes, en passant par l'aide à l'installation des personnels
de santé
et de la jeunesse (de l'aide à la
mutuelle santé à l'aide au logement, en passant par l'aide à la
formation).
Mais c'est aussi l'ambition d'ouvrir « 3 000 nouvelles places en hébergement d'urgence pour les personnes sans abri ».
Mais c'est aussi l'engagement pris de « diminuer de moitié le nombre de jeunes entrant sans qualification sur le marché du travail » [...] « lutter contre le décrochage scolaire et universitaire » [...] « doubler le nombre de places dans les dispositifs de 2ème chance ».
4 - Emploi et Innovation - Pour le soutien aux entreprises : 250 millions d'euros pour les fonds d'investissement régionaux ; 10 000 jeunes sensibilisés et formés à la création d'entreprise ; un fonds régional pour la transmission et la reprise d'entreprises ; doublement du nombre de couveuses, de pépinières et d'incubateurs...
Pour une meilleure qualification : doublement du nombre de places offertes par les Écoles de la 2ème chance ; renforcement du dispositif AVENIR Jeunes qui offre 20 000 places de formation pour les jeunes en insertion professionnelle ; une mobilité professionnelle facilitée et sécurisée ; connexion de tous les lycées et les centres de formation d'apprentis à l'internet très haut-débit ; davatange de places en internat pour les filles ; un soutien privilégié aux jeunes scientifiques ; un premier cycle universitaire plus accueillant...
5 - Ecologie - L'Ile-de-France est la première éco-région d'europe. Est proposée une action selon deux directions : le soutien aux entreprises pour réduire leur empreinte carbone en renforçant leur compétitivité, et l'organisation du développement de la production des énergies renouvelables. Seront lancés des partenariats de développement durable avec des entreprises pilotes portant sur des engagements ciblés. Seront signés avec les villes franciliennes des contrats locaux de développement durable qui permettront de financer des projets à valeur écologique et sociale.
Par ailleurs, afin de promouvoir une écologie sociale donnant les moyens à chacun d'adapter ses modes de vie et de consommation, la politique de la région s'orientera au profit des territoires écologiquement prioritaires, afin d'aider l'ensemble des Franciliens à devenir éco-acteurs : à chacun, au quotidien, les moyens de polluer moins et de consommer mieux.
6 - Vivre Ensemble - Faire vivre les solidarités par la promotion de l'initiative dans les quartiers c'est le doublement du Fonds régional de développement de la vie associative ; la création de 7 000 nouvelles places de crèche ; la nomination de médiateurs régionaux de l'endettement ; le soutien aux musiques actuelles ; un réseau de pôles régionaux de création ; la création d'un pass culturel régional ; l'ouverture de 100 espaces publics numériques de proximité ; l'installation de résidences d'artistes ; la nomination de médiateurs du logement ; la création de 150 jardins partagés ; le développement de pratiques sportives émergentes ; la création de la maison du sport ; la rénovation en synthétique des terrains de football et de rugby ; le financement de tout nouvel équipement sportif mis à disposition des lycéens ; le développement de l'accessibilité...
Vous voulez que je vous dise, voilà un bon projet, équilibré et cohérent, ambitieux et responsable, de gauche et moderne, le projet d'une équipe qui connait parfaitement la région Ile-de-France et en a une grande expérience.
Pour en savoir plus : www.huchon2010.fr
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Jean-Luc Mélenchon, un socialiste en colère
Grace aux
bons office de Jacques Rosselin, homme de
presse, patron de Vendredi.info et coach de
blogueurs, Laure, Ronald, RichardTrois, David Doucet, Seb Musset, Vogelsong - et j'en oublie ! - et moi-même avons
rencontré Jean-Luc
Mélenchon.
Alors d'abord, un grand merci à Jacques Rosselin de nous avoir accueillis - surtout que moi-même je n'étais pas tout à fait invité... Ce fut une rencontre tout à fait intéressante. Bien davantage que, juste avant, le passage en coup de vent de Jean-François Kahn, avec lequel nous devions évoquer le No Sarkozy Day. Passage dont je retiens seulement que JFK, qui avait lui-même lancé il y a quelques jours un appel pour un grand rassemblement contre l'excès de pouvoir, adopte sur le sujet une position apparemment intéressée mais finalement très attentiste.
Revenons plutôt à Jean-Luc Mélenchon.
Il serait bien trop long de faire un compte-rendu exhaustif de tout ce qui a été dit au cours d'un entretien qui manqua de quelques minutes d'atteindre les deux heures et demi. Beaucoup de sujets furent abordés, je n'en retiendrai que quelques-uns - et comme je n'ai pris aucune note, je prends soin de dégager la responsabilité de Jean-Luc Mélenchon quant aux propos que je vais rapporter, qui relèveront probablement davantage de la compréhension que j'en ai eue, mais peut-être ne suis pas tout à fait idiot, que d'une retranscription parfaitement objective.
Une charge puissante contre le rouleau compresseur médiatique - Il n'est pas nouveau que pour espérer exister sur la scène politique, le chef d'un petit parti doive se plaindre des médias. Jean-Marie Lepen ou François Bayrou pour ne citer qu'eux surent tirer sur cette ficelle jusqu'à l'user.
La différence essentielle est que la charge de Jean-Luc Mélenchon ne repose pas sur une pleurnicherie - « Ouinnn ! Vous ne m'invitez jamais à la télé ! - mais sur une analyse solide d'un système médiatique à la fois servile et asservi. Servilité au pouvoir politique et financier des patrons de presse et des journalistes "institutionnels", d'un côté, et asservissement de journalistes trop peu nombreux, surchargés de travail et mal payés. .
Et Jean-Luc Mélenchon dé décrire un système médatique qui organise sa propre reproduction par la sacralisation d'une pensée vraie, qui implique, par exemple, l'impossibilité de remettre en cause la notion de marché - alors même que personne ne prendra jamais soin de définir précisément ce qu'économie "de marché" signifie : ce serait seulement une réalité immuable sauf dans l'esprit d'un fou ou d'un dangereux irresponsable.
Aussi juge-t-il tout à fait pertinente sur le fond et efficace sur la forme, la "rébellion" de Vincent Peillon contre France Télévision.
Parti Socialiste et stratégie politique - J'ai demandé à Jean-Luc Mélenchon si la stratégie politique qui est la sienne et qui constitue à se faire une place au soleil de la gauche en chargeant le PS de tous les maux et de tous les reniements, n'avait pas certaines limites, compte tenu du germe destructeur de la division qu'elle implique de semer et alors même qu'il assume par ailleurs pleinement la nécessité d'un rassemblement entre les deux tours. .
J'ai à ce sujet évoqué la trajectoire politique d'un Jean-Pierre Chevènement, qu'il s'était toujours refusé à suivre au temps de sa splendeur, trajectoire qu'il emprunte seulement maintenant que le champ politique du républicain de gauche se trouve vacant.
Il n'a pas aimé la question et l'animal politique expérimenté a aussitôt réagi avec force agressivité, ce qui était d'autant plus de bonne guerre qu'il ne s'est pas contenté d'en rester là, à me renvoyer l'image du vil social-démocrate mal comprenant et limite social-traître. Ce qui était assez savoureux, il faut bien le dire. Mais peu importe. Il n'en est donc pas resté à montrer les dents.
Sa réponse, à mon sens, est celle d'un homme en colère - et il est vital pour un homme de gauche de savoir garder vivace sa colère, son indignation. Jean-Luc Mélenchon est en colère contre une sociale-démocratie qui partout dans le monde a été de renoncements en reniements, et jusqu'à trahir le peuple dans nombre de pays d'Amérique du Sud - dont il semble particulièrement connaisseur. Alors, à cette sociale-démocratie, il a choisi de ne plus rien laisser passer.
Il pourra sembler un peu rapide, pour les mal-comprenants de mon espèce, d'établir un lien direct entre des sociaux-démocrates qui font tirer l'armée contre le peuple en Argentine ou au Venezuela, et Martine Aubry qui commet une faute politique en évoquant la possibilité d'un recul de l'âge légal de la retraite « à 61 ou 62 ans » - et pour peu, notamment, d'une plus grande prise en compte de la pénibilité du travail. Mais voilà, un homme en colère peut parfois en arriver à perdre le sens des nuances.
Restait alors la question de la stratégie politique. Pour Jean-Luc Mélenchon, deux options se présentent, prendre le pouvoir avec l'appui d'un Parti Socialiste reléguer en seconde force de la gauche grâce à un rassemblement de l'ensemble de la gauche non socialiste, soit bénéficier d'une situation de blocage de la société - et là encore il s'appuie sur des exemples historiques venus d'Amérique du Sud - blocage qui conduirait à l'émergence au sein du peuple d'un sentiment de rejet profond englobant aussi bien les droites conservatrices et réactionnaires que les sociaux-démocrates (que l'animal ne manque jamais de qualifier de sociaux-libéraux), au profit donc des "vrais" socialistes.
Les deux hypothèses impliquent, on le comprend bien, de ne jamais épargner le Parti Socialiste. Or si Jean-Luc Mélenchon admet volontiers ignorer quand se produirait le blocage propice, il fait l'impasse sur la question suivante, pourtant cruciale : « Et en attendant que le rapport de forces devienne favorable, faut-il pour en favoriser l'émergence, jouer de cette division de la gauche, dont il reconnait qu'elle demeure l'ultime carte de la droite pour conserver le pouvoir ? ».
Bref, après ce grand tour par sa grande intelligence (indéniable), nous étions rendu à la problématique initiale dont j'avais fait ma question. Et l'on se souvient que Jean-Pierre Chevènement ne parvint jamais à se remettre tout à fait du 21 avril 2002.
Les élections régionales - La nécessité du désistement à gauche entre les deux tours est affirmée avec force. Et Jean-Luc Mélenchon est bien convaincu que les listes socialistes arriveront largement en tête partout, tandis que celles du Front de Gauche auront à l'occasion du mal à dépasser la barre des 5% qui permet de fusionner.
Et même alors, le PS ne se laissera aller à aucun cadeau. Une attitude qu'il ne remet pas en cause : le jeu politique ne consiste pas à choyer un rival.
Reste le cas du Languedoc-Roussillon, seule région où l'ensemble de la gauche, écolos compris, est parvenue à s'unir, afin de s'opposer fortement à Georges Frêche. Pour Jean-Luc Mélenchon, il s'agit de faire de cette région une région test et c'est donc là-bas qu'il a décidé de concentrer tous ses efforts.
On notera que la dernière sortie de Georges Frêche – sur la « tronche pas catholique » de Laurent Fabius - est suffisamment exécrable pour lui laisser penser que cela puisse se révéler un pari gagnant.
La défense des années Mitterrand - Jean-Luc Mélenchon l'appelle affectueusement « le vieux » et récuse avec force que l'origine d'une dérive droitière de la gauche française soit à chercher de ce côté-ci. Il rappelle ce qu'était le Parti Socialiste des années 70 - un parti révolutionnaire - et quelles furent les conditions de son arrivée au pouvoir en 1981. Il rappelle comme les socialistes attendirent alors en vain que soient créés les conditions d'un front populaire, en réponse à la collusion des forces conservatrices et réactionnaires. Il rappelle la nationalisation du système bancaire et d'une bonne partie de l'industrie. Il rappelle les quatre dévaluations successives, qui conduisirent à la nécessité politique et stratégique du tournant de 83. Il rappelle que « le vieux », jusqu'à son dernier souffle, refusa de signer toute ordonnance de privatisation.
La droite, n'omet-il pas de préciser, n'en a toujours pas fini de cracher sur le cadavre de François Mitterrand. C'est qu'ils ne veulent surtout pas que cela puisse se reproduire. Et Jean-Luc Mélenchon de faire la leçon à cette gauche, socialiste ou non, qui a grand tort en effet de ne pas assumer ce qui demeure une remarquable filiation politique.
Et des années Jospin aussi ! - Elles ne se résument pas aux privatisations. Et les privatisations ne sauraient à elles seules justifier que la gauche se croit contrainte de renier en bloc les années Jospin. Ne serait-ce que pour les 35h qui ne sont pas pour une majorité de salariés cette catastrophe que la droite se plait à fantasmer.
Des années Jospin qui débutèrent alors que tous les voyants économiques étaient au rouge - situation économique qui contraignit Chirac à la dissolution - et se terminèrent avec des voyants passés au vert - situation qui ne cesse depuis de se dégrader sous les bons offices d'une droite dont l'arrogance ne semble pas avoir de limite.
Mélenchon, un socialiste en colère - Je l'ai dit plus haut, j'ai rencontré ce qui me semble être un homme en colère, un homme qui possède la gauche chevillée au corps et depuis longtemps, et qui ne décolère pas de voir le monde fuir ses idéaux, et qui ne décolère pas contre une gauche qui, à trop souvent renoncer, et céder devant les coups de boutoir du libéralisme, a contribué à favoriser cette dérive du monde vers des rivages où la seule règle est celle d'un règne du fort sur les faibles, toujours plus opprimés.
Il a raison dans sa colère, l'oppression est inadmissible et l'injustice sociale insupportable. Il a tort, cependant - et selon moi qui bien entendu n'y comprends rien - de la tourner avec tant de violence contre ceux qui, se trompant sans doute de chemin, ne partagent pas moins avec lui les mêmes indignations, la même révolte et la même aspiration à un monde de justice.
Je retiens pour terminer deux phrases qui sont pour moi source d'espoir quant à la capacité de la gauche à savoir sauvegarder l'essentiel de ce qui, par-delà toutes nos divergences - qui ne sont pas nécessairement anecdotiques - nous rassemble :
« Vous avez les méchants d'un côté et les gentils de l'autre. Qu'est-ce que l'on peut faire de mieux ?! La droite, la gauche. »
« La critique [du Parti Socialiste] doit continuer, elle va continuer, mais c'est la façon de la dire et de l'exprimer qui ne doit pas être contre performante. »
Où l'on parle de : Un socialiste en colère
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Henri Proglio : chapeau la retraite !
Copinage,
rémunérations folles, retraites chapeau… Henri Proglio est en
passe dedevenir à lui seul le symbole de la République sarkoziste
En sus du 1 million d'euros virgule 6 constitué par son salaire annuel de son poste de PDG d'EDF que son grand ami Nicolas Sarkozy lui a offert sur un plateau d'argent, en sus de ce même plateau d'argent façonné par les 450 000 euros de salaire tout aussi annuel pour le poste de présidence "non opérationnelle" de Véolia, qui lui aurait permis d'atteindre les 2 millions d'euros - mais le malheureux fut contraint d'y renoncer : trop clinquant ! - voilà que nous apprenons que cette double casquette était également assortie d'une retraite chapeau de - tenez-vous bien ! - 13 millions d'euros virgule 1.
(Faisons une courte pause et autorisons nous à seulement mentionner que ce "virgule 1" à lui tout seul correspond tout de même à 100 000 euros, soit 8 années pleines d'un smicard...)
Faisons court, allons lire l'article de Marianne2 qui nous en dit plus sur cette nouvelle affaire et songeons à ce que signifient ces paroles de Nicolas Sarkozy Lundi soir sur TF1 : « Je préfère un bon patron bien payé, qu'un mauvais patron mal payé [...] Ce qui me choque, c'est le gros salaire qui ne corresponde pas à la grosse responsabilité. » ...
(Remémorons-nous un instant encore ce "virgule 1"...)
Et demandons-nous si l'on ne devrait pas surtout préférer un salarié payé correctement, dignement, qu'un salarié précaire.
Et demandons-nous s'il n'est tout de même pas surtout choquant que, méritant ou non, un salarié puisse gagner trop peu durant toute une vie sans avoir à espérer davantage qu'une retraite de misère.
Et demandons-nous surtout s'il n'est pas choquant qu'aussi performant et écrasé de responsabilités soit un salarié, il sera toujours considérablement moins payé qu'un mauvais patron dont les échecs seront d'abord et essentiellement supportés par ses salariés.
Et demandons-nous même - pourquoi pas - si Nicolas Sarkozy ne serait pas un exécrable président de la République dont les résultats seraient à ce point exécrables que toute évidence il ne mériterait certainement pas, finalement, d'être si grassement payé.
Et je me demande enfin si tout cela ne constitue pas autant de raisons supplémentaires de lui dire NON !
Crédit image (cliquez-la donc, elle vaut beaucoup par le détail) : SaT
Où l'on parle de : Chapeau la retraite !
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